<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426</id><updated>2012-02-02T19:05:49.411-08:00</updated><category term='Anima'/><category term='Bardley'/><category term='Jäger'/><category term='Léander'/><category term='Moth'/><category term='Américh'/><category term='Ilmora'/><title type='text'>Il était une fois... le rôliste</title><subtitle type='html'>À défaut d'avoir une vie privée, on étale celle de ses personnages...</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>89</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-1371451029252547344</id><published>2010-05-23T07:30:00.000-07:00</published><updated>2010-12-19T14:22:25.582-08:00</updated><title type='text'>Round 1 !</title><content type='html'>NNIA Team+1 Vs Vampiresse, The Hunter VII.&lt;br /&gt;Ready! FIGHT !&lt;br /&gt;Après une succession de mini-rencontres, l'équipe du NNIA a fini par acculer la Vampiresse dans un immeuble plus tout jeune depuis déjà longtemps, d'à peu près cinq étages. Rien qu'à le voir, on devine que les gens qui l'habitent ne roulent pas sur l'or, et qu'ils sont sûrement habitués au tapage nocturne, car c'est le quartier idéal pour des squatteurs, des règlements de comptes et autres deals assez éloignés de la légalité. Pour y entrer, il suffit juste d'ouvrir la vieille porte en bois, qui était probablement rouge par le passé. Ici, pas besoin de clefs, ni d'appeler par l'interphone pour que l'un des résidents déverrouille. D'ailleurs, actuellement il n'est même pas nécessaire de tourner la poignée, la porte est déjà entrouverte...&lt;br /&gt;La Vampiresse, armée d'un colt avec silencieux, entre la première, poursuivie par David, muni pour sa part d'un MP5. Les deux rentrent dans l'immeuble et se poursuivent jusqu'au toit. Abel, Clark et Mulder sont arrivés peu après, et suivent les bruits de pas qui s'élèvent dans les escaliers à l'intérieur de l'immeuble.&lt;br /&gt;Une fois sur le toit, la Vampiresse se retourne et fait face à son poursuivant, David. Mais la Bête qui somnole à l'intérieur de David le prévient instinctivement : «David, tu es face à un prédateur trop puissant pour toi». David essaye sans succès de résister à la tentation de s'enfuir et la Bête prend le contrôle. Il fait volte-face et commence à redescendre les escaliers. Abel, Clark et Mulder passent à coté de lui et se retrouvent à leur tour face à ce prédateur, les trois devant la Vampiresse.&lt;br /&gt;George arrive devant l'immeuble sur sa nouvelle moto. Il en descend et entre en courant dans l'immeuble, ressentant déjà le danger.&lt;br /&gt;Sur le toit, les deux Vampires, Clark et Mulder, ont aussi ressenti l'avertissement de la Bête en eux, mais ont réussi à la contrôler. Après tout, ils sont à trois contre un et savent que George et David sont pas loin derrière. Ils ont tous les avantages de leur côté. Dans l'obscurité de la nuit, sur ce toit éclairé uniquement par une lune presque pleine, la belle Vampiresse se tient face à deux vampires et un prométhéen. Un léger vent souffle, oscillent les cheveux de la blonde et les vêtements des trois hommes. Puis le vent cesse, et en à peine le temps d'un battement de cœur, la Vampiresse lève son Colt et pointe les trois individus en face. Dans même temps, Clark lève son .45 et Mulder brandit son .44. Les deux pistolets à gros calibre sont braqués sur la Vampiresse. Le temps d'un deuxième battement de cœur, une balle part du chambre du colt, traverse le silencieux, puis l'air, puis la tête de Clark qui se penche légèrement en arrière. Mais le bras qui porte son .45 ne faiblit pas et il actionne la gâchette. Un grand bang, la glissière de son .45 se met en marche, la balle traverse l'air et passe à travers l'endroit où la tête de la Vampiresse était il y a à peine une fraction de seconde. À côté de Clark, un clic. Le percuteur du .44 s'écrase contre la balle, un autre bang retentit, la balle est éjectée du barillet et vient s'écraser contre le muret derrière la Vampiresse qui a de nouveau esquivé le tir avec un mouvement imperceptible à l'œil nu. Les douilles sont éjectées des armes semi-automatiques et Abel se lance à pleine course vers la Vampiresse, avec la ferme intention de plaquer son grand corps contre celui de la très féminine Vampiresse. Il tente de serrer la femme entre ses bras, mais celle-ci se retourne sur elle-même. Les douilles touchent le sol et, l'espace d'un instant, Abel est pris par surprise. Elle était là, mais il a serré de l'air. Elle n'a pas reculé, ne s'est pas accroupie, n'a pas pu s'échapper sur le coté. Il l'aurait chopée. Et là, il réalise ce qui se passe et regarde en l'air, au-dessus de sa tête. La Vampiresse est là, elle a sauté et se trouve maintenant la tête en bas et les jambes en haut en train de tournoyer sur elle même dans les airs. Un clic. La glissière de son colt recule, une deuxième balle en sort et vient s'écraser sur la poitrine de Clark qui bronche légèrement en se tournant un peu sur lui-même avant de serrer à son tour la gâchette de son .45. À ses côtés Mulder fait de même avec son .44 mais les deux balles se perdent sans toucher leur cible qui se retourne de nouveau sur elle-même avant d'atterrir derrière Abel, qui fait demi-tour et manque de la choper de peu. Le trou dans le crâne de Clark commence à se réparer. Le sang qui en coulait commence à remonter vers la plaie et l'os de son crâne semble se reconstituer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(To be continued...)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-1371451029252547344?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/1371451029252547344/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=1371451029252547344' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/1371451029252547344'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/1371451029252547344'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2010/05/round-1.html' title='Round 1 !'/><author><name>ReluR</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13337390733267475796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_ebdv26B5v2I/SmG1yh3oNQI/AAAAAAAAAAM/i1pcbuAXi_Y/S220/Hellsing-37.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-6118972031077136322</id><published>2010-05-23T07:27:00.000-07:00</published><updated>2010-12-19T14:47:40.943-08:00</updated><title type='text'>World of Darkness : Knock Out Fights.</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Players :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;NNIA Team + One : Majoritairement composée par les membres de la petite organisation NNIA cette équipe comporte les quatre agents de terrain de ladite organisation plus un être qu'ils ont trouvé dans les égouts. Au vu du manque de hiérarchie dans le groupe, je vais en décrire les membres par ordre alphabétique.&lt;br /&gt;- Abel, l'être trouvé dans les égouts, est un jeune Prométhéen abandonné qui s'est lui-même baptisé ainsi, inspiré par la lecture de son seul et unique guide et bien matériel depuis longtemps : la Bible. Pour ce qui est du combat, il excelle dans le combat à mains nues ou avec des armes de corps a corps. Il n'a jamais utilisé d'armes à feu.&lt;br /&gt;- Clark Jackson est bon vivant et encore meilleur mort-vivant. Ce Vampire sait ce qu'il aime : fumer, les jeunes femmes, manipuler les gens. C'est aussi un très bon détective privé. Armé de son Kimber .45 ACP, il est un bon tireur et un atout pour n'importe quelle équipe.&lt;br /&gt;- David, un mécanicien et conducteur hors pair. Malgré son apparence maigre et pas particulièrement robuste, il est très athlétique et a un grand amour pour les animaux. Au combat il maîtrise de manière instinctive les armes à feu et, malgré ses connaissances limitées dans ce genre d'engin, il est un tireur à mettre dans la catégorie élite. En tant que Vampire, c'est un avide utilisateur de la discipline de Célérité, ce qui lui donne un avantage plus qu'évident face à la majorité de ses adversaires.&lt;br /&gt;- Georges est un vrai tank, presque construit comme un bodybuilder. Bien qu'il soit à peu de choses près un vagabond, il aurait pu être un boxeur poids lourd professionnel s'il l'avait voulu. C'est un homme avec une présence remarquable et une technique de combat à mains nues n'ayant rien à envier aux meilleurs. Sa transformation en Vampire n'a fait que le rendre encore plus solide.&lt;br /&gt;- Mulder, un homme qui, malgré son calme habituel et son apparente maîtrise de soi, a tendance à perdre facilement son sang-froid. Là où David maîtrise les armes à feu de manière instinctive, Mulder le fait grâce à l'entrainement et à de vastes connaissances en la matière. Il est aussi tout à fait apte à se battre avec les armes au corps a corps. Dans ces deux matières, Mulder n'a plus grand chose à apprendre. Il est toujours armé de son fidèle .44 Magnum que, même quand il a perdu tous ses sens et se trouve au bord de la mort, il reste réticent à lâcher. Son état Vampirique n'a pas amélioré sa psyché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une Vampiresse : The Hunter VII.&lt;br /&gt;- La Vampiresse est une belle femme avec un peu moins de 30 ans d'apparence, blonde aux yeux bleus. Elle a un air sérieux mais sa longue expérience lui a appris à contrôler cette apparence, lui permettant d'infiltrer, observer et assassiner d'autres vampires sans que ceux-ci se rendent compte à quel point elle est puissante. Elle a en fait près de 250 ans et une maîtrise quasi-parfaite de la discipline Célérité, la rendant même capable d'esquiver les balles jusqu'à un certain point. Elle a eu un entraînement militaire hors-pair et sait se battre avec n'importe quelle arme, ou même sans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Werewolf, Larry.&lt;br /&gt;Vampire Priest, Christopher.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-6118972031077136322?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/6118972031077136322/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=6118972031077136322' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/6118972031077136322'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/6118972031077136322'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2010/05/world-of-darkness-knock-out-fights.html' title='World of Darkness : Knock Out Fights.'/><author><name>ReluR</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13337390733267475796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://2.bp.blogspot.com/_ebdv26B5v2I/SmG1yh3oNQI/AAAAAAAAAAM/i1pcbuAXi_Y/S220/Hellsing-37.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-2457629927877531356</id><published>2010-02-27T04:34:00.000-08:00</published><updated>2010-07-20T16:06:01.135-07:00</updated><title type='text'>Au fil des heures - Conclusion</title><content type='html'>Un vent fort charriait les premières gouttes de pluie, fouettant l'herbe et la cime des rares arbres visibles dans les plaines environnantes. La nuit était tombée depuis une demi-heure, pas beaucoup plus, et la route commençait déjà à disparaître dans la pénombre. Bientôt, le sol devint boueux et humide, alors qu'une pluie battante brouillait toute visibilité au-delà d'une dizaine de mètres.&lt;br /&gt;À contre-coeur, Yuriko s'arrêta de courir et se mit à marcher. Ses vêtements étaient maculés d'éclats d'une boue liquide. Devait-elle continuer par la voie des airs ? Courir sans voir où elle allait n'était pas prudent, mais au moins, cela réchauffait. L'eau glaciale et abondante, couplée à ce début de tempête qui formait des vagues d'eau dans l'air au gré de ses bourrasques, lui gelait déjà les extrémités. Qu'en serait-il en altitude ? Frigorifiée, elle résolut de ne pas mourir de froid cette nuit-là, et reprit sa course en ralentissant le rythme pour se donner le temps de réagir en cas d'obstacle. Chacun de ses pas était ponctué d'un bruit aqueux et d'une gerbe d'eau assez conséquente pour lui rentrer dans les bottines et lui geler les orteils. Courage. Americh ne devait plus être si loin que ça.&lt;br /&gt;Une bonne heure plus tard, même si Yuriko en aurait compté trois, la pluie s'était légèrement calmée et les premières lumières de la ville apparurent dans son champ de vision. Elle était gelée de la tête aux pieds. La seule partie à peu près sèche de sa personne était un sac en bandouillère qu'elle avait récupéré à Brudge, et qu'elle avait eu la présence d'esprit de mettre à l'abri sous son manteau, car il contenait quelques petites choses périssables qui gagnaient à rester au sec - entre autres des cigarillos, trois ou quatre chouquettes survivantes et un livret bancaire qui lui permettrait sans doute de ne pas trop galérer financièrement dans les mois à venir. Pressant le pas, elle pénétra dans la ville et se rendit directement chez elle. Du moins l'aurait-elle fait si elle n'avait pas été aussi fatiguée et étourdie. Ce fut donc seulement après une demi-heure à chercher dans les rues noires, dont le sol trempé réverbérait heureusement l'éclat de la lune, qu'elle retrouva son huis.&lt;br /&gt;Au moment d'ouvrir la porte, elle remarqua avec agacement qu'on avait forcé la serrure et cassé le loquet qui permettait de verrouiller. Il suffisait de s'absenter cinq jours pour qu'on vous cambriole ? Ouais. Elle entra en remettant au lendemain le changement de serrure, et posa son sac sur le canapé. Evidemment, le voleur avait dû être déçu : il n'y avait pas le moindre objet de valeur dans cet appartement. Pour l'instant, en fait, c'était plutôt vide. Le seul signe de passage était le désordre que le cambrioleur avait mis, jetant les coussins partout dans la pièce et posant le matelas contre le mur. Elle soupira en jetant un coup d'oeil autour d'elle, le remerciant mentalement de ne pas avoir découpé le tissu du fauteuil. Un frisson la prit. Elle allait attraper la mort si elle restait comme ça.&lt;br /&gt;Dix minutes plus tard, elle grattait une allumette pour mettre le feu à la partie tressée d'une chaise qui traînait dans la cuisine, qu'elle avait démolie pour en faire du bois de chauffage. L'âtre s'illumina un instant, et la combustion s'arrêta alors que seul un misérable brin d'osier avait pris feu. Elle se fit intérieurement la remarque qu'il lui faudrait récupérer du bois de chauffe, réarrangea la position des débris de chaise, et utilisa une seconde alumette avec plus de succès. Bientôt, des flammes dansèrent dans la cheminée, commençant à faire quelques braises. La chaise représentant une maigre quantité de combustible, la table bancale restée dans la cuisine ne tarda pas à la rejoindre. Yuriko rapprocha le fauteuil du foyer, alla chercher une couverture dans la pièce d'à côté, suspendit ses vêtements trempés aux bords de la cheminée et, complètement nue, s'emmitoufla dans ce fauteuil tout mou en sentant avec délice le sang affluer de nouveau dans ses doigts bleuis.&lt;br /&gt;Ces deux dernières semaines avaient été tout particulièrement éprouvantes pour ses nerfs. Un véritable mal-être la saisissait lorsqu'elle y repensait. Pour tout dire, elle se sentait sale. Qu'est-ce qui était le pire ? Avoir tué une quinzaine de personne en autant de jours ? Avoir livré un individu à la torture et collaboré avec les pires fanatiques qui soient ? Elle aurait voulu ne plus y penser, mais une odeur de cadavre lui collait à la peau. Et tout ça pour quoi ? Des bateaux n'avaient pas été détruits. Une guerre n'avait pas été déclenchée. Mais était-ce bien sûr ? Ceux qui l'avaient prévenue de cette menace étaient les mêmes que ceux qui avaient récupéré le stock d'explosifs. Elle eut une légère grimace. Ils avaient assuré que ce stock ne servirait pas une cause guerrière, mais à quoi d'autre ce genre de choses pouvait-il bien servir ? À les voir, on n'aurait pas cru qu'ils étaient du bâtiment... Oui, il y avait de fortes chances pour qu'"on" se soit servi d'elle et des autres pour mettre la main sur le précieux chargement, et qu'"on" ait craché tout cet or uniquement pour acheter son silence. Elle avait marché dans la combine, c'était regrettable, dans un sens, mais comment aurait-elle pu agir autrement ? Si cette guerre avait bien eu lieu, de combien de morts supplémentaires aurait-elle dû porter le poids sur ses épaules ?&lt;br /&gt;Elle ramena la couverture par dessus son visage. De toutes façons, il n'y avait pas de bon choix à faire. Elle s'était contentée d'appliquer la logique du moindre mal, et n'avait donc pas de raison de s'en vouloir outre-mesure. D'ailleurs, en toute honnêteté, elle ne se condamnait pas vraiment pour ses actes, simplement, un profond dégoût s'agrippait à elle comme une sangsue impossible à arracher. Etait-ce bien sûr, qu'elle avait appliqué sans erreurs cette "logique du moindre mal" ? Martius... Elle n'avait pas eu la force de le tuer avant d'avoir à le livrer à l'inquisition. Il subissait peut-être encore d'abominables tortures à cette heure. Même si son corps se réchauffait lentement, Yuriko restait glacée par l'effroi. Les tribunaux de l'inquisition étaient inconnus du grand public, et seules quelques rumeurs laissant présager du pire parvenaient à filtrer. Mais le pire dans tout ça ; la raison pour laquelle elle aurait choisi toute autre solution que celle de l'éliminer s'il en avait été une, c'est que Martius était innocent. C'était un individu dangereux, certes, ayant causé la mort de nombreuses personnes, vrai aussi, projetant de tuer aveuglément des dizaines d'enfants pour accomplir ses noirs desseins, tout à fait, mais fondamentalement innocent. Il était fou ; complètement étranger à toute morale. D'ailleurs, elle n'aurait même pas osé lui en parler, de peur d'être ridicule. Etant donné qu'il était totalement incompréhensif des droits humains ou des lois, il n'était logiquement pas condamnable par ces dernières. En fait, elle avait agi comme aurait agi Skyla ou n'importe lequel des aliénés de l'inquisition : elle était tombée assez bas pour tuer (indirectement) quelqu'un au nom d'une conviction personnelle. Peu importait de savoir quelle était ce principe : ce qu'elle avait fait n'était pas plus honorable qu'un meurtre commis par fanatisme religieux ou nationaliste.&lt;br /&gt;Elle repensait à Crescentia, le succube. Tant de choses incompréhensibles s'étaient passées sous ses yeux qu'elle n'était plus sûre de rien. Cette créature était un démon, et pourtant, elle n'avait pas manifesté d'intentions hostiles à l'égard de qui que ce soit. Yuriko se souvint de la rancoeur du succube à la nouvelle de l'enfermement de Martius à l'intérieur du bâtiment inquisitorial. Beaucoup d'êtres humains auraient été submergés par la colère, mais Crescentia n'avait fait preuve d'aucune violence. Pourtant, Skyla n'aurait pas hésité une seconde à la tuer si elle en avait eu la possibilité. Pourquoi cela ? Etait-on condamnable, n'étant pas un être humain, de n'avoir aucune morale humaine ? Crescentia n'avait pas non plus de tabous sexuels, mais ce ne pouvait pas être la seule raison. Si l'Eglise condamne ceux qu'elle appelle "dépravés", elle ne les exécute pas pour autant... Au final, le fait que la sainte haït le succube si ardemment n'avait fait que donner envie à Yuriko d'en savoir plus dessus. Etait-il vrai que, si elle avait accepté ses avances, elle y aurait laissé son âme ? Après tout, elle venait d'apprendre l'existence de l'enfer, alors pourquoi pas celle de l'âme...&lt;br /&gt;C'est seulement plusieurs heures plus tard, alors que l'aube pointait, que Yuriko finit par s'endormir. Elle fit quelques étranges rêves dont elle ne conserva aucun souvenir, mais eut dans l'ensemble un sommeil plutôt calme. Du moins, autant que cela est possible dans un fauteuil.&lt;br /&gt;Ce furent des cris d'enfants étrangement proches qui la tirèrent de sa torpeur. Elle ne comprit pas tout de suite pourquoi leurs pépiements étaient aussi aigus et forts. Une voix de petit garçon particulièrement haute résonnait tout près. Ce serait un château, il y aurait un dragon là-bas, et le canapé serait un... Le môme s'interrompit brusquement. Il venait d'apercevoir la tête de la princesse, qui venait d'émerger d'un tas de couvertures sur un fauteuil. Yuriko et lui se regardèrent dans les yeux pendant quelques secondes, et il finit par tourner les talons pour rejoindre en courant ses camarades, qui ne l'avaient pas attendu pour déguerpir. La princesse se frotta les paupières des poings, bâilla, s'étira avec délice et se leva dans le but à peine dissimulé d'aller s'habiller. Elle avait une montagne de choses à faire, à commencer par un changement de serrure.&lt;br /&gt;Le matin recouvrait la pièce de sa lumière froide et calme. Americh n'attendait plus qu'elle...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-2457629927877531356?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/2457629927877531356/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=2457629927877531356' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2457629927877531356'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2457629927877531356'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2010/02/au-fil-des-heures-conclusion.html' title='Au fil des heures - Conclusion'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-3672797708227410207</id><published>2010-02-23T11:14:00.001-08:00</published><updated>2010-02-25T02:42:39.731-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ilmora'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Léander'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Anima'/><title type='text'>L'Étoile du Désespoir (conclusion) - Léander</title><content type='html'>Dans un couloir faiblement éclairé par quelques bougies placées à intervalles réguliers, de légers bruits de pas résonnaient. Le corridor s'allongeait considérablement vers une porte à double battants au poignées cuivrées. Quelqu'un marchait lentement, calmement, faisant le moins de bruit possible sur le parquet sombre. L'individu s'avançait tranquillement en direction de la porte. Ses bottes de ville étaient d'excellente qualité et ses vêtements avaient été conçus sur mesure, démontrant ainsi une certaine richesse et un statut social élevé. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas porté ce genre d'habits. Depuis plusieurs semaines, il avait choisi de vivre en tant que voyageur riche et cultivé. Dans l'intérêt de ses voyages et de ses missions. Son nom n'était un secret pour personne et il n'était pas non-plus une personne particulièrement célèbre, du moins certainement pas en dehors son entourage et de ses confrères. Néanmoins, quand il voyageait, quelle qu'en soit la raison, il n'était simplement pas nécessaire que les gens sachent qui il était réellement et quel était son statut exact. Bourgeois cultivé, aux origines ilmoriennes, suffisait largement dans la majorité des cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois arrivé en face de la porte, l'homme se passa la main gantée de soie sur le visage en inspirant pronfondément. Ses cheveux mi-long étaient ramenés en arrière de manière assez savante, tandis que sur son nez reposait une paire de lunettes parfaitement neuve, l'ancienne ayant été détériorée au gré de ses dernières aventures. Il s'était écoulé bien des jours depuis qu'il avait quitté Brudges et ses compagnons de route. Si ces derniers pouvaient le voir en ce moment-même, sans doute seraient-ils surpris par le changement d'apparence plutôt radical de leur ami. Le voyageur assoiffé de connaissances qu'ils connaissaient avait cédé la place à son identité première : un grand érudit ilmorien, appartenant au échelons élevés de la société. Léander était sans aucun doute différent. Son apparence, sa démarche, ses habits, etc. Tout indiquait clairement un port altier, une dignité sans pareille et une hauteur d'esprit qui ne trouvait que peu de semblables. Sa nouvelle tenue vestimentaire suscitait un charisme impressionnant et une maîtrise de soi à toute épreuve.&lt;br /&gt;Léander chercha un moment à l'intérieur d'une des poche de son manteau avant d'en ressortir un anneau argenté monté d'un symbole sophistiqué évoquant un livre ouvert. Il glissa la bague le long de son annulaire recouvert de soie. Il vérifia que le bijou, preuve de son appartenance à l'organisation, tenait bien au doigt sans le gêner puis il toqua à la porte. Au bout de quelques secondes, un homme d'âge avancé lui ouvrit la porte. Le regard de celui-ci s'illumina quand il reconnut le visiteur.&lt;br /&gt;"Ah, Cornélius ! Soyez le bienvenu ! Entrez donc, je vous prie. Vous arrivez juste à temps pour assister au séminaire.&lt;br /&gt;– Je suis content de vous revoir également, mon cher Timothéus. Nos discussions m'ont manqués ces derniers temps.&lt;br /&gt;– Vous êtes revenu bien plus tôt que ce que vous nous aviez annoncé. Y a-t-il une raison pour que votre voyage ait été écourté ?&lt;br /&gt;– Certes oui, mais je ne souhaite pas en parler maintenant. Ce n'est ni le bon endroit ni le bon moment. Je préfèrerais de loin vous raconter tout ceci quand nous serons installé dans votre salon, ou bien dans ma demeure. J'ai bien des choses à converser avec vous, mais pour le moment je désire juste prendre des nouvelles de la confrérie.&lt;br /&gt;– Oui, bien sûr. Venez donc avec moi, nous allons justement aller écouter notre consoeur Lydia qui est revenu de Varja il y a deux semaines. Il semblerait qu'elle y ait découvert des choses particulièrement préoccupantes.&lt;br /&gt;– Agnès est donc revenue avant moi ? Je suis agréablement surpris. Qu'en est-il de nos amis Dorian, Alexander et Démétrius ? Et aussi Sirius Téophilus et Sophia Ilmora ?&lt;br /&gt;– Tout doux ! Pour l'heure, seuls Dorian et Démétrius sont au pays, mais ils devraient bientôt repartir. Allons, suivez-moi et je vous parlerai d'eux après. Nous avons beaucoup de choses à discuter et vous avez raison sur un point : nous ferions mieux d'en parler à l'aise chez vous ou bien chez moi, auprès du thé."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vieil homme dénommé Timothéus referma la porte derrière Léander puis l'amena dans une vaste pièce similaire à un amphithéatre. La salle était éclairée par des globes de lampyridae et approximativement le tiers des places disponibles était occupé par des personnes qui écoutaient avec intérêt les paroles de l'oratrice. Tous les convives portaient des vêtements d'aristocrates savants, d'érudits et de professeurs d'université. La femme qui était au centre de l'attention tenait un long discours concernant son dernier voyage en Varja. Son oratoire prêtait l'oreille de très près pour deux raisons essentielles : premièrement, leur consoeur leur ramenait de nouvelles connaissances qui allaient très bientôt compléter le thésaurus de Bellasarius, et deuxièmement, elle établissait un rapport précis et relativement préoccupant concernant les derniers évènements notables qui s'étaient déroulés au pays de l'Empereur Éternel ; certains auditeurs tressaillirent quand elle en vint à fournir quelques données occultes concernant les étranges magamatas et la séparation de la Veille et du monde réel en Varja. Certaines personnes qui l'écoutaient pourraient également lister une troisième raison : Agnès Lydia était une femme que l'on aurait pu qualifier de belle et agréable à regarder.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les yeux de l'oratrice s'illuminèrent quand elle reconnut les deux derniers convives qui entraient dans la salle alors qu'elle avait déjà commencé à faire le rapport de son voyage. Néanmoins ni ses gestes, ni son élocution ne trahirent sa joie intérieure. Quand il s'agissait de faire un discours en face d'un public, elle gardait toujours une maîtrise absolue de soi.&lt;br /&gt;Léander et son ami, Timotheus, prirent place et écoutèrent Agnès en silence jusqu'à la fin du discours. Le cerveau de Léander s'attelait à plusieurs tâches simultanément : il assimilait les informations et les nouvelles qu'il entendait, il songeait à ses projets d'avenir et il réfléchissait également à la façon dont il allait faire son rapport. Les trois à la fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au terme d'une heure et demie, la séance était terminée et la plupart des personnes commençaient à ramasser leurs feuilles de notes. Agnès conversait avec quelques érudits qui commentaient son intervention, la félicitaient ou bien lui transmettaient simplement leurs salutations. L'amphithéatre se vidait lentement tandis que Léander et Timothéus restaient assis. Ils se connaissaient assez bien et chacun avait eu le temps de deviner quelles étaient les préoccupations de l'autre, de deviner ses pensées&lt;br /&gt;"Je pense que vous souhaiterez discuter avec notre chère Agnès. Cela fait longtemps que vous ne vous êtes pas rencontrés.&lt;br /&gt;– C'est exact.&lt;br /&gt;– Je vais aller la saluer rapidement et je rentrerais chez moi. Prenez donc votre temps. En contrepartie, que diriez-vous d'une discussion entre nous chez moi ? Disons à vingt et une heure. Nous aurons alors le temps de parler et d'échanger nos dernières nouvelles.&lt;br /&gt;– Merci beaucoup Timothéus. Vous êtes un ami cher sur lequel je peux compter. Je vous retrouverais ce soir donc. Inutile de me faire préparer le diner, je mangerais sans doute en ville.&lt;br /&gt;– Très bien, à ce soir donc.&lt;br /&gt;– À ce soir."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vieil homme se leva de son siège et se dirigea vers le petit attroupement afin d'échanger quelques mots avec ses confrères et consoeurs, puis finit par s'éloigner et quitter la salle. Léander restait assis, attendant patiemment que l'amphithéatre soit déserté. Il ôta sa bague du doigt pour la ranger soigneusement dans sa poche. Ce symbole n'était utile que pour se faire reconnaître par ses confrères.&lt;br /&gt;Finalement, après plusieurs longues minutes, les deux dernières personnes qui palabraient inlassablement avec leur collègue finirent par prendre congé. Agnès poussa un léger soupir, comme si sa patience avait été récompensé, puis elle se tourna vers Léander qui se leva à son tour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et bien, messire Léander ? Vous débarquez à l'improviste à mes conférences sans prendre la peine de me prévenir de votre arrivée ?"&lt;br /&gt;L'érudit s'avança vers elle et lui saisit délicatement la main afin d'y poser ses lèvres.&lt;br /&gt;"Vos yeux me manquaient... Et je suis justement arrivé aujourd'hui pour vous annoncer mon retour. Je n'avais pas la patience de vous faire porter une lettre.&lt;br /&gt;– Quelle galanterie ! Je suppose que vous comportez ainsi avec toutes les femmes que vous croisez ?&lt;br /&gt;– Je ne suis pas un rustre envers la gent féminine, mais je ne dévoile cet aspect de ma personnalité qu'à vous seule.&lt;br /&gt;– Je suis bien tentée de vous croire... Mais comment être sûre lorsque l'on parle des hommes ?&lt;br /&gt;– Je ne répondrais qu'une seule chose : ayez foi.&lt;br /&gt;– Hum... Uniquement parce qu'il s'agit de vous..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Agnès prit à son tour la main gantée de Léander afin de la poser contre sa joue.&lt;br /&gt;"Néanmoins, vous êtes revenu bien plus tôt que prévu ? Qu'est-ce qui nous vaut cette agréable surprise ?&lt;br /&gt;– Mon voyage a été écourté pour plusieurs raisons. Mais il s'agit de toute une histoire qui prendrait du temps à raconter.&lt;br /&gt;– Quand repartez-vous ?&lt;br /&gt;– Je n'ai pas prévu de repartir tout de suite. Je resterais à Hausser pour un long moment je pense.&lt;br /&gt;– Je vois. Disposez-vous de temps libre ce soir ?&lt;br /&gt;– Pas tout à fait. Je dois rendre visite à Timothéus, mais j'allais tout de même vous demander si vous vouliez diner avec moi."&lt;br /&gt;La demoiselle approcha son visage de celui de Léander et lui caressa la joue du bout des doigts.&lt;br /&gt;"Ce serait avec plaisir..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques heures plus tard, Léander se trouvait dans un salon chez son ami Timothéus. Les bougies étaient éteintes et seule la cheminée donnait un minimum de lumière. L'érudit aux cheveux grisonnants, assis dans un fauteuil, une tasse à la main, écoutait avidement les paroles de son ami. Cela faisait déjà deux heures qu'ils parlaient et Léander avait fini de raconter son périple qui l'avait fait voyager de Brudges à Américh tout en frôlant la mort plusieurs fois. Le vieil homme, pensif, buvait son thé en réfléchissant à ce que venait de lui apprendre son ami.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais vous n'avez pas découvert l'identité de ces gens, ou plutôt la nature de l'organisation qui s'est chargé de subtiliser les tonneaux de poudre, n'est-ce pas ?&lt;br /&gt;– Non. Mais je crois que vous et moi avons les mêmes soupçons...&lt;br /&gt;– Oui, qui cela pourrait-il être d'autre ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Léander hocha la tête pensivement, puis annonça :&lt;br /&gt;"Leur employé, Tomaj, a dit que les tonneaux de poudre ne serviraient pas d'explosifs. Qu'ils ne seraient pas utilisés de manière belliqueuse ou offensive. Et je ne pense pas qu'ils aient l'intention de les revendre. Ils les ont fait disparaitre de manière trop efficace.&lt;br /&gt;– Cela nous conforte donc dans nos soupçons. Il n'y a pas assez de groupe organisé qui soit capable de déployer ses agents aussi vite et de récupérer cette marchandise sans laisser de trace. Il ne s'agissait pas d'agents impériaux ni des hommes d'Azur. Providence et Soleil Noir possèdent sans doute des stocks entiers de cette marchandise. Les papiers que vous avez récupérés chez ce Sandberg prouvent même que les barils provenaient en majorité de ces deux corporations. Ils n'ont pas de raison de voler ce qu'ils ont vendu à prix d'or.&lt;br /&gt;– Ceux de Yehudah en sont capables. Et qui sait quelle raison ils auraient pu trouver.&lt;br /&gt;– L'Ordre de Yehudah n'est pas très actif dans ce secteur. Sans doute à cause de l'influence du dernier des Giovanni. Le prince Lucanor sait tenir ces gens-là à distance. Oubliez ces sorciers. Ils n'emploieraient pas d'humains normaux pour leurs plans.&lt;br /&gt;– Vous avez raison...&lt;br /&gt;– Vous n'avez pas pu trouver de preuves. Mais mon intuition me dit qu'il s'agit de cette organisation étrange : Wissenschaft. Nous n'avons jamais pu trouver quels étaient leurs buts... Que manigancent-ils maintenant ?&lt;br /&gt;– Peu importe... À présent, ces barils sont hors de notre portée. Il nous sera impossible mettre la main dessus ou deviner leur localisation."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Timothéus fixa un moment les flammes dans l'âtre.&lt;br /&gt;"Votre voyage n'aura pas été vain, loin de là. Nous savons également maintenant que les prophéties de l'Église se précisent. Les autorités ecclésiastiques savaient que cela se produirait à Brudges."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Léander ne répondit pas tout de suite.&lt;br /&gt;"Je crois que j'aimerais oublier un moment toute cette histoire... et me détendre.&lt;br /&gt;– Je comprend. Vous avez été gravement blessé et vos cicatrices parlent d'elles-mêmes. Cela doit faire un choc de savoir que l'on a failli mourir assassiné.&lt;br /&gt;– Ce n'est pas ça. Les blessures physiques sont importantes, mais elles ne seront jamais rien en comparaison du choc que j'ai eu quand nous avons déniché... Bardley, ou plutôt Martius comme il voulait s'appeller.&lt;br /&gt;– Martius ? Je ne comprend pas. Ce garçon vous a tant impressionné ?&lt;br /&gt;– Je n'ai rien dit aux autres à ce moment-là, mais au fond de moi, j'étais écrasé face à sa présence.&lt;br /&gt;– Il est mort maintenant. Oubliez-le, il était dérangé.&lt;br /&gt;– Il était dérangé, oui... mais je ne suis pas sûr de ce que j'aurais fait s'il m'avait demandé de sacrifier ma vie... On avait l'impression de ne pas pouvoir lui désobéir."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un long silence suivit cette dernière déclaration. Seul le crépitement des flammes était audible. Finalement, le vieil érudit parla :&lt;br /&gt;"Reposez-vous Léander. Profitez des prochains jours pour vous détendre. Je vais vous raccompagner à la sortie. Nous avons veillé assez tard et nous en reparlerons une autre fois.&lt;br /&gt;– Très bien, le temps passe et quelqu'un m'attend encore.&lt;br /&gt;– Agnès ?&lt;br /&gt;– Exactement."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Timothéus eut un petit sourire pétillant de complicité.&lt;br /&gt;"Il y aura un orchestre très attendu au Palais de la Musique cette semaine. Vous devriez l'inviter et je saurais vous trouver des places. Cela lui ferait plaisir. Profitez-en tant que vous êtes jeune.&lt;br /&gt;– Merci Timothéus. Je vais suivre votre conseil. Et sachez que vous n'êtes pas si vieux que vous le dites."&lt;br /&gt;Léander eut un sourire avec cette dernière phrase : il venait de penser à Yuriko qui, pour une raison inconnue, était terrorisée par les personnes affublées de rides au visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était rentré au pays, chez lui. Il était simplement temps que la vie continue.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-3672797708227410207?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/3672797708227410207/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=3672797708227410207' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/3672797708227410207'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/3672797708227410207'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2010/02/letoile-du-desespoir-conclusion-leander.html' title='L&apos;Étoile du Désespoir (conclusion) - Léander'/><author><name>le Golem qui rêve</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15071856589947273995</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_vfdf5d_L-0I/SVYFNJ6-DCI/AAAAAAAAAAM/aciBhPQet2M/S220/6-63.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-9080169167116146556</id><published>2010-02-23T11:13:00.000-08:00</published><updated>2010-02-24T13:14:19.042-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Américh'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Anima'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bardley'/><title type='text'>L'Étoile du Désespoir - Bardley</title><content type='html'>La nuit était tombée sur Américh, la cité du libre-échange. La lune commençait sa lente course dans le ciel tandis que des réverbères de lampyridae étaient allumés ça et là. Loin des quartiers habités par la plèbe, dans les Hauts-Lieux réservés à l'élite bourgeoise et criminelle, une personne patientait calmement dans un bureau. Assis dans un fauteuil de cuir, il contemplait la flamme de la bougie posée sur la table basse devant lui, unique source de lumière dans la pièce. Il était peu probable qu'il existait quelqu'un qui puisse deviner les pensées qui s'agitaient dans l'esprit de cet individu. Reagardait-il la flamme pour tromper son ennui ? ou bien son esprit était-il tourné vers des pensées supérieures ? Concevait-il des projets grandioses ou rêvait-il simplement ?&lt;br /&gt;Son regard restait figé en direction de la flamme quand ses lèvres prononcèrent un nom.&lt;br /&gt;"Ivy."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La flamme de la bougie s'agita brusquement sous l'effet d'un courant d'air. Quelqu'un venait d'entrer dans la pièce en passant par la fenêtre. Derrière le fauteuil, une silhouette féminine se fondait dans les ombres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Que font tes collègues, Ivy ? Ils sont en retard... Tu sais comme j'apprécie la ponctualité. Je souffre de leur absence.&lt;br /&gt;– Je suis désolée monsieur. Je surveillais les entrepôts. J'ignore ce que font les autres Doigts. Voulez-vous que j'aille les trouver et leur faire part de votre mécontentement ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme assis dans le fauteuil leva un sourcil amusé. Il savait que rien n'aurait davantage plu à Ivy que de réprimander les autres agents sous n'importe quel prétexte. Du moment qu'il lui donnait cet ordre, pas même Vince n'oserait la frapper ou la mépriser. Au fond, Ivy n'était rien de plus qu'une jeune fille capricieuse qui évinçait ses rivaux dans le but de s'attirer l'attention paternelle. Elle se fichait des autres membres de la Main tant qu'elle pourrait rester sous ses ordres à lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"C'est inutile Ivy. Je suis sûr qu'ils font de leur mieux pour effectuer la tâche que je leur ai confié. Ils viendront bientôt pour m'expliquer eux-même les raisons de ce retard. Après tout, Piotr et Vince sont régulièrement en retard sans que cela ne me dérange particulièrement...&lt;br /&gt;– Très bien, monsieur.&lt;br /&gt;– Au passage, j'imagine que tu as déjà réglé ce problème puisque tu es si douée, mais est-ce que le vieillard se doute de quelque chose ?&lt;br /&gt;– Absolument pas ! Ce n'est qu'un vieux lubrique et incontinent ! Il serait incapable de me reconnaître si je m'aplatissais la poitrine. Je ne suis pas sûre qu'il puisse différencier un stylet d'un plumeau même si je le lui plantais dans le ventre.&lt;br /&gt;– Allons allons, je comprend que tu n'apprécie pas ce travail mais c'est tellement important pour moi, Ivy. Rassure-toi, toute cette mascarade sera bientôt terminée. Mais ne commet pas l'erreur de sous-estimer le vieillard Sandberg. Après tout, il a réussi à bâtir sa fortune personnelle sans aucune aide. C'est un vieux renard matois, mais pas aussi rusé que nous. Nous avons besoin de lui mais plus pour longtemps. Et lorsque le moment sera venu, je te laisserais régler tes comptes avec lui.&lt;br /&gt;–Je vous remercie... monsieur.&lt;br /&gt;– Ce n'est rien, après tout les offenses faites à la gent féminine ne doivent pas rester impunies..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La femme dissimulée dans les ombres retint un sursaut de surprise. Savait-il ? Elle espérait bien que non. Sinon, elle se couvrirait de honte. Heureusement, des bruits de pas dans le couloir indiquaient que des personnes approchaient, lui permettant de se concentrer sur l'instant présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La porte s'ouvrit en grand et laissa passer quatre personnes de tailles et de constitutions différentes. L'un était un véritable géant, deux autres était plutôt athlétiques et le dernier semblait plus fragile. Mais juger ces nouveaux-venus à leur apparence revenait à commettre l'erreur de sa vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous êtes en retard messieurs. Vous avez une nouvelle excuse à me présenter ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'un des hommes, un ryan portant un kimono traditionnel du Shivat, s'inclina devant le fauteuil en guise d'humilité et d'excuse. Le colosse ne semblait pas avoir entendu ou compris mais en vérité, il laissait ses compagnons parler à sa place. Le troisième larron esquissa un sourire dément avant de prendre la parole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Toutes mes excuses seraient inutiles, beau seigneur, car il y a en vérité une raison à notre retard !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son interlocuteur, assis dans le fauteuil, passa une main distraite sur son menton, amusé par l'audace de son subalterne. Peu nombreux étaient ceux qui se permettaient de lui parler ainsi. Mais, Vince était à sa manière quelqu'un de très spécial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vraiment ? Voilà qui m'intéresse. Ce n'est donc pas Piotr qui s'est perdu cette fois ?&lt;br /&gt;– Que nenni ! Mais Piotr est bien impliqué dans notre retard à tous ! Cette fois-ci il a entendu des choses ! Des choses, oui, très intéressantes ! Mais notre grand ami ne s'explique pas clairement et il nous a fallu du temps pour comprendre son latin très éraillé..."&lt;br /&gt;Vince se tourna vers le juggernaut, comme pour appuyer ses propos.&lt;br /&gt;"D'après lui, continua Vince, il y aurait un petit curieux en ville. Un petit fouineur qui met son nez un peu partout, là où il ne faut pas ! Enfin bref, un espion qui désire savoir qui vous êtes et ce que vous plannifiez ici, à Américh."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un court silence accueillit cette déclaration. Finalement, Ivy fut la première à réagir.&lt;br /&gt;"Un espion ? Comment saurait-il quelque chose sur... ? Nous nous sommes suffisament occupé des informateurs d'Américh pour qu'ils gardent le silence jusqu'à la fin de leurs vies.&lt;br /&gt;– Manifestement, il y a tout de même quelqu'un d'assez téméraire pour enquêter... répondit Vince.&lt;br /&gt;– Serait-il possible que l'Inquisition se doute de quelque chose ?&lt;br /&gt;– Nous ne savons pas. Mais nous connaissons son nom : Ernst. Et il fait plutôt couleur locale, je dirais. Ça ne m'étonnerait pas qu'il travaille pour quelqu'un d'autre."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme dans le fauteuil restait silencieux, plongé dans ses méditations secrètes. L'Inquisition ? Ou bien, autre chose ? Les services secrets de l'Empire auraient dû rester dans l'ignorance normalement. Il était hautement improbable que l'Alliance Azur fasse quoi que ce soit pour contrer ses plans, et il en allait de même pour les templiers de Tol Rauko. Qui donc ? Le Consortium ?&lt;br /&gt;Finalement, il sortit de sa réflexion et jeta un regard à ses hommes de main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Piotr."&lt;br /&gt;Le colosse remua presque imperceptiblement.&lt;br /&gt;"Retourne à ta tâche comme d'habitude. Ne change rien à ce que je t'ai déjà dit. S'il y a du changement, je te ferais parvenir de nouvelles instructions."&lt;br /&gt;Le dénommé Piotr se tourna sur lui-même, remuant ainsi une grande brassée d'air qui manqua d'éteindre la bougie, et sortit de la pièce sans piper mot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Alessandro."&lt;br /&gt;L'homme doté de l'apparence moins impressionnante que celles de ses camarades réagit à l'évocation de son nom. Il était de loin le plus habile de tous. Si on lui en donnait l'ordre, il aurait pu raser une ville entière. Il était également une pièce maitresse dans l'échiquier.&lt;br /&gt;"Occupe-toi du curieux et découvre d'où il vient et quelles sont ses raisons d'enquêter sur moi. S'il ne se montre pas coopératif, ne perd pas ton temps."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vince, surpris, décroisa aussitôt les bras.&lt;br /&gt;"Quoi ? C'est Alessandro qui s'en charge ? Je peux tout aussi bien le faire ! Je m'étais réservé ce plaisir !&lt;br /&gt;– Non, Vince... J'ai besoin de toi ailleurs. Tu ne danseras pas avec cet homme, mais je saurais te trouver quelqu'un à ta hauteur. En attendant, j'ai besoin de toi... en tant que Louis."&lt;br /&gt;L'homme de main parut incroyablement dépité, comme un chat à qui on aurait retiré une souris qu'il venait de capturer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Wei-Hong."&lt;br /&gt;Le shivatien se redressa immédiatement.&lt;br /&gt;"Je voudrais que tu surveille les mouvements des vieillards du syndicat. Je ne voudrais pas que notre cher Adamsky nous fasse défaut. Assure-toi qu'ils ne se doutent de rien et emmène avec toi Vince-Louis. Vous savez quoi faire si jamais les trois ne se conforment pas à nos attentes.&lt;br /&gt;– Tout à fait monsieur, répondit le ryuan.&lt;br /&gt;– Alors vous pouvez disposer."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alessandro, Wei-Hong et Vince quittèrent la pièce pour exécuter les missions qui leur avait été attribuées.&lt;br /&gt;Il ne restait plus qu'Ivy, dissimulée dans l'ombre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ivy.&lt;br /&gt;– Oui ?&lt;br /&gt;– Je sais bien que tu viens d'être relevée mais cet homme qui fouille dans nos affaire me dérange. Je n'ai pas confiance en ceux qui t'ont remplacé dans ton travail. Tu es la meilleure pour tout ce qui concerne les missions de surveillance et tu saurais défendre les entrepôts convenablement.&lt;br /&gt;– J'ai compris. Je part immédiatement. Si ce fameux Ernst se montre aux entrepôts, il n'aura pas le temps de mettre un pied devant l'autre qu'il sera déjà mort.&lt;br /&gt;– Merci Ivy. Je savais que je pouvais compter sur toi."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La femme se faufila par la fenêtre par laquelle elle était entrée. En moins d'une seconde, elle avait disparu et la fenêtre était comme fermée de l'intérieur. Elle réajusta sa combinaison noire et se projeta sur le toit du bâtiment. Depuis son poste, elle scruta rapidement les rues guettant le moment idéal pour se déplacer sans être remarquer. Dès que son instinct lui signalait une absence de danger, elle sauta rapidement sur un toit voisin et atterrit sans faire le moindre bruit. Puis elle continua son trajet en utilisant les murs, les gouttières, les parapets et balcons sans jamais poser le pied au sol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même si c'était pénible pour elle de l'admettre, elle devait bien reconnaitre qu'elle éprouvait des sentiments pour son employeur. Qui aurait pu le lui reprocher après avoir vu celui-ci et discuté avec lui ? Était-elle amoureuse ? Comment en être sûre ? Si c'était le cas, lui rendrait-il ses sentiments ? Éprouvait-il la même chose qu'elle ?&lt;br /&gt;Ivy chassa ces pensées de son esprit. Elle ne pouvait pas se permettre de penser ainsi. Quels que soient les sentiments qu'elle lui portait, elle devait tout garder pour elle. Bardley était quelqu'un de... pur. Parfait. Tandis que elle n'était qu'une souillure et une médiocrité humaine sans importance. Les origines de l'existence de Bardley devait se trouver dans un décret divin tandis qu'elle ne devait sa naissance qu'au hasard seul. L'aimer ouvertement ne reviendrait qu'à le souiller et lui trancher les ailes. Elle ne pouvait pas se le permettre. Sa vie n'était rien et son existence une simple erreur. Le seul moyen pour elle d'acheter un peu de valeur était de servir Bardey et donner sa vie pour lui. Car, en vérité, il était probable qu'il ne ressente rien pour elle.&lt;br /&gt;Et lorsqu'elle mourrait à son service, elle trouverait sans doute la satisfaction qu'elle désirait tant...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-9080169167116146556?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/9080169167116146556/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=9080169167116146556' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/9080169167116146556'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/9080169167116146556'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2010/02/etoile-du-desespoir-bardley.html' title='L&apos;Étoile du Désespoir - Bardley'/><author><name>le Golem qui rêve</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15071856589947273995</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_vfdf5d_L-0I/SVYFNJ6-DCI/AAAAAAAAAAM/aciBhPQet2M/S220/6-63.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-4912897085570832131</id><published>2010-02-05T14:13:00.000-08:00</published><updated>2010-02-24T08:53:58.414-08:00</updated><title type='text'>Rush tha boat !</title><content type='html'>29/01/2010&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que Paola est occupée à convaincre les derniers sceptiques qui refusent de voir des marins à pull rayé appeler au secours sur le lointain bateau que nous avons aperçu (et que Kurt, par pur anticonformisme, tente de les persuader du contraire avec un succès mitigé), Nalya ne perd ni son temps, ni le nord, et passe en forme astrale pour aller voir qu'est-ce qui s'passe là-bas. Elle a l'élégance et la bonté de garder la communication mentale active avec Paola, histoire de pouvoir donner des nouvelles du front en temps réel. (Je capte ! Je capte plus ! Et là, ça capte ?) Son corps inerte reste dans sa cabine pendant qu'elle file à toute vitesse, invisible et silencieuse, au-dessus des flots. Le bateau échoué est à 300 mètres du nôtre ; c'est l'affaire de quelques secondes.&lt;br /&gt;Exploration : Nalya va découvrir un bateau tout ce qu'il y a de plus normal à première vue, désert, qui n'a apparemment pas été quitté dans la panique la plus totale. Quelques chaloupes manquent. Il n'y a pas de cadavres par terre, ni rien de trop glauque. En descendant dans les cabines, elle trouve des couches défaites mais rien de spécial, du moins au premier niveau. Le niveau au-dessous comprend d'autres cabines, mais différentes (plus confortables, mieux garnies) ainsi que des salles de classe et des laboratoires. Apparemment, il y avait des scientifiques à bord. Les tableaux des salles de classe sont recouverts d'un charabia mathématique incompréhensible. Paola demande par la pensée des précisions sur les labos (Maths ? Physique ? ... &lt;span style="font-style: italic;"&gt;biologie&lt;/span&gt; ?...), soudain prise d'une pensée assez désagréable, mais n'obtient rien qui lui permette de confirmer ou d'infirmer ses doutes. Au niveau encore au-dessous, Nalya découvre d'autres laboratoires pleins d'outils étranges, ainsi qu'une pièce où se trouvent des casiers avec des noms dessus, et par laquelle on accède à une salle "spéciale". Paola, qui est retournée dans sa cabine, note les noms sur un quelconque bout de carnet, et attend la suite en se rongeant les ongles. Sur la porte qui mène à la salle "spéciale", un tableau est cloué, avec des instructions :&lt;br /&gt;1) Ne jamais laisser la porte ouverte plus de trente secondes.&lt;br /&gt;2) Suivre les règles de sécurité qui vous ont été transmises.&lt;br /&gt;3) Ne jamais entrer seul dans la pièce.&lt;br /&gt;Nalya traverse la porte, et peut voir un autre labo, mais équipé différemment, avec une autre porte au fond, sauf que celle-ci est en métal, noire, et ferme comme celle d'un coffre-fort. (Avec une sorte de grosse manivelle) Elle va voir cette porte et, surprise, ne parvient pas à la traverser, malgré son état ectoplasmique (à Nalya, pas à la porte). Continuant d'explorer, elle repère dans un coin une pierre noire, taillée dans une matière similaire à la porte. Elle la soulève par télékinésie, et parvient à identifier une vertèbre, mais en métal, noire, et pas humaine. Animale.&lt;br /&gt;Par la suite, elle va regarder à l'intérieur des casiers. Dedans se trouvent des combinaisons, des masques respiratoires, des gants et d'autres accessoires du même tonneau. Paola, de plus en plus stressée, sort de sa cabine, rejoint Virgil sur le pont et lui demande si, lui, il perçoit une activité magique là-bas. Apparemment, c'est trop loin. Elle demande donc à Nalya si elle peut ramener la vertèbre pour jeter un oeil. Celle-ci fait sortir l'objet du bateau échoué aussi discrètement que possible, et la ramène en passant par sous l'eau. Profitant de ce que tout le public s'est amassé sur le bord droit, Paola va s'appuyer au bastingage gauche, et bientôt sort de l'eau une grosse vertèbre noire et humide qui va toute seule se loger au fond de son sac. (merci la télékinésie) Ceci fait, elle se dirige avec Virgil vers sa cabine, notant au passage que la chose pèse son poids.&lt;br /&gt;Et pis là, on tente infructueusement d'identifier le bidule. Tout d'abord, Paola, tenant dans ses mains la vertèbre, se dit que non, il n'y a aucune magie là-dedans, puis Virgil, tout panique, lui annonce que c'est un métal qui absorbe la magie, et qu'elle va se vider si elle reste en contact. Petite frayeur. Paola lâche la vertèbre, la récupère dans le sac et la pose sur son lit. Puis elle se remet à l'observer attentivement, et elle comme Virgil finissent par se rendre compte qu'il a dit une connerie, et que ce machin est décidément aussi magique que Zacharias est chaleureux. Cependant, une chose reste étrange : même incorporelle comme une pensée abstraite, Nalya ne peut pas traverser cette matière. Expérience, donc : Paola transforme sa chair en pure énergie magique et, ainsi intangible, tente d'attraper la vertèbre. Et là, surprise de nouveau (mais moins que la première fois, faut pas déconner) : elle peut la soulever dans cet état.&lt;br /&gt;Nalya, retournée au bateau échoué, explore la cabine du capitaine, et finit par trouver le journal de bord. La dernière page déplore le mauvais temps, fait état du fait que le bateau est échoué, et il est dit que celui-ci est abandonné temporairement. Quelques pages auparavant, entre deux considérations météorologiques, le capitaine relate l'embarquement. Il y a bien une équipe de scientifiques, qui sont tolérés sur ce navire car ils payent leur voyage assez cher. Cependant, une chose reste agaçante : ni les marins ni le capitaine ne sont autorisés à pénétrer dans les cales. (là où se trouve la porte blindée, donc.)&lt;br /&gt;Virgil et Paola, surtout cette dernière qui trouve ça vraiment pas net et se pose un certain nombre de questions sur cette matière et sur l'identité des "scientifiques" qui faisaient là leurs étranges expériences secrètes, (Nan mais je sais mais faut la comprendre, quoi, la dernière fois qu'elle a vu un labo clandestin, elle a trouvé dedans une bande de nécros décharnés occupés à faire le mal comme il se doit, et qui depuis lui collent au fesses comme un essaim d'abeilles tueuses sur un coquelicot paranoïaque !) prennent la décision de franchir les trois cent mètres de mer qui les séparent de l'épave pour aller voir ça, parce que nom de Dieu, décidément, c'est carrément trop chelou. Paola les téléporte donc directement derrière le bastingage du bateau échoué, et ils rampent en direction des cabines. Des acclamations provenant de l'autre bateau et des barques mises à la mer parviennent à leurs oreilles : Virgil s'est fait voir. L'hôtesse fantomatique Nalya les guide jusqu'aux labos.&lt;br /&gt;Mais au fait, où est Kurt ?&lt;br /&gt;Eh bien, après que Paola l'a quitté pour aller se morfondre dans sa cabine en écoutant les nouvelles catastrophiques annoncées sur Radio-mentaliste, Kurt a repéré dans la foule un personnage soucieux, qui se trouvait être notre cher singe glabre larvaire aux cheveux bouclés. Celui qui nous observait bouffer. Il l'a abordé avec sympathie, mais celui-ci l'a envoyé chier. (De toutes façons, un sourire de Kurt signifie soit qu'il projette de vous égorger et qu'il s'en réjouit d'avance, soit que, lubrique, il espère pouvoir tirer de vous mieux que de l'or et des entrailles) Vexé, mais pas découragé par cette attitude atrabilaire, il l'a suivi discrètement (autant dire qu'il faisait autant de bruit qu'un grillon mort dans un caisson insonorisé) jusqu'à la cabine du capitaine. Là, écoutant à la porte, il arrive à suivre la conversation. Le mec aux cheveux bouclés se présente, annonce qu'il bosse pour une compagnie commerciale connue, que le bateau échoué leur appartient probablement et qu'il transportait un chargement précieux. En clair, si toi collaborer, alors sousous dans la popoche. Sousous dans la popoche ? demande le capitaine, soudain vivement intéressé. Toutafay, répond l'autre. Beaucoup sousous dans la popoche ? Beaucoup sousous avoir la compagnie ? Ah ben oui, compagnie s'appeler Providence ! Hooouuu làlà ! Providence, la multinationale ? Oué. Alors tu vois, moi pas rigoler, toi y'en a gagner much much sousous dans la popoche si toi y'en a pas faire de blagues.&lt;br /&gt;Le capitaine réfléchit en se caressant la barbe (et Kurt l'entend !) puis demande à l'autre s'il désirerait accompagner l'équipe de secours sur le bateau échoué, dans l'hypothèse où il en enverrait une. Naturellement, oui... À ce moment, le capitaine demande au type bouclé de sortir pendant qu'il prend sa décision, et Kurt s'écarte vivement de la porte, disparaissant rapidement de la place, aussi furtivement qu'un chat particulièrement furtif.&lt;br /&gt;Par la suite, voyant que sont mises à la mer des barques destinées à aller secourir les marins échoués, Kurt se dirige vers le côté gauche du bateau et descend à l'eau avec son grappin. Il le récupère, puis se dirige en nageant vers l'autre bord. Au moment où les barques s'apprêtent à partir, il plante son grappin dans la planche d'équilibrage de l'une des embarcations, sous la ligne de flottaison, et s'y cramponne en ressortant régulièrement la tête de l'eau pour pouvoir respirer.&lt;br /&gt;Les marins ne le remarquent pas (c'est pratique d'avoir un score de discrétion si haut que vos meilleurs amis vous prennent pour un motif du papier peint.) et après une dizaine de minutes à ce rythme, il parvient à son tour au bateau échoué. Les marins envoient des grappins et escaladent la coque. Kurt essaie de faire de même, mais après avoir failli s'éborgner, grimpe à la corde laissée par un des marins pour atteindre la pont.&lt;br /&gt;Pendant que l'assassin fait des exercices d'apnée, Virgil et Paola ont eu le temps de descendre dans les laboratoires, de les fouiller très sommairement, puis de rejoindre la porte noire en bas. Paola demande par la pensée à l'esprit de Nalya s'il ne peut pas ouvrir la porte à distance, puis se rappelle des instructions, et elle et Virgil vont se vêtir avec les masques/combis/gants. Ensuite seulement, ils s'approchent pendant que Nalya actionne le mécanisme à l'aide de ses pouvoirs télékinétiques.&lt;br /&gt;La porte est particulièrement épaisse (une bonne vingtaine de centimètres) et l'air est aspiré à l'intérieur alors qu'elle pivote lentement sur ses gonds. Dedans, il fait noir, mais Paola discerne (parce qu'elle voit dans le noir, c'te blague !) des formes humaines à l'intérieur. Une dizaine de personnes sont recroquevillées comme des singes étiques au fond du coffre. À ce moment-là, pour voir à son tour, Virgil génère une haute flamme au creux de sa main, ce qui fait réagir les prisonniers. Ils se redressent avec lenteur et approchent, révélant leur véritable apparence : là, il manque un oeil, ici, un lambeau de chair. Ces types ne sont pas tout à fait ce qu'on peut appeler vivants. De plus, une silhouette plus haute que les autres est à présent visible. Elle était cachée par les corps morts quelques secondes auparavant, mais Paola frissonne en reconnaissant la créature abominable qu'elle a malencontreusement aperçue quelques mois plus tôt dans un laboratoire clandestin. À ce moment-là, elle était désassemblée, mais on dira ce qu'on voudra : la voir en vrai, c'est autre chose.&lt;br /&gt;...&lt;br /&gt;Pour info : trois mètres de haut, une silhouette maigre avec des bras de gorille complètement disproportionnés, aucune peau sur les muscles et une petite tête bizarre.&lt;br /&gt;Je me demande si, maintenant, on referme la porte et on disparaît, ou si on crame la gueule de ces abominations avant d'éliminer tous les témoins (Kurt se fera un plaisir de nous aider) et de rentrer en barque...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite la semaine jouxtant celle-ci sur le calendrier.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-4912897085570832131?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/4912897085570832131/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=4912897085570832131' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/4912897085570832131'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/4912897085570832131'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2010/02/reach-tha-boat.html' title='Rush tha boat !'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-9214536253416020244</id><published>2010-02-05T13:58:00.000-08:00</published><updated>2010-02-26T14:48:54.793-08:00</updated><title type='text'>Sur l'eau</title><content type='html'>22/01/2010&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Au cours des quelques jours qui suivent, nous nous occupons comme nous le pouvons sur le bateau. Trois évènements viennent troubler la douce monotonie du voyage.&lt;br /&gt;- Le premier : un soir, à l'heure du repas, les plus vigilants d'entre nous (Maladresse n°1) s'aperçoivent qu'un avorton tout pâle aux cheveux gras, noirs et bouclés nous observe l'air de rien. Rapidement, on se met au courant. Paola demande alors à Kurt d'aller aux toilettes le temps qu'elle utilise son image à des fins commerciales. Quelques minutes plus tard, arrive du chemin des toilettes le même Kurt, même âge, même taille, même sale trogne de paria du Dwanhölf, même fumet de meurtre accompagnant ses pas. La seule différence, c'est que celui-là n'existe pas. Ce faux Kurt vient s'asseoir à la table de ses authentiques compagnons de route et se montre aussi malpoli que le vrai l'est d'habitude. Paola demande à Nalya si elle peut lui parler, et une fois la connexion faite, lui explique que le machin blond qui se tient là, devant, est aussi réel que la douceur de Myllenia, avant de lui demander de prévenir Kurt (le vrai, celui qui est aux chiottes) pour qu'il ne bouge pas de là où il est. Elle parvient à le localiser, puis à établir la connexion avec lui pour l'avertir.&lt;br /&gt;Le faux Kurt se lève au bout de quelques minutes et quitte la pièce. Cinq ou six personnes lèvent brièvement la tête, dont notre homme, qui ne lève malheureusement pas son cul pour le suivre. (Parfois, oui, parfois, j'élabore des plans qui ne servent absolument à rien.)&lt;br /&gt;Le repas se finit doucement. Finalement, les gens se lèvent les uns après les autres, et le mec frisé déserte la table d'où il nous jetait des coups d'oeil. Histoire de voir, Paola le suit discrètement en se vêtant d'un masque illusoire (Maladresse n°2) et recommence après que Nalya lui ait confirmé par la pensée que non, elle n'a pas exactement la tête de Clark Gaibeule, là. L'aboutissement de cette filature imparfaite se trouve être la chambre numéro 37, dans laquelle l'inconnu disparaît sans verser une larme.&lt;br /&gt;La discussion mentale se poursuit. Kurt refuse malheureusement de sortir des toilettes, parce que merde, quoi, tout ça lui a donné envie. (une manière modérément polie de dire que la seule chose qui le fait plus ch. que les femelles, ce sont les paranoïaques...) Nalya rejoint sa chambre, s'allonge et extériorise son esprit pour aller espionner le frisé. Elle ne peut résister à l'envie de faire une blague stupide à Paola pour lui faire peur, mais celle-ci reste de marbre. (Impassibilité = Successful !) Par la suite, elle viole sans la moindre gêne l'espace intime du suspect, en passant, invisible et intangible, à travers la porte de la chambre numéro 37. L'intérieur est alors méthodiquement fouillé et observé. Le bonhomme est en train de lire un livre passionnant, qui ressemble à un morceau d'encyclopédie. Il est rendu à la page qui traite de l'anatomie des chevaux. Nalya se met alors, faute d'avoir mieux à faire, à lire par-dessus son épaule après avoir jeté un oeil à la surface de son cortex et s'être assurée que non, il n'a pas développé de pouvoirs mentaux. On considère alors l'alerte passée. Paola s'autorise à respirer.&lt;br /&gt;- Le second évènement : Au cours du voyage, Néro se lie (d'amitié, d'intérêt ?) avec les deux gamins asiatiques qui traînaient sur le pont et s'extasiaient devant la faux de Zacharias au moment du départ. Dans la semaine, il nous en parle un peu et nous explique que lui et les gamins s'apprennent mutuellement des trucs par rapport à ce qu'ils appellent le "ki". Un frère et une soeur, faux jumeaux, quatorze ans et tous les deux en voyage. Ils ont laissé leur maître au pays, à Varja. Notamment, le frère est capable de voir les auras des gens, et c'est d'ailleurs comme ça qu'il a repéré le groupe. (après avoir miraculeusement fait 100 aux dés pour résister aux sorts de dissimulation prévus) Selon lui, l'aura de Néro, annonce celui-ci avec orgueil, est la plus "forte" de toutes les nôtres, même si nous en avons tous une plus prononcée que la moyenne. Le môme est capable de ressentir la présence des gens à travers les murs, par exemple, et également de déterminer la couleur de l'aura. Ainsi, celle de Néro est Jaune (d'ailleurs, il accumule du ki pour le montrer), celle de Virgil, noire (avec un côté... embrasé) et celle de Kurt, violette.&lt;br /&gt;Nous avons l'occasion de rencontrer les deux 'tiots, qui nous font sur le pont la démonstration (en présence d'une sorte de samurai avec Katana, Wakisashi et air pas commode affichés) de ce que ça donne lorsqu'ils extériorisent leur aura. En quelques minutes, vazi que ça pète les effets son et lumière, avec les vagues, le vent, l'aura rouge de la fille (Suzumi) et l'aura jaune du garçon. (Mokoto) Ils finissent par arrêter pour ne pas endommager le bateau. Dixit la gamine : "Quand notre maître il fait ça, ça fait des crevasses dans le sol !"&lt;br /&gt;Du coup, Nalya fait léviter une dague devant leurs yeux, histoire d'impressionner ce p'tit con qui vient de lui dire qu'elle avait une aura carrément faiblarde. (bleue) On apprend, par ailleurs, que l'aura du type frisé‚ qui nous observait l'autre soir est de la même couleur que celle de Kurt (ce qui est VACHEMENT rassurant) mais plus faible. Paola, assez inquiète d'apprendre qu'on peut la pister les doigts dans le nez simplement à la couleur de son aura, demande quelques précisions à Mokoto sur le fonctionnement de cette capacité et se livre à quelques expériences (du genre accumuler du zéon) en lui demandant si ça se voit, si c'est flagrant, et si, quand je fais ça, ça se voit aussi. (Son aura à elle est rouge, au fait)&lt;br /&gt;- Troisième et dernier ‚évènement : un peu plus tard, lors du voyage, il y a un mouvement de foule (de petite foule, hein) sur le bateau, alors que les gens scrutent les flots. Un bateau est échoué à quelques encablures. Nalya se dirige en vitesse vers sa cabine avec dans l'idée d'aller voir ce que ça donne en forme astrale, tandis que sur le pont, Paola cherche à apercevoir des marins ou quelqu'un de vivant sur la carcasse lointaine. (Maladresse n°3, eh oui...) Elle y parvient donc, et mieux, arrive à convaincre une partie de ceusses qui regardent avec elle que des survivants, il y a, et qu'aller les chercher, il faut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La suite, ça vient.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-9214536253416020244?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/9214536253416020244/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=9214536253416020244' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/9214536253416020244'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/9214536253416020244'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2010/02/sur-leau.html' title='Sur l&apos;eau'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-298524343701153716</id><published>2010-02-05T13:56:00.000-08:00</published><updated>2010-02-05T14:25:23.687-08:00</updated><title type='text'>Need for speed</title><content type='html'>19/12/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un fou ! Un malade mental, c'était la seule explication. Yuriko essayait de contenir sa panique, mais ne voyait aucune issue possible. Louis... Ou Vince Louis, avait un grand sourire aux lèvres, et se moquait éperdument de ses tentatives de conciliation. "Tu ne veux pas danser ? demanda-t-il d'une voix démente, en rangeant l'une de ses armes, avant de se mettre à jongler avec l'autre.&lt;br /&gt;- Rengainez ce machin, et je marche. Un tango, ça vous dit ?" Des flammes incolores léchaient toujours le métal de son épée. Yuriko ne la lâchait pas des yeux, et pourtant, elle avait le sentiment qu'elle pouvait se dérober à son regard à chaque instant. Elle tâta sa blessure du bout des doigts. Le coup avait brûlé à la fois sa chair et son aura, et ça, c'était alarmant, même si l'entaille n'était pas très profonde. C'était bien pire que si seul son corps avait souffert, en cela que c'était incompréhensible : il ne lui était tout simplement jamais arrivé de ressentir une véritable douleur d'origine non physique.&lt;br /&gt;Soudain, Vince, comme s'il comprenait, cessa de jouer avec son épée et la rangea dans son fourreau. Il ne semblait nullement déçu, au contraire, on aurait dit qu'il prenait tout cela pour un jeu. À présent désarmé, il se mit à danser sur un sol imaginaire sans cesser de regarder Yuriko, qui cherchait toujours un moyen de s'enfuir sans avoir à lui tourner le dos. Timidement, elle fit mine de lui tendre la main, pour le cas où il aurait vraiment voulu danser avec elle, mais se ravisa bien vite : sa "danse" n'était en fait qu'un assortiment de postures de combat très clairement belliqueuses. Le problème, avec les fous, c'est qu'ils sont complètement imprévisibles. "Allons, viens danser !" lança-t-il avec une légère irritation dans la voix. Que faire ? Il était complètement dingue, et même s'il avait envie de jouer, il ne lui laisserait pas la vie sauve. La différence avec un individu normal, c'est qu'elle n'avait pas le recours de la négociation et, dans la mesure où le rapport de force lui était défavorable, il n'y avait pas beaucoup de chances que, seule, elle survive à cette confrontation. Pour tout dire, Yuriko se sentait vulnérable. Ce type était comme un chat ayant l'intention de s'amuser avec sa proie : quelle que soit la durée du jeu, tous deux savaient comment il finirait.&lt;br /&gt;Sans plus attendre, elle fonça dans sa direction. En une fraction de seconde, elle fut sur lui et porta plusieurs coups mortels qu'il évita souplement. Au quatrième, qui aurait au moins dû lui déboîter l'épaule, il disparut subitement. Le temps sembla s'allonger un instant. Soudain, Yuriko sentit derrière elle un trouble, comme un mouvement d'air ou une onde venant perturber son aura, et fit un mouvement brusque vers le haut.&lt;br /&gt;Vince lui fit un grand sourire. Ses mains étaient entourées d'un halo tremblotant de chaleur. L'image était déformée tout autour, à cause de la température. Cette fois, c'était pas passé loin. Yuriko tapota le tissu de ses vêtements pour en éteindre les scories incandescentes, tout en cherchant à comprendre comment Vince avait pu lui échapper aussi facilement. Pourtant, elle y était allée à fond ! Sans lui laisser le temps de souffler, il fit une brusque accélération. Elle eut à peine le temps de le voir qu'il avait déjà franchi la quinzaine de mètres qu'elle avait mis entre eux deux, et à nouveau disparu de son champ de vision. Sentant venir le coup, elle plongea vers la gauche, évitant ce qui n'était probablement rien de moins qu'une mort certaine. Le crépitement des flammes qui léchaient à présent les avant-bras de Vince passa tout près de son oreille. Profitant de l'occasion, Yuriko s'éloigna de lui et redescendit le plus vite possible en direction de là où elle avait laissé les autres. Du coin de l'oeil, elle remarqua que de nombreux soldats se livraient bataille les uns contre les autres dans le jardin ceinturant la propriété Adamsky. Sans s'attarder, elle pénétra dans la maison par la fenêtre béante.&lt;br /&gt;La pièce qu'elle avait laissée quelques secondes plus tôt était dans un état lamentable. Cependant, elle n'eut pas vraiment le temps de s'attarder sur les cadavres qui traînaient ici et là, pas plus que sur le type au regard vide qui était assis dans le canapé : elle avait la mort aux trousses. Elle fit volte-face juste à temps pour apercevoir du coin de l'oeil Vince passer par la fenêtre à sa suite, avec moins d'une seconde de retard. Il fit un plongeon dans sa direction et, affectant de prendre appui sur le sol alors qu'ils flottaient tous les deux un mètre au-dessus, effectua un saut périlleux pour passer derrière Yuriko. Elle s'écarta brusquement, s'arrachant à l'étreinte brûlante des mains enflammées. Des traces noires zébraient à présent sa chemise orange. Si la situation s'y était prêtée, elle aurait peut-être souri en reconnaissant là un motif tigresque du plus bel effet. Au lieu de quoi elle continua d'essayer de se dérober aux coups tout en cherchant une solution. Hé, il n'y avait pas moyen d'arrêter ça ? demanda-t-elle sans grand espoir. Parce que là, c'était lourd, hein, comme petit jeu... Vince ne répondit pas. Il riait silencieusement, sans cesser d'accélérer et d'essayer d'attraper sa proie. Sur son visage se lisait l'extase la plus pure. La porte s'ouvrit soudain, et Mannrig fit son apparition. Il leva son arc, flèche encochée, mais sembla hésiter. Yuriko jeta un coup d'oeil dans sa direction. Il était peut-être sa seule chance de s'en sortir. Il fallait que... Mais où était l'autre ?&lt;br /&gt;Une seconde plus tard à peine, il l'avait agrippée. Elle se tortilla violemment, dopée par la douleur, et se dégagea. Le bras de sa chemise avait presque entièrement brûlé. La trace des doigts de Vince s'était imprimée sur sa peau, comme une griffure noire. "Regarde comme elle est agile !" s'exclama-t-il avec joie en la poursuivant dans toute la pièce, essayant de l'attraper et de la frapper alternativement. À qui parlait-il, ce taré ? Ils se déplaçaient à toute vitesse entre les quatre murs, jouant au chat et à la souris sans se soucier de rien d'autre que de leur proie ou prédateur respectif. S'il avait simplement voulu la tuer, sans prendre le temps de s'amuser, il aurait déjà eu dix fois l'occasion de le faire. Elle n'osait pas regarder ailleurs. Pour le perdre de vue à nouveau ? Non merci.&lt;br /&gt;Malgré le stress et l'odeur de brûlé qui lui collait aux basques, Yuriko finit par remarquer qu'un autre individu était entré dans la pièce, et comprit qu'elle ne devrait pas compter sur l'aide du sauvage dans sa situation : des dards métalliques et des flèches volaient un peu partout, alors que Mannrig et le shivatien échangeaient des dizaines de projectiles flous. Il aurait fallu qu'elle s'en sorte seule. Ce que, précisément, elle ne pouvait pas faire. Peut-être Léander pourrait-il l'aider ? Ou bien était-il déjà mort ? Après tout, si ces deux tueurs étaient là, rien ne permettait d'affirmer qu'ils étaient seuls.&lt;br /&gt;Au moment où Yuriko pensait cela, Vince fit un brusque mouvement dans sa direction et, s'appuyant sur le genou de son adversaire pour faire une étrange cabriole, passa au-dessus de son épaule avant de se faufiler derrière elle. Elle n'eut pas le temps de se retourner qu'une odeur de barbecue se fit sentir en même temps qu'une vive douleur quelque part au milieu de son dos. Elle fit un écart en se retournant et évita les quelques coups suivants du mieux qu'elle pouvait. Rester calme. Ne pas faire d'erreurs. La perspective de mourir ici, et surtout maintenant, ne l'enchantait vraiment pas. D'un autre côté, elle ne pourrait peut-être pas l'éviter. Il lui fallait attendre le moment opportun pour s'échapper. Elle sentait que son aura blessée lui réclamait de faire cesser tout ceci immédiatement. C'était assez étrange : pour la première fois, elle semblait s'agiter d'elle-même, comme si l'impact l'avait légèrement détachée. Bien sûr, la douleur physique et celle de son aura coïncidaient, mais on aurait dit qu'elles venaient de deux endroits différents.&lt;br /&gt;Curieusement, elle ne s'attarda pas à étudier ce phénomène, par ailleurs passionnant, et continua à se concentrer sur son adversaire pour éviter de laisser à celui-ci trop d'opportunités de lui faire la peau. En y réfléchissant, non, il n'y avait pas vraiment de solution. Elle n'avait donc qu'à essayer de survivre le plus longtemps possible en évitant les coups les plus violents, dans l'attente d'un miracle.&lt;br /&gt;À peu de choses près, c'est exactement ce qui arriva. Alors qu'elle bougeait dans tous les sens pour éviter de se faire attraper par le dingue aux doigts ardents, un drôle de pépiement la déconcentra. Aussitôt, il fonça dans sa direction, mais elle réussit à l'éviter au dernier moment. Des dizaines d'oiseaux de toutes sortes entraient par la fenêtre en continu. La plupart d'entre eux venaient encercler Vince qui, incompréhensif, cherchait à s'en dégager. C'était le moment. Profitant de ce qu'il n'était pas libre de ses mouvements, elle fondit sur lui et le frappa à plusieurs reprises, de toutes ses forces, cherchant à l'handicaper au niveau des membres supérieurs. Avec une certaine satisfaction, elle sentit plusieurs de ses coups porter, puis le nombre de volatiles devint trop imposant, et Vince disparut sous les plumes. Il y avait à présent plus d'une centaine d'oiseaux dans la pièce, et ceux-ci faisaient un bruit infernal. C'était une vraie volière.&lt;br /&gt;Au bout de quelques secondes, un corps inerte tomba de la masse des piafs et s'écrasa tristement au sol. Yuriko ne prit pas le temps d'aller voir et se dirigea vers le shivatien. Elle avait encore un peu de ressource, même blessée et épuisée comme elle l'était. De plus, à présent que Vince ne la menaçait plus directement, elle n'avait plus besoin d'y aller à l'économie.&lt;br /&gt;Cependant, alors qu'elle tentait de l'attraper par la peau du cou pour lui intimer l'ordre de calmer le jeu, il se déroba et lança une autre de ses aiguilles, traçant un fin trait rouge à la surface du bras de Yuriko. Il était vif, le bonhomme, et sans aucun doute salement dangereux lui aussi. Une flèche passa entre eux deux, et se planta jusqu'à la hampe dans le plâtre du mur. En colère, elle tenta à plusieurs reprises de neutraliser le shivatien sans y parvenir. Il bougeait vite, même s'il lui semblait presque statique comparé aux acrobaties de Vince, et le contact de ses pointes de métal était horripilant. Soudain, alors que le sauvage approchait en dégainant son épée, elle se jeta sur leur adversaire dans une brusque accélération et le força à relever la tête en tirant sur les cheveux, avant d'étreindre sa nuque de l'autre bras. "Et maintenant ? demanda le shivatien, sans laisser tomber son imperturbable sourire.&lt;br /&gt;- Maintenant, tu vas pas bouger... fit-elle à toute vitesse, et moi, je vais réfléchir !" Bien, alors, qué pasa hoy ? Elle remarqua que son shivatien avait changé de tenue, et qu'il était assez gravement blessé. Sur le blanc de ses vêtements, des auréoles sanglantes s'agrandissaient. Une colonne d'oiseaux se tenait au milieu de la pièce, cachant le cadavre de Vince aux regards indiscrets, Wirostek, encore vivant quelques secondes plus tôt, était à présent hérissé de flèches comme tous les autres éléments de décor, et la pièce dans sa globalité ressemblait à Constantinople après le passage des croisés. "Lâche tous les objets piquants que tu as sur toi." ordonna-t-elle à son prisonnier, qui n'en fit rien. L'arme à la main, Mannrig s'approcha du rideau d'oiseaux, qui s'ouvrit brusquement sur ce qu'on peut appeler une très mauvaise surprise. Le sauvage fit un bond en arrière pour éviter l'épée chauffée à blanc de Vince et, essayant de contenir sa panique, Yuriko gueula que non mais ho tout le monde se calme sinon le chinois, elle allait lui broyer les cervicales. Comme s'il venait de la remarquer, Vince Louis se tourna vers son collègue et, sans se démonter, annonça "Désolé Wihong, mais tu sais comment ça marche. Bardley passe en premier." avant de reporter son attention sur Mannrig. "Tu as d'excellents amis, chuchota-t-elle à l'oreille de Wihong.&lt;br /&gt;- Vous allez donc devoir me tuer, dit-il, tout sourire. De toutes façons, si vous me relâchez, je me verrai contraint d'agir selon les intérêts de Bardley.&lt;br /&gt;- C'est sympa de me prévenir, mais pourquoi une telle fidélité ?" Il ne répondit pas. "Tant pis pour mes études de médecine" fit-il, résolu. Ah, mais non alors. D'abord, elle n'avait pas personnellement de raison de le tuer, et ensuite, elle doutait d'en être capable, physiquement parlant. Pour ainsi dire, Yuriko était au bout du rouleau. La situation n'aurait pas pu plus mal tourner. Le fou était toujours vivant, l'otage ne lui était d'aucune utilité, et elle n'avait même plus la force d'essayer de s'enfuir.&lt;br /&gt;Histoire d'enfoncer le clou, elle avait maintenant droit au coup de l'étudiant dépressif qui lui demandait l'euthanasie. Un vague sourire se dessina sur ses lèvres. Elle ne lui ferait pas ce plaisir. D'un geste efficace, elle fit pression d'une main sur l'épaule de Wihong et tira brutalement de l'autre main, dans l'espoir de lui déboîter le bras. Ceci fait, elle recula légèrement en lévitant, et il s'écroula face contre terre. Perplexe, elle fronça les sourcils : tout ça pour un bras cassé ? Il devait y avoir autre chose. Le sauvage tenait bon. Vince était toujours vivant, mais à deux, ils auraient peut-être pu le neutraliser, si elle n'avait pas été dans un tel état de faiblesse. En l'occurrence, ce n'était pas la peine d'y penser : il leur faudrait impérativement de l'aide et, si cela s'avérait inutile, trouver un moyen de s'échapper en urgence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite un de ces 4.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-298524343701153716?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/298524343701153716/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=298524343701153716' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/298524343701153716'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/298524343701153716'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2010/02/need-for-speed.html' title='Need for speed'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-6743493070844566152</id><published>2010-02-05T13:52:00.000-08:00</published><updated>2010-02-08T11:24:21.110-08:00</updated><title type='text'>Hôtel Goodrich.</title><content type='html'>15/01/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pendant que Virgil essaie ses gants, Nalya demande au vendeur l'adresse de l'hôtel fréquentable le plus proche et celle d'un salon de coiffure. On lui indique l'hôtel Goodrich. Ils y vont. Cet hôtel est une monstruosité de luxe et de vulgarité aristocratique à tendance nouveaurichitienne. Lorsque, dans le hall (grand, le hall), ils demandent un endroit où loger l'armée (En vrac Nalya, Virgil, Néro, Myllenia, Paola, Kurt, Zacharias, Délano et Laurens), on leur propose des suites cinq étoiles dans les étages les plus élevés. Cinq chambres et deux salles de bain par suite, avec jardin et piscine. Après avoir visité, Nalya paye (élevé, le prix) et prévient par la pensée Paola que ça y est, Hotel Goodrich, sixième étage, le dîner est servi.&lt;br /&gt;- Pendant ce temps, Paola s'achète un sac à dos (parce que merde, quoi, une cantinière, c'est encombrant à la longue) et Laurens fait de même avec son propre salaire. Cependant, après transvasage express, il garde la cantinière sous le bras. Au marché/bazar, chacun fait quelques emplettes, passe-partout, armes, maquillage (Saviez-vous que "maquillage" s'écrit "makijaze" en polonais, [avec normalement un point au-dessus du z] et se prononce exactement de la même manière ? Voilà, c'était pour la minute culturelle.) et galettes-saucisses. Délano, pour sa part, traîne plutôt du côté des antiquaires et des vieilles boutiques poussiéreuses, à la recherche d'on ne sait quoi. Dans l'après-midi, Paola reçoit et transmet le message de Nalya. Elle a également l'occasion de se rendre compte qu'en ville traîne un nauséabond relent de magie mal rasée.&lt;br /&gt;- Après cette séance de shopping décadent, tout le monde converge (et converge, ça fait des bébés... ) vers l'Hôtel indiqué. Une fois que Nalya a terminé de se faire tripoter le cuir chevelu par une dizaine de phalanges embagousées au salon de coiffure local (onéreux, le salon, et pas chié, le coiffeur), elle retourne également à l'hôtel. En fait, avec le décalage temporel, elle arrive à peu près en même temps que les autres. D'aucuns essaient d'avoir l'air blasé devant cette débauche de luxe incommensurable, mais n'y parviennent qu'à moitié. Pudiquement, nous nous répartissons alors dans les deux suites ("pudiquement" parce que, à l'exception de Laurens, on fait pas dans la mixité) et explorons avec avidité l'étendue de notre richesse. Dans chacune des suites, il y a cinq chambres, deux salles de bain et une salle commune (pour bouffer), dans laquelle une bouteille de vin offerte par la maison attend patiemment qu'une âme charitable veuille bien lui faire un sort. On a alors l'occasion de se rendre compte que personne n'a pensé à prévenir Néro et Myllenia. Laurens envoie un groom les prévenir avec un pragmatisme dont beaucoup feraient bien de s'inspirer. Sans plus attendre, Nalya se dépèche alors de monopoliser la première salle de bain, tandis que Paola sert le vin avec une classe casanovienne et emporte son verre et son portefaix dans la seconde salle de bain pour savourer de l'un et de l'autre l'arôme et l'habileté au déduit.&lt;br /&gt;- Dans la seconde suite, ça commence déjà mal quand Kurt fait un scandale (en peignoir) en s'apercevant que l'eau (courante, oui) n'est pas tiède-froide comme le veut l'étiquette, mais bel et bien tiède-chaude. Quelques grooms exaspérés lui apportent des seaux d'eau tiède-froide, mais Virgil (très joueur, Virgil), décide de les aider et de réchauffer l'eau des seaux de quelques dizaines de degrés en montant l'escalier. Voyant arriver son eau fumante, à la limite de l'ébullition, Kurt se saisit de l'un des seaux et asperge le pyromancien hydrophobe d'un gros tas de molécules désolidarisées composées d'éléments divers, tels que l'hydrogène et l'oxygène.&lt;br /&gt;Et là, quelque chose se brise à l'intérieur du cerveau de notre ami.&lt;br /&gt;Virgil hurle, court dans tous les sens sous l'effet de la panique, bouscule rudement un groom, ravage la pièce commune de la première suite et va se réfugier dans un coin, muré dans un délire tri-chromosomique, non sans s'être arraché la chemise et et griffé la peau là où c'est trop humide.&lt;br /&gt;- Avec un profond soupir (las, le soupir), Nalya sort de sa salle de bains en peignoir et tente une approche douce en lançant des illusions psychiques au malade, censées l'inciter au calme. En fouillant dans ses souvenirs, elle retrouve l'origine du traumatisme et se demande s'il serait sage d'appuyer sur le bouton "Delete". Dans le doute, s'abstenir. Paola, Délano, tout le monde finit par arriver, la curiosité placardée à la surface des iris.&lt;br /&gt;- On paye les dégâts. (une baie vitrée, un groom blessé, le papier peint dans un état lamentable...)&lt;br /&gt;- Profitant du fait que Virgil est incapable de faire quoi que ce soit, Kurt commence à fouiller dans ses affaires pour lui voler ce qu'il a de précieux. Il trouve un Katana, un peu d'or, et décide, pétri de malveillance, d'aller mettre tout ce qui ressemble à du tissu au feu. Le Katana à la main, il descend alors l'escalier et aborde un groom en lui agrippant la chemise pour lui demander s'il y a une cheminée dans le coin. Le groom s'énerve et commence assez rapidement à le soupçonner d'être un voleur en peignoir, qui vient de déposséder un client. (sa tête de truand du Dwanhölf aidant) La situation s'embrouille au point que Kurt est ramené à l'étage &lt;span style="font-style: italic;"&gt;manu militari&lt;/span&gt; et qu'on demande au reste du groupe s'ils connaissent ce type. Paola assure qu'elle gardera un oeil sur lui, demande de la corde à un groom, et Kurt est relâché. Cependant, au lieu de tendre les poignets en la remerciant de sa magnanimité comme un bon chien de Dwanhölfite qu'il est, il s'enfuit et gagne la rue.&lt;br /&gt;- Dans les suites, après cet incident, Virgil récupère lentement ses esprits et tout le monde finit par aller pioncer. Le pyromancien se rend tout de même compte qu'il lui manque quelques affaires et descend dans la rue à la recherche d'une armurerie. Malheureusement, il recule devant les prix surtaxés de Deimos.&lt;br /&gt;- De son côté, Kurt se vêt des fringues qu'il a volé à Virgil, jette le Katana dans une bouche d'égout et va dormir dans un autre hôtel en se payant la chambre avec l'argent qu'il vient de récupérer. (le seul où on l'accepte)&lt;br /&gt;- Le lendemain matin, vers six heures, Néro réveille le groupe parce que "Myllenia est pressée !" et nous annonce que le bateau part très bientôt. Maussades, nous prenons un rapide petit déjeuner et quittons l'hôtel. Kurt nous rejoint par derrière et annonce, alors que personne n'avait remarqué qu'il était là, qu'à partir de maintenant, il va garder en permanence un seau d'eau à la main pour le cas où Virgil dépasse les bornes. Et ça ne rate pas, ce dernier fait une nouvelle crise. C'est moins spectaculaire : il est juste en train de baver, accroupi par terre en se tenant la tête. Alors que Kurt se fait engueuler, Néro se voit prier de porter Virgil sur son dos jusqu'au bateau, après qu'on lui a bandé les yeux pour lui éviter de voir la mer.&lt;br /&gt;- Nous arrivons sur le bateau doucettement (On le reconnaît parce qu'il y a un type en noir avec une faux sur le dos qui pose pour un magazine à l'avant) et prenons possession de nos cabines après avoir donné nos noms à un certain Jaioubliésonnom. Cette embarcation est beaucoup plus grande que celle de Nikolaas, et nous ne sommes pas les seuls passagers.&lt;br /&gt;- On établit alors le premier contact avec les spécimens présents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que vous regardez ? interrogea Pernilla avec une certaine curiosité, en se penchant au bastingage.&lt;br /&gt;- L'eau, fit Zacharias sans bouger d'un poil. Je veux voir les vagues sur le bord du bateau quand celui-ci partira." Le regard rivé sur les flots vaseux du port de Deimos, elle mit quelques secondes à comprendre, du fait de l'incongruité de la réponse. Enfin, l'incongruité... Après tout, chacun ses lubies, hein ? En quoi pouvait-ce bien être plus étrange que n'importe quelle matière académicienne, honorable et utile, dans l'absolu ? Sans parvenir à détacher son regard de la ligne de flottaison, où l'eau salée avait déposé au fil des heures un fin liserai d'écume blanche, elle se fit la réflexion que c'était sans doute parce que l'intérêt que portait Zacharias à cette petite parcelle de réalité en particulier avait quelque chose d'enfantin que sa première pensée avait tenu du mépris amusé. Pour réparer cela, elle se fit un devoir de scruter attentivement les flots avec lui jusqu'à ce que l'ancre soit levée.&lt;br /&gt;Au bout de quelques minutes, deux ou trois personnes les avaient rejoints pour regarder à leur tour, montrant par là l'incommensurable pesanteur de leur badauderie touristique. Deux gamins bruyants s'extasiaient en regardant la faux de Zacharias. Deux ryuan. En fait, il était impossible de déterminer leur âge, mais à en croire l'envie difficile à réprimer qu'avait Pernilla de les jeter par-dessus la rambarde dès qu'ils ouvraient et fermaient leurs cavités, surtout buccales, ils ne devaient pas avoir plus de dix ans. Elle les rabroua d'une voix qu'elle espérait autoritaire, mais ils ne l'écoutaient pas. En fait, ils n'avaient d'yeux que pour le jouet tranchant de l'Ankou. Elle s'éloigna de quelques mètres, un tant soit peu agacée, et se remit à observer, sans plus vraiment savoir pourquoi, le fil blanc qui délimitait la coque de la surface de l'eau. "Qu'est-ce que tu regardes ?" demanda Néro. Elle fit une grimace qu'il ne pouvait pas voir de là où il était. Voilà qu'elle allait passer pour une conne à cause de ce gosse en frusques noires qui regardait la mer. "J'ai vu, heu, une pièce d'or au fond, lâcha-t-elle, se rendant compte en même temps qu'elle le disait que ce n'était que très moyennement crédible, vu que l'eau était au moins aussi propre que l'esprit de Kurt.&lt;br /&gt;- Une pièce d'or ? Tu déconnes ? fit-il d'un air assez étonné en se penchant sur le rebord, avant de froncer les sourcils. T'es sûre ? On n'y voit que dalle.&lt;br /&gt;- Non mais en fait, on ne la voit plus, c'est un passager qui l'a perdue tout à l'heure." Elle fit une pause. "Maintenant, elle doit s'enfoncer dans la vase, voilà tout.&lt;br /&gt;- Tu sais nager ?&lt;br /&gt;- Mouais. Non. Trop mal.&lt;br /&gt;- Moi non plus, mais si on avait une corde, je pourrais descendre." dit Néro en jetant de nouveau un coup d'œil vers les eaux grises. Par un hasard tout à fait étonnant, Pernilla avait justement une dizaine de mètres de corde dans son sac à dos, qu'un aimable employé de l'hôtel Goodrich lui avait fourni pour qu'elle attache solidement (et en faisant plusieurs fois le tour) la turbulente petite tête blonde qui les accompagnait. Après avoir insisté pour qu'elle noue la corde au bastingage, Néro commença à s'harnacher n'importe comment, de manière à être absolument &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sûr &lt;/span&gt;de se se bloquer les voix respiratoires. Elle râla un peu pour la forme et l'attacha au niveau des hanches en serrant beaucoup trop fort, mais bon, y fallait c'qu'y fallait. "Tu voulais t'étouffer, ou quoi ? Déjà, si tu arrives à te noyer, ça sera pas trop mal, si ?&lt;br /&gt;- T'en fais pas, lança-t-il en lui adressant un sourire radieux, je pourrais retenir ma respiration pendant une demi-heure, au moins." Il leva le pouce comme dans un manga, histoire d'achever au canon scié toute tentative d'authenticité comportementale, et se jeta à l'eau. Cela fit un gros bruit humide pas discret du tout. Intérieurement, en regardant avec un sourire rêveur la corde s'enfoncer au milieu des vaguelettes circulaires qui s'élargissaient, Pernilla se dit qu'il faudrait lui demander pendant combien de temps il était capable de retenir sa circulation sanguine. Puis, tout de même, elle frissonna en essayant d'imaginer combien l'eau devait être froide, et se demanda si Zacharias avait vu la scène, et s'il s'en servirait à nouveau pour la rembarrer, elle et ses discours sur la camaraderie. Elle se tourna vers lui. Il était toujours courbé au-dessus de l'eau, mais rien ne permettait d'affirmer qu'il n'avait pas tout entendu. "Hé, vous ! fit une voix. Qu'est-ce que vous faites ?" C'était un marin. "Hé bien, répondit-elle en essayant d'avoir l'air de croire à ce qu'elle disait, j'hydrate mes poissons rouges. Si l'on n'immerge pas régulièrement l'aquarium dans l'eau de mer, ils dépérissent, vous savez ?&lt;br /&gt;- J'ai pas trouvé la pièce ! cria soudain Néro depuis l'eau. T'es bien sûre que c'est là qu'elle est tombée ?&lt;br /&gt;- Des poissons rouges..." murmura le marin en la regardant d'un air navré, à mi-chemin entre l'exaspération et l'incrédulité, avant d'aller tirer sur la corde pour remonter Néro. Elle jeta un coup d'œil vers la ville. Deimos était à quelques brasses encore, et dans une heure ou deux, elle disparaîtrait à l'horizon. Le voyage allait être long...&lt;br /&gt;Soudain, comme pour lui donner raison, le bateau s'ébranla et le bruit métallique de l'ancre qu'on extirpait des flots résonna d'un bout à l'autre du pont. C'était le moment du départ.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite immédiatement disponible.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-6743493070844566152?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/6743493070844566152/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=6743493070844566152' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/6743493070844566152'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/6743493070844566152'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2010/02/hotel-goodrich.html' title='Hôtel Goodrich.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-5594274284317717730</id><published>2010-02-05T13:51:00.000-08:00</published><updated>2010-02-05T14:20:09.071-08:00</updated><title type='text'>Deimos Dc.</title><content type='html'>11/12/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Sur le bateau, nous ne redémarrons pas avant deux heures, le temps que Nikolaas se remette de ses émotions. Cela laisse le temps à Délano d'examiner un peu les plaies de ceux d'entre nous qui sont blessés, Néro et Kurt en tête, à Nalya de réintégrer son corps et à Pernilla de s'excuser brièvement auprès de Laurens pour la baignade forcée.&lt;br /&gt;- Au bout d'une bonne demi-heure, le piaf refait surface, mort noyé. (comme on s'en serait douté)&lt;br /&gt;- La fin du voyage se fait tranquillement, même si le capitaine se montre légèrement plus distant, et qu'il a hâte de nous quitter.&lt;br /&gt;- Nalya exprime à un moment donné son désir de se pencher sur les sciences occultes. Elle se voit objecter que ce sera à la fois chiant et difficile, car elle ne possède pas le don mystique, mais si elle veut vraiment, alors il n'y a pas de souci particulier.&lt;br /&gt;- Nous causons pouvoirs surnaturels divers et variés pendant un moment.&lt;br /&gt;- Nikolaas nous propose de débarquer à Deimos, cité libre située sur la côte, à la frontière du Gabriel et du Phaïon, ce que nous acceptons majoritairement, parce qu'il devient de plus en plus clair que décidément, les voyages en bateau, cela ne nous réussit pas.&lt;br /&gt;- Tout le groupe (volumineux !) met pied à terre, et nous disons au revoir à Nikolaas, la larme à l'oeil pour les plus émotifs, la main serrée sur la poignée d'une arme pour les plus méfiants et la tête ailleurs pour la plupart d'entre nous.&lt;br /&gt;- Le port est assez large, et un vaste marché s'est avancé dessus. Les bateaux à quai sont raccordés les uns aux autres par des passerelles qui permettent de passer devant les différents étalages.&lt;br /&gt;- Pernilla demande à Délano dans combien de temps nous allons repartir de Deimos. Il hésite et ne répond pas avant un moment. "Hou hou ? Toi comprendre moi quoi dire ?" Puis il finit par réagir et annonce qu'on reste pour la nuit.&lt;br /&gt;- Notre employeur envoie Nalya et Virgil chercher "le meilleur hotel" où passer la nuit, et... décide soudain d'aller visiter le marché local. (pas celui qui est sur les bateaux, mais le marché terrestre) Pernilla, Laurens et Kurt le suivent pour éviter de le perdre de vue, tout en peinant à porter leur matériel. Myllenia et Néro sont chargés de nous trouver un bateau pour le lendemain.&lt;br /&gt;- Laurens se permet de préciser à son employeuse que Deimos, il faut faire attention, parce que c'est une cité libre similaire à Americh où il ne fait pas bon traîner dans les rues après une certaine heure. Il importe donc de garder l'oeil ouvert.&lt;br /&gt;- Nalya et Virgil décident de demander l'adresse d'un bon hotel dans une boutique d'accessoires de luxe. Ils arrêtent leur choix sur une maroquinerie, où Virgil essaie des gants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite incoming.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-5594274284317717730?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/5594274284317717730/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=5594274284317717730' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/5594274284317717730'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/5594274284317717730'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2010/02/deimos-dc.html' title='Deimos Dc.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-5619619440268154823</id><published>2009-12-14T07:03:00.000-08:00</published><updated>2009-12-14T07:07:08.432-08:00</updated><title type='text'>Acte générateur : transmettre l'étincelle de Feu divin</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://quetedujeu.free.fr/blog/logo_prom.png"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 376px; height: 100px;" src="http://quetedujeu.free.fr/blog/logo_prom.png" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://quetedujeu.free.fr/blog/logo_prom.png"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://quetedujeu.free.fr/blog/logo_wod.png"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 275px; height: 100px;" src="http://quetedujeu.free.fr/blog/logo_wod.png" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Louisiane, Nouvelle-Orléans&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;Centrale électrique de la ville&lt;br /&gt;1:12 AM&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai presque réussi. Jusque là tout s'est correctement déroulé à quelques imprévus près. J'ai réussi à convaincre les vampires de m'aider. Leur soutien m'a été précieux. Sans eux, je n'aurais jamais pu être prêt pour cette nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis installé dans la salle des générateurs avec David et Mulder. George est resté dehors, sans doute occupé à un travail quelconque. Les vigiles de nuit ont été écartés de l'opération, enfermés dans une salle non-loin. Personne ne nous dérangera maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Devant, sur un sac de morgue ouvert, un cadavre repose à même le sol. Le corps de Linny... Non, ce n'est plus Linny. Plus exactement. Si elle se réveille comme je le prévois, elle ne sera plus la même. Comme moi, elle sera une prométhéenne. Une Créée. Ma progéniture. Une compagne de ma race. Bien des mois auparavant, je n'aurais jamais pu. Un tel blasphème... Donner la vie à un corps décédé, trépassé... J'ai toujours su que ce ne serait qu'une hérésie. Mais... Je pensais également pouvoir supporter cette solitude qui étreint mon cœur... À tort. Parfois, ces derniers jours, je me disais, dans quelques moments d'errances et de décrépitude mentale, que mon Pèlerinage n'est rien de plus qu'un sentier confus menant à une destination incertaine. Quels ont été mes espoirs ? Devenir humain ? Ma conceptrice m'en avait longuement parlé. D'après elle, franchir toutes les étapes de son Pèlerinage personnel menait à une transformation alchimique. La chair morte se transforme en organe vivants et en muscles nouveaux. Le Feu Divin se transmute en âme humaine... Le plomb que nous sommes se change en or qu'est l'humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m'avise tout à coup que je pense à ma conceptrice. Mon cœur se resserre. Comment pourrais-je lui faire confiance ? Elle qui m'a créé par unique égoïsme ! Elle savait pertinemment qu'elle me condamnait en me donnant la vie. Je n'existais que pour qu'elle puisse devenir humaine. Elle n'est pas digne de confiance et ses théories farfelues sur l'alchimie de l'âme ne me disent rien qui vaille. Il est clairement impossible qu'un Créé puisse devenir humain. Nous sommes des monstres et mêmes les créatures que l'Homme qualifie de monstre se méfient de moi. Je me souviens toujours du regard que m'ont lancé mes amis vampires quand ils m'ont vu sous mon véritable aspect pour la première fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinon, il me restait bien un autre espoir : celui de devenir fort. Suffisamment fort pour que l'on puisse m'accepter. À la manière des héros d'antan : Héraclès, Samson, Béowulf... Mes aptitudes de prométhéen devaient me permettre de gagner l'admiration d'autrui. Mais ce chemin me semble au moins aussi brumeux que celui choisi par ma "mère". Je dois le reconnaitre, je divaguais. Je suis une créature monstrueuse qui n'aurait jamais dû exister. Les humains se méfient de moi. Leur instinct leur dit la vérité. Ils répriment leur sixième sens, habitué à combattre les pulsions qui sont contraire à l'éthique de l'homme civilisé. Mais plus le temps passent, plus leur instinct se fait de plus en plus présent dans leur esprit : je suis une aberration qu'il faut combattre à tout prix. Je ne suis que source de malheurs et de tourments. Certains m'ont fui en poussant des cris de terreur. D'autres m'ont menacé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les vampires ont beau tolérer ma présence, ils n'en sont pas moins comme des étrangers pour moi. Et ce sentiment doit être réciproque. Ils vivent uniquement la nuit quand je marche aussi bien sous la lune que sous les rayons du soleil. Leurs forces décroissent s'ils ne se nourrissent pas de sang humain. L'énergie du Feu Divin devient de plus en plus puissante en moi à chaque nouvelle aube. Les vampires se mêlent aux humains et certains ont même acquis des capacités leur permettant de les dominer et de gagner leur confiance. Moi, les humains me fuient et cherche à échapper à ma présence.&lt;br /&gt;Mais surtout, les vampires possèdent des compagnons congénères. Le fait m'a frappé quand j'ai rencontré les maîtres de David, George et Clark. Mon raisonnement s'est étayé quand j'ai conversé avec un puissant vampire haut-placé, bras droit de l'énigmatique prince vampire de la Nouvelle-Orléans. Les marcheurs de la nuit, buveurs de sang, possèdent toute une société. Ils ont de nombreux compagnons. Ils vivent groupés ensemble, soudés par des traits raciaux communs. Mais moi ? Moi ? Moi, je suis seul ! Personne à qui transmettre mon expérience de Créé. Personne qui puisse comprendre ce dont je parle quand je décris les flux qui parcourent mon corps, le Feu Divin qui se raffine, l'humeur qui circule dans mes veines... Personne pour partager les secrets des transmutations alchimiques dont je suis capable. Je suis le seul parmi mes compagnons de route qui sache exactement ce que ça fait que d'être... un prométhéen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En vérité, je dois me contenter de la présence d'êtres qui me sont à la fois proches et étrangers. Cette ambiguïté me dérange profondément. Mes amis vampires et les humains qui vivent près de moi sont comme des proches que je connais mal ou bien des étrangers qui me sont familiers. C'est si déroutant et aliénant... Parfois, je crains d'être à deux doigts de la Tourmente qui guettent tous les Créés. Je pourrais très bien déchirer les fils de suture qui séparent en deux ma poitrine pour ouvrir mon corps et laisser s'échapper le feu volé que je transporte en lieu et guise d'âme. Mais ma vie m'est trop précieuse. C'est le seul bien que je possède réellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si je voulais vaincre cette solitude oppressante, le plus simple était bien évidemment de trouver d'autres enfants de Prométhée. Mais nous sommes si peu nombreux ! De toute ma vie, je n'ai jamais connu que deux semblables. Deux seulement. Ma créatrice. Si seulement je savais son nom. J'ai beau la maudire de toutes mes forces, elle n'en est pas moins ma "mère" et une congénère. Je ne puis lui faire confiance. Quelque part, au fond de moi, je trouve toutes les raisons de la haïr. Si elle m'avait créé pour être aimé, j'aurais été heureux. Mais elle m'a conçu uniquement pour me délaisser et m'abandonner. Je la détesterais toujours de toutes mes forces tant que cela me sera possible. J'espère secrètement la revoir un jour pour lui faire comprendre toute la rancœur que je ressens.&lt;br /&gt;Puis il y a eu Phébus. Ô Phébus ! Pourquoi m'avoir abandonné ? Toi qui semblait si seul également. Tu m'avais tout de suite identifié, à New-York, quand nous avons chacun perçu l'Azote de l'autre. Phébus le beau, tu m'avais approché sans crainte. Tu connaissais bien mes problèmes et les doutes qui m'assaillaient. Tu étais toi aussi en Pèlerinage. Nous avions chacun échangé nos expériences et raconté notre Errance. Là, sous les étoiles, tu m'avais informé des périls que risquaient ceux de notre race. Comme les pandoréens, monstres affamés de Pyros, parodies grotesques des Créés. Tu m'avais écouté sans rien dire, sans jamais te lasser, sous la nuit de New-York. Tu m'avais informé des Raffinements. Les méthodes employées pour purifier notre Feu Divin. C'est toi qui m'avait appris que j'étais un Titan ou encore un Ferrum. Un de ceux qui suivent la philosophie du fer. Mais toi, tu désirais ardemment te fondre parmi les humains, suivant ainsi la philosophie de l'or ou encore de l'Aurum. Puis nous étions endormis sur le toit d'un des innombrables grattes-ciel de la mégalopole. Le soleil s'était levé, teintant l'horizon d'un rouge orangé. Mais je m'étais réveillé seul. Tu étais parti. Ô Phébus, étais-tu proche de l'accomplissement ? Ton Pèlerinage s'achevait-il ? Pour toi, j'aurais bien voulu croire. Croire à ce rêve, absurde mais si beau, où les Créés se voient offrir la chance de devenir humains. Pour toi, j'aurais eu la foi. Pour toi, j'aurais pardonné à quiconque m'a fait du mal. Mais tu m'as abandonné. Mon cœur, mon esprit, mon Feu Divin et mon être tout entier sont incapables de ressentir la moindre rancœur envers toi. Mais mon espoir s'est corrompu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ô Phébus ! pensé-je tout bas en ravalant un sanglot. Que penserais-tu si tu me voyais ? »&lt;br /&gt;Me voilà réduit à essayer de tromper la solitude en créant une autre prométhéenne. Mon esprit a-t-il craqué ? Quand j'ai eu le triste privilège de voir le corps démembré de Linny suite à une explosion, j'ai senti que si j'avais eu une âme à ce moment précis, elle se serait fissurée. Elle qui était si vivante quelques heures plus tôt ! Elle avait été pris dans une histoire qui ne la concernaient même pas. David, George, Clark et Mulder ; tout le monde avait essayé de la protéger tout en lui cachant l'horrible vérité. Ils étaient devenus des vampires. Et voilà, qu'elle avait dû payer de sa vie un secret qu'elle ne connaissait même pas. La vampiresse qui était responsable avait fini par payer pour cet acte odieux et aveugle. Mais ce châtiment ne saurait ramener Linny à la vie. Moi, je pouvais faire quelque chose. J'ai donc fait un choix. Ce n'est pas vraiment Linny que je m'apprête à éveiller. Sa mémoire sera effacée, mais elle vivra. Ce sera juste comme si elle était devenue amnésique. Je le souhaite vraiment. J'ai donc récupéré la dépouille mortelle de la jeune fille. Puis pour préparer la création d'une prométhéenne, j'ai été cherché d'autres corps d'enfants de son âge. Des enfants morts tragiquement. La somme de leurs membres et organes va former un être nouveau à qui j'insufflerais la vie. J'en suis sûr dorénavant : les enfants décédés continueront à vivre à travers cette nouvelle personne. Je leur offrirais l'Espoir. Et je ne serais plus seul. C'est la situation idéale. Ma progéniture se tiendra à mes cotés tandis que je regarderais l'horizon avec une flamme nouvelle dans l'œil. J'ai déjà pensé à son nom : Cathy. Je l'appellerais Cathy. Elle sera la fille idéale qui me tiendra compagnie. Ensemble, nous ne serons plus seuls.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma main tremble alors que je vérifie les derniers préparatifs. Soudain Mulder me tire de ma rêverie.&lt;br /&gt;« Tiens, dit-il en me tendant une substance visqueuse à deux mains. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est le cerveau. Mulder m'a rendu un grand service en me trouvant l'organe manquant à ma création. Le seul que je n'avais pas pu me procurer moi-même en état correct. Je saisis délicatement la matière grise, siège de l'intelligence. Je commence tout de suite à disposer l'organe encéphalique en place tout en connectant les nerfs optiques et auditifs à l'aide d'agrafes. Il coïncide tout juste avec la boîte crânienne. C'est l'idéal. Ensuite, je fixe le sommet du crâne pour sceller le tout, toujours avec des agrafes. Puis, la tête est enfin complétée quand je rajoute le cuir chevelu provenant de Linny afin de dissimuler l'os. Je profite de quelques secondes pour contempler l'ensemble de mon ouvrage. À première vue, ce n'est qu'une poupée macabre grotesquement maintenue en l'état à l'aide de fil de suture et d'agrafes. Tout le monde se serait offusqué à la vue de cette aberration. Pas moi. Je suis allé jusque là et je n'ai pas l'intention de défaillir maintenant. Je sais que, lorsqu'elle recevra le Feu Divin, elle aura l'air d'une humaine aux yeux de tous, excepté moi et les autres prométhéens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David pousse un petit soupir. Il a beau avoir vu bien des choses étranges ou gênantes, même en tant que vampire, il doute du bien-fondé de l'opération. Ou peut-être doute-il de la réalité de ce qu'il voit. Il est devenu un buveur de sang depuis peu et il reste sans doute encore beaucoup d'humanité en lui. Il regarde la scène d'un œil critique.&lt;br /&gt;En revanche, Mulder reste impassible et contemple le spectacle avec un regard impénétrable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Le corpus est prêt, dis-je en chuchotant. Il me faut ensuite lui attribuer de l'humeur... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fluide vital des Misérables qui partagent ma lignée, descendante de Frankenstein, est l'humeur colérique, soit la bile jaune. Avec un scalpel précis, je m'ouvre péniblement l'abdomen et cherche le foie. Une fois l'organe localisé, je l'incise délicatement pour récupérer de la bile que je déverse par poignées dans la gorge ouverte de ce qui sera Cathy. Une fois que j'ai donné suffisamment de liquide, je referme la gorge et je me dirige vers les générateurs. La suite du protocole requiert une exposition à un élément bien précis. Une quantité énorme d'électricité. C'est pourquoi nous nous sommes installés dans une centrale électrique. Dans la salle des générateurs se trouvent les câbles haute-tension. L'électricité est un conducteur puissant du Feu Divin, l'énergie qui fourmille dans le corps de tout prométhéen. Après avoir découpé la gaine en caoutchouc du câble, j'en profite pour me soigner. Le contact de ma paume avec le câble nu me revigore et restaure ma santé qui avait été mise à l'épreuve ces derniers jours. Mes plaies se referment toutes, y compris celle que je m'étais faite sur l'abdomen pour extraire la bile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je regarde à présent Mulder et David, témoins muets de la scène. Ce qui va se passer est primordial. Je ne suis pas sûr de vouloir qu'ils restent. Après tout, moi-même je ne suis pas certain de ce qui va se produire.&lt;br /&gt;« Pourriez vous m'attendre dehors, s'il vous plait ? je demande.&lt;br /&gt;-Pourquoi ? lâche David.&lt;br /&gt;-J'aimerais être seul... Il s'agit de se concentrer...&lt;br /&gt;-OK, moi je vais dehors, déclare Mulder.&lt;br /&gt;-Qu'est-ce qui se passera si tu rates ton coup ? demande tout à coup David. »&lt;br /&gt;Je préfère ne pas répondre à cette question qui, au fond de moi, blesse silencieusement.&lt;br /&gt;Il enchaine quelques secondes plus tard :&lt;br /&gt;« C'est dommage, j'aurais voulu voir comment ça se passe. Voir si tes promesses de ressusciter Linny n'étaient pas du vent. »&lt;br /&gt;Je n'ai pas le cœur d'insister dans mon exigence. Après tout, il m'a fourni une grande aide et je lui dois beaucoup.&lt;br /&gt;"D'accord, tu peux rester..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je respire profondément ; l'instant à la fois espéré et redouté est proche.&lt;br /&gt;"Vient maintenant l'étape de l'électricité. Et que je transfère le Feu Divin."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pose une main sur le cou de Cathy. Mes doigts entrent en contact avec les éléments métalliques que j'ai implanté à la base du cou. Le métal est censé faciliter le passage de l'électricité. Puis je pose lentement ma main droite sur le câble récemment dénudé. Instantanément, l'électricité afflue en quantité incroyable. Le flux parcourt mon corps et le traverse pour aller visiter celui de Cathy. J'utilise alors le courant électrique pour diffuser une petite quantité d'Azote. Un peu comme si je lançais une bûche dans une rivière pour qu'elle descende le courant, l'étincelle de Feu Divin suit le chemin de l'électricité pour pénétrer le corps sans vie de ma création. Quand l'opération est terminée, je lâche le câble et le cou de Cathy, puis je recule. L'instant de vérité est là, invisible mais fatidique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous restons immobiles pendant un temps infiniment long. David fixe le cadavre assemblé avec un mélange de curiosité et de scepticisme tandis que je prie nerveusement pour le succès de cette dernière étape.&lt;br /&gt;"Nous voilà rendus au Jugement, dis-je en murmurant tout bas."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous le corps, invisible et imperceptible pour les humains et les vampires, les résidus d'électricité chatouillent le corps, animés par l'Azote. L'énergie du Feu Divin a été introduite de force dans le corps. Comment tout cela va-t-il se finir ? Impossible de prévoir les conséquences de mon acte. Ô Phébus, ai-je commis une erreur en plus d'un péché et d'un blasphème ?&lt;br /&gt;Je devine le crépitement des énergies sous la peau de Cathy, toujours endormie. Les éléments doivent entrer en réaction les uns les autres. C'est tout un procédé alchimique complexe qui se joue, silencieusement, de manière imprévisible. Le corps cousu et assemblé est comme un récipient dans lequel on aurait versé tous les ingrédients d'une potion magique. Mais réagiront-ils comme il le faut ? La "potion" sera-t-elle un succès ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les secondes passent, toutes aussi graves que les jurés d'une cour de justice. Finalement, au terme d'un long moment, la poitrine de Cathy commence à se soulever. David, toujours assis sur une table avec les bras croisés, écarquille les yeux tandis que je soupire de soulagement. Je commence à m'approcher de Cathy. Je frémis d'avance à tout ce qui m'attend. Commencer par la rassurer. La prendre en charge. Tout lui expliquer calmement quand elle sera stable. Soudain, le corps se déforme et se disloque de manière quasi-instantané. Sous mes yeux horrifiés et choqués se constitue ce que j'avais redouté : la silhouette de ce qui devait être Cathy se recroqueville et adopte une forme monstrueuse qui n'a plus rien à voir avec les vampires, les prométhéens ou même les humains. "Cathy" est devenue une caricature, un monstre hideux. Le cauchemar est devenu réalité : j'ai créé un pandoréen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David décroise les bras et contemple sans rien dire la créature vaguement humanoïde qui se redresse d'elle-même. Est-il choqué ? Surpris ? Je ne saurais dire. Mais il n'est certainement pas aussi affecté que moi. Je sais maintenant que j'ai échoué. J'ai créé un monstre affamé, incapable d'aimer ou d'exprimer des émotions. C'est une aberration. J'en suis le seul responsable. Toute l'opération a été un désastre. Et je dois maintenant assumer seul les conséquences. L'être difforme s'approche de moi et tente de me griffer. Je ne saurais détailler son apparence tant je la fuis du regard. Mes doigts se resserrent sur sa nuque et je commence à la broyer lentement. La chose se débat frénétiquement. Est-elle capable d'avoir peur ? J'en doute. Mes doigts s'enfoncent davantage alors que mes bras soulèvent au dessus du sol l'atrocité dont je suis le père. Qui pourrait nommer une monstruosité pareille ? Une horreur qui n'est régie que par des instincts bestiaux et destructeurs ? Mes ongles marquent des sillons sur la peau de son cou.&lt;br /&gt;« J'en déduis que c'est un échec, lâche David d'un ton neutre. »&lt;br /&gt;Pourquoi sa voix me parait-elle alors si glaciale et accusatrice ? Je m'en veux tant d'avoir échoué ! Tous mes rêves se sont brisés avec la naissance de ce monstre ! Une larme roule sur ma joue alors que le pandoréen essaie en vain d'échapper à l'étreinte de mes mains.&lt;br /&gt;Finalement, un craquement sinistre se fait entendre, indiquant que ses cervicales viennent de rompre. Je lâche ce qui fut l'objet de mes espoirs avant de me faire goûter la désillusion. La carcasse tombe sur le sol avec un bruit à la fois mat et répugnant. J'essuie discrètement la larme sur mon visage avant que David ne la remarque.&lt;br /&gt;« Et maintenant ? demande mon compagnon »&lt;br /&gt;Je ne prend pas la peine de répondre. Nous nous sommes par trop attardés dans cet endroit. Je ramasse sur le sol le corps du pandoréen ainsi que tout ce que nous avions laissé trainer : le crâne vide d'une fille morte, des outils, et les dernières bricoles qui trainent. Je fourre tout dans le sac de morgue qui sert à transporter les cadavres. Quand tout a été pris, je sors. Je ne m'attarde même pas pour répondre aux interrogations de George et Mulder restés dehors. David prépare sa moto et me demande où nous devons aller.&lt;br /&gt;« Au point d'eau le plus proche.&lt;br /&gt;-Alors ce sera la rivière. Elle est à 50 mètres d'ici. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je jette le sac contenant la preuve de mon échec dans le lit de la rivière. Finalement, je détourne le regard et je m'éloigne avec les vampires. Il est temps de rentrer à la maison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois jours passent où je suis incapable de dévisager les gens en face. Au fond de moi, je rumine. Finalement, j'étais plein d'espoirs et de rêves moi aussi. Tout était censé se produire de façon magique. J'aurais eu une compagne, une partenaire, une petite fille à qui transmettre mes pensées et avec qui partager des souvenirs et des émotions. Nous aurions accompli notre Pèlerinage ensemble... Quelle injustice...&lt;br /&gt;Mais... Quelque part, Cathy est morte avant d'être née. Était-ce pour le mieux ? Ou peut-être pas ? Et les anges ? Ceux-là qui m'avaient envoyés en Nouvelle-Orléans, savaient-ils ce qui allait se produire quand ils m'ont ordonné de me rendre en Louisiane ? Est-ce que cela faisait partie de leur plan ? De leur fameux "Principe" ?&lt;br /&gt;Était-ce la volonté du Destin que j'échoue ? Par pitié... Que quelqu'un me le dise !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au terme des trois jours, je suis sorti prendre l'air. Au fond de moi, cette expérience m'a changé. Je ne sais toujours pas si ce que j'ai tenté de faire était correct. J'ignore encore si mon échec est une bonne ou mauvaise chose. Mais ce qui est fait est fait. Rien ne peut effacer le passé. J'avais de bonnes intentions. C'est ce qui compte. Si l'avenir est écrit, alors il était prévu que j'échoue à créer une compagne. En ce cas, mon destin doit forcément m'orienter vers une autre voie. J'ai bien réfléchi et, bien que je ne croie pas à l'existence d'un futur déjà tracé, il me semble évident que mon chemin doit m'amener à accomplir d'autre chose notamment endurer un peu plus longtemps cette part de solitude qui demeure en moi. Après tout, je suis un Ferrum ; je saurais encaisser bien des blessures, bien des coups. Et si la solitude en fait partie, qu'il en soit ainsi. Je prouverais ainsi ma force jusqu'au jour où mes vœux seront exaucés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Abel, descendant de la lignée des Misérables&lt;br /&gt; &lt;em&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Abel&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-5619619440268154823?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/5619619440268154823/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=5619619440268154823' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/5619619440268154823'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/5619619440268154823'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/12/acte-generateur-transmettre-letincelle.html' title='Acte générateur : transmettre l&apos;étincelle de Feu divin'/><author><name>le Golem qui rêve</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15071856589947273995</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_vfdf5d_L-0I/SVYFNJ6-DCI/AAAAAAAAAAM/aciBhPQet2M/S220/6-63.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-2325561665626929018</id><published>2009-12-14T06:55:00.000-08:00</published><updated>2009-12-14T06:58:33.990-08:00</updated><title type='text'>Jour 6</title><content type='html'>&lt;div align="center"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://quetedujeu.free.fr/blog/logo_wod.png"&gt;&lt;img style="cursor:pointer; cursor:hand;width: 275px; height: 100px;" src="http://quetedujeu.free.fr/blog/logo_wod.png" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un peu avant l'aube, Abel commence à se renseigner un peu. d'abord, il se rend à l'endroit de la mort de Clark. Le fameux immeuble de 6 étages. Des flics sont en activité : il y aurait eu un meurtre. Abel se renseigne auprès d'un des policiers. Grosso modo, ils ont trouvé un mort. Un type qui serait tombé de l'immeuble ? Pas encore sûr... Il a été tué ? C'est très possible... Mais ça aurait pu arriver dans mon immeuble ! Bah, c'est des choses qui arrivent...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;L'agent n'est pas très emballé par tout ce qu'il s'est passé et son comportement est à l'image de ce que fait la police : elle emballe le corps (en deux morceaux) dans un papier cadeau pour le médecin légiste, se contente de tracer quelques repères à la craie sur le sol et s'en aller. La mort de Clark ne vaut pas plus qu'un simple déplacement de la police.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus tard, Abel se rend là où deux policiers ont été saignés par la vampiresse (très probablement, mais la présomption d'innocence demeure... même dans Monde de Ténèbres !). Cette fois-ci, c'est un véritable déploiement de policiers qui est à l'oeuvre. Quand un flic privé meurt, la police s'en bat les couilles. Mais quand il s'agit de deux fonctionnaires... "Que s'est-il passé ?" "Circulez civil ! Y a rien à voir ! Barrez-vous !"&lt;br /&gt;Pas moyen de leur tirer les vers du nez. En même temps, on sait à peu près ce qui s'est passé... Tiens ! Y a deux policiers qui embarquent la moto (ou ce qu'il reste) de George.  C'est vrai, j'oubliai : il faut que je le retrouve ce zigoto. Il est passé où ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant pratiquement toute la journée, Abel sillonne le quartier pour trouver George. Il faut recouper tous les endroits où un vampire pourrait dormir sans craindre la lumière du jour. Où irait se cacher ce squatteur ? Le prométhéen fouille même deux-trois bennes à ordures assez imposantes, mais, à part quelques cadavres fraichement violés/égorgés/éventrés/mutilés/tout ça à la fois, il ne trouve pas le corps roupillant de son ami. Vers la fin de la journée, après avoir fait les maisons désaffectées, il fouille les égouts. Là encore, y a du boulot.&lt;br /&gt;Abel patauge un bon moment et finit par trouver un George endormi comme une masse, adossé à la paroi des égouts. Maintenant, il s'agit de le transporter jusqu'à la planque habituelle du Créé. Abel tente de soulever George, mais sa tentative étouffe dans l'oeuf à cause d'une écharpe féminine qui le gêne et l'empêche d'avoir une bonne prise en main. George portait une drôle d'écharpe pour femme... Résultat, le vampire léthargique tombe sur la tête et un peu dans les eaux usées. Pas grave, il est déjà mort. Abel le soulève encore une fois et la deuxième fois est la bonne. Faut dire qu'il avait balancé cette foutue écharpe qui le gênait. Pour ceux qui se poseraient la question suivante "Mais comment une écharpe peut-elle le gêner pour porter quelqu'un ?", il faut répondre qu'Abel a pour habitude d'agriper les gens par leurs vêtements, en particulier l'écharpe autour du cou. Celle de George n'était pas bien fixée, ce qui explique cela. Donc le vampire porte une magnifique marque de strangulation au cou et il est soulagé du poids d'une écharpe de femme, emportée par le flot des eaux usées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois George posé sur l'épaule, Abel doit entreprendre un long mais pas forcément périlleux chemin pour rejoindre sa planque. Il doit faire beaucoup de détours pour éviter au vampire endormi de se prendre des raies de lumière solaire filtrée par des grilles d'égouts.&lt;br /&gt;Vers dix neuf heures trente, quand Abel retrouve sa cachette, George se réveille sur son épaule.&lt;br /&gt;"Euhh, on est où là ?&lt;br /&gt;-C'est mon repère !&lt;br /&gt;-D'accord. Tu peux me reposer ?"&lt;br /&gt;George tombe carrément par terre. Il voulait être libre de ses mouvements. C'est maintenant chose faite.&lt;br /&gt;"Qu'est-ce qu'on fait ?&lt;br /&gt;-On a qu'à se renseigner. On a quelque recherche à faire. Notamment sur un certain Emil Lofman (pas sûr que ça s'écrive comme ça). On va aller dans le bureau qui appartenait à Clark."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le duo part au bureau de détective de feu Clark. Ils appellent David qui est en chemin lui aussi. Quand tout le monde s'est pointé, les vampires forcent la porte. Il n'y pas de policiers qui soient venus par ici pour l'instant. On ne peut pas dire que ces derniers soient réellement efficaces.&lt;br /&gt;À l'intérieur, rien n'a vraiment changé. Pas de trace de vandalisme, si ce n'est notre effraction, pas de lignes de police genre "police line - murder scene - do not cross". David, accompagné de Mulder, repart illico : il se fait un SDF pour reconstituer sa Vitae et il revient. George tente de se servir de l'ordinateur pour faire des recherches. Mais voilà, l'informatique et lui, ça fait deux puissance le nombre d'années où il ne s'est pas servi d'un bidule électronique autre qu'un interrupteur ou sa propre moto. En clair, il est nul en informatique et confond la souris et un vrai hamster vivant.&lt;br /&gt;George cherche laborieusement le moyen d'allumer la petite machine. En effet, apprend, ami lecteur, qu'il ne suffit pas de brancher l'appareil pour que tout se mette en marche. Il faut aussi trouver l'interrupteur. Et non, il ne s'agit pas non-plus d'un des boutons de la souris. Pas le clavier non-plus. Est-ce que le cable est vraiment bien branché ? Est-ce qu'il n'est pas tout simplement en panne l'ordi ? Finalement, George finit par remarquer le boitier que l'on nomme parfois vulgairement "unité centrale". Il y a plusieurs bouton dessus, dont un qui ressemble à l'interrupteur d'une télévision. Ô miracle, la machine vrombit et commence à démarrer. Est-ce qu'il faut de l'essence ou l'électricité seule suffit ? Préparons une pelletée de charbon au cas où.&lt;br /&gt;George assure un peu mieux pour la suite : il trouve Google tout seul. Mais la joie est de courte durée. À peine a-t-il saisi les mots clefs dans le moteur de recherche que l'ordinateur commence à émettre un bruit bizarre. Que se passe-t-il ? La machine se met à trembler de plus en plus et l'unité centrale finit par cramer. Les deux compères restent ébahis dans la fumée de la carte mère et d'autres composants qui se sont carrément évaporés. Le bug de l'an 2000 avant l'heure.&lt;br /&gt;"Qu'est-ce que t'as fait ?&lt;br /&gt;-J'y suis pour rien ! C'est la machine qu'a fait ça tout seul !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques instants plus tard, David revient. Que s'est-il passé ? On t'expliquera plus tard.&lt;br /&gt;Le groupe retourne au garage. David a acheté un sac à dos pour Abel : on y met une batterie de voiture. On ajoute les câbles à pinces qui servent habituellement à connecter deux batteries. Abel possède maintenant un sac à dos avec tout un stock d'énergie revigorante. En plus, David a l'obligeance de lui fabriquer un interrupteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;George s'amuse à brûler un tableau dans la cour extérieure. Quand il revient à l'intérieur, David a fabriqué un pieu. Rien de bien nouveau si ce n'est que le phallus artificiel est en métal et donc censé perforer plus facilement les côtes de la vampiresse et l'immobiliser. George signale que l'électricité ne fait pas de dégâts aux vampires concernant la batterie accrochée au dos d'Abel. Quant au pieu en métal... Et bien, pour avoir contrarié le prométhéen, il a le droit d'être le cobaye qui permettra à tout le monde de savoir si les pieux en métal marche aussi bien que les pieux en bois sur les vampires. Abel lui enfonce le gros pic dans le coeur. Le vampire hurle de douleur et se tord sur le sol. Comme il gigote, ce n'est pas facile de lui retirer ça sans le faire souffrir davantage. Maintenant, on peut laisser tomber l'idée des pieux en acier trempé et gainés de Teflon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;George souffre le martyr à cause de l'expérience du pieu métallique dans le coeur. En plus, il a perdu des points de vie. Il faut qu'il se nourrisse de sang. Il exige de partir en chasse avec Mulder pour l'aider en contrepartie de l'expérience douloureuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout le monde part. La voiture s'arrête dans le quartier de chasse de George. Mulder part en avant dans le noir et George doit, sur ses conseils, attendre sous un lampadaire. Il poireaute un bon moment quand quelqu'un s'approche de lui. Un homme qui fait son jogging. Il s'arrête à son niveau, tourne le dos et ferme les yeux. Tous les vampires qui voient la scène sont ébahis : le cadeau de Mulder. George suce le sang de l'humain hypnotisé.&lt;br /&gt;Ça c'est chouette de la part de Mulder : envoyer des humains qui ne demandent qu'à se faire sucer un peu de sang dans le cou, c'est plutôt cool. Par contre, il faudra lui demander des umains moins grand. Avec celui-là, George se met sur la pointe des pied pour boire. Oui c'est un peu tatillon mais bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mulder informe le groupe, par portable, qu'il part de son coté faire des choses. Que faire pendant ce temps là ? Il faut trouver la vampiresse avant qu'elle ne soit complètement rétablie. Comment faire ?&lt;br /&gt;"J'ai une idée ! dit David&lt;br /&gt;-Ah ouais ? Laquelle ?&lt;br /&gt;-J'ai toujours les armes de la fille ! On peut les faire renifler au chien et il essaiera de la débusquer."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Y a peu de chance, mais bon : comme qui dirait, on n'a pas de meilleur idée donc va pour. On retourne à la maison en voiture.&lt;br /&gt;Là, George (le seul d'entre nous qui ne fait pas peur aux chiens grâce à sa propre animalité/bestialité) cherche le bon toutou dans la cour. "Viens ici, bon chien ! J'ai du ketchup et du poivre !"&lt;br /&gt;Pas de chien en vue.&lt;br /&gt;David se demande s'il n'est pas simplement à l'intérieur de la maison. Il ouvre la porte d'entrée. Il entend un petit bruit genre "Clic"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Clic ?"&lt;br /&gt;David s'enfuit à tout vitesse dans la direction opposée à ce son.&lt;br /&gt;Abel le voit courir comme un dératé. Y aurait-il un danger quelconque qui menacerait son ami ? Dans ce cas, il est de son devoir d'y remédier. Il fonce vers la porte d'entrée restée entrouverte.&lt;br /&gt;George voit David prendre ses jambes à son cou. Il y a donc quelque chose de méchant. Il décide de contourner la maison et d'examiner les pièces à travers les fenêtres afin de trouver la menace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abel remarque à l'entrée une ficelle. Elle a été rompue avec l'ouverture de la porte. Elle actionne probablement un mécanisme, mais lequel ? il fonce en suivant la ficelle pour trouver d'où elle vient. Arrivé dans le bureau de David (le genre de pièce où il doit rédiger des factures exorbitantes), il voit qu'elle se divise en deux : une au sous-sol (mais y a pas d'étage inférieur ?) et une qui traverse le plafond pour aller au premier. Il fonce vers les escaliers pour trouver celle qui continue là-haut. Dans le salon, il croise ses deux amis qui sont entrés par une fenêtre. Ceux-ci décident de le suivre, voyant qu'il a trouvé quelque chose.&lt;br /&gt;À l'étage, Abel avance dans le couloir, balayant le sol du regard pour trouver ce fil qui doit dépasser de quelque part.&lt;br /&gt;Là ! Le prométhéen voit le fil : il part en direction de la chambre à David... Juste au moment où il tends le doigt pour montrer sa découverte à ses deux amis, tout explose dans une violence folle et déchainée digne d'un concert de punk.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La porte de la chambre vole en éclats, qui se divisent à leur tour en des milliers d'échardes qui s'enfoncent presques toutes dans le corps du Créé. Celui-ci est propulsé à travers un mur ou deux (quelle différence ?) pour atterrir, endolori, dans la cour extérieure.&lt;br /&gt;David connait un sort assez similaire, si ce n'est qu'il s'est pris des briques en lieu d'échardes. Il finit son vol de l'autre coté de la cour.&lt;br /&gt;Quant à George, il se prend des briques à peu près partout, y compris dans des zones qui ne servent qu'à faire souffrir (genre le petit orteil, vous voyez comme c'est bien vicieux ?).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la suite, tout le monde connait un petit temps de flottement, genre le temps que l'explosion ait fini son vacarme. Ensuite chacun se soigne comme il peut en réaction à une souffrance extrême. Les vampires tombent inconscient (5 secondes environs) et grillent presque tous leurs points de Vitae. Abel se rend compte que sa batterie est encore dans son sac à dos et ce dernier est toujours attaché à ses épaules. Chouette alors. Il se régénère à fond avec ça. La petite fée électricité se charge de le guérir et des petis arcs électriques lèchent langoureusement ses plaies jusqu'à plus soif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, c'est pas le tout de rester couché. Abel se lève et examine la cour du regard. Le bâtiment a sauté. il avait deux explosions ; la deuxième mine devait être dissimulé sous le plancher. Qui a fait ça ? Difficile de savoir et puis c'est pas trop le moment... David est par là, lui aussi. Par contre, même un accidenté de la route doit avoir meilleure gueule que lui.&lt;br /&gt;"Abel, ton portable fonctionne encore ? Le mien est bousillé.&lt;br /&gt;-Attrape.&lt;br /&gt;-Je vais essayer d'appeler le portable de George."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant que le garagiste (fraîchement devenu SDF) tripatouille le téléphone cellulaire, Abel s'élance dans les décombres. Faut dire qu'il est en pleine forme après une cure d'électrothérapie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le téléphone de George ne répond pas. Faut dire que c'est devenu un puzzle 3D niveau expert. Le tube de colle n'est pas fourni. Le prométhéen grimpe à l'étage en escaladant ou sautant par-ci par-là. Là, George est caché derrière un mur. Oui oui, ça va... à peu près... Donne-moi cinq secondes... Laisse le temps à mon bras de repousser...&lt;br /&gt;Abel remarque subitement, à l'emplacement de ce qui fut la chambre de Linny, un bras de jeune fille qui dépasse d'un tas de gravats. Tous les vamp' rappliquent par instinct. Ensemble, ils dégagent les débris pour dégager la jeune fille. Sauf que son bras reste dans la main... Si on enlève les briques, on voit qu'elle est en morceaux. Et qu'elle n'a pas survécu. Personne ne rigole et un silence de plomb s'impose... bien vite rompu par le bruit des sirènes au bout de la rue. Ouais bon, on va pas s'éterniser...&lt;br /&gt;Abel et george, après un moment de choc (-1 Humanité...), commecent à agir. Le Créé récupère les morceaux de cadavres et les emballe dans la nappe de la cuisine. On pourra lui donner une oraison funèbre plus tard. Ou bien...&lt;br /&gt;La voiture garée devant n'a pas eu trop de dégâts : juste une brique qui est passé à travers la vitre du passager.&lt;br /&gt;La police et les pompiers arrivent. On démarre. Les policiers nous poursuivent. David conduit la voiture mieux que Schumacher. La carlingue survole deux-trois ronds points et grille systématiquement les feux rouges. On a oublié qu'on était poursuivi...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En cours de route, un portable sonne : Mulder. Ignorant tout de la situation, il nous informe que la vampiresse a été localisée et qu'on a devoir de rappliquer. Les maîtres vampires sont là pour l'éliminer et il est du devoir de leurs disciples de les assister...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Branle-bas de combat devant un manoir chicos au nord de la Big Easy (comprenez la nouvelle-Orléans).&lt;br /&gt;Les maîtres de David, Clark et George sont là. Le maître de Mulder n'est pas là. Mulder est là lui aussi. Et puis il y a nous, mais ça vous l'aviez deviné.&lt;br /&gt;Le plan est le suivant : on se divise en trois groupes d'interventions et on lance l'assaut depuis des directions différentes.&lt;br /&gt;David et sa maitresse : à droite.&lt;br /&gt;George et son maître : à gauche.&lt;br /&gt;Mulder, le maître de feu-Clark et Abel : de face.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les groupes latéraux escaladent ou grimpent les murs de la propriété. Le groupe frontal passe par la grille. La villa est gardé par des vigiles humains. Mulder et le maître de Clark s'avance sans bruit, passe derrière deux gardes et les abattent simultanément à bout portant avec leurs flingues. Bonjour le bruit de détonations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la suite, les groupes s'insinuent dans la place aussi sûrement et insidieusement que des blattes. Et puis, c'est animé. Je vous donne un exemple : Abel passe à coté d'une piscine dans une cour intérieure, et des gardes tombent à ce moment là des étages supérieurs, balancés par les autres groupes... D'ailleurs il y en a un dans la piscine qui se vide de son hémoglobine... Pourquoi il a la gorge ouverte ?&lt;br /&gt;Bref, comprenez que les humains se font massacrer comme ce n'est pas permis selon la convention de Genève et les Dix Commandements.&lt;br /&gt;Quid de la vampiresse ? Et bien, parlons-en : il n'y a pas que des humains qui pleuvent. Le maître de George tombe, lui aussi, d'une fenêtre. il a le bras qui pend mollement, à moitié déchiré. "Ouh, la vilaine blessure. vous voulez un peu de sang pour vous refaire une santé. c'est pas compliqué, y a qu'à se pencher pour en avoir" dixit Abel en désignant les corps un peu partout. Mais selon les dires du vampire, cette blessure ne saurait régénérer de manière conventionnelle (du moins, pour un vampire). Elle a été faite avec une arme chauffée à rouge, donc vous pensez bien...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abel, David, George et Mulder se regroupent après s'être divisés et finissent par trouver la vampiresse (précisons que le quota de mort parmi les humains a atteint un seuil hallucinant entretemps...).&lt;br /&gt;La vampiresse accueille le groupe avec une épée médievale. On peut aussi voir la maitresse de David qui est complètement KO.&lt;br /&gt;Le combat s'engage. Abel lui plante un pied de biche dans l'épaule puis perd son bras dans la seconde qui suit. David se fait à peu près laminer petit à petit. Il a beau lui tirer dessus en rafale, elle s'en tire toujours à bon compte. Par exemple, il tire avec son MP-5 ; elle se prend la première balle de la série, qui lui traverse l'abdomen. Elle se plaque ensuite à l'arme à feu pour que toutes les autres balles qui suivent prennent le même chemin que la première, causant ainsi moins de dégâts.&lt;br /&gt;George se bat comme il peut, mais elle est effrayante. Mulder se fait couper horizontalement, puis verticalement au niveau du ventre. il doit contenir ses tripes d'une main, l'autre étant occupée à tirer. Néansmoins, il parvient le joli exploit de la choper par les cheveux et de lui tirer avec son colt 44 à bout portant. Cette prouesse lui coûte quand même sa main puisque la belle est rancunière. George essaye plusieurs fois de la charger sans grand succès. Abel perd un temps fou à essayer d'allumer sa batterie, puis arrache le cache d'une prise murale pour se refaire une santé. Il se recolle même le bras perdu.&lt;br /&gt;David tire au shotgun et lui arrache la joue gauche (à la fille hein, pas à un copain). Elle réplique en lui tranchant 30 cm de chair à partir de l'entrejambe tout en remontant vvers le haut. Maintenant, il a les jambes plus longues...&lt;br /&gt;George essaye maintenant de charger la fille avec un grand bouclier piqué sur le mur, parmi les décorations médiévales. Il échoue lamentablement et l'épée de la fille vient lui trancher la jambe. Un spray de sang fuse depuis le corps du vampire en direction de la jambe sectionnée pour commencer à la recoller.&lt;br /&gt;La vampiresse qui est décidément super-rapide cloue maintenant David, l'épée à travers le coeur. Le pire, c'est que ce dernier ne tombe pas inconscient... Il doit la sentir passer sa douleur...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abel, qui finit de se soigner dans son coin, constate, horrifié, que ses compagnons se font découper en apéricubes. La maitresse de David est inconsciente. Le maître de George doit récupérer quelque part de ses blessures. Mais où est le maître de Clark ? Celui-là même qui est toujours si discret qu'on ne le voit que si on le regarde attentivement. À ce moment, le prométhéen le remarque : il est empalé au plafond, une épée dans le coeur et inconscient lui aussi. Même dans le coma (ou la mort) il reste aussi difficile à remarquer... Ainsi, tous les  maîtres se sont fait poutrer et leurs disciples sont sur le point de mourir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Option 1 : mourir sagement&lt;br /&gt;Option 2 : mourir en braillant le plus fort possible&lt;br /&gt;Option 3 : s'enfuir et mourir quand même vu comment elle est rapide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais surprise ! Le maître de George revient à la charge ! Il a juste arraché son bras inutile et il a transformé le second en patte griffue. Dans sa charge, il lui arrache une bonne portion du visage. Enfin, c'est George qui parvient à la percuter en pleine course avec son bouclier. Il la broie contre le mur et la nuque de cette dernière se brise. Elle finit ENFIN par décéder...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son corps vieillit très rapidement pour devenir très décrépit, puis de la poussière. Gros soulagement collectif. On soupire tous d'aise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les vampires sont grièvement blessés et n'ont plus de points de sang. Pas grave : George avait trouvé auparavant une cave à vin, dans le sous-sol de la villa. Sauf que le vin n'est pas vraiment du jus de raisin. Disons que la vampiresse possédait sa réserve personnelle. Donc, les buveurs de sang font une orgie dans la cave pour tous récupérer. Il y en avait jusque dans les escaliers apparemment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'aube ne va pas tarder à se lever... Donc, on file en vitesse. Des bouteilles de sang sont stockées dans les égouts, plus précisément dans la cachette d'Abel, avec la nappe contenant les morceaux de Linny. Les vampires partent de coucher et Abel se charge de stocker tout comme il se doit.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-2325561665626929018?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/2325561665626929018/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=2325561665626929018' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2325561665626929018'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2325561665626929018'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/12/jour-6.html' title='Jour 6'/><author><name>le Golem qui rêve</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15071856589947273995</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_vfdf5d_L-0I/SVYFNJ6-DCI/AAAAAAAAAAM/aciBhPQet2M/S220/6-63.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-8035520388096269258</id><published>2009-12-14T06:34:00.000-08:00</published><updated>2009-12-14T06:42:37.107-08:00</updated><title type='text'>Annexe de la vie d'un prométhéen</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://quetedujeu.free.fr/blog/logo_prom.png"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 376px; height: 100px;" src="http://quetedujeu.free.fr/blog/logo_prom.png" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;Il est six heures du matin. Douglas Turner prend son service à l'aube. Il travaille dans un restaurant routier situé sur une aire de repos. À cette heure-ci, il n'y a pas grand monde : juste quelques conducteurs de poids lourds qui prennent leur petit-déjeuner avant de prendre la route.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;Douglas nettoie les tables et encaisse les consommations des clients. C'est le petit matin. L'ambiance est morose. Il travaille en silence, tandis que les routiers mangent sans parler. La radio est éteinte. Seul le bruit des véhicules sur l'autoroute brise le silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une demi-heure plus tard, Douglas est en train de ranger la vaisselle sortie de la machine à laver. Il empile les tasses sur la machine à café. Toujours ces mêmes gestes, tous les jours...&lt;br /&gt;Un nouveau client entre. Comme toutes les autres personnes présentes dans la salle, c'est un homme. Plutôt grand. Des cheveux mi-longs négligés. Des vêtements passés de mode. Une démarche un peu lente, mais à peu près normale. Il n'a pas vraiment l'allure d'un routier habituel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Bonjour monsieur, dit le nouveau venu »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Pourquoi "monsieur" ? se dit Douglas. "Bonjour" est largement suffisant... »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Bonjour, répond Douglas.&lt;br /&gt;-Je désirerais avoir à manger, s'il vous plait.&lt;br /&gt;-Qu'est-ce que vous voulez comme petit-déjeuner ? »&lt;br /&gt;L'homme balaye la salle du regard et s'arrête sur le repas du client le plus proche.&lt;br /&gt;« La même chose que ce monsieur s'il vous plait.&lt;br /&gt;-Très bien. Ce sera prêt dans cinq minutes. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme opine du visage puis va s'asseoir à une table située dans un coin du restaurant. L'endroit le plus éloigné de la porte d'entré et des autres clients.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Bizarre, pense Douglas. »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il y a un petit quelque chose dans le comportement du client qui est étrange, mais il n'arrive pas à mettre la main sur ce petit détail qui le dérange. Peut-être est-ce dû aux mouvement des lèvres de l'inconnu ? Mais non ! Les lèvres n'ont rien de bien étrange à bien les regarder. Ses mains ? Non plus. En fait, peu importe quelle partie de son corps on observe, il y a toujours ce coté inquiétant qui plane autour de lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'individu avale le repas que lui apporte Douglas sans vraiment prendre le temps de mastiquer. Soit il a très faim, soit il se fiche de ce qu'il mange. Ce détail irrite Douglas qui ne dit rien malgré tout. &lt;em&gt;« Après tout, il mange comme il veut. »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Les autres clients sont pressés de partir. « Il faut respecter les horaires sinon on se fait houspiller par le patron, disent-ils. »&lt;br /&gt;L'autre, assis dans son coin, ne dit rien. Il se contente de regarder devant lui.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Il m'observe ou quoi ? se dit Douglas. Vivement qu'il parte. »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les minutes passent et aucun nouveau client n'entre dans le restaurant. Rien d'étonnant à cette heure-ci. Douglas se surprend plusieurs fois à penser au type assis dans le coin. Il prend une part grandissante dans son esprit. Sa présence devient envahissante.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Mais qu'est-ce que j'ai aujourd'hui ? C'est un client comme tous les autres... »&lt;/em&gt; Il se remet à astiquer le comptoir avec un éponge. Il s'occupe du mieux qu'il peut, en évitant de regarder le client. Bizarrement, tout ce qu'il fait lui semble dénué de sens, comme privé d'intérêt. Il se dit qu'il pourrait allumer la radio, mais celle-ci est en panne depuis le weekend dernier. Le patron n'en n'a pas encore acheté une neuve pour la remplacer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les minutes semblent s'allonger à l'infini en présence de l'inconnu, comme des ombres au soleil couchant. Douglas est pressé d'en finir avec ce client franchement indésirable. Pourtant il n'a rien fait de répréhensible ; après tout, ce n'est pas le pire des clients qu'il a eu jusqu'à présent. Certains se montrent grossiers, vulgaires ou insultants tandis que d'autres dégradent les toilettes dans une insouciance totale. &lt;em&gt;« Je préfère encore avoir quinze fouteurs de merde dans le restaurant plutôt que de garder ce type là plus longtemps ! »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Monsieur, commence l'employé, il serait temps de payer votre consommation »&lt;br /&gt;L'autre sort de sa poche de veste quelques billets froissés et les tend vers Douglas. Bizarrement, l'idée de prendre ces morceaux de papiers le révulse, au point qu'il aurait pu laisser partir ce type sans le faire payer. Il prend nerveusement les billets et réprime une grimace de dégoût. C'est difficile, d'autant plus que le client le regarde droit dans les yeux. C'est le détail de trop pour la patience de Douglas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Baissez les yeux ! Ne me regardez pas comme ça ! »&lt;br /&gt;Gêné, le client détourne le regard, comme un enfant fautif.&lt;br /&gt;« Ces quoi ces billets tout pourris et froissés ? Vous n'espérez pas que je vais vous rendre la monnaie ? »&lt;br /&gt;L'homme étrange, bien qu'il soit considérablement grand, se ratatine sur son siège. Il commence à bégayer des syllabes qui doivent être le début de piètres excuses.&lt;br /&gt;« Fermez-la ! Je veux pas vous entendre ! Et fichez-moi le camp d'ici ! Je veux plus vous voir ! »&lt;br /&gt;Le client malmené se lève maladroitement et se faufile rapidement vers la sortie, bousculant une chaise sur le passage. Il a laissé tout son argent. De quoi payer trois fois sa consommation.&lt;br /&gt;Pendant encore quelques minutes, Douglas bout de rage. Le soleil a entamé sa course, colorant le ciel d'orange. Les stores laissent passer des raies de lumière. L'un des ventilateurs fixés au plafond est en marche. Il tourne sur lui-même. Pendant ce temps là, Douglas reste debout, quelques billets froissés à la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Mais... Qu'est-ce qui m'a pris ? »&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-8035520388096269258?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/8035520388096269258/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=8035520388096269258' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8035520388096269258'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8035520388096269258'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/12/annexe-de-la-vie-dun-prometheen.html' title='Annexe de la vie d&apos;un prométhéen'/><author><name>le Golem qui rêve</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15071856589947273995</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_vfdf5d_L-0I/SVYFNJ6-DCI/AAAAAAAAAAM/aciBhPQet2M/S220/6-63.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-2249353631909100376</id><published>2009-12-14T06:31:00.000-08:00</published><updated>2010-02-23T12:42:00.059-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Américh'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Léander'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Anima'/><title type='text'>L'Étoile du Désespoir - Léander</title><content type='html'>La place était occupée par pas mal de monde bien qu'il faisait nuit. Visiblement Americh ne dormait jamais. Léander marchait tranquillement sur les pavés avec une lueur de curiosité dans le regard. Il avait bien entendu parler de la fameuse ville d'Américh, la cité du libre-échange. Mais c'était autre chose que de la visiter. Fondée par des pillards, des hors-la-loi et des trafiquants pendant la période d'essor du sacro-saint empire, elle réunissait essentiellement de la racaille. Néanmoins, si les empereurs étaient conscients de l'existence de villes comme Américh, il n'en faisaient rien : après tout, elles n'étaient pas une nuisance réelle. Quant aux princes des territoires jouxtant Américh, ils laissaient cette ville prospérer. Même si ses habitants ne payaient pas d'impôts aux princes, l'afflux monétaire qu'engendrait la ville était ahurissant. Plus que suffisant pour fermer les yeux sur l'existence d'une ville hors-la-loi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'après ses connaissances, la ville était régie par un conseil de bourgeois ou de seigneurs du crime qui contrôlaient la plupart des négociations peu ou totalement pas légales dans le secteur. Et parmi ces gens-là, un certain Sandberg l'intéressait plus particulièrement. Ce fameux bourgeois était manifestement lié au complot qui intéressait ses compagnons, Sainte Jedidah en première.&lt;br /&gt;Récemment, grâce aux notes d'investigation écrites par un indic' qu'ils avaient loué, ils avaient obtenus une liste de noms différents. Tous feraient partie, sciemment ou non, d'un complot de grande envergure. Un complot qui ne laisserait rien présager de bon pour l'avenir, surtout si Léander se basait sur les déclarations de la sainte qu'il accompagnait et les quelques évènements dont il avait pu être témoin. Cela dit, il aurait bien voulu connaître les sources d'information de la femme d'église, Sainte Jédidah. Selon cette dernière, il s'agissait d'une prophétie dont le dénouement final serait ni plus ni moins lié à l'Apocalypse. Ainsi, les autorités vaticanes d'Albidion détenaient des prophéties... Voilà, qui était intéressant à savoir. Restait à déterminer la véracité de ces écrits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré tout, Léander se sentait dubitatif : que lui et ses compagnons aient affaire à un complot passe sans problème, mais de là à parler d'Apocalypse... Il valait mieux se concentrer sur le présent et oublier les textes religieux. Il connaissait le nom de Sandberg, le fameux bourgeois qui s'apprêtait à négocier une marchandise encore inconnue. Ensuite, il y avait les trois leaders du crime organisé qui opéraient à Brudges, Adamsky, Tokarsky et Wyrostek ; ceux-ci venaient à Américh en tant que clients pour Sandberg. Que désiraient-ils lui acheter ? aucune idée, mais au vu de la quantité de vols et cambriolages qu'ils ont dû multiplier afin de réunir les fonds nécessaires, ce devait être quelque chose de faramineux. Venait ensuite Bardley, l'homme au cœur de toutes préoccupations. Son nom était cité à plusieurs reprise, nimbé d'une aura de mystère. Qui était-il exactement ? Que voulait-il dans toute cette histoire ? Selon leurs infos, Léander savait que c'était lui qui était à l'origine du complot et qu'il y avait des chances non-négligeables que la plupart des conspirateurs étaient manipulés par ce dernier. Manifestement, il était un homme charismatique, d'âge et d'apparence inconnu, qui était entré dans le milieu, qui avait grimpé les différents échelons du pouvoir rapidement et il était devenu ce qui semblerait être le conseiller et bras droit des seigneurs brudgiens du crime. Pour finir, un groupe de cinq personnes était cité dans les notes de l'indic'. Ce groupe, surnommé "la Main", occuperait une place relativement importante dans les trames du complot. Sur les cinq, seuls trois noms étaient connus : Vince, Ivy et Piotr. Mais tous les cinq seraient très dangereux. Il suffisait de se souvenir de l'état dans lequel se trouvait l'indic' quand il était revenu, à savoir agonisant dans son sang...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Léander continuait de progresser dans le quartier. Il avait pris quelques repères dans cette ville et localisé quelques sources de rumeurs. Malheureusement, aucun marchands d'information ne pouvait lui dire quoi que ce soit sur Bardley ou les cinq membres de la Main. Il y avait trop d'informations concernant Sandberg et ses activités et aucune qui ne soit réellement utile. Quant aux trois chefs de la pègre brudgienne, les infos se faisaient maigres. Las, Léander avait passé des heures à interroger et négocier auprès de piliers de bars, indics, prostituées et trafiquants. Il avait vu et entendu toutes sortes de choses, enregistrées grâce à sa mémoire photographique, mais il n'avait rien récolté qui puisse l'aider. Il commençait à se résigner et à se dire qu'il fallait attendre qu'Ernst, leur fameux indic', sorte du coma pour qu'il leur dise tout ce qu'ils voudraient savoir. Il lui restait quelqu'un à interroger : un certain Tymon ; serveur dans une taverne cotée qui entendait toute sorte de rumeurs et s'en servait pour arrondir ses fins de mois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'érudit ilmorien traversa la rue nocturne et finit par atteindre l'établissement Holmberg qui pratiquait le débit de boissons et exerçait en maison de jeux. Léander poussa les doubles battants de la porte et entra dans une vaste salle enfumée d'où émanait de nombreux éclats de voix et des rires perçants. Toute sorte de gens étaient entassés là, issus de différents horizons culturels. Mais tous avaient en commun une chose : c'était des fripouilles et des hors-la-loi. Ils se faisaient de l'argent en écoulant de la marchandise volée, ou bien il s'agissaient de proxénètes, si ce n'était pas carrément des esclavagistes. Bref, les lieux suintaient l'immoralité et l'honorabilité n'était certainement pas le maître-mot ici.&lt;br /&gt;Des hommes, et des femmes en plus petit nombre, s'amusaient en caressant des jeunes beautés en tenues fétichistes qui étaient perchées sur des petites tables rondes, renversant les verres avec leurs pieds. D'autres personnes jouaient aux cartes, trichaient et perdaient. Des prostituées étaient venues appâter le client ici. Quelques individus à la mine lugubre étaient disséminés parmi la clientèle, à boire seul et à foudroyer du regard quiconque leur adressait la parole. Léander n'avait aucun doute que ces derniers étaient employés par des mafieux, par exemple pour surveiller un pauvre type qui avait séduit la fille qu'il ne fallait pas. Ils accompliraient leur sinistre besogne pendant la nuit et toucheraient un peu d'argent avant d'être à leur tour la proie d'un autre tueur à gage.&lt;br /&gt;L'aventurier se fraya un chemin menant jusqu'au comptoir. Là, il fit face à une barmaid rousse aux yeux cernés.&lt;br /&gt;« Vous désirez ?&lt;br /&gt;-J'aimerais m'entretenir avec un certain Tymon, mademoiselle. Si vous n'y voyez aucun inconvénient...&lt;br /&gt;-Que voulez-vous boire ?&lt;br /&gt;-Je prendrais un capiteux de Togarini. Un domaine Hausburz de 972 si vous avez.&lt;br /&gt;-Tout de suite monsieur. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La serveuse s'éloigna rapidement tandis que Léander patientait calmement, malgré le vacarme de la clientèle. Décidément ! Il semblait bien loin le temps où il sillonnait les allées silencieuse de l'université et ses bibliothèques... Quelques minutes plus tard, un homme entre deux âges apparut, portant le même uniforme que la jeune rousse précédemment citée, et tenant une bouteille de vin et deux verres à la main.&lt;br /&gt;« Je suppose que vous devez être monsieur Tymon.&lt;br /&gt;-C'est cela même. Je vous présente mes excuses à l'avance : nous ne possédons plus de Hausburz 72 dans notre cave. Je peux vous proposer une bouteille de 75, si vous n'y voyez aucun inconvénient. Ce n'est pas une année aussi bonne que 972, mais elle reste une des meilleures.&lt;br /&gt;-Et bien, va pour celle-ci. De toute manière, le vin n'est pas l'objet de ma visite. J'ai quelques informations à vous demander. Et elles seront rémunérées rubis sur l'ongle si vous parvenez à me satisfaire...&lt;br /&gt;-Certes oui, mais veuillez attendre quelques instants, je vous prie. Autant vous faire profiter pleinement du vin au prix où vous le payez. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tymon prit un petit couteau dentelé logé derrière le comptoir et entreprit d'ouvrir la bouteille. Une fois la feuille métallisée ôtée, il la déboucha d'un geste expert. Portant le bouchon à son nez, il commenta : « Bien, cette bouteille n'est pas bouchonnée. C'est parfait, nous allons être en mesure de goûter le vrai potentiel de ce vin. »&lt;br /&gt;Il versa lentement un filet liquide de couleur grenat dans chacun des verres. Léander pouvait déjà sentir le bouquet qui s'élevait jusqu'à ses narines. Tymon finissait de remplir les deux verres tout en précisant : « Je méprise totalement la dictature fasciste du Togarini, mais au moins ce pays possède de merveilleux vignobles. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand il eut fini de servir le vin, Tymon et Léander levèrent chacun leurs verres à hauteur de menton afin de humer le parfum de vigne et de cerise qui s'en dégageait. Léander but le premier et constata, pour la énième fois depuis qu'il s'intéressait à l'œnologie, que le Hausburz méritait amplement sa réputation de vin enivrant : la première gorgée produisait déjà son effet exaltant. Tymon en faisait de même. Ils finirent tous deux leur premier verre en silence. Puis le barman reprit la conversation :&lt;br /&gt;« Maintenant que nous avons fait connaissance à travers le vin, nous pourrions peut-être parler des informations qui vous intéressent tant ?&lt;br /&gt;-Oui. J'ai ouï dire que vous sauriez des choses de plus que les autres informateurs...&lt;br /&gt;-Que voulez-vous savoir ?&lt;br /&gt;-Connaissez-vous Adamsky ou Tokarsky ?&lt;br /&gt;-Oui, bien sûr. Ils viennent de Brudge en voyage d'affaires. Il séjournent actuellement dans les Hauts-lieux, avec leur collègue Wyrostek.&lt;br /&gt;-Bien, maintenant je voudrais que vous me parliez de leur assistant.&lt;br /&gt;-De qui s'agit-il ?&lt;br /&gt;-Son nom est Bardley. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tymon recommença à remplir les verres de vin.&lt;br /&gt;« C'est curieux. Ce nom ne me dit rien...&lt;br /&gt;-J'en doute fort. Vous êtes un informateur réputé. Sans doute l'un des meilleurs de cette ville en comptant sur les doigts d'une main. Vous devez connaître beaucoup de monde...&lt;br /&gt;-Je vous assure pourtant que je ne connais pas ce nom là.&lt;br /&gt;-Sur la pléthore de personnes que vous devez rencontrer chaque jour, je m'étonne que vous ne fassiez pas d'effort pour chercher dans votre mémoire. Après tout, on ne se souvient pas de tout le monde du premier coup.&lt;br /&gt;-Monsieur, je vous prie de croire que ce Bardley, comme vous dites, m'est inconnu. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Léander prit la chemise du serveur d'une main et poursuivit :&lt;br /&gt;« Le mélange des cultures à Américh est étonnant... J'avais rarement vu ça.&lt;br /&gt;-Lâchez-moi ! Que voulez-vous dire ?&lt;br /&gt;-Il y a toute sorte d'architecture ou de spécialité culinaire dans cette ville. En fait, Américh est un concentré des cultures du monde entier.&lt;br /&gt;-Lâchez-moi ou j'appelle de l'aide !&lt;br /&gt;-Je m'étonne surtout du fait que vous ne connaissez aucun Bardley, alors que j'ai eu affaire à plusieurs personnes homonymes à celui que je recherche.&lt;br /&gt;-Je-je ne comprend pas... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Léander relâcha son étreinte sur le tissu, à présent froissé, de Tymon.&lt;br /&gt;« Bardley est un nom à la consonance arlonne. Je peux en trouver à la pelle par ici, autant que des Alfred ou des Adrian, à vrai dire. Vous le savez aussi bien que moi.&lt;br /&gt;-Je... Je ne sais pas... J'ai dû oublier... je...&lt;br /&gt;-Si ce nom est automatiquement tabou pour vous, c'est que vous devez bien savoir quelque chose. N'oubliez pas, je vous paye pour savoir. Et il se trouve que j'ai quelques pièces d'or sur moi... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tymon commença à bafouiller quelques propos incompréhensibles, signe évident de son malaise. Il jeta des regards aux alentours afin de s'assurer que personne n'écoutait la conversation. Puis il respira profondément à plusieurs reprises avant de se jeter à l'eau.&lt;br /&gt;« 15 pièces d'or. Pas moins. Et je vous dirais ce que je sais. Mais pas ici. C'est trop dangereux.&lt;br /&gt;-Disons 17. Où et quand ?&lt;br /&gt;-Dans trois quarts d'heure. On se retrouve dans le quartier des artisans, derrière l'atelier des souffleurs de verre.&lt;br /&gt;-Très bien. Tâchez juste d'être ponctuel.&lt;br /&gt;-... Je veux aussi 5 pièces d'avance. Vous donnerez le reste après.&lt;br /&gt;-Allons, vous me prenez pour un idiot ? Je vous donnerais une avance et devrais attendre à un rendez-vous pendant que vous filez comme un lapin avec mes écus d'or ? Non, vous aurez l'intégralité de la somme après m'avoir donné vos informations. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Léander fit un sort au verre de vin qui l'attendait sagement et sortit une pièce une pièce d'or frappée à l'effigie de Calandra Ilmora, la célèbre érudite, qu'il fit glisser sur le comptoir. Puis sa main se referma sur la bouteille.&lt;br /&gt;"Je prendrais le Hausburz avec moi. Il m'est impossible de déguster ce vin à mon aise dans un tripot pareil. Faites donc en sorte que vos clients se comportent comme des hommes civilisés et non-plus comme des bêtes. Croyez-moi sur parole, vous y gagneriez."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tymon ne prit pas la peine de répondre, manifestement trop anxieux pour dire quoi que ce soit. Léander prit le chemin de la sortie en évitant soigneusement les tables où les clients étaient les plus agités ou énervés. Une fois la porte franchie, le gentilhomme ilmorien inspira profondément et huma l'air ambiant. Ce n'était certes pas l'air de la campagne et des fleurs des champs, mais c'était toutefois bien plus agréable que l'odeur de la fumée de tabac mêlée de relents d'alcools et de sueur moite.&lt;br /&gt;Il avait trois quarts d'heure avant d'avoir des informations. Une petite promenade lui ferait le plus grand bien ; cela lui permettrait de se libérer de la tension accumulée à l'intérieur de la taverne et surtout de la sensation de flottement que lui procurait le vin. Il avait besoin d'être alerte et vif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après une petite demi-heure de marche dans la ville, en évitant soigneusement les quartiers sensibles où le meurtre était monnaie gratuite, Léander se sentait déjà un peu plus décontracté. En revanche, les effets du vin ne s'atténuait pas. Il n'était pas ivre ; il n'avait bu que deux verres. Néanmoins, ce vin était très capiteux et méritait amplement sa réputation. Léander sentait un léger engourdissement mental. Il ne réfléchissait peut-être plus aussi vite qu'à l'accoutumée. La différence n'était pas flagrante, mais ce genre de détails, aussi infimes soient-ils, peuvent faire la différence dans certains situations.&lt;br /&gt;Il tenait toujours la bouteille de Hausburz dans la main. Il n'y avait plus goûté depuis qu'il avait quitté la taverne Holmberg, mais il espérait la faire partager à ses compagnons et montrer à Yuriko un meilleur alcool que ce qu'elle devait avoir l'habitude de boire. Ainsi, il pourrait la remercier pour son exposé captivant sur l'énergie intérieure du Ki. Cette jeune femme n'était pas douée pour la pédagogie, mais elle en connaissait un rayon sur le développement intérieur. À l'avenir, si Léander trouvait le temps, il aimerait vraiment apprendre à utiliser le Ki.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne restait plus que dix minutes pour se rendre au lieu du rendez-vous. Léander accéléra le pas et bifurqua plusieurs fois dans un dédale de ruelles. Il était dans le quartier des artisans mais il restait à retrouver l'atelier des souffleurs de verre. De plus, cet endroit était un vrai labyrinthe. En pleine nuit, on pouvait s'y perdre facilement. Mais l'aube n'était pas loin et Léander avait déjà exploré le quartier pendant la journée. Finalement, il arriva à l'heure dite devant l'atelier.&lt;br /&gt;Il en fit le tour pour trouver son contact. Il n'y avait personne dans les environs, ce qui expliquait pourquoi Tymon avait choisi cet endroit. Ils pourraient parler sans crainte d'être entendus.&lt;br /&gt;Léander parvint derrière l'atelier, au niveau de la porte de sortie. Il vit, à la lueur du clair de lune, que Tymon était là aussi, affalé contre le mur et à moitié couché. Tandis que Léander s'approchait, les contours de Tymon se faisaient plus précis. Arrivé à deux mètres de distance, l'érudit put distinguer un poignard enfoncé dans le torse de l'informateur. Il se précipita et posa deux doigts sur la carotide de son contact. Aucun pouls. Tymon était mort et quelqu'un l'avait tué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Léander se redressa immédiatement et tenta de discerner quoi que ce fut dans les environs immédiat. Le corps de Tymon était encore chaud et le meurtrier ne devait pas être bien loin. Peut-être l'observait-il même, caché dans les ombres ?&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Quel imbécile je suis, j'ai été naïf ! »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Puis un constat alarmant s'imposa à son esprit : le mur de la fabrique de verre, juste derrière lui était de couleur claire. À la lumière de la lune, la silhouette de l'érudit contrastait avec le mur du bâtiment. Et en plus, il se trouvait dans une zone dégagée, probablement pour faire de la place aux chariots de livraisons. Son instinct carillonna et son intuition lui dictait un danger de mort imminent. Combien de temps était-il resté debout à réfléchir ? Aussitôt, il fit un bond latéral vers la gauche avant de commencer à courir. Cette manœuvre lui sauva la mise : en plein saut, un projectile vint exploser la bouteille de vin, là où se trouvait son cœur une fraction de seconde auparavant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Léander lâcha ce qu'il restait de la bouteille et courut le plus vite qu'il pouvait en direction d'un dédale de ruelles. Là-dedans, le tueur aurait du mal à le cibler correctement. Il convenait dans cette situation de rejoindre Sainte Jédidah, Mannrig et Yuriko au plus vite. Il bifurqua au premier croisement et s'engouffra dans une rue étroite en pente descendante. Arrivé à l'extrémité, il changea de direction une nouvelle fois, privilégiant cette même gauche qui lui avait sauvé la vie quelques secondes plus tôt. Les rues se ressemblaient toutes et il n'aurait su dire s'il tournait en rond ou non. Après avoir zigzagué une quinzaine de fois, il changea de stratégie : le bruit de ses pas était trop repérable dans le quartier désert. Surtout qu'il commençait à perdre haleine. Avisant un baril de recueillement d'eau de pluie, il se mit à couvert derrière et tenta de maîtriser sa respiration.&lt;br /&gt;Un long moment passa. Léander compta les secondes jusqu'à quinze minutes puis quitta sa cachette pour trouver une voie qui lui permettrait de s'éloigner discrètement. Dans la panique, il avait à peu près perdu de mémoire le plan du quartier. Marchant lentement, il restait aux aguets. Scrutant les ombres, il s'attendait à chaque seconde à voir débarquer soudainement le tueur. Il progressa ainsi sur plusieurs ruelles, en rasant les murs. Pour l'instant, pas de raison de s'affoler... L'aventurier commençait à récupérer son assurance : le tueur l'avait perdu et il avait manifestement abandonné la chasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques bâtiments plus loin, Léander vit la sortie du quartier. Cette avenue lui permettrait de rejoindre les grands axes de la ville. Il serait plus en sécurité en compagnie de la foule, aussi déplaisante soit-elle. Il continuait d'avancer rasséréné à l'idée de se trouver un abri sûr. Tout à coup, un sifflement se fit entendre et un poignard trancha les airs, passant à quelques centimètres de son visage. L'assassin était de retour et la traque reprenait. L'esprit de Léander se mit en marche à une vitesse supérieure. Il savait qu'il pouvait chercher à localiser le tueur et lui régler son compte avec sa rapière, mais c'était encore plus dangereux. L'autre solution était de se trouver un abri et, potentiellement, de piéger l'adversaire pour l'attaquer au moment où il s'attendait le moins. Un rapide coup d'œil aux alentours lui permit de trouver le refuge approprié : un espèce de hangar  assez proche. Il fonça illico vers le bâtiment et, dans son élan, fit sauter le verrou de la porte d'un coup d'épaule. D'une certaine manière, la peur lui donnait des forces. À peine avait-il franchi l'encadrement de la porte qu'une nouvelle lame siffla dans les airs, passant par-dessus son épaule droite. La leçon était claire : surtout  rester en mouvement. Cet individu, homme ou femme, pouvait projeter ses armes de jet sur une très longue distance, bien au-delà des capacités d'un humain ordinaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l'intérieur de l'entrepôt, il faisait un noir quasi-total. Néanmoins, les lumières lointaines du quartier des tavernes filtraient légèrement à travers les fenêtres du bâtiment, guidant Léander. Il y avait manifestement des tonneaux, ou plutôt des barils au vu de la taille, entreposés ici. Des échelles disposées ça et là permettait d'accéder à une plateforme métallique qui faisait le tour de la salle. Plusieurs systèmes à poulies et grappins permettaient de soulever les barils.&lt;br /&gt;Léander grimpa immédiatement à la première échelle pour se poster en hauteur. Cela lui donnerait un avantage certain si l'assassin passait par la porte. Il se positionna juste au-dessus de l'entrée et s'accroupit avant de patienter, rapière dégainée. Plusieurs longue minutes s'écoulèrent. Léander ne changea absolument pas de position. Il ne bougerait que si le tueur passerait à sa portée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des bruits de pas se firent entendre. Tous les muscles de l'ilmorien se contractèrent. Quelqu'un passa la porte. Il sauta dans le vide. Les genoux de Léander percutèrent les omoplates de l'individu qui produisit un cri à moitié étouffé. Il était le dominant maintenant. Il maintenait l'homme sous son poids et l'empêchait de se débattre. Il lui asséna un formidable coup à l'arrière du crâne avec la poignée de son arme. Son adversaire était proprement assommé. En clair, l'action était une réussite totale.&lt;br /&gt;Aussitôt, il commença à fouiller son suspect. Étrangement, il ne possédait aucune arme de jet dans ses poches ou ses mains. En s'approchant du visage de l'homme, il décela une odeur d'alcool. &lt;em&gt;« Un piège. »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelque part, au milieu de l'entrepôt, un baril vola dans sa direction. Léander fit un saut en arrière pour éviter le projectile géant. Ce faisant, il heurta violemment un autre baril au niveau des reins. Mais il était vivant. La barrique volante s'écrasa sur le bonhomme assommé. À la stupeur de Léander, elle n'était pas vide. Un liquide sombre se déversa aussitôt du baril fracassé. L'individu inconscient était probablement mort sous le poids du projectile. Il avait officié en tant que leurre et avait détourné l'attention de Léander. Probablement un ivrogne qui passait par-là et qui avait été convaincu d'entrer dans la place.&lt;br /&gt;Un nouveau poignard volant vint se ficher dans le bois du tonneau sur lequel Léander était affalé, clouant ce dernier par la manche. Alors qu'il essayait de se libérer, des images du calvaire de Ernst, l'indic' revenu de mission, le corps ravagés par des coups de couteau dévastateurs, défilèrent devant ses yeux. Manifestement, il avait affaire au responsable de cette boucherie. Cette pensée amplifia sa peur et, avec elle, sa force de volonté. En une fraction de seconde, il avait tiré un coup sec pour déchirer le tissu du vêtement et avait sauté par-dessus le baril afin de s'en servir comme couvert tandis qu'il avait échappé à un nouveau poignard qui venait siffler dans les airs. Léander resta un moment recroquevillé derrière son rempart de fortune tandis qu'un silence lourd s'installait. &lt;em&gt;« Comment s'échapper ? »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout à coup, adossé au baril, il ressentit plusieurs impacts qui résonnèrent sur le bois. Le bruit d'une pluie de projectiles ricochant avec un bruit mat se fit entendre. Quelqu'un passèrent par-dessus la tête de Léander. Il s'agissait clairement d'un tir de rafale, comme si une compagnie entière d'archer le prenait pour cible. Accroupi où il était, il demeurait à l'abri mais ne pouvait pas s'échapper. Les bruits à répétition ne discontinuaient pas. Cependant, Léander put remarquer qu'il ne s'agissait plus de poignards cette fois : les objets ainsi lancés consistaient en cailloux, morceaux de bois ou de ferraille qui trainaient un peu partout sur le sol de l'entrepôt. Le message était clair : son adversaire jouait avec lui.&lt;br /&gt;Il lui fallait sortir de là au plus vite : l'aube était sur le point de se lever et il ne devait pas rester dans le champs de tir de son mystérieux ennemi. Léander se mit dans la position du coureur dans l'attente du départ de la course, tout en s'arrangeant pour demeurer à l'abri du baril. Il fallait prendre le tueur par surprise et partir le plus vite possible.&lt;br /&gt;Dès que les tirs semblaient s'amenuiser un minimum, Léander fonça en avant sans prendre le temps de regarder autour de lui : chaque dixième de seconde était précieux. Dans son mouvement de départ, il en profita pour ramasser sa rapière, restée par terre, tout en accélérant. Il sprinta comme il ne l'avait jamais fait auparavant. Le temps que les projectiles changent de direction pour le cibler, il avait franchi la porte de l'entrepôt. Il avait réussi à sortir du bâtiment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les bâtiments qui défilaient à la périphérie de son champs de vision étaient flous et disparaissaient très rapidement tandis qu'il courait plus vite qu'il ne l'avait jamais fait auparavant. Il commença à rejoindre les passants dans la rue, mais son instinct lui criait qu'il n'était pas en sécurité, loin de là. Il fallait à tout prix qu'il rejoigne ses compagnons. Il s'arrêta un court instant afin d'aviser les environs et choisir le chemin le plus judicieux. Des gens se déplaçaient dans la rue et la plupart devait commencer à travailler. Un poignard vola juste devant les yeux de Léander et une jeune femme situé non-loin de lui fut mortellement touchée à la tempe. Elle s'effondra en silence et il reprit sa course de plus belle. Pas un cri ne fut poussé. Il faudrait encore quelques instants avant que des passants ne remarquent ce qu'il venait de se passer. Et Léander serait déjà loin, un tueur aux trousses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'aube se levait lentement tandis que l'aventurier ilmorien continuait à courir, affolé, en jetant parfois des coups d'œil par dessus l'épaule. Son assaillant demeurait invisible, probablement dissimulé à distance. Léander était presque parvenu jusqu'à la maison close où lui et ses amis avaient décidé de se cacher. Il était temps ; il courait depuis si longtemps qu'il avait les poumons en feu.&lt;br /&gt;Soudain, il vit deux silhouettes atypiques qui se déplaçaient ensembles dans la rue. Yuriko et Mannrig. Ces derniers tournèrent la tête pour voir l'origine des bruits de course. La jeune ryuanne eut un léger sourire que l'on aurait pu qualifier de condescendant. Lorsque Léander les atteignit, il n'avait plus assez d'air dans ses poumons pour les avertir. Yuriko, inconsciente du danger, se contenta de poser une main sur son épaule et de lui demander : « Léander, connaissez-vous le proverbe ''la curiosité tua le chat'' ? »&lt;br /&gt;Léander leva des yeux affolés. De quoi parlait-elle ? Il inspira plusieurs fois pour essayer de reprendre sa respiration et leur annoncer ce qu'il se passait. Mais il fut interrompu par une lame qui lui perfora l'omoplate gauche. La pointe du poignard ressurgit du coté de la poitrine, à deux pouces du cœur. Le souffle coupé, il s'effondra entre les mains de Yuriko tandis que Mannrig se saisissait déjà de son arc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allait-il mourir ? Léander sentait la peur s'insinuer en lui en même temps qu'il perdait son sang. Il n'entendait que vaguement ses compagnons crier. Il aurait été bien incapable de comprendre ce qu'ils disaient. Le temps semblait se ralentir. Il sentit que Yuriko l'épaulait pour le soutenir et l'empêcher de tomber. Sa conscience commençait à vaciller.&lt;br /&gt;Il put toutefois comprendre les propos de sa compagne de route quand celle-ci s'adressa directement à lui.&lt;br /&gt;« Ça fait moins mal que ça en a l'air... » lui dit-il.&lt;br /&gt;Il lui sembla que Yuriko fit une moue réprobatrice. Comment en être sûr ?&lt;br /&gt;« Attendez, je vais vous retirer ce couteau... » commença-t-elle.&lt;br /&gt;Instantanément, Léander vit, dans un flash, des souvenirs de Yuriko et Mannrig qui buvait et picolait des verres d'alcools à la suite. Ce fameux cocktail baptisé ''Surprenez-moi'' par les deux compères, plus puissant que de l'absinthe noire ou de la vodka. Quels ravages pourrait produire la main tremblante d'une d'alcoolique ? D'ailleurs, n'y avait-il pas  une artère située juste à coté de la lame ?&lt;br /&gt;« Non ! murmura Léander, je préfèrerais que Skyla s'en occupe... »&lt;br /&gt;Son corps se détendit d'un coup. Sa vision se brouilla. Il entendait des sons diffus qui peinaient à parvenir jusqu'au cerveau. Il lui semblait que Yuriko le déplaçait rapidement dans les airs. Peut-être était-ce à cause du léger vent frais qui lui caressait le visage ? Puis il sombra totalement dans l'inconscience.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour (re)découvrir la suite de cette aventure, je vous invite à vous référer au passage « Un chaton mort sur les pavés »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-2249353631909100376?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/2249353631909100376/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=2249353631909100376' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2249353631909100376'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2249353631909100376'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/12/letoile-du-desespoir-leander.html' title='L&apos;Étoile du Désespoir - Léander'/><author><name>le Golem qui rêve</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15071856589947273995</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_vfdf5d_L-0I/SVYFNJ6-DCI/AAAAAAAAAAM/aciBhPQet2M/S220/6-63.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-5498204941860442643</id><published>2009-12-09T13:58:00.001-08:00</published><updated>2009-12-09T13:58:54.797-08:00</updated><title type='text'>Rigor Avis.</title><content type='html'>04/12/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Virgil accumule du Zéon mais le perd en se faisant happer par l'oiseau. Il se fait sauvagement lacérer.&lt;br /&gt;- Nalya ramène la paladine sur le bateau en quatrième vitesse, puis repêche Néro, toujours avec de la télékinésie.&lt;br /&gt;- Délano accumule lui aussi (il prend des couleurs, ses cheveux blancs semblent revitalisés et son visage plus jeune, pendant qu'il incante en gesticulant).&lt;br /&gt;- Pernilla met de côté un bouclier magique "au cas où" puis récupère Virgil par téléportation avant qu'il ne se fasse déchiqueter. Elle demande ensuite à Laurens d'aller fouiller dans ses affaires pour ramener un réservoir de zéon qui aura peut-être une utilité bientôt.&lt;br /&gt;- Dans le même temps, Zacharias, qui avait grimpé au mât, saute pour atteindre le piaf et lui assène un coup de faux, avant de tomber à la flotte.&lt;br /&gt;- Néro et Virgil, blessés, rejoignent Kurt à l'intérieur du bateau.&lt;br /&gt;- L'oiseau pique à nouveau et, cette fois, attrape Myllenia.&lt;br /&gt;- Nalya tente un impact pour la libérer, mais échoue.&lt;br /&gt;- Zacharias retourne au bateau à la nage, et particulièrement vite. (toujours en mouvement saccadé)&lt;br /&gt;- En cabine, Virgil accumule du Zéon pour mettre des mines de feu (ça fait boum !) sur les carreaux de Kurt pendant que Pernilla s'avance lentement sur le pont pour récupérer l'arbalète.&lt;br /&gt;- À ce moment-là, Délano lance son sort et l'oiseau se rigidifie lentement, jusqu'à devenir une statue de pierre. Il lâche Myllenia, qui tombe et s'éclate sur l'eau avant de recevoir la statue en béton sur la gueule...&lt;br /&gt;- ... mais Pernilla déclenche son bouclier à distance et lui évite ainsi quelques fractures malvenues. Elle tente ensuite de la téléporter sur le bateau, mais se rate lourdement. On entend un "plouf" quand Laurens tombe à l'eau, pas loin de la proue.&lt;br /&gt;- Elle les repêche tous les deux à coups de téléportation, s'excuse sommairement puis retourne dormir.&lt;br /&gt;- Délano a l'air un peu déçu, perdu, comme si son nouveau jouet était déjà cassé et qu'il ne savait plus quoi faire.&lt;br /&gt;- Nalya réintègre son enveloppe charnelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est tout pour cette fois, parce qu'on a fait les changements de niveau. (increasing lvl 4)&lt;br /&gt;Suite la semaine qui commencera lundi prochain.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-5498204941860442643?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/5498204941860442643/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=5498204941860442643' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/5498204941860442643'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/5498204941860442643'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/12/rigor-avis.html' title='Rigor Avis.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-3208774060599167361</id><published>2009-12-09T13:56:00.000-08:00</published><updated>2009-12-09T13:57:48.915-08:00</updated><title type='text'>Prise de bec.</title><content type='html'>27/11/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- L'oiseau s'éloigne du bateau, mais reste à portée pour l'instant. Néro lance sa technique de ki en dépensant de la fatigue, et c'est le hit. Il retourne en direction du bateau, toujours en marchant sur l'eau.&lt;br /&gt;- Kurt est ramené sur le bateau par transport psychique. Blessé, il rentre en cabine, histoire de se mettre à l'abri pour les prochaines minutes, et commence à étudier minutieusement ses plaies.&lt;br /&gt;- Pernilla et Virgil accumulent du zéon, tandis que Délano se concentre.&lt;br /&gt;- Nalya, qui vient de sauver Kurt de la noyade, lance un impact sur l'oiseau, qui semble ne pas le sentir.&lt;br /&gt;- L'oiseau fait un demi-tour en tête d'épingle et tente d'attraper Délano, qui se défend avec un bouclier surnaturel (de froid) et dévie l'attaque.&lt;br /&gt;- Penilla le prévient en criant, puis téléporte Néro juste au-dessus de l'oiseau. Néro frappe en dépensant à nouveau un maximum de fatigue, puis commence à chuter.&lt;br /&gt;- Virgil met un sort de boule de feu de côté pour un peu plus tard (s'agit d'éviter que Néro soit pris dans le rayon) et continue à accumuler pour en façonner une deuxième, dans l'attente du moment opportun.&lt;br /&gt;- Délano lance une sorte de ligne de givre imperceptible, que seuls peuvent voir Néro et Nalya. (ils voient les matrices psychiques) La ligne vient percuter l'oiseau et lui geler les plumes.&lt;br /&gt;- Nalya se concentre. (elle est toujours en train de flotter au-dessus de la scène, invisible et intangible pour le commun des mortels.)&lt;br /&gt;- L'oiseau, bien vénère, fait à nouveau demi-tour et fonce sur Zacharias. Ce dernier esquive l'attaque et porte un coup de faux, qui touche.&lt;br /&gt;- Néro finit de tomber (une vingtaine de mètres) et se pose comme une plume sur l'eau avant de courir en direction du bateau, tout en récupérant sa fatigue avec le ki.&lt;br /&gt;- Délano lance le même pouvoir que précédemment, sans faire beaucoup d'effet.&lt;br /&gt;- Pernilla (après l'avoir prévenue) téléporte maintenant Myllenia en direction du piaf. Elle frappe l'oiseau à deux reprises, en faisant de gros dégâts, puis tombe...&lt;br /&gt;- ...avant d'être rattrapée par Nalya, en télékinésie, et ramenée sur le bateau dans un vol express.&lt;br /&gt;- Virgil se dit que c'est le moment, et lâche ses deux boules de feu, qui touchent toutes les deux l'oiseau. Il a réussi à épargner le bateau. (les explosions font 40 mètres de diamètre...)&lt;br /&gt;- La bête à trois têtes a eu le temps de faire demi-tour et, motivée par l'odeur de roussi qui émane de ses plumes, repasse au-dessus du pont et attrape Néro, qui venait de se hisser sur le bastingage. Ses serres se plantent dans la chair du lancier, qui est emporté comme un fétu de paille.&lt;br /&gt;- Zacharias commence à grimper sur le mât.&lt;br /&gt;- Néro attaque l'oiseau à grands coups de lance, mais ne parvient pas à lui faire lâcher prise.&lt;br /&gt;- Délano tente de lancer son pouvoir une troisième fois, mais ne touche pas l'oiseau.&lt;br /&gt;- Zacharias finit de monter au mât à fond les ballons, et atteint le sommet. Virgil : "qu'est-ce que tu fous ?"&lt;br /&gt;Réponse : "J'attends".&lt;br /&gt;- L'oiseau porte Néro au niveau de ses têtes, et tente de l'écarteler/de l'étriper en l'attrapant en plusieurs endroits et en tirant dans des directions opposées. Après lui avoir lacéré le corps et arraché un bon gros lambeau de peau à l'un des bras, il le lâche et le laisse tomber dans l'eau avec un hurlement. La victime a échappé au pire, mais se trouve dans un état assez déplorable.&lt;br /&gt;- Pernilla téléporte à nouveau Myllenia vers l'oiseau, pour qu'elle puisse porter à nouveau deux coups d'épée bâtarde meurtriers sur le monstre, ce qu'elle fait.&lt;br /&gt;- Nalya la rattrape de justesse avec la télékinésie et commence à la ramener vers le bateau. (l'oiseau s'est éloigné un peu pour déchiqueter Néro)&lt;br /&gt;- Virgil accumule du zéon pur, en attendant de pouvoir aviser de la situation.&lt;br /&gt;- Le piaf a l'air toujours aussi motivé, quoique blessé en plusieurs endroits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fin du coup. (Dans l'échelle de temps du jeu, toutes ces actions ont duré quinze secondes o_O) Suite bientôt.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-3208774060599167361?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/3208774060599167361/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=3208774060599167361' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/3208774060599167361'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/3208774060599167361'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/12/prise-de-bec.html' title='Prise de bec.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-8067480036273262829</id><published>2009-12-09T13:55:00.000-08:00</published><updated>2009-12-09T13:56:28.401-08:00</updated><title type='text'>Tricéphalement votre.</title><content type='html'>20/11/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- L'oiseau fait un large détour pour prendre de l'élan, et fonce en direction du bateau en accélérant. (il se trouve au moment de ce changement de direction à plus de 150 m)&lt;br /&gt;- Pendant ce temps, tous ceux qui étaient sur le bateau et qui l'ont vu (C'est-à-dire tout le monde sauf Nalya et Pernilla, respectivement en train de fouiner en forme astrale dans les cartes de Nikolaas et de passer le temps en cabine.) se préparent à le recevoir.&lt;br /&gt;- Néro tient sa technique d'Excisuum Aeris (attaque à distance) prête, pour pouvoir tirer dès que sa cible sera à portée.&lt;br /&gt;- Vigil a accumulé un bon paquet de zéon pour pouvoir vomir son feu abrasif.&lt;br /&gt;- Myllenia a commencé à grimper sur le mât (par les cordages) pour atteindre une position élevée.&lt;br /&gt;- Kurt se trouve debout sur le toit des cabines, avec son arbalète.&lt;br /&gt;- Délano se concentre.&lt;br /&gt;- Laurens descend aux cabines pour prévenir Pernilla.&lt;br /&gt;- L'oiseau arrive en quelques secondes à portée de tir de Néro et Virgil, qui font feu, le touchent, mais ne parviennent pas à le ralentir ni à le tuer. Il va tellement vite que l'image autour de ses plumes apparaît diffractée par le mouvement d'air. Il est particulièrement volumineux et massif.&lt;br /&gt;- Il arrive au niveau du bateau et attrape Kurt, occupant une position surélevée, entre ses serres acérées. C'est plutôt douloureux ; l'assassin en lâche son arbalète. Les griffes sont longues comme des poignards et profondément enfoncées dans son épaule gauche et dans son bras droit. (ou était-ce l'inverse ?)&lt;br /&gt;- À ce moment-là, Laurens a expliqué en deux-trois mots la situation à Pernilla.&lt;br /&gt;- L'appel d'air (c'est un GROS piaf) fait tanguer le bateau. Nalya, dans la cabine de Nikolaas, se rend compte que y'a un os, et remonte en traversant le plafond. (la forme astrale, invisible et immatérielle, aidant) Elle prend mesure de la situation.&lt;br /&gt;- Délano projette une stalactite de glace affûtée comme peu de rasoirs en direction de l'oiseau, qui encaisse apparemment le coup sans l'accuser.&lt;br /&gt;- Le vacillement du navire fait se cogner Pernilla contre le mur. Dans le lit d'à côté, le corps sans esprit de Nalya comate irrémédiablement. Elle comprend à peu près la situation et remonte l'escalier quatre à quatre avec Laurens.&lt;br /&gt;- Myllenia a réussi à ne pas tomber du mât malgré les inquiétantes oscillations de ce dernier.&lt;br /&gt;- Kurt se débat comme un beau diable en tailladant à l'épée courte les pattes de l'oiseau, qui finit par le lâcher.&lt;br /&gt;- Il chute d'une vingtaine de mètres (je crois) et tombe à l'eau dans une éclaboussure douloureuse. Grâce à un très bon jet de natation (double jet ouvert), il parvient à s'orienter et à franchir les cinq mètres qui le séparent de la surface, mais se trouve dans un piteux état.&lt;br /&gt;- Néro descend du bateau en courant sur l'eau pour aller le chercher. Nalya, à l'aide de sa télékinésie, le récupère avant.&lt;br /&gt;- L'oiseau fait demi-tour et s'apprête à récidiver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite dans quelques milliers de millièmes de minutes.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-8067480036273262829?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/8067480036273262829/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=8067480036273262829' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8067480036273262829'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8067480036273262829'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/12/tricephalement-votre.html' title='Tricéphalement votre.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-8424071812362653944</id><published>2009-12-09T13:53:00.000-08:00</published><updated>2009-12-09T13:54:51.807-08:00</updated><title type='text'>Les petits plats de saint Nikolaas.</title><content type='html'>13/11/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le premier soir en bateau, nous avons le droit à la "soupe Cornélius", du nom de feu le papa de Nikolaas, le capitaine. Dans le genre "plat local", c'est spécial. Après que nous nous soyons assurés que les morceaux qui flottent ne sont pas des cadavres de petits rongeurs ni des abats humains, nous y goûtons prudemment.  La majorité des invités trouve ça dégueulasse, et tout le monde n'arrive pas à finir, même en mettant beaucoup de sel pour changer le goût.&lt;br /&gt;- Dès lors, presque tout le monde consomme ses propres rations, et Laurens entre chaque jour par effraction dans la cuisine pour se servir des ustensiles de Nikolaas, dont il a besoin pour s'occuper de la popote pour lui et son employeuse.&lt;br /&gt;- Comme c'est Nikolaas qui s'occupe de tout sur le bateau, nous n'avançons pas de nuit.&lt;br /&gt;- Au cours des cinq jours suivants, chacun se concentre de son côté sur ses activités.&lt;br /&gt;- Nalya, après avoir observé un moment Nikolaas gesticuler entre les cordages sur le pont du bateau, lui demande si elle peut jeter un oeil sur ses cartes. Il refuse poliment. Le cinquième jour, elle va étudier les cartes en question dans la cabine du capitaine, en forme astrale.&lt;br /&gt;- Dans les jours qui précédaient, elle a également dû servir de barbière (?) pour Délano. Elle se débrouille comme elle peut pour retirer le gros des poils blancs (ceux qui restent ne se voient pas trop) et parvient à éviter de l'égorger.&lt;br /&gt;- Kurt s'astique les armes et le reste, tente des expériences nouvelles avec son sex-toy et parvient à résister à l'envie de faire la peau du seul marin à bord par pure distraction. Il commence également à apprendre le ki avec Néro.&lt;br /&gt;- Pernilla apprend les bases du Tarravz avec Laurens, en prenant des notes dans un petit livre ayant appartenu à feu Max Aqualo. Sinon, elle suit aussi les cours de Néro pour le ki, et passe le reste du temps à buller et à lire au lit.&lt;br /&gt;- Virgil apprend le ki avec Néro comme les autres, et autrement, s'ennuie, appuyé au bastingage arrière.&lt;br /&gt;- Au cinquième jour, alors que tout le monde est à l'extérieur, sauf Nalya (le corps dans son lit et l'esprit dans la cabine du capitaine) et Pernilla (le corps et l'esprit dans son lit), un puissant cri retentit dans le ciel. C'est un aigle un peu particulier qui s'approche du bateau. Il se trouve à une centaine de mètres, haut et loin pour l'instant.&lt;br /&gt;- Il a deux particularités : sa taille gigantesque (x2 la taille d'un gros cheval de guerre) et le nombre de ses têtes. (juste trois...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite en direct.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-8424071812362653944?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/8424071812362653944/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=8424071812362653944' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8424071812362653944'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8424071812362653944'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/12/les-petits-plats-de-saint-nikolaas.html' title='Les petits plats de saint Nikolaas.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-2492144124056187313</id><published>2009-11-18T13:34:00.000-08:00</published><updated>2009-11-18T13:36:14.607-08:00</updated><title type='text'>Le port de rue.</title><content type='html'>06/11/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le docteur Délano demande à Nalya et Virgil d'aller lui trouver un bateau, pendant qu'il va les attendre à la taverne du port. Il donne cinq pièces d'or à chacun pour payer la traversée, en précisant que les bateaux pirates sont à proscrire.&lt;br /&gt;- Les deux préposés du jour se séparent, tout en restant en communication par la pensée, pour aller chercher un bateau.&lt;br /&gt;- Après quelques essais infructueux, la barrière des langues apparaît comme un problème considérable. Pour l'anecdote, Virgil reçoit des menaces à peine voilées d'un groupe de marins tatoués patibulaires aux bras gros comme ses cuisses, tandis que d'autres tentent de soutirer des étreintes tarifées à Nalya, le tout dans une langue incompréhensible. Le succès est donc mitigé pour l'un comme pour l'autre.&lt;br /&gt;- Opiniâtres, ils continuent, et c'est Virgil qui finit par trouver la perle rare : un bateau pas bien gros mais suffisant pour nous tous, qu'un vieux barbu atrabilaire est en train de récurer. Le mieux, c'est que ce type s'avère être le capitaine, et qu'il parle un latin rudimentaire mais providentiel. D'une pensée enthousiaste, Virgil prévient sa collègue qu'il a une touche et négocie six, non, sept passagers pour le Gabriel avec Nikolaas, le barbu. Nom complet : Nikolaas de Graff ; Attributions : Capitaine, marin, mousse, cuisinier, hotellier, sage-femme et dame d'atour si besoin est.&lt;br /&gt;- Ils ont droit à une visite du bateau. Il y a de la place pour douze passagers maximum. Deux chambrettes abritant chacune six couchettes dures comme du bois &lt;span style="font-style: italic;"&gt;légèrement&lt;/span&gt; vermoulu, confortables, à en croire Nikolaas. De plus, l'air du large (quelques hublots récalcitrants parsèment les murs de bois), c'est bon pour le teint. Nalya s'assure que le bateau ne va pas, je cite, "couler à la sortie du port". Certaines pièces (entre autres le bureau du capitaine) ne peuvent pas être visitées. Comme tous les marins du Dwanhölf, il est probable que Nikolaas fasse de temps en temps de la contrebande.&lt;br /&gt;- Les deux, s'estimant satisfaits, retournent voir Délano.&lt;br /&gt;- Pendant ce temps, Pernilla et Kurt partent chercher le patron de ce dernier, qui doit se terrer dans la plus grosse taverne de la ville où l'assassin avait, par le passé, ses habitudes.&lt;br /&gt;- Il y a une fouille à l'entrée. Le gorille allège Kurt de quelques kilos d'armes de toutes sortes et confisque ce godemiché un poil trop pointu, de peur qu'il ne s'agisse d'un poignard à design personnalisé.&lt;br /&gt;- Ils vont au comptoir. Le tavernier connaît Kurt, et celui-ci lui doit quelques ardoises bien remplies. Il sort un gros registre poussiéreux en l'accablant de reproches divers et variés. Penilla, bien sûr, ne comprend rien à ce qui se dit, n'ayant pas la chance de parler la langue locale. Après avoir réglé ce petit surcoût, Kurt demande où trouver le seigneur du crime à qui il doit du blé, et le Tavernier demande à quelqu'un de mener ces jeunes gens au sous-sol.&lt;br /&gt;- Kurt et Pernilla (dans cet ordre) descendent à la suite de leur guide les marches d'un escalier sombre, et se retrouvent dans une petite salle où un grand chauve tatoué et un peu ventru les fouille une deuxième fois avant de les laisser franchir la porte adjacente. Commençant à s'inquiéter un peu, d'autant plus qu'elle ne comprend pas bien ce qui se passe, Pernilla enchante silencieusement sa vue pour voir dans l'obscurité.&lt;br /&gt;- Derrière la porte, il y a un grand souterrain où toutes les activités qui seraient illégales si des lois existaient au Dwanhölf sont également représentées. Il y a là des tripôts, des fumeries d'opium, des prostitué(e)s dans l'exercice de leurs fonctions, un bar encore plus clandestin que le premier, des strip-teaseuses, etc., etc.&lt;br /&gt;- Tout au fond de la salle, le seigneur du crime bien connu de Kurt (et répondant au doux nom de Josua), dîne avec un ami tout en caressant une jeune femme lascive d'une main distraite.&lt;br /&gt;- Lorsqu'il voit arriver son débiteur, il sourit, donne quelques ordres et en un quart de seconde, la table est libérée et la jeune fille éconduite. Les nouveaux arrivants s'asseoient.&lt;br /&gt;- Kurt et lui entament une discussion en Tarraszv (langue du coin), en évoquant successivement le bon vieux temps, la vie de Kurt depuis qu'ils se sont séparés et les parties charnues des filles de joies acquises par Josua, qui teste régulièrement sa marchandise avant d'acheter. (C'est sa spécialité, le proxénétisme de masse)&lt;br /&gt;- Finalement, Pernilla lui demande s'il parle latin, et il répond par l'affirmative, presque sans accent. Il y a bien besoin de ça dans le milieu des affaires. La discussion s'oriente alors successivement sur la manière dont elle a rencontré Kurt (une lame sous la gorge, en l'occurrence... Ou était-ce simplement sa main ?) et les mœurs locales. (Pendant la discussion, un mauvais perdant à la roulette fait un peu de raffut et se fait égorger aussi sec, scène quotidienne dans cet établissement... Mais coutume déroutante pour l'étranger de passage !)&lt;br /&gt;- Le sujet qui les amène est enfin abordé : l'argent.&lt;br /&gt;- Kurt et Pernilla payent avec largesse, en diamants. Josua est plutôt content de se faire une telle marge. On voit qu'il ne regrette pas son investissement. (À savoir payer à Kurt sa formation dans un monastère où l'on forme les assassins, alors que celui-ci venait d'essayer de le cambrioler.)&lt;br /&gt;- Ils restent un peu. Dans un premier temps, Josua propose à Kurt de travailler pour lui, à présent qu'il a réglé ses dettes. Il tente de l'appâter en arguant que n'est-elle pas superbe, l'asiatique qui danse, là, un peu plus loin ? Il ne l'a pas encore goûtée personnellement, mais Kurt pourrait éventuellement s'en charger s'il travaillait pour lui. La mort dans l'âme (...), Kurt repousse l'offre à une date plus lointaine. Cinq mois ? Allez, quatre mois et un jour !&lt;br /&gt;- Dans un second temps, ayant eu vent (voir ouragan) de l'influence et des prérogatives de Josua dans le domaine du commerce humain en général et de la prostitution en particulier, Pernilla lui demande s'il ne pourrait pas lui trouver un jeune homme qui pourrait servir de cuisinier/portefaix/gigolo/homme de compagnie pour une durée indéterminée, qui soit beau, jeune, qui sache parler un minimum latin et possédant quelques notions élémentaires d'hygiène et de politesse.&lt;br /&gt;- Josua rigole un peu et, de bonne humeur, accède à sa demande. L'élu arrive au bout d'une dizaine de minutes. Il s'appelle Laurens et servait pour l'instant à distraire les invité(e)s du seigneur du crime selon leurs goûts. Parfait. Le salaire (pas réclamé, mais il faut toujours un salaire) est fixé quelques minutes plus tard.&lt;br /&gt;- Du côté du port, Délano annonce à Nalya et Kurt que puisqu'ils ont trouvé un bateau, le départ est pour dans trois quarts d'heure. Nalya localise mentalement ses compagnons, et envoie un message clair à Kurt : on part dans 45 minutes, malheur aux absents et aux retardataires.&lt;br /&gt;- Kurt et Pernilla prennent congé de Josua, le temps que Laurens prenne le peu d'affaires qu'il possède.&lt;br /&gt;- Le groupe entier (Kurt, Pernilla, Laurens, Nalya, Virgil, Néro, Myllenia, Zacharias et Délano : ça fait du monde !) se retrouve au port, et se voit obligé d'abandonner roulottes et montures à l'embarquement. (de toutes façons, les bêtes trouveront acquéreurs. Nalya va faire quelques achats de dernière minute (des imperméables, entre autres), tandis que Laurens est dépêché pour se procurer à la fois de la bouffe, une cantinière pour entreposer quelques affaires, un pépin pour lui-même et deux, trois petites choses.&lt;br /&gt;- On paye pour les passagers imprévus et oubliés, tout le monde charge ses affaires personnelles, et le bateau lève l'ancre.&lt;br /&gt;- En route !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite le plus tôt possible.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-2492144124056187313?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/2492144124056187313/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=2492144124056187313' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2492144124056187313'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2492144124056187313'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/11/le-port-de-rue.html' title='Le port de rue.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-7105157386113952811</id><published>2009-11-15T14:40:00.000-08:00</published><updated>2009-11-15T14:41:52.453-08:00</updated><title type='text'>De la cervelle à nu, des huîtres et du vin blanc.</title><content type='html'>30/10/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Après avoir fini de répandre l'information du départ de Délano, ceux qui étaient partis regagnent l'impasse où le médecin habite et où nous avons garé les deux roulottes, histoire de monter la garde. (doux euphémisme) Le groupe est donc au complet, même si Zacharias n'est pas là.&lt;br /&gt;- En début d'après-midi passent cinq gros bras, visiblement là pour faire changer Délano d'avis.&lt;br /&gt;- Kurt leur intime dans leur langue l'ordre de faire demi-tour rapidement, s'ils ne veulent pas que leur sang ruisselle dans les caniveaux et abreuve les mâtins errants dans un avenir proche. Virgil sort son katana de son fourreau avec une classe inatteignable pour les misérables mortels que nous sommes, et se met en travers de leur route. (Il a fait un double jet ouvert en style, ce qui donne du quasiment impossible en difficulté. )&lt;br /&gt;- En confiance avec leurs massues/ leurs épées rouillées/ leur testostérone majoritaire, ils s'avancent vers nous en poussant des grognements de gorilles.&lt;br /&gt;- Kurt prend tout le monde par surprise (encore ? oui.) et balance un stylet dans le tas. Nalya envoie un impact dans l'un des singes. Il vole sur une cinquantaine de mètres et se crashe sur les pavés dans une traînée rouge et grise, étendu sur le dos. Néro essaie de grimper sur les roulottes pour attaquer depuis le dessus, mais se casse la gueule en sautant de l'une à l'autre. Myllenia s'approche en dégainant son épée bâtarde et intimide nos adversaires au-delà du possible. Ils commencent à avoir les boules. Vigil frappe circulairement les gorilles restants, coupant ici un poignet, là une jambe et étripant au passage un autre malheureux. Tout ceci a duré trois secondes.&lt;br /&gt;- Les passants qui nous ont remarqué ne semblent pas accorder plus d'importance que ça aux hurlements et aux meurtres auxquels ils viennent d'assister. Au mieux, ils semblent ne pas l'avoir remarqué, et au pire s'enfuient.&lt;br /&gt;- Kurt égorge les deux survivants à terre pour qu'ils cessent de hurler, en disant que de toutes façons, si on veut avertir leurs supérieurs, y'aura qu'à planter leurs têtes sur des piques au bout de la rue, avec un écriteau à côté.&lt;br /&gt;- Nalya s'approche de celui qu'elle a dégommé, et la triste vérité apparaît : le gris qui s'est répandu dans son sillage, ce n'est pas à cause de ses vêtements qui déteignent. Les yeux révulsés, il regarde le ciel.&lt;br /&gt;- Nous estimons que l'avertissement est clair, et qu'il n'y aura pas d'autres tentatives de la part de malandrins téméraires.&lt;br /&gt;- Nous ne débarrassons pas le parvis des chairs mortes de nos victimes, et laissons les enfants des rues les fouiller et les emporter pièce par pièce dans les heures qui suivent.&lt;br /&gt;- Au cours de l'après-midi, Kurt va s'acheter des stylets et quelques trucs utiles, puis accompagne Virgil qui souhaite faire de même. Ce dernier achète une pierre à aiguiser et quelques autres petits machins.&lt;br /&gt;- Nalya étudie son livre dans sa roulotte.&lt;br /&gt;- Pernilla sollicite Kurt et Virgil pour aller faire le marché, à la recherche d'objets "particuliers". Au Dwanhölf, si les dons surnaturels sont mal connus, il n'est un secret pour personne qu'ils existent. La fin justifie les moyens et un parrain ne se dira sans doute pas "Il faut annihiler cette source de pouvoir et de corruption", mais plutôt "Comment pourrais-je m'en servir pour asseoir le mien, de pouvoir ?". Donc... Il y a potentiellement des chances de faire des trouvailles. Cette activité leur prend tout l'après-midi, et ils rentrent bredouille.&lt;br /&gt;- Au soir, parce que les privations/ le moth/ la pluie/ la pauvreté, y'en a marre, tout le monde va au resto. Nous trouvons un endroit assez correct où manger, et laissons Zacharias seul pour garder l'impasse. De toutes façons, il s'en fout, il ne mange jamais, et puis si les prochains killerz qui viennent sont du même acabit que les précédents, il devrait pouvoir se les faire tout seul.&lt;br /&gt;- Le restaurant choisi ressemble à la couverture d'une entreprise maffieuse, mais au moins, en termes d'hygiène, il est propre.&lt;br /&gt;- On mange bien, beaucoup, et le millésimé coule à flots. (grosso modo, pas mal de fruits de mer et un cuissot pour Néro) Cela se finit par un pourboire royal.&lt;br /&gt;- Ensuite, Nalya et Pernilla vont se trouver une auberge potable où passer la nuit, pendant que les autres rentrent aux roulottes.&lt;br /&gt;- Zacharias attend, accroupi en haut de l'une des roulottes, une faux sur le dos. Kurt regarde avec admiration   et va se coucher pour faire de doux rêves. "Petit, tu es doué, très doué, mais tant que je serai dans le métier, tu ne seras jamais que second." (c) The mask.&lt;br /&gt;- Le lendemain matin, on se lève (pour la plupart) autour de huit heures. Nalya mate un peu son bouquin. Délano arrive à huit heures et demie aux roulottes, prêt à partir. À neuf heures, Nalya réveille sa collègue qui dort dans la chambre à côté en insistant longuement, elles retournent aux roulottes et le groupe part finalement vers neuf heures et demie, direction la côte ouest.&lt;br /&gt;- Après deux jours de voyage, nous arrivons au port de Rue.&lt;br /&gt;- Délano souhaite être accompagné, pour aller négocier les billets de transport maritime, par Virgil et Nalya. (bon choix, mine de rien.)&lt;br /&gt;- Les autres ont quartier libre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite très bientôt.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-7105157386113952811?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/7105157386113952811/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=7105157386113952811' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/7105157386113952811'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/7105157386113952811'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/11/de-la-cervelle-nu-des-huitres-et-du-vin.html' title='De la cervelle à nu, des huîtres et du vin blanc.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-1312737867391582754</id><published>2009-11-15T14:23:00.000-08:00</published><updated>2009-11-16T10:21:41.182-08:00</updated><title type='text'>Le manoir Sandberg</title><content type='html'>24/10/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faisait super froid. Enfin, pas tant que ça, mais vu qu'elle ne bougeait pas et se trouvait exposée à tous les courants d'air, c'était l'impression qu'elle en avait. Son manteau était clos au maximum, jusqu'à la gorge, et elle tenait ses bras serrés contre son corps pour réduire la déperdition de chaleur, les mains bien au fond des poches. Un courant ascendant l'obligeait à descendre en permanence pour maintenir sa position, et elle n'était jamais tout à fait sûre de ne pas se déplacer sans s'en rendre compte. Cela faisait au moins deux heures, et sans doute plus, que Yuriko attendait là. Pour la bonne conscience, elle jeta un énième coup d'œil aux entrepôts, tout en bas. Les éclairages s'étaient répandus dans tous les interstices qui séparaient les bâtiments noirs les uns des autres et dessinaient une vaste grille lumineuse au sol. Les soldats étaient arrivés en très grand nombre ; l'état d'alerte avait visiblement été déclaré. Sur l'entrepôt où Sandberg et Bardley avaient l'intention de faire leur business, deux vigiles avaient été postés et, chose étonnante, c'était le cas de trois autres bâtiments voisins, formant un carré avec le premier, tandis que celui qu'elle avait tenté d'incendier peu de temps auparavant n'avait pas mérité cet égard. Ils se doutaient sans doute que cette manœuvre inutile n'avait été qu'une vulgaire diversion, mais tout de même.&lt;br /&gt;Elle rentra son bras droit à l'intérieur du manteau pour attraper un cigarillo sans exposer un centimètre carré de sa chair à l'air froid environnant. Fouillant dans une poche intérieure, elle se saisit du clopiot et le porta à ses lèvres en le glissant par le col, pour ne pas sortir la main. Le briquet, maintenant. Il était où, déjà ? À tâtons, elle reconnut le petit objet métallique, mais l'extirpa si maladroitement de son habitacle qu'il lui échappa, et commença sa chute dans un éphémère reflet d'acier. Courageusement, Yuriko se jeta à sa suite, parce que merde, c'était le genre de chose qui comptait dans la vie, quoi, et parce qu'en plus, c'était pas donné, ce machin. Elle rata plusieurs fois son briquet en essayant de le choper avec la main gauche, tout en se démenant convulsivement pour dégager la droite de ce con de manteau, le tout dans une pluie de clopes blanches qui s'échappaient de ses poches retournées. Enfin, elle trouva un orifice par où passer son coude et, d'un geste vif et précis, attrapa le fuyard à bout de bras, avant de se redresser pour re-rentrer la main à l'intérieur (par le col), de ranger le briquet dans la poche originelle et de ressortir par la manche en se tordant douloureusement l'épaule. Elle avait toujours le cigare à la bouche mais, résignée, le rangea en soupirant. Pas deux fois. La descente l'avait faite dégringoler d'une centaine de mètres. D'ici, elle voyait mieux, même si elle était plus facilement (i.e. moins difficilement) repérable.&lt;br /&gt;Elle passa sa main dans ses cheveux en regardant en bas, et remarqua deux choses. La première, c'est qu'une cigarette était restée accrochée au niveau de son occiput, et la seconde, c'est que quelqu'un qu'elle avait déjà vu déambulait parmi les soldats. Elle l'avait reconnu à sa longue tunique rouge et noire, à peu de choses près Stendhalienne, et remarqué à sa démarche calme au cœur de l'effervescence qui avait gagné les soldats de Sandberg. C'était le tueur. Le Shivatien aux dards mortels. Le sombre bras droit à la robe de sang. L'émissaire énigmatique au sourire mystérieux. L'asiatique pernicieux aux paupières affûtées. Enfin, vous savez, quoi, le mec du tarif groupé... Non, vraiment pas ? Ben, Yuriko, elle, elle s'en souvenait très nettement, en tout cas. À tel point qu'elle ne le quitta plus des yeux, et finit par remarquer qu'il n'était pas seul. Une femme vêtue de noir et un homme aux vêtements sobres le rejoignirent bientôt. Le groupe de trois se mit à l'écart des soldats, apparemment pour discuter. À cette distance de plus de cent mètres, cent cinquante, peut-être, il était impossible d'entendre quoi que ce soit, par contre, après quelques minutes à les observer attentivement, le sujet de leur conversation ne faisait plus aucun doute.&lt;br /&gt;C'était déplaisant, mais Yuriko était à peu près sûre de s'être faite griller. Régulièrement, ils jetaient des coups d'œil en hauteur, et la femme habillée de noir désignait un point dans le ciel trop proche pour que cela soit une coïncidence. Pourtant, d'aussi loin, comment aurait-elle pu voir qui que ce soit ? Surtout que Yuriko portait un manteau noir comme la nuit, et ne faisait pas de gestes inutiles en particulier. Cela revenait à déceler une petite forme noire sur fond noir sans savoir qu'elle était là. Bref, c'était impossible à peu de choses près. Pour mettre à l'épreuve son hypothèse, elle se déplaça d'une trentaine de mètres vers la droite. Le résultat ne se fit pas attendre. La femme en noir pointa de nouveau le bras vers elle, avec une faible marge d'erreur. C'était pas une bonne nouvelle du tout, ça, se dit Yuriko en reprenant un peu d'altitude. Si ça se trouvait, ils l'avaient repérée depuis plus longtemps qu'elle ne le pensait, et en retournant immédiatement au grenier, elle ne ferait que les aider à le localiser. Alors, que faire ? C'était pas bon non plus de rester là. L'aube ne tarderait plus, et ils pouvaient tenter quelque chose. Elle eut soudain une vive frayeur. Une petite silhouette obscure et floue se mouvait dans le noir, quelques dizaines de mètres plus bas, comme un fantôme. La chose passa au-dessus d'une allée éclairée, et sa forme fut nettement visible, l'espace d'un instant. Un piaf. C'était juste une saloperie de piaf. Elle posa la main sur son cœur et inspira une grande bouffée d'air frais. Du calme. La situation était inconfortable, mais aucun danger immédiat ne guettait. Ce n'était pas la peine de stresser comme ça.&lt;br /&gt;D'un vol rapide, elle se dirigea vers le centre-ville en perdant de l'altitude. Quelques minutes plus tard, elle atterrit. Elle se trouvait à présent à deux ou trois kilomètres des entrepôts, et pas bien loin du centre. À pied, elle prit la direction du grenier. Ce détour conséquent suffirait probablement pour brouiller les pistes. Maintenant, elle n'avait plus qu'à rejoindre les autres en course de fond en espérant ne pas avoir été suivie, même si c'était peu probable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une tâche lumineuse rectangulaire se déplaçait lentement sur le sol en suivant une trajectoire rectiligne depuis une heure, si ce n'était plus, et s'étirait en longueur au fur et à mesure de l'ascension du soleil. Inéluctablement, elle se dirigeait vers le visage encore endormi de Mannrig, qui avait eu le malheur de se coucher sur son chemin. Dans le rai de lumière blanche dansait la poussière du grenier. Yuriko se tenait face à la vitre sale, légèrement éblouie par le jour, puis en détourna son regard en clignant des yeux, et se dirigea sans prêter attention aux craquements du plancher vers un homme étendu sur une sommaire couchette, au fond de la pièce. Le type, toujours attaché, n'avait plus d'ecchymose au front, et sa respiration presque silencieuse faisait tourbillonner la poussière avec régularité en face de lui. Made in Skyla, ça. M'enfin, c'était tant mieux. Il aurait un peu moins mal à la tête au réveil.&lt;br /&gt;Elle tourna la tête juste à temps pour apercevoir la tâche de lumière monter à l'assaut du visage du sauvage et atteindre ses paupières. Il plissa les yeux, secoua la tête et se redressa en position assise. "Bien dormi ? demanda-t-elle.&lt;br /&gt;- Non, répondit-il.&lt;br /&gt;- Mais encore ? poursuivit-t-elle en s'approchant un peu.&lt;br /&gt;- Pas assez, précisa-t-il.&lt;br /&gt;- C'est déjà trop, fit-elle.&lt;br /&gt;- Tais-toi." réclama-t-il laconiquement. Les phrases de plus de deux mots lui faisaient sans doute mal à la tête quand il venait de se réveiller. Compréhensive, elle se tut, et passa à côté de lui pour aller secouer les deux autres dormeurs. Des grognements affirmatifs se firent entendre, et elle retourna s'asseoir sur une commode qui traînait là, en attendant qu'ils émergent.&lt;br /&gt;Au bout de quelques minutes, une fois que les zombis lui semblèrent en état de comprendre le futur simple et le conditionnel, elle demanda à Skyla ce qu'elle avait l'intention de faire, maintenant, compte tenu du fait que les entrepôts semblaient désormais hors d'atteinte et trop bien gardés pour une intrusion discrète, même avec une bonne diversion. Celle-ci ne répondit pas à la question, mais demanda les détails de ce qu'elle avait vu cette nuit. Sans trop insister, Yuriko lui rapporta assez fidèlement ce qui s'était passé, quoiqu'en exagérant grandement la prudence et la discrétion dont elle avait fait preuve. Alors ? Si elle voulait toujours de son avis, l'ampleur des moyens déployés n'augurait de rien de bon. Bardley semblait assez difficile d'accès, et ses serviteurs un poil trop dangereux pour eux. Peut-être, en revanche, Sandberg offrirait-il de meilleures opportunités ? Faudrait voir, quoi. Toujours était-il qu'ils avaient sous la main un soldat travaillant, justement, pour ce Sandberg, ce qui serait déjà un assez bon début.&lt;br /&gt;Léander suggéra qu'on le réveille immédiatement, avec une bonne douche d'eau froide ou un quelconque stimulus dans ce goût-là. D'ailleurs, n'y avait-il pas un tonneau à récupérer les eaux de pluie, juste en face ? Si, maintenant qu'il le disait, oui, il y avait ça. Yuriko, appréciant par ailleurs à couper des poils de teckel en quatre dans le sens de la longueur avec l'aide exclusive d'un biface primitif lorsqu'elle avait du temps à perdre, saisit le garde inconscient par les épaules et commença à le traîner sur le sol en direction de l'escalier, imprimant sur son passage un large sillon dans la poussière grise du parquet. "Qu'est-ce que vous faites ? lui demanda Skyla en fronçant les sourcils face à cette laborieuse tractation horizontale.&lt;br /&gt;- Eh bien, je vais l'immerger un moment dehors, dans un tonneau, si vous n'y voyez pas d'inconvénient.&lt;br /&gt;- Je n'en vois pas. Peut-être auriez-vous plus vite fait d'aller chercher de l'eau dans un récipient, c'est tout.&lt;br /&gt;- Bah écoutez, vous n'avez plus qu'à me le trouver, ce récipient, dans ce cas.&lt;br /&gt;- Là, dit la sainte en montrant du doigt une bassine vide à moitié cachée derrière un meuble, vous avez besoin d'autre chose ?&lt;br /&gt;- Non." Elle lâcha le garde, qui s'affaissa sur le bois avec un bruit sourd, et alla chercher la bassine. Une jolie araignée d'appartement y avait élu domicile. Tant pis pour elle, se dit Yuriko en soulevant à regret l'ustensile, déchirant la toile par la même occasion. "Tenez, dit-elle en tendant le récipient à Skyla, c'est votre idée, après tout.&lt;br /&gt;- Et alors ?&lt;br /&gt;- Et alors, c'est vous qui allez chercher de l'eau, explicita Yuriko, avant d'ajouter en détachant les syllabes de manière à être désagréable, puisque c'est vous qui n'êtes pas satisfaite.&lt;br /&gt;- Non non, répondit la sainte avec un sourire, ce n'est pas moi qui ai perdu mon pari. Allez remplir ceci vous-même au lieu de tergiverser inutilement.&lt;br /&gt;- Pour cette semaine, non, répondit-elle dans un accès de mauvaise foi caractérisée, le pari concernait la semaine prochaine.&lt;br /&gt;- Mais c'est du pareil au même, puisque je vous paye pour cette semaine.&lt;br /&gt;- Je ne suis pas payée pour vous préparer à bouffer ou vous amener de la flotte, ni pour satisfaire vos caprices matinaux !&lt;br /&gt;- Si. Ou bien vous ne serez pas payée du tout, à vous de voir." Skyla affichait un sourire encore mal réveillé, mais déjà triomphant. Rageusement, Yuriko se saisit de la bassine et sortit pour aller la remplir, tout en maudissant cette feignasse. Sans cesser d'ourdir des plans mesquins et de planifier de basses vengeances pleines de malveillance, elle descendit et remplit la bassine d'une eau de pluie glaciale, refroidie par une nuit passée à stagner au fond d'un tonneau, puis remonta avec une idée séduisante en tête et vingt litres d'eau sur les bras. Patience.&lt;br /&gt;Les autres avaient positionné le soldat en position assise. Elle s'approcha de lui en portant son fardeau clapotant contre le ventre et, une fois suffisamment près, aspergea leur prisonnier d'une gerbe d'eau froide. Il ne semblait pas vouloir se réveiller. "D'autres bonnes idées, Léander ? demanda-t-elle en lui jetant un regard amusé.&lt;br /&gt;- Il faut le faire plus lentement, à mon avis" répondit-il, sérieux. Mannrig prit la bassine à moitié vide et en déversa le contenu précautionneusement sur la tête déjà trempée du garde. Au bout d'un moment, un borborygme aqueux se fit entendre, et une vague d'eau parsemée de postillons d'origines diverses jaillit au niveau de ses lèvres. Le sauvage redressa la bassine pour interrompre le jet, sans quitter des yeux leur homme. Celui-ci entrouvrit les yeux, les referma, les rouvrit, les referma, secoua la tête comme pour s'ébrouer, souffla par les narines pour faire tomber les gouttes suspendues à ses vibrisses, lâcha un filet de bave par l'entrebâillement de sa bouche bée, aspira l'air par la commissure pour en rattraper un autre avant qu'il ne se détache, releva une face inexpressive en plissant les paupières, oscilla du chef, eut un frisson, regarda à droite et à gauche, puis demanda où qu'il était d'une voix hésitante. Au paradis, répondit Mannrig comme si c'était l'évidence même. Enfin, au paradis, peut-être pas, mais en tout cas, entre de bonnes mains. L'autre semblait avoir de grandes difficultés pour remettre de l'ordre dans ses pensées. "Vous vous remettez ? demanda Yuriko, lasse d'attendre, et moi, vous me remettez ? Je suis désolée pour hier soir, vraiment, mais vous ne vouliez pas rester tranquille, alors...&lt;br /&gt;- J'me fous de vos excuses... articula-t-il avec difficulté, d'une voix pâteuse. Où est-ce que j'suis ? Et vous êtes qui, d'abord ?&lt;br /&gt;- Au moins, comme ça, vous ne pourrez pas me reprocher de ne pas l'avoir fait, répondit-elle en haussant les épaules. Vous êtes quelque part où vous ne risquez rien et pour l'instant, cela vous suffira." La question importante, voyait-il, n'était pas de savoir où il se trouvait, mais combien de temps il y resterait. Se compterait-ce en heures, en jours, en semaines, en mois ? Non ! Mille fois non. Ou peut-être que si, tout dépendait de lui, en fait. Quoi ? demanda-t-il sans comprendre. Le marché était simple : il était ici pour leur donner des renseignements. S'il faisait des difficultés, l'expérience pourrait se révéler démesurément longue, voire douloureuse, alors que s'il se montrait coopératif, ce serait &lt;span style="font-style: italic;"&gt;relativement&lt;/span&gt; agréable (en comparaison), court et enrichissant pour tous les protagonistes ici présent. Quelles étaient ces questions ? Pour commencer, qu'il parle un peu de son patron. Coup de pouce : ça commençait par un S. C'était une blague, ou quoi ? Ils connaissaient pas Sandberg ? Bah, Sandberg, c'était le négociateur riche à ne plus savoir qu'en foutre par excellence. Non, il ne l'avait jamais vu de près. Il savait juste que c'était un type plutôt petit et gras, agé de cinquante ou soixante ans, quelque chose comme ça. Il possédait un manoir personnel aux Hauts-lieux. Oui, oui, Les Hauts-lieux, c'était le nom du quartier. Riche ? Ouais, et pas qu'un peu, même. Si ça se trouvait, c'était le plus huppé d'Américh. Il ne savait rien de plus à ce sujet, et ne connaissait pas non plus le contenu des entrepôts que lui-même gardait. Tout ça, c'était pas le genre de choses qui regardaient un insignifiant soldat comme lui. Bon. S'il retournait maintenant avec ses collègues, ces derniers auraient remarqué son absence, non ? Sans aucun doute. On lui poserait des questions, c'était sûr. C'était bien ce qu'elle aurait aimé éviter, à vrai dire. Était-il problématique pour lui, dans ce cas, de quitter la ville rapidement ? Il avait de la famille dans le coin ? Bé non. Une préférence pour la direction ? Elle pourrait l'avancer d'environ cent cinquante kilomètres, s'il voulait. Il indiqua une côte, à l'ouest du continent. Par contre, il aurait besoin d'argent, si possible. Deux pièces d'or, par exemple. Deux pièces d'or ? Elle avait une meilleure idée. On allait jouer à un jeu, d'accord ? À chaque nom qu'elle prononcerait, il dirait tout ce qu'il savait dessus, et pour stimuler sa mémoire, il serait récompensé d'une pièce d'or pour chaque info exhaustive. Bien sûr, c'était elle-même qui jugerait de ce qui était exhaustif ou pas. Et lui, précisa Mannrig, il serait le juge adjoint. Prêt ? On y go. "Adamsky, lut-elle dans les notes de Ernst, à l'endroit où étaient listés les puissants de la pègre de Brudge.&lt;br /&gt;- Heu, c'est un client, je crois. Un négociateur. Un gros.&lt;br /&gt;- Bardley.&lt;br /&gt;- Sais pas.&lt;br /&gt;- Tokarsky, annonça-t-elle en prenant le nom juste sous le premier.&lt;br /&gt;- Ce doit être un associé d'Adamsky. Il y en a un autre, dont le nom finit par Stek.&lt;br /&gt;- Wladostek ?&lt;br /&gt;- Ouais, sans doute." Le nom de Wladostek jouxtait celui de Tokarsky. "On continue avec Vince, dit-elle en regardant du côté des hommes de main de Bardley.&lt;br /&gt;- J'ai plusieurs collègues qui s'appellent comme ça, mais je pense que vous parlez de ce type qui nous aidait à monter la garde aux entrepôts. J'en sais peu sur lui." Il changea de position pour être plus à l'aise. "Je pense qu'il travaille pour Sandberg, lui aussi.&lt;br /&gt;- Ivy.&lt;br /&gt;- Je vois pas trop. C'est peut-être cette femme qui bosse avec Vince. Il y en a un troisième, un Shivatien avec un nom impossible à retenir, qui garde toujours les yeux fermés. Il n'y a que les gens comme vous pour savoir prononcer pareil sobriquet.&lt;br /&gt;- Je n'ai jamais compris non plus, si ça peut vous rassurer. En fait, je les soupçonne de tous faire semblant.&lt;br /&gt;- D'autres noms ?&lt;br /&gt;- Piotr. Vous savez, un type pas beau avec des arcanes sourcilières proéminentes et une grosse armure.&lt;br /&gt;- Déjà vu, c'est sûr, mais je ne sais pas grand'chose sur lui.&lt;br /&gt;- Bon, eh bien, ce sera tout, je crois...&lt;br /&gt;- Attendez, coupa Mannrig, vous savez quelque chose sur un certain Alessandro ? Un tueur, ou quelque chose comme ça...&lt;br /&gt;- Un tueur ? répéta le soldat, sceptique, cet Alessandro a plutôt l'air d'un expert comptable.&lt;br /&gt;- Vous voulez dire qu'il a des lunettes ? demanda Yuriko.&lt;br /&gt;- Non, juste qu'il a la tête et la carrure d'un bureaucrate.&lt;br /&gt;- Oué. Il faut se méfier des gens qui ont "l'air de...", vous savez. J'ai pas l'air violente, quand même ?" La question resta en suspens. Bon, cher juge adjoint, selon vous, de quel degré d'exhaustivité avait fait preuve leur ami ? Assurément, pas très élevé, cependant, il convenait de saluer l'effort fourni. Trois pièces d'or ? Trois pièces d'or, d'accord, c'était honnête. Il devait être environ dix heures. Le soleil était assez haut dans le ciel, et le gazouillis matutinal des petits commerçants montait aux oreilles de tous les citadins, par ailleurs bruyants et foisonnants. Un ange passa, et fut chassé par Léander qui proposait qu'on aille directement aux Hauts-lieux pour essayer de rencontrer Sandberg. D'accord, mais pas tout de suite, objecta Yuriko, elle allait d'abord devoir raccompagner monsieur, et l'amener loin d'ici. Ce disant, elle se pencha pour essayer de défaire les liens qu'il avait aux poignets. Après s'y être échinée un bon moment, elle l'aida à se relever et l'avertit qu'il avait trois options : ne pas fuir, fuir en avant ou fuir en arrière, sachant que l'avant-dernière option le fatiguerait inutilement, et que la dernière se traduirait par un mal de crâne d'autant plus lancinant qu'il serait le second en moins de vingt-quatre heures. À présent, s'il voulait bien la suivre...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la partie suivante, j'ai fait un plan sur paint (tremblez, mortels). Personne n'est obligé de le regarder, mais je pense que c'est peut-être un peu dur de se représenter certains lieux, sinon. (J'ai fait un effort sur les descriptions quand même, mais bon...)&lt;br /&gt;Les chiffres et les lettres entre parenthèses rapportent au plan. (cherchez pas de logique entre les chiffres/les majuscules/les minuscules, y'en a pas)&lt;br /&gt;Voilà la bête (l'escalier est particulièrement figuratif) :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img517.imageshack.us/img517/1707/many.png"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 531px; height: 392px;" src="http://img517.imageshack.us/img517/1707/many.png" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img517.imageshack.us/img517/605/oir.png"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 416px; height: 158px;" src="http://img517.imageshack.us/img517/605/oir.png" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le manoir Sandberg était, comme toutes les résidences du quartier, monumental et entouré d'un assez grand jardin, lui-même clôturé par une haute enceinte bétonnée. Chaque habitation était séparée des autres par de larges rues pavées. Tout en appréciant à leur juste valeur la simplicité, le pragmatisme et l'organisation caractéristiques des plans d'urbanisme locaux, Yuriko longeait, l'air de rien, le mur cerclant la propriété. Le feuillage mafflu d'un arbre de jardin dépassait légèrement en hauteur le rempart imposant, quasiment à l'angle de la maison. (5) Intéressant... Elle regarda autour d'elle pour s'assurer que personne ne venait et, en une fraction de seconde, gravit la paroi verticale et sauta sur l'arbre. Là, accroupie parmi les branches et partiellement cachée par les feuilles, elle prit la mesure de la situation. Aux quatre gardes qui surveillaient paisiblement l'entrée, il fallait maintenant en ajouter quatre autres, qui patrouillaient dans le jardin. De là où elle était, elle ne pouvait pas voir Léander, mais captait sa voix claire du côté du portail. (3) Il expliquait avec emphase aux vigiles postés là qu'en tant que commerçant actif dans le secteur florissant du café et de ses dérivés, il avait absolument besoin d'une entrevue avec Sandberg, car il lui fallait des fonds pour s'assurer&lt;br /&gt;la mainmise sur ce marché encore vierge de toute concurrence avant qu'un autre n'en profite. Le rendement potentiel - pour tous les deux - de cet investissement était énorme ! Mais il fallait faire vite. L'érudit déclina un nom alambiqué probablement inventé pour la circonstance, et après quelques questions pour la forme, un soldat franchit le portail en pressant le pas, avant de disparaître à l'intérieur du manoir. Fort bien. Il allait prévenir son patron. Yuriko se pencha légèrement. Deux des hommes qui surveillaient l'intérieur du jardin s'étaient rapprochés de leurs collègues postés à la porte. (3) Peut-être était-ce l'occasion ? Elle détailla le manoir. La chaleur de l'été finissant devait rendre l'intérieur suffocant, c'est pourquoi, sans doute, on avait ouvert plusieurs fenêtres. L'une d'entre elle était assez proche du sol, et hors du champ de vision de la plupart des soldats. (F) Elle pourrait rentrer par là.&lt;br /&gt;Aussi silencieusement qu'elle le pouvait, elle descendit de l'arbre et se glissa derrière quelques hautes plantes bien entretenues qui longeaient le mur. (4) Le garde qui était allé voir Sandberg ressortit du manoir et se dirigea vers le portail. Il dit quelque chose que Yuriko n'entendit pas, (seul l'agacement de sa voix était perceptible) et Léander entra, suivi de Skyla et Mannrig, que son déguisement rendait méconnaissable. Elle fronça les sourcils. Pendant qu'elle était allée larguer le soldat qu'ils avaient interrogé à une centaine de kilomètres à l'ouest d'Américh, le sauvage en avait profité pour se faire tailler les cheveux, raser la barbe,  prendre un bain et changer de vêtements. C'était une vraie métamorphose. À vrai dire, il n'avait de sauvages plus que les manières. La plupart des plantes derrière lesquelles Yuriko se cachait étaient des rosiers (jaunes et rouges) qui lui écorchaient les mains. La poisse. Elle inspira. C'était le moment, la plupart des vigiles étaient attroupés près du portail, et les autres se trouvaient quelque part derrière la maison.&lt;br /&gt;Pendant que le garde hargneux menait à l'intérieur le commerçant, son épouse et leur mercenaire taciturne, un courant d'air accompagné d'un léger bruit de tissu fit ondoyer une bande de gazon qui se trouvait sur le côté de la maison. Quelques pétales de rose se détachèrent du buisson, et ce fut tout. Rapidement, Yuriko regarda autour d'elle. C'était un assez grand salon (6) au milieu duquel une table était dressée, sans que les convives ni le repas ne fussent encore installés à ses bords. La pièce était plutôt apaisante, et sobrement meublée. Seuls deux vaisseliers remplis d'argenterie reluisante brisaient les lignes droites des murs vierges de tout autre boiserie. Dans un coin, un objet incongru jurait avec l'aménagement fort sage du reste de la pièce. Elle jeta un regard perplexe sur ce qui semblait être une armure assez stylisée, rappelant celles que portaient les samouraïs de Varja. (a.k.a le trou perdu d'extrême-orient où se terrent la plupart des nippons de gaïa) Un caprice de millionaire, sans doute. D'un pas léger, Yuriko s'éloigna de la fenêtre sans la refermer et s'approcha de la première porte, qui se trouvait être la plus petite des deux qui permettaient de sortir d'ici. Une moquette assez épaisse absorbait les bruits. Elle se pencha un peu, jusqu'à ce que sa tempe soit presque en contact avec le bois de la porte. Des sons étouffés lui parvenaient. Des bruits métalliques et des tintements de vaisselle, sur un fond hétéroclite de crépitements, de chocs, de bouillonnements et de grognements sourds. D'accord. Apparemment, cette porte dérobée menait aux cuisines, (7) et était occupée. Elle s'en désintéressa et se tourna vers l'autre issue, moins discrète. Il fallait seulement espérer que le cuisinier ne déciderait pas de poser les assiettes fumantes dans les cinq prochaines minutes. L'entrée principale, plus grande, était ornée d'un beau bouton de porte à la dorure ternie. Elle écouta, mais n'entendit rien. Comment être sûre qu'il n'y avait personne ? Elle aurait pu faire un numéro de claquettes sans se faire entendre, avec cette moquette. Concentrée, il lui sembla percevoir des coups légers, réguliers, un peu comme si quelqu'un s'était amusé à frapper doucement un tapis pour le dépoussiérer. Une idée lui vint. Et si c'étaient des pas ? À ce moment-là, elle s'aperçut que le bruit augmentait imperceptiblement. De peur que quelqu'un ouvre la porte, elle décolla du sol et se plaça au-dessus. Le bruit crût, puis décrût lentement jusqu'à s'évanouir tout à fait. Elle respira, redescendit et posa la main sur le bouton de porte, presque surprise par le froid du métal. Alors, le plus silencieusement possible, elle l'actionna et entrouvrit la porte. À première vue, c'était un couloir. (a) Le son qui venait de la cuisine était audible, mais légèrement différent, comme s'il venait à ses oreilles par un autre chemin. N'entendant personne, elle poussa suffisamment pour pouvoir se faufiler hors du salon.&lt;br /&gt;Une certaine excitation la gagnait presque malgré elle. Elle était à l'intérieur ! Le frisson bien connu de la clandestinité lui parcourut l'échine. Au bout du couloir, elle apercevait les premières marches d'un escalier sombre. (1) De l'autre côté, à sa droite, se trouvait la porte d'entrée par laquelle étaient passés les autres. (2) C'était de là que venait la lumière. Cette porte était faite de huit carreaux de verre dépoli, et entourée de vitres qui, elles, étaient bien moins opaques. De là où elle était, Yuriko pouvait même apercevoir les soldats monter la garde à l'extérieur.&lt;br /&gt;En outre, il y avait trois portes semblables à celle par laquelle elle venait d'arriver. Il s'agissait de retrouver Mannrig et les autres dans ce dédale. Aussi silencieusement qu'elle le pouvait, elle referma derrière elle, se dirigea vers celle d'en face et l'ouvrit doucement. Elle jeta un coup d'œil puis renonça à aller plus loin. Ce n'était qu'un petit salon aux murs chargés de gros tomes rébarbatifs. (9) Prête à continuer aussi longtemps qu'il le faudrait, elle se retourna et se dirigea vivement vers les deux autres portes. Celle de gauche menait, à en croire sa localisation et les bruits explicites qui en provenaient, aux cuisines. (7) En revanche, celle de droite pouvait tout à fait être la bonne. Elle regarda l'escalier, agacée, et remarqua pour la première fois qu'à côté de sa partie ascendante, une volée de marche s'enfonçait vers un étage inférieur. Si ça se trouvait, elle était en train de perdre son temps, et ils étaient déjà montés. Ou alors, ils étaient descendus au sous-sol, comment savoir ? Il était également possible que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;quelqu'un&lt;/span&gt; les ait descendus, songea-t-elle avec un sourire qui l'eût effrayée elle-même si elle s'était vue dans la glace. Quoi ? Ils étaient bien en train de pénétrer par effraction dans la demeure surveillée d'un vieillard millionaire aux doigts crochus et aux mains sales, au sens propre comme au figuré, non ? Ce type, c'était sûr, on aurait pu recouvrir les murs de la maison en écrivant bout à bout les noms de ses victimes directes et indirectes. Alors, trois de plus ou trois de moins... Elle tourna le bouton de porte, poussa, crut un instant que c'était fermé et tira. Les gonds glissèrent silencieusement. À peine eut-elle embrassé la pièce (8) du regard qu'elle referma l'huis avec vivacité. Elle retint sa respiration et écouta. Pas de raffut. Apparemment, l'occupante n'avait rien entendu. Soulagée, Yuriko expira. De toutes façons, il n'y avait rien d'intéressant, là non plus. Juste une table au milieu, quelques chaises autour, un fauteuil pas beau et une fille en vêtements de soubrette qui époussetait dans un coin une statue ornementale représentant un chat de type égyptien. Ce faisant, elle tournait heureusement le dos à la porte. C'était une chance qu'elle n'ait rien vu, mais il valait mieux ne pas traîner ici.&lt;br /&gt;Elle s'engouffra dans l'escalier (1) sans précipitation, en cherchant à se remémorer quelque chose. Que lui avait dit Léander, déjà, à propos de Sandberg ? Il était question d'esclaves... L'image de la femme qu'elle venait d'apercevoir s'imposa à sa vision, et une idée lui traversa l'esprit, lui nouant l'estomac au passage. Allons, c'était sûrement une quelconque domestique comme il y en avait des centaines à Americh et ailleurs, pas de raison de s'en préoccuper... Curieusement, l'idée que cela puisse ne pas être le cas la mettait assez mal à l'aise. Un esclave. Qu'est-ce que c'était qu'un esclave, exactement ? Est-ce que c'était simplement un degré de servitude plus poussé, plus extrême ? Non. C'était quelque chose de plus noir que cela. C'était une sorte  de renoncement, mais plus interne qu'une soumission forcée ou négociée. C'était comme un état effrayant d'abandon complet et, pire, consenti.&lt;br /&gt;Toute prudence, elle posa le pied sur le palier du premier étage et regarda rapidement devant elle. Un long couloir (b) se profilait, et des portes alignées les unes en faces des autres couraient sur ses murs. En tout, il y en avait six. À peu près à mi-chemin de la plus éloignée, contre la paroi, était installée une humble banquette (H), et sur cette banquette, Skyla et Léander étaient assis. Juste à côté, debout, Mannrig la regardait arriver d'un air blasé. Décidément, se dit-elle non sans lâcher un sourire, elle ne se ferait jamais à sa nouvelle tête. "Coucou, dit-elle d'une voix inégale, baissant le volume de la seconde syllabe après s'être rendue compte que celui de la première était trop élevé.&lt;br /&gt;- Ouh êtes hassée har où ? demanda Skyla d'une voix inégale également, croissante puis décroissante au rythme d'un bâillement visiblement irrépressible.&lt;br /&gt;- Par une fenêtre ouverte, en bas. ça fait longtemps que vous attendez là ?&lt;br /&gt;- Oui, dit Mannrig en changeant la position de son centre de gravité pour faire peser son poids sur la jambe gauche et reposer la droite. Sandberg se prépare à nous recevoir, et il prend son temps, l'enfoiré." Au même moment, il y eut un léger bruit provenant de l'une des portes du bout du couloir, comme une poignée que l'on actionne, et Yuriko fit un vif bond en arrière pour se retrouver quasi-instantanément dans la cage d'escalier. (e) Ç'avait été très juste, mais elle avait réagi à temps. "Mr. Sandberg est disposé, fit une voix féminine, vous pouvez entrer dès maintenant." Silence. Bruit de porte. Silence à nouveau pendant quelques secondes, puis le même son retentit, et ce fut tout. Yuriko laissa passer un instant, et se pencha pour regarder dans le couloir. Il n'y avait personne. Elle s'approcha de la porte du milieu, celle à côté de laquelle les autres avaient attendu, et écouta. (C)&lt;br /&gt;Au début, elle n'entendit rien d'autre que des sons inidentifiables qui auraient pu être des voix étouffées, mais une minute plus tard à peine, un tonitruant fracas de porcelaine brisée retentit, suivi d'un hurlement de terreur. De derrière sa porte, Yuriko cligna des yeux avec perplexité. Il lui semblait que c'était une femme qui criait, mais elle ne reconnaissait pas la voix de Skyla. Qu'est-ce qu'ils foutaient, là-dedans ? Sentant que, de toutes façons, c'était raté pour la discrétion, elle agrippa la poignée et ouvrit.&lt;br /&gt;Et puis, tout se passa très vite.&lt;br /&gt;Derrière un grand bureau baigné par le soleil que laissait entrer une opalescente baie vitrée, un fauteuil confortable se dressait. Dessus était affalée une silhouette difficilement visible à cause du contre-jour. Des projectiles blancs jaillirent de l'autre porte, à droite, et vinrent frapper Mannrig qui courait dans cette direction. Bientôt, il disparut par l'encadrement. D'un pas unique qui ressemblait à un saut en accéléré, Yuriko franchit la distance qui la séparait de l'autre porte en passant devant Skyla, puis s'engouffra dans la pièce adjacente. (d) Le sauvage était penché à la fenêtre (g), blessé par ce qui semblait être des éclats de vaisselle, et bandait son arc avec une expression pleine de fureur. Qu'est-ce qui se passait ? demanda-t-elle en sentant la pesanteur terrestre se détacher de son corps. Il ne répondit pas. Elle donna une impulsion au sol et s'élança vers la fenêtre. En une fraction de seconde, elle était à l'extérieur.&lt;br /&gt;En bas, une femme portant un costume de soubrette s'éloignait dans le jardin en direction d'un bosquet d'arbres, en courant à en perdre haleine. Hein ? Cette domestique n'avait tout de même pas sauté par la fenêtre ? Il y avait plus de huit mètres de chute ! Il fallait l'arrêter, avant que tout ce bordel ne rameute les gardes, et vite. Dans un piqué rapide, Yuriko la rattrapa et la frappa violemment à plusieurs reprises pendant sa course, s'attendant à voir sa cible s'effondrer dans l'herbe avec quelques os brisés. Il n'en fut rien. Un projectile sombre toucha la soubrette à l'épaule. C'était la flèche de Mannrig. Ces coups la ralentirent quelque peu, mais elle gagna la lisière du bosquet avec une vivacité inattendue. Yuriko, sceptique, resta à sa hauteur en planant au-dessus des arbres. Bientôt, la fuyarde gagna le mur d'enceinte, l'escalada en quelques secondes, sauta et atterrit dans la rue. Elle s'était débarrassée de sa tenue de domestique, la laissant tristement abandonnée au sommet de la paroi qu'elle venait de gravir. Yuriko accéléra un chouïa. C'était pas le moment de la perdre. Cette femme ne se contentait pas de courir vite ; elle franchissait les barrières et les divers obstacles avec une agilité quasi-surnaturelle, sans qu'ils la ralentissent d'aucune façon. Yuriko prit un peu d'altitude sans la quitter des yeux ni s'éloigner d'un pouce de sa trajectoire et, quand elle fut prête, fonça et lui décocha un coup de coude en visant l'arrière de la tête. Elle toucha, mais l'autre continua de courir de plus belle. Tu vas tomber dans les vapes, oui ? Pas évident. Depuis qu'elle s'était défaite de son déguisement, une tenue noire de type ninja à l'occidentale était visible. De toute évidence, ce n'était pas une novice. "Hé, lança-t-elle dans l'espoir que des paroles sensées aient plus d'impact, arrête-toi deux secondes, tu veux ?" En plus, elle-même commençait à fatiguer. "Je vais te tuer si je continue, rien ne sert de s'entêter !" Pas de réponse. "Oui ou merde ?" Toujours rien. Elle jeta un regard en arrière. Ils s'étaient sacrément éloignés de la propriété Sandberg. Sentant une grande lassitude d'incomprise chronique l'envahir, elle ajusta son vol sur la course effrénée de la Ninja, et lui lança en essayant d'avoir l'air menaçant malgré l'air qui, justement, venait à manquer : "Bon, ça suffit ! Maintenant, tu t'arrêtes. J'ai pas envie de..." Elle s'étrangla. Au bout de la rue, un groupe de soldats arrivait. À leur tête, elle reconnut le Shivatien. Ce dernier marchait à côté d'un autre homme qu'elle ne pensait pas avoir déjà vu, mais déjà sa présence n'augurait de rien de bon. "C'est vraiment de la triche, hein, vous savez" lâcha-t-elle à l'attention de la coureuse, avant de faire brusquement demi-tour. Dans l'immédiat, elle devait sauver sa propre vie. Ensuite, il faudrait prévenir les autres, et ils avaient intérêt à ne pas traîner ici trop longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite dans un bon moment.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-1312737867391582754?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/1312737867391582754/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=1312737867391582754' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/1312737867391582754'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/1312737867391582754'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/11/le-manoir-sandberg.html' title='Le manoir Sandberg'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-8673677085492136030</id><published>2009-10-28T14:46:00.000-07:00</published><updated>2009-11-03T13:04:57.771-08:00</updated><title type='text'>Délano, comme ça se prononce.</title><content type='html'>23/10/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Après avoir quitté le village de la dernière fois, nous entrons au Dwanhölf. Pour l'anecdote, par ici, il n'est pas rare de croiser des cadavres à peine comestibles finissant de dégoutter dans les bas-fossés, la milice protège celui qui paye le mieux et le tourisme sexuel bat son plein.&lt;br /&gt;- Au cours de la dizaine de jours qui nous séparent de la ville où Zacharias doit nous faire rencontrer son employeur, Nalya fabrique grosso modo 120 kg de diamants que nous pourrons revendre ensuite. Sur demandes respectives (ce mot est important) de Paola et Kurt, elle façonne également dans cette matière une sphère régulière de 5cm de diamètre et un... gode ressemblant à la fusée Ariane au moment du décollage. (l'énigme, c'est ce qu'il compte faire avec ça ôO.)&lt;br /&gt;- Juste après avoir reçu son petit cadeau, Kurt s'effondre en hurlant, terrassé par une nouvelle crise. Il a extrêmement mal aux abdominaux et aux poumons. Il se roule par terre, secoué de quintes de toux particulièrement longues et douloureuses, expectorant du sang par la bouche et les narines. Un beau caillot forme une plaque rouge sous la peau de son ventre, tandis que ses organes internes suintent de l'hémoglobine.&lt;br /&gt;- Sa toux finit par se calmer un peu, il a la main bien rouge. Nalya l'épaule un peu, l'allonge dans la roulotte et regarde rapidement ce que ça donne avec ses maigres connaissances en médecine.&lt;br /&gt;- Elle génère un petit scalpel d'énergie psychique et incise prudemment la cloque sanglante que Kurt a sur le bide. Cela se vide lentement. Pas moyen de savoir si c'est bon pour lui ou plutôt mauvais. Il y a intérêt à ce qu'on trouve assez rapidement un bon médecin pour lui.&lt;br /&gt;- On repart.&lt;br /&gt;- Nous finissons par arriver à une ville moyenne, qui se trouve être celle où Zacharias a rendez-vous.&lt;br /&gt;- Zacharias mène Nalya, Kurt, Virgil et Pernilla chez le médecin qui doit lui filer du boulot. C'est une grande maison du côté du centre-ville. Il y a marqué "Docteur Délano" sur la porte.&lt;br /&gt;- Myllenia et Néro sont restés près de notre nouvelle roulotte, pour faire fuir les éventuels challengers.&lt;br /&gt;- Pernilla a l'apparence de Mr. Clampin-Lambda, Jan de son prénom, image d'Épinal vivante du Dwanhölf.&lt;br /&gt;- Une servante nous ouvre et nous demande ce qu'on veut en Tarraszv (langue locale tarabiscotée). Kurt, seul à parler cette langue, sert d'interprète et se lance dans des explications confuses.&lt;br /&gt;- Zacharias montre la convocation qu'il a reçue, et elle nous prie d'entrer en bon latin.&lt;br /&gt;- Elle nous largue dans une salle d'attente.&lt;br /&gt;- Bientôt, un homme au corps jeune mais aux cernes profondes et au poil poivre et sel vient nous chercher, et nous accompagne dans un salon. Nous sommes priés de nous asseoir, ce que nous faisons.&lt;br /&gt;- 'voulez du thé ? Oué, pourquoi pas. Il y a du sucre ? Merci. Du lait, peut-être. Nan. Les habitants du Dwanhölf, curieusement, ne boivent que rarement du thé au lait.&lt;br /&gt;- Hello, il est médecin, il a besoin de mercenaires qui l'accompagneraient en Albéria, pour y faire quelque chose qui ne regarde pas les larbins que nous serons. Ah bon.&lt;br /&gt;- Pendant la discussion, Nalya décèle les traces d'une matrice psychique sur notre individu, et Pernilla remarque qu'il possède le don mystique, avec apparemment la voie de la terre.&lt;br /&gt;- Il finit par nous dire qu'il est atteint d'une pathologie contre laquelle la médecine ne peut rien. Il est progressivement devenu amnésique. Il nous paiera plutôt bien si nous l'accompagnons dans son pèlerinage. (60 pièces d'argent, soit environ 3 mois de salaire du soldat de base (je prends 5pa/semaine), sauf que nous, c'est par jour et par personne.)&lt;br /&gt;- Pour bien montrer qu'il n'est pas vieux comme son visage pourrait le laisser croire, il essaie de faire deviner son âge à ses interlocuteurs, montre son torse, etc. puis annonce qu'il a 30 ans, par là. (je ne me souviens plus exactement.)&lt;br /&gt;- Kurt pose une bourse de 10 pièces d'or sur la table, pour montrer qu'il se fout de ce salaire pour doberman parkinsonien, et évoque sa propre maladie, ce pourquoi il est venu.&lt;br /&gt;- Il lui pose quelques questions sur les symptômes, auxquelles Kurt répond volontiers.&lt;br /&gt;- C'est une maladie causant la dégénérescence des tissus abdominaux et la fusion de la mousse des poumons (en gros). Il reste assurément à Kurt moins d'un an à vivre. Il n'y a pas de remède, au revoir.&lt;br /&gt;- Bon, en fait, il y a quelque chose. Il existe... Un remède universel (ben tiens). Délano n'en possède plus qu'un (ben tiens²), ayant utilisé sans succès les trois autres sur lui-même.&lt;br /&gt;- Bien sûr, il peut nous le donner, sinon il n'en aurait pas parlé. Cependant, ça nous coûtera un service gratuit d'accompagnement/protection/servitude en Albéria. (je suis peut-être parano, mais c'est vraiment pas  cher pour ce que c'est... pas assez cher pour inspirer confiance, ou alors le prix est plus élevé qu'on ne le pense.) D'ailleurs, osef de l'argent, non ?&lt;br /&gt;- Il sort d'une armoire une petite fiole d'un liquide transparent, qu'il fait boire à Kurt. Cela ressemble à de l'eau, ça a le goût de l'eau, ça a la couleur de l'eau, mais c'est pas de l'eau.&lt;br /&gt;- À la moitié de la fiole, il lui dit stop et lui demande de sniffer la fin. Cela ressemble à de l'air, ça a l'odeur de l'air, ça a la consistance de l'air, mais c'est pas de l'air. Kurt conserve une petite goutte au fond de la fiole, dans l'hypothèse où Nalya pourrait en fabriquer des quantités industrielles ensuite.&lt;br /&gt;- Ensuite, il demande les noms de ses nouveaux larbins, et s'il y a des réclamations particulières.&lt;br /&gt;- Il y en a une : c'est purement formel, mais Pernilla souhaiterait ne pas être traitée comme une sous-fifre.&lt;br /&gt;- Tournée des noms : Nalya Gallen, Virgil Anderson, Zacharias est déjà connu, Kurt fournit dix noms différents des quatres coins du monde et Penilla, oubliant son masque illusoire d'homme du Dwanhölf, annonce "Paola" sans complexes.&lt;br /&gt;- Se rendant compte de sa boulette, elle récupère progressivement son apparence normale.&lt;br /&gt;- Il fait tourner un joint pour faire passer la nouvelle, suivi d'un contrat que nous devons signer. Peut-être, demande-t-il, que certains d'entre nous qui sont doués de magie auront remarqué qu'il s'agit de parchemin magique ? Il y a des clauses pour le non-respect du contrat, plus ou moins graves selon la faute.&lt;br /&gt;- Il propose, à un moment ou à un autre (c'était fouillis, cette discussion !) aux mages de récupérer des livres/objets magiques en nous filant l'adresse de quelques revendeurs de ce genre de denrées.&lt;br /&gt;- Il demande s'il y aura d'autres personnes. Peut-être, ça dépend d'eux, répondons-nous en pensant à Myllenia et Néro.&lt;br /&gt;- Il nous informe de notre premier boulot : propager la nouvelle de son départ, d'ici à demain. Il travaillait pour la pègre locale, et il est inutile de préciser que celle-ci prendra mal cette histoire, d'où... prudence.&lt;br /&gt;- À peine sortis, nous échangeons les infos : mage + mentaliste + médecin = balaize, donc prudence encore. De plus, quelques unes de ses remarques au cours de la discussion nous ont permis de comprendre qu'il a déjà grillé tous les membres du groupe qui flirtent avec le surnaturel.&lt;br /&gt;- On retourne voir Néro et Myllenia, qui ont pas mal d'humeur d'attendre. On leur explique le topo.&lt;br /&gt;- Un groupe (il y a Myllenia avec, histoire de faire peur) s'en va vendre le scoop aux commerçants, qui par ici arrondissent tous leurs fins de mois avec des informations.&lt;br /&gt;- Un autre s'occupe de choses et d'autres... (je sais plus trop ce qu'on a fait.)&lt;br /&gt;- Ensuite, pendant que Néro et Zacharias, installés en face de chez Délano, papotent en surveillant, deux mendiants s'installent dans la rue pour la surveiller. Deux personnes ; deux styles.&lt;br /&gt;- Kurt : *Appose la pointe de son couteau au creux de l'aine d'un passant* "Bonjour, je voudrais de l'argent, j'en ai &lt;span style="font-style: italic;"&gt;vraiment&lt;/span&gt; besoin, hein."&lt;br /&gt;- Pernilla : *Assise par terre dans des guenilles, jouant de la guitare à une corde avec un chapeau en face* "À vot' bon coeur, m'sieurs dames... J'ai rien mangé depuis deux semaines et cinq enfants à nourrir, tous très petits et très mignons." (C'est con, hein ? Ils parlent pas latin.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite la semaine qui sera en cours dans 96 heures.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-8673677085492136030?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/8673677085492136030/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=8673677085492136030' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8673677085492136030'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8673677085492136030'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/10/delano-comme-ca-se-prononce.html' title='Délano, comme ça se prononce.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-1991020430319764877</id><published>2009-10-26T09:35:00.000-07:00</published><updated>2009-10-28T10:46:26.145-07:00</updated><title type='text'>Opération nocturne discrète.</title><content type='html'>10/10/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pièce était un vrai champ de bataille. Tous les murs étaient striés de crevasses et d'entailles, empreintes des ondes de choc que produisaient les coups de hache du mastodonte. Celui-ci gisait encore à terre dans une mare de sang sombre, et pas seulement le sien. Les vitres avaient toutes volé en éclats. Non, elle a rien, fit la voix de Skyla, elle dort, c'est tout. Comment dormir dans une situation pareille ? Avec son habituel esprit de contradiction, Yuriko se redressa et, non sans s'être préalablement étirée, entreprit de ramasser les cartes qui gisaient au sol. Mannrig était affairé à retirer au cadavre sa carapace d'acier, et elle se prit à penser qu'ainsi dénudé, il avait l'air presque petit. (pas Mannrig, hein, mais le cadavre)&lt;br /&gt;Certaines cartes, entre autres le valet de trèfle et le sept de carreau, étaient coupées net, comme avec un rasoir. Foutu, le jeu. Bah, c'était pas bien grave, puisqu'elle souhaitait en changer, mais quand même... On s'y attachait, à ces petites bêtes. Même le joker rouge dévisagé avait sa personnalité, son histoire, (aussi courte soit-elle) et se trouvait chargé du souvenir des dizaines de parties qu'ils avaient jouées avec. Le plancher jonché de cartes et de morceaux de verre fumait et se craquelait doucement aux endroits où avait été reversé du Surprenez-moi. En cherchant des yeux, elle finit par apercevoir ce fameux bouffon, qui s'imbibait d'alcool à la surface de la flaque. Laissant tomber les cartes qu'elle avait ramassées, elle saisit le joker détrempé entre le pouce et l'index et se releva sans le quitter des yeux.&lt;br /&gt;Bon, les enfants, dit le sauvage avec une sagesse confondante, on allait pas trop traîner, d'accord ? Parce que là, ça sentait un peu le gaz, il flairait l'embrouille, les merdes, ça volait en escadrille et les ennuis n'arrivaient jamais seuls. Autant de bonnes raisons de pas s'éterniser. Qu'ils en crussent son expérience, en général, les types comme celui-là, fit-il en montrant du menton le mort, hé bin ils ont de la famille. Et puis, si ça se trouvait, on était en pleine période de reproduction, alors ils avaient intérêt à être vigilants. Rapidement, Yuriko se saisit d'un bout de papier et "emprunta" une plume à Léander pour rédiger à la hâte un petit message à peine sarcastique à l'attention des collègues du macchabée. Où déposer ça pour être sûrs qu'ils ne le ratent pas ? Il n'y avait qu'à l'agrafer sur le front ! Comme ça, ils ne pourraient pas passer à côté, au moins. Tiens, à propos de morts... Leur était-il venu à l'esprit que s'ils venaient bien de dessouder le "Camarade Piotr", comme disait ce cher Alessandro, eh bien ils avaient de bonnes raisons de s'inquiéter ? Qu'ils jettent simplement un petit coup d'œil aux notes d'Ernst. La petite annotation qui accompagnait le nom de Piotr était "sale gueule", tandis que certains autres noms portaient la mention "Dangereux", dans un cas même agrémenté d'un "très" souligné trois fois, afin de bien insister, sans doute, sur la dangerosité potentielle du tueur à gages concerné. Le côté alarmant de la chose, c'est que Piotr n'avait visiblement pas été jugé &lt;span style="font-style: italic;"&gt;suffisamment&lt;/span&gt; dangereux pour mériter cet épithète. Quoi ? Non, rien, il avait juste failli estropier Mannrig et éviscérer Léander, comme ça, en passant. Eh oui, acquiesça le sauvage d'un air entendu, quand ils étaient en rut et ne trouvaient pas de femelle, les Machines à tuer, scientifiquement appelés &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Paranthropus Hachus Hypertrophis&lt;/span&gt;, pouvaient devenir d'une violence extrême, qu'un homme intelligent comme Bardley pouvait à sa guise canaliser, et ainsi en faire des hommes de main efficaces, quoique peu polyvalents. Il ne fallait pas en vouloir à cette pauvre bête, car elle était manipulée. Ce Vince, dit-il en montrant du doigt le nom dans la liste de Ernst qui se voyait qualifié de "dangereux", était sans doute le mâle dominant, tout simplement. La meilleure chose à faire, c'était d'attendre que passe la saison des amours. En tout cas, avec les lapins, ça marchait très bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La bouteille s'écrasa sur les pavés, au milieu de l'impasse. Bientôt les flammes commencèrent à courir sur le liquide qui s'épandait lentement, et une lumière jaune envahit la rue, en face de la maison. ça, c'était la diversion. Yuriko retourna dans la cuisine et fit descendre leur sainte par la fenêtre de derrière, qui se trouvait à quatre ou cinq mètres de hauteur. Alors qu'elle déposait son chargement en bas, Léander atterrit juste à côté d'eux dans un mouvement félin et gracieux. Plus qu'un. Elle remonta et appela Mannrig qui avait tenu à laisser un petit message dans l'entrée, pour inciter le propriétaire à prendre la nouvelle de la dégradation de ses biens immobiliers avec philosophie. Le sauvage accourut, un petit sourire aux lèvres, et se jeta dans les bras de l'ascenseur improvisé.&lt;br /&gt;Une fois tous en bas, dans la rue, ils se concertèrent rapidement pour savoir où aller. Et si on squattait chez quelqu'un, comme ça, au hasard, en entrant par effraction. Non ? Pas même chez une connaissance ? Oh, ben, elle savait pas... Ils auraient pu aller chez Mr. Surprenez-moi, ou chez Caïus, à la limite. Il serait content de les voir, assurément. Mais si, comme ça, c'était plus prudent. Ils n'avaient qu'à acheter le silence de leur hôte, et c'était tout bon. En changeant de maison chaque nuit, on minimiserait les risques. À l'église ? Et pourquoi là-bas plutôt qu'ailleurs ? Nan, mais on s'en foutait du droit d'asile, hein. Le point important, c'était que comme ils y étaient déjà allés, ils y avaient potentiellement déjà été repérés, même ceux qui n'avaient pas un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;signalement remarquable.&lt;/span&gt; Alors non ? Sûr ? Bon, pas de problème, alors, mais faudrait pas se plaindre après.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelles étaient les chances pour qu'une telle obstinée se sorte elle-même de la mélasse noire dans laquelle elle s'était immergée ? Ainsi s'interrogeait Yuriko, suspendue la tête en bas à quelques mètres au-dessus du sol, en tournant très lentement sur elle-même. Elle leva les yeux et observa attentivement les formes qui se dessinaient au-dessus d'elle. On devinait, collées au plafond, les silhouettes de trois dormeurs qui se fondaient dans la pénombre de la pièce. La lueur d'une bougie tremblotait encore, nageant dans l'ultime petite flaque de cire restante, et un mince filet de fumée noire s'effondrait du bas de la pointe de la flamme pour aller s'écraser avec lenteur aux pieds de Yuriko. Elle détacha son regard de cette bougie mourante et reporta son attention sur le sommeil des dormeurs. Alors, se demanda-t-elle en regardant vers la couchette qui se trouvait en haut à gauche, combien de chances ? Sa propre question lui sembla soudain purement oratoire, tant la réponse était évidente.&lt;br /&gt;Il y avait une petite porte de bois sombre, de l'autre côté, qui permettait d'accéder à l'arrière-salle où ils avaient trouvé refuge. Qu'est-ce qui l'aurait empêchée de fuir dès maintenant, et de ne plus jamais revoir les trois futurs macchabées qui sommeillaient là-haut ? Certainement pas trente-cinq pièces d'or, ni les prédications apocalyptiques de son employeuse, en tout cas. Se serait-elle sentie coupable de l'abandonner ainsi à une mort (presque) certaine ? Ouais... Possible.&lt;br /&gt;Cependant, même à quatre, la question se posait : quelles étaient leurs chances de survie dans les prochains jours ? Non pas que Yuriko se fisse du souci pour elle-même ; en réfléchissant et en courant suffisamment vite, elle pensait pouvoir sauver sa vie dans pratiquement toutes les situations. De ce côté-ci, ça irait. En ce qui concernait les autres, par contre... Léander, quoiqu'il en dise, était passé par deux fois près de mourir dans la même journée, et le sauvage avait été assez gravement blessé par Piotr. Dans ce sens, c'était pas plus mal qu'ils aient un médecin avec eux, mais même avec tout son talent, Skyla ne ressusciterait pas les morts.&lt;br /&gt;La lumière faiblit brusquement puis s'éteignit finalement. Elle rougeoya encore pendant quelques secondes avant que ne tombe le noir le plus complet. Sans stopper ses rotations, Yuriko entreprit de basculer lentement en avant dans un mouvement régulier et doublement circulaire. Bientôt, elle ne sut plus distinguer le bas du haut. Quelle idée de dormir dans une église ! se dit-elle en frissonnant légèrement. Il y faisait si froid... Les larges pierres conservaient une fraîcheur parfois très agréable, mais pour l'instant engourdissante. Son manteau était resté au sol, et le sol devait se trouver quelque part autour d'elle.&lt;br /&gt;Dans cinq jours, à en croire l'homme qu'ils avaient interrogé au bordel, Sandberg, un des plus gros poissons de la ville, retrouverait leur cher Bardley pour l'échange d'un chargement dont la valeur, la matière et l'utilité n'avaient pas été précisées. Ils savaient tout de même où se trouvait l'entrepôt choisi pour la transaction. Ce pouvait être une piste.&lt;br /&gt;Demain. Ils verraient ça demain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un fin petit froid sec qui s'en irait bientôt gerçait encore les lèvres des habitants d'Americh, au mépris de l'ascension du soleil et du chant des gouttières. Tout en marchant sur les toits des maisons, Yuriko promenait son regard aux alentours pour surveiller les arrières de Léander, dont le pas régulier résonnait sur les pavés de la rue voisine, dans la torpeur du matin.&lt;br /&gt;Bientôt, ils parvinrent aux entrepôts. À perte de vue s'étendaient des bâtiments tous identiques, énormes et intimidants. De gros blocs hauts d'une dizaine de mètres chacun, volumineux comme des cathédrales et séparés par de larges allées rectilignes et régulières, s'étalaient sur plusieurs kilomètres. Un silence pesant régnait dans les grandes artères, à l'exception de celles dans lesquelles pulsait avec fracas son propre sang. Yuriko sauta du bord de l'entrepôt sur lequel elle était, et atterrit sans aucun bruit sur la tôle ondulée du suivant. Elle n'entendait plus Léander. À peine l'entr'aperçevait-elle par intermittences.&lt;br /&gt;D'autres bruits de pas s'approchèrent. En se penchant un peu, elle remarqua deux gardes qui patrouillaient. D'accord. C'était prévisible, mais les lieux étaient surveillés. Une fois qu'ils furent passés, elle prit son élan et, dans une course silencieuse, bondit de toit en toit jusqu'au carré d'entrepôts dont Sandberg était le propriétaire. Un nouveau problème se posait : lequel de ces bâtiments était le bon ? Elle sauta sur le plus proche et regarda en bas. À droite, deux autres gardes passaient sans se presser, poursuivant leur ronde. De l'autre côté, Léander arrivait. Il lui fit signe et montra la bonne direction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À vrai dire, une fois dessus, cela avait quelque chose de décevant. L'entrepôt où se déroulerait la transaction ne présentait aucune particularité ; il n'était pas plus grand que les autres, ni mieux gardé. En fait, il n'y avait rien sinon son emplacement qui permît de l'identifier parmi ses congénères. Deux grandes tôles ondulées légèrement inclinées composaient le toit. Au milieu, une chape de plomb solidarisait les deux éléments pour plus de sécurité. "Hé ! cria quelqu'un en contrebas, qu'est-ce que vous foutez là ?" Yuriko avait sursauté. Descendez immédiatement, ajouta le garde en colère. Que faire ? Elle s'approcha du bord d'un pas quelque peu hésitant et, après réflexion, se jeta dans le vide.&lt;br /&gt;Une dizaine de mètres plus bas, elle s'écrasa sur les graviers avec un hoquet douloureux et ne bougea plus. Deux gardes s'approchèrent au pas de course, elle leur tournait le dos mais pouvait les entendre. L'un d'entre eux devait avoir un sifflet pour prévenir ses congénères, car un bruit strident caractéristique se faisait entendre. Lorsqu'elle estima qu'ils étaient assez près, elle prit appui sur ses bras et balaya les deux ingénus d'un large mouvement de jambes, avant de se relever pour partir en courant, à une vitesse humainement acceptable, quoique assez tonique. (~championnat du monde du 100m)&lt;br /&gt;À l'orée des entrepôts, elle retrouva Léander qui avait lui aussi un peu couru lorsqu'elle s'était faite repérer. Bien joué, dit-il, un poil ironique, en la voyant arriver. Lui au moins ne s'était pas fait voir. Elle ôta sa capuche, et il ajouta que peut-être, il serait bien de changer de vêtements rapidement. D'accord. Acheter quoi ? Ah, il voulait y retourner en soirée ? Oui, ça se tenait. Dans ce cas, pas de soucis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mannrig entra dans l'église sans refermer la porte derrière lui, et se dirigea vers les bancs du fond, où l'attendaient les autres. Yuriko écoutait d'une oreille Léander rapporter de manière détaillée (ce type était pire qu'un gps) tout ce qu'ils avaient vu du côté des entrepôts, et regardait d'un œil attristé des cierges se consumer douloureusement et répandre leur sang jaunâtre sur l'autel. L'entrée du sauvage lui fit l'effet d'un grand bol de Surprenez-moi. Alors, il avait trouvé une planque ? Oui, un grenier délabré à une heure de marche du centre-ville. On y accédait par un escalier situé à l'extérieur ou par une trappe à l'intérieur, les quelques fenêtres ne pouvant pas s'ouvrir. Fabuleux, fabuleux ! Avec ça, ils bénéficieraient d'une sécurité relative pendant... Deux jours, peut-être. Oui, mais attention : il avait piégé l'escalier. Si deux personne y passaient, ça craquerait. Si un obèse y passait, ça craquerait. Si quelqu'un sautait dessus, ça craquerait. Il savait pas comment il avait fait, mais tout cela tenait sur la tranche de l'as de pique, alors pas de blagues, surtout. Ah, et en ce qui concernait la trappe, on pouvait la fermer avec un cadenas, un loquet ou quelque chose comme ça. Aucun problème de ce côté-là. Sinon, du neuf du côté des entrepôts ? Ils ne l'avaient pas attendu trop longtemps ? Non, non, vingt minutes à peine. Et pour les entrepôts, ils n'avaient pas pu pousser très loin leurs recherches, dans la mesure où c'était gardé comme le Kremlin quand Khrouchtchev part en vacances sur les bords de la mer noire, c'est-à-dire pas infailliblement, mais assez efficacement tout de même.&lt;br /&gt;Bon, on était partis ? demanda Skyla. C'était pas tout, ça, mais ces recherches leur avaient bouffé leur matinée, et si on voulait être à cette planque avant le crépuscule, autant y aller tout de suite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les faibles lumières jaunes aspergeaient d'éclats diffus toutes les surfaces lisses, tachetant de reflets brillants la couleur de la nuit. Les torches, les yeux, le fer des entrepôts et l'acier de leurs armes plongeaient les soldats dans un océan d'étoiles scintillantes. Entre les sombres parois des maisons solennelles, la seule chose que Yuriko entendait pour l'instant, c'était le bruit de sa course effrénée. Les entrepôts l'attendaient gravement, embrasés de lumières, quelques centaines de mètres plus loin. Il y avait trop de soldats. Personne n'aurait pu entrer dans cette forteresse humaine, à moins d'avoir une armée à sa suite. Un attroupement se forma lorsque les premiers d'entre eux la virent arriver, et quelques épées furent dégainées dans d'hasardeux bruits métalliques. Ils avaient grandement renforcé leurs effectifs. Était-ce à cause de la réputation de l'obscurité, tentatrice de toutes les opérations insidieuses, qu'ils étaient aussi nombreux de nuit, ou bien était-ce parce qu'elle s'était faite repérer dans la matinée ? Son imprudence avait-elle exacerbé la méfiance et confirmé les craintes de Sandberg ? Une fois à moins de dix mètres du groupe en armes, ayant pris son élan, elle envoya une impulsion au sol et, s'aidant de sa puissance intérieure, effectua un rapide vol plané au-dessus des lames brandies. Un capuchon dissimulait la majeure partie de son visage, et ses vêtements étaient uniformément sombres, pour éviter qu'on pût faire d'elle une description trop précise. La brièveté de l'aperçu qu'ils auraient de l'intruse ferait le reste. Sans ralentir, Yuriko, ayant distancé de quelques allées les premiers soldats, attrapa dans sa besace une bouteille d'un alcool fort de laquelle dépassait un bout de tissu imbibé, et se saisit de l'autre main de l'acquisition du jour : un briquet à gaz. (Zippo get tha power !) L'après-midi avait été partagé entre des achats utiles, dont un nouveau jeu de cartes, et d'heureuses parties de poker avec Mannrig, au cours desquelles elle l'avait correctement plumé. C'était son jour de chance, se dit-elle en jetant la bouteille enflammée en direction de la porte d'un entrepôt non gardé, dans une course ininterrompue. Peut-être que c'était &lt;span style="font-style: italic;"&gt;légèrement&lt;/span&gt; exagéré. Après tout, Léander lui avait simplement demandé de faire diversion pour que lui, la sainte et le sauvage puissent entrer dans le "carré Sandberg" sans être importunés outre mesure par les gardes. Dans tout plan, il y avait une part d'organisation, et une part d'improvisation. La pratique différait presque toujours de la théorie. Après son petit exercice de terrorisme incendiaire, Yuriko se saisit du sifflet que Léander lui avait donné, et souffla dedans puissamment, afin d'être entendue d'aussi loin que possible. Ce petit instrument imitait à merveille les bruits ceux des soldats, et permettrait assurément de semer un chaos indescriptible dans leur superbe et méticuleuse organisation. L'idée lui plaisait beaucoup, comme quoi foutre le bordel pouvait être un gage d'efficacité. Elle obliqua à droite, sans cesser de courir ni d'émettre des stridulations aiguës. Un autre peloton de gardes arrivait par là. Il fallait donner du temps aux autres, pour qu'ils puissent atteindre l'entrepôt de la transaction et y pénétrer. Après s'être exercé tout l'après-midi sur diverses formes de cadenas, Léander était prêt et équipé pour en forcer l'entrée, mais il lui faudrait de la tranquillité et sans doute quelques longues minutes. Elle courut jusqu'aux gardes armés, et les esquiva de la même manière que les premiers, sans leur laisser le temps de comprendre. D'autres arrivaient de tous les côtés, par les allées qui séparaient les entrepôts. Ils ne venaient pas tous, bien sûr : certains devaient avoir gardé le poste, mais une proportion non négligeable d'entre eux affluait par là. La diversion faisait son petit effet. Dans un jaillissement de lumière flamboyante et de tessons luisants, Yuriko fracassa une seconde bombe incendiaire à ses pieds dans le but à peine dissimulé de gêner ses poursuivants, et prit la fuite en empruntant une allée à gauche, sans cesser de siffler à intervalles réguliers pour les désorienter.&lt;br /&gt;Cependant, il y avait un autre obstacle à la progression des trois autres, que Léander avait fait remarquer dès le début et qu'il faudrait écarter : sur le toit où les gardes l'avaient surprise à l'aube, l'un d'entre eux se tenait debout et brandissait une torche, prêt à donner l'alerte. Cela aussi, il lui faudrait s'en occuper. C'est pourquoi, une fois qu'elle eût passé cinq bonnes minutes à faire courir les gardes dans la partie septentrionale du carré Sandberg, elle se dirigea en réduisant la fréquence de ses sifflements vers l'entrepôt de la négociation. Les gardes la rechercheraient-ils au nord pendant assez longtemps pour permettre à Léander, Mannrig et Skyla de pénétrer à l'intérieur ? Elle cracha son sifflet, accéléra légèrement, donna un coup de pied au sol et décolla. La sentinelle ne vit rien venir. Une fraction de seconde plus tard, Yuriko descendait du toit de l'entrepôt et reprenait sa course avec un homme dans les bras qui essayait de se libérer en se tortillant dans tous les sens. Le grenier qu'avait trouvé Mannrig était parfait ou presque : éloigné du centre-ville, spacieux, d'apparence désaffectée et difficile d'accès. Tout en continuant à courir, Yuriko assura ses prises sur le vigile enlevé pour l'empêcher de se débattre ou de crier, et prit le chemin de la planque. L'opération était un succès.&lt;br /&gt;Au bout de cinq minutes, elle atteignit le grenier, et grimpa le long du mur avec son paquet sous le bras, sans emprunter l'escalier piégé. Que faire, à présent ? Tant qu'à récupérer autant d'informations que possible, ils pourraient interroger cette sentinelle plus tard, ce serait toujours ça de plus. Positionnant la tête de sa proie de manière appropriée, elle prit sa respiration et lui donna un coup de boule à défoncer le pariétal d'un taureau, même particulièrement coriace. Contre toute attente, sa victime se contenta de pousser un cri de douleur et se débattit soudain convulsivement, faisant lâcher prise à Yuriko. Il se releva rapidement et fit mine de vouloir dégainer son arme. Vite. Elle se jeta sur lui et commença à lui bloquer les bras. Paniqué, son énergie était décuplée, et il était difficile de l'empêcher de bouger. Après quelques secondes de lutte muette, elle le maîtrisa de nouveau et prépara son coup. Cette fois, il ne fallait pas le rater. Elle frappa avec force au niveau du front, le faisant reculer sous l'impact. Il vacilla, tomba lourdement sur le dos et ne bougea plus. Quelque peu excédée par sa propre négligence (elle n'avait même pas pensé à le désarmer), elle entreprit de lui attacher malhabilement les mains avec une chemise à elle, puis ressortit en le laissant là. Les autres auraient peut-être besoin d'assistance, qui sait ? En tout cas, elle n'avait rien à perdre à y retourner.&lt;br /&gt;Cette fois, elle courut sur les toits, pour plus de discrétion, et mit dix bonnes minutes pour gagner les entrepôts.&lt;br /&gt;Là-bas, c'était comme si on avait donné un coup de pied dans une fourmilière géante. (si vous me passez la convenance) Les gardes se réorganisaient rapidement, propageaient les informations les plus fraîches d'un bout à l'autre de leur périmètre avec précipitation, et recherchaient activement les intrus, éclairant de leurs torches les moindres coins et recoins des entrepôts obscurs, sans entrer à l'intérieur. Où étaient les trois autres ? Il semblait très improbable qu'ils se fussent réfugiés dans le secteur. Les fourmis s'étaient répandues un peu partout, mais ne trouvaient visiblement pas ce qu'elles cherchaient. "Deux morts" cria quelqu'un, un peu plus loin. Tiens tiens... Avec circonspection, Yuriko s'approcha de l'endroit d'où on avait crié. Dans la nuit, sur les toits sombres, il y avait très peu de chances pour qu'on la remarque, d'autant plus que les gardes étaient accaparés par leurs recherches au sol.&lt;br /&gt;Au pied de l'un des entrepôts, près de la porte, deux cadavres criblés de flèches se vidaient lentement.  L'équipe de choc était passée par là, sans aucun doute, mais avait apparemment déserté l'endroit. Elle fronça imperceptiblement les sourcils en fixant le soldat de droite d'un regard attentif. Son sang sombre avait éclaboussé la façade, derrière lui. Mannrig n'y était pas allé de main morte. Ces flèches, c'était signé. Elle contempla un instant encore la flaque luisante qui s'épandait lentement, et fit demi-tour, avant de disparaître dans la nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers une heure du matin, enfin, des bruits de pas accompagnés de chuchotements firent craqueler l'escalier. La première, Skyla entra, chercha des yeux une chaise et, n'en trouvant pas, s'avança en traînant des pieds pour mieux se laisser tomber sur le tas de couvertures qui lui servirait de lit. "J'ai failli m'inquiéter" signala Yuriko, assise sur un genre de secrétaire à la vitre brisée, tandis qu'entraient Léander puis le sauvage. Personne ne prit la peine de répondre. L'érudit, un peu courbé, se tenait les côtes d'une main rouge de sang. Il s'approcha de Skyla d'un pas douloureux pendant que Mannrig, en sueur, se dirigeait vers sa couche pour s'y asseoir à son tour.&lt;br /&gt;Que lui était-il arrivé ? interrogea-t-elle en descendant de son perchoir. Des cailloux, répondit Léander. On lui avait lancé du gravier. Non !? Qu'il fasse voir, un peu ? "Ah, touchez pas ! Ça-fait-mal-euh !" Mais, voulait-il dire, du vrai gravier ? Skyla, ajouta-t-elle en s'adressant à la sainte, quand elle aurait retiré ces corps étrangers, pour ne pas dire clandestins, des muscles intercostaux de leur éclopé de service, pourrait-elle lui les garder, pour voir ? Non, coupa Léander, il avait déjà retiré lui-même ces saletés pendant leur fuite. Ah. Bon. Mais il avait tout enlevé ? C'était sûr qu'il n'en restait pas ? Sûr. Maintenant, si elle voulait bien l'excuser... "Eh ! les interrompit Mannrig, c'est qui, lui ?&lt;br /&gt;- C'est... Je sais pas son nom, mais c'est le soldat qui était sur le toit, et que Léander m'avait demandé de neutraliser.&lt;br /&gt;- Et qu'est-ce qu'il fait là ? demanda le sus-nommé.&lt;br /&gt;- J'ai pensé qu'on pourrait lui poser quelques questions, ça sera toujours ça de plus, quoi."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite avant ma mort, de préference.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-1991020430319764877?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/1991020430319764877/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=1991020430319764877' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/1991020430319764877'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/1991020430319764877'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/10/operation-nocturne-discrete.html' title='Opération nocturne discrète.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-2416909889570744568</id><published>2009-10-26T09:27:00.000-07:00</published><updated>2009-10-26T09:30:49.657-07:00</updated><title type='text'>Un diable au paradis.</title><content type='html'>16/10/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Pardon monsieur Miller.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous quittons le nœud d'obscurité et la forêt de Géhenna, en direction du Dwanhölf. (plein est) Cela nous prend approximativement une semaine pour sortir des bois, où Dietrich nous quitte, et une autre pour atteindre une plaine fertile de l'est du Moth où, semble-t-il, les habitants sont  &lt;span style="font-style: italic;"&gt;légèrement&lt;/span&gt; moins cadavériques et un peu mieux nourris. Par contre, ils sont toujours aussi bigots. On ne peut pas tout avoir. En chemin, nous passons par plusieurs villages pour nous approvisionner, donc pas trop de problèmes de bouffe.&lt;br /&gt;- Pernilla : la régénération du zéon (i.e. la mana) commence à revenir au bout d'une semaine, et est complète au bout de la seconde.&lt;br /&gt;- Cette "plaine fertile" est plate, fraîche et pleine de moulins, mais elle n'est pas entourée par une digue ni sur le point d'être submergée à cause du réchauffement climatique.&lt;br /&gt;- Nous faisons une petite pause à un village plein de hollandais tout à fait incapables de voler. Le moulin, au centre, est visible de loin. On va à l'auberge avec dans l'idée, pour la plupart d'entre nous, d'ôter la croûte de boue qui fait fuir les myopes sur notre passage. Virgil et Kurt payent très cher pour être servis vite, bien et, dans le cas de l'assassin, pour pouvoir insulter impunément le personnel. Nalya, Pernilla vont se laver dans une arrière-salle où des bassines ont été disposées à leur attention.&lt;br /&gt;- Virgil et Kurt sortent, et remarquent un attroupement autour du moulin, sur la place du village. (en terre battue, pour info) Il semblerait qu'un forcené que les habitants qualifient de diabolique ("C'est le Diaâââaableuuh...") se soit enfermé là-dedans avec un jeune garçon, fils de l'artisan local. Dans la mesure où une vie est en jeu, les habitants refusent de laisser passer Kurt, même s'il leur balance plusieurs pièces d'or.&lt;br /&gt;- Kurt hurle en direction du moulin, vers la fenêtre (trop haute pour être atteinte).&lt;br /&gt;- Nalya et Pernilla, du fond de leurs bassines, l'entendent vaguement et reconnaissent sa voix, sans trop piger ce qu'il dit. Elles s'interrogent quelque peu sur le drame qui est en train de se dérouler là-bas. Avec ce dingue en liberté, on n'est jamais serein. Nalya se cale les coudes dans le fond de la bassine, recommande à sa voisine de jeter un coup d'oeil de temps en temps pour vérifier qu'elle n'est pas en train de se noyer, et va voir à l'aide de sa forme astrale.&lt;br /&gt;- Virgil s'enquiert de ce qui s'est passé auprès des habitants. Il interroge le kidnapper à haute voix. Quelles sont ses conditions ? Que veut-il ? Une voix lui répond qu'il n'a qu'à demander au père du gosse. Il finit par trouver l'artisan, catastrophé, et essaie de le rasséréner. Apparemment, le "diable" lui a pris son fils car il réclame une commande qu'il a passé quelques jours plus tôt. L'artisan a reçu une lettre avec de l'argent. Il devait fabriquer quelque chose de précis, et l'a fait, mais quand le diable en personne s'est présenté à lui pour réclamer son dû, il n'a pas voulu lui donner et l'a envoyé chier. Résultat des courses : son gamin est là-haut, il sait même pas dans quel état.&lt;br /&gt;- Kurt essaie infructueusement d'ouvrir la porte en la crochetant.&lt;br /&gt;- Nalya entre à l'intérieur du moulin en traversant les murs. Le gosse a les mains liées, a peur, mais de semble pas mutilé/battu/mourant, ce qui est déjà pas mal. Elle regarde un peu autour, trouve l'agresseur et le reconnaît.&lt;br /&gt;- L'artisan tourne les talons et se dirige vers chez lui, suivi par Virgil. Une fois là-bas, il récupère dans une commode, ou quelque chose comme ça, un objet enveloppé dans un chiffon, demande à Virgil de ne pas ébruiter ceci, et dévoile un objet métallique et luisant : un heaume. Puis il remballe et sort de chez lui avec son ouvrage sous le bras. Virgil ferme la porte à sa suite.&lt;br /&gt;- L'artisan arrive en bas du moulin, crie que c'est bon, il aura sa commande, et demande à voir son fils.&lt;br /&gt;- Nalya peut voir l'individu dire au gosse de se poster près de la fenêtre, de manière à être bien visible, et crier ensuite que okay, qu'ils accrochent l'objet au crochet derrière le moulin pour qu'il puisse le hisser. L'artisan fait ceci et la poulie s'actionne. L'enfant se voit autorisé à sortir.&lt;br /&gt;- Le gamin (~12 ans je crois) ne se fait pas prier, descend l'escalier en écartant à la force de ses petits bras les différents objets qui l'obstruent, vire les quelques meubles qui bloquent la porte et la déverrouille à l'aide de la clé.&lt;br /&gt;- Virgil ouvre la porte sur laquelle s'échinait Kurt depuis un moment déjà, histoire de se foutre de sa gueule. Il laisse passer le gamin, puis entre, la main sur le manche. (du katana) Il se hisse en haut de l'escalier. Là-haut, il fait noir. Dans un coin, un rayon de soleil fait briller l'extrémité d'une faux. Il dégaine et se tient prêt, puis reconnaît enfin Zacharias.&lt;br /&gt;- Le faucheur, qui a enfilé le heaume/masque, explique que sa petite mise en scène est due au fait qu'il a été reçu à coups de fourches, alors qu'il avait passé commande, payé d'avance et que les discriminations à l'encontre des bad guys qui se baladent en nippes noires avec une faux sur l'épaule, non, c'est vraiment pas cool. Au fait, il est content de nous voir.&lt;br /&gt;- Par ailleurs, lui aussi se dirige vers le Dwanhölf, pour le boulot. Son employeur recherche un régiment, quelque chose comme ça, et comme il n'est pas un régiment à lui tout seul... Hébin il y a de la place, si ça nous dit. Kurt est arrivé depuis quelques minutes. Nalya signale sa présence en faisant apparaître dans les airs une main, pouce levé, ce qui fout un léger blanc dans la discussion, sans plus.&lt;br /&gt;- Zacharias explique par ailleurs que son employeur est un médecin réputé, qui pourrait peut-être s'occuper de Kurt et de sa maladie.&lt;br /&gt;- Ils ressortent après avoir convenu d'un endroit où se retrouver, pas loin. Zacharias va se planquer dans un bosquet en courant à une vitesse encore plus ahurissante que par le passé. (sur le papier, c'est 180 km/h)&lt;br /&gt;- À part ça, on passe une bonne après-midi. Virgil informe ceux qui n'étaient pas prévenus des évènements, et Pernilla va visiter le bosquet où Zacharias nous attend. L'infime pourcentage de chance que le masque illusoire qu'elle propose de lui apposer soit percé à jour lui fait refuser l'offre. Sinon, il séquestre souvent des  gamins quand il essuie un "non" ? Et eux, il y a toujours des cadavres mutilés qui parsèment leur chemin ? Oui mais non, celui-là est un cas à part. Elle s'en va, après avoir un peu discuté.&lt;br /&gt;- Au soir, après avoir acheté des chevaux, une nouvelle roulotte, etc. On est prêts à repartir, direction le Dwanhölf, contrée de truands sans foi ni loi où tout est possible à condition d'avoir les moyens physiques et financiers de ses ambitions.&lt;br /&gt;- Nous arrivons à une petite ville. Toutes les villes ont des noms à consonance vaguement germanique et impossibles à retenir, alors désolé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite la semaine prochaine.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-2416909889570744568?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/2416909889570744568/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=2416909889570744568' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2416909889570744568'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2416909889570744568'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/10/un-diable-au-paradis.html' title='Un diable au paradis.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-2650550642799019021</id><published>2009-10-13T13:47:00.000-07:00</published><updated>2009-10-25T17:38:05.481-07:00</updated><title type='text'>À la hache.</title><content type='html'>03/10/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vous désirez autre chose ? demanda l'importateur.&lt;br /&gt;- Oui, attendez... C'est quoi, ce mot-là ? dit Yuriko en se tournant vers Mannrig.&lt;br /&gt;- Du vitriol, lut-il, seul à pouvoir déchiffrer sa propre écriture.&lt;br /&gt;- C'est ça. Du vitriol. (i.e. de l'acide sulfurique)&lt;br /&gt;- Vous rigolez ? Je ne tiens pas une pharmacie !" Intéressant, ça... Dis, demanda-t-elle au sauvage en sortant, il savait ce que c'était, lui, du vitriol ? Non, mais d'après le serveur, c'était ça qui donnait son goût, son nom et son côté surprenant à la boisson. Il en fallait donc absolument, sinon, ça le ferait pas. Bon, eh bien, maintenant qu'on avait tous les autres ingrédients, il n'y avait plus qu'à aller à la pharmacie, comme le vendeur le leur avait gentiment suggéré. Plusieurs magnums de boissons frelatées tintaient dans le sac en toile qu'elle tenait à la main.&lt;br /&gt;Elle ouvrit la porte de ce qui ressemblait à un magasin susceptible de vendre le produit chimique souhaité, et ils entrèrent. Après cinq minutes d'attente, une grosse femme d'aspect latin avec un morveux logé entre le biceps et l'avant-bras (sinon ça fait pas latin) apparut derrière un bar plein de fioles tordues, et demanda qu'est-ce que ces messieurs dames voulaient. Ah bon, du vitriol ? Une ratonnade en perspective ? plaisanta-t-elle en se hissant sur la pointe des pieds pour atteindre un petit placard derrière elle. Voi... là. Après avoir attrapé un assez gros flacon en verre fumé à l'intérieur duquel un liquide transparent clapotait mélodieusement, elle se saisit d'une fiole et demanda quelle quantité qu'ils voulaient. Tout le flacon ? D'accord, pas de problème, dans ce cas... Mais ils étaient au courant qu'une seule fiole dans une baignoire d'eau chaude était amplement suffisante pour faire disparaître un corps, n'est-ce pas ? Oui, oui... Bon, le flacon entier ? Après tout, hein, il fallait bien nettoyer les cimetières de temps en temps...&lt;br /&gt;"Au fait, dit-elle à Mannrig en refermant la porte derrière elle, tout à l'heure, j'ai pensé à un truc...&lt;br /&gt;- Épate-moi...&lt;br /&gt;- Si on fixait en haut de la porte d'un magasin une petite tige métallique, de manière à ce que son extrémité vienne taper contre une clochette quand on ouvre, ça permettrait d'avertir le vendeur quand le client rentre, non ? Et comme ça, ben il peut faire autre chose que de tout le temps poireauter, sans faire attendre le client parce qu'il s'est pas rendu compte qu'il est entré !&lt;br /&gt;- C'est pas con, il ne nous reste plus qu'à trouver un magasin pour essayer, acquiesça le sauvage. Sinon, moi aussi je me disais quelque chose...&lt;br /&gt;- Quoi donc ?&lt;br /&gt;- Hébin, je me demandais, à tout hasard, si c'était pas à cause du vitriol, justement, qu'on sent plus sa langue après avoir bu un Surprenez-moi.&lt;br /&gt;- Mais non, t'as bien entendu ce qu'elle a dit : ça ne dissout que les morts", le rassura-t-elle. Un petit sourire se dessina sur son visage alors qu'elle repensait au pari de Skyla. Celle-ci s'était avancée en non-connaissance de cause. Cinq verres d'une boisson pareille, et rester non seulement vivant, mais sobre ? Impossible. Elle ne tiendrait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sympathique refuge que celui-là. Le fait de lui avoir déniché cette maison était bien plus précieux que tout l'argent que Skyla voudrait bien lui donner. Il n'y avait que quatre pièces, mais nullement besoin de plus. La porte d'entrée donnait directement sur la plus grande d'entre elles, qui servait également de chambre. Une cloison séparait cette pièce d'une salle à manger, par laquelle on accédait à la cuisine et à la salle de bains. Au moment où elle versait un volume de téquila approximativement égal aux autres dans le quatrième verre, un bruit lui indiqua que la sainte était de retour, accompagnée de Léander, qu'elle était partie chercher après avoir proféré l'apocalyptique menace d'un chômage précoce à l'encontre de Yuriko. La semaine serait longue... Surtout que quoi ! Ils étaient allés chez Bardley vers midi, et s'étaient trouvés démunis face au tas de ruines fumantes qui subsistait après l'explosion. À la suite de quoi ils avaient démocratiquement décidé -à deux voix contre une abstention- d'aller chercher la recette du Surprenez-moi à l'auberge d'où ils avaient fui. Et comme les effectifs avaient été renouvelés d'ici-là, ils avaient été directement chercher leur serveur favori chez lui, peu soucieux d'interrompre ses ébats amoureux.&lt;br /&gt;C'est là que Skyla avait un peu pété les plombs. Non tant à cause du fait qu'il était inhumain de déranger les honnêtes gens dans l'exercice de leur vie sexuelle que parce que tout ceci n'avait rien à voir avec l'enquête, elle s'était énervée, disant que n'importe quoi, que c'était pas possible, qu'elle ne paierait pas si ça continuait, qu'ils lui les brisaient menues, qu'elle allait chercher Léander et que qu'est-ce que tu dis, pouffiasse, ta boisson, j'en bois cinq verres quand je veux ! Pari tenu !&lt;br /&gt;Bonjour, dit l'érudit avec une originalité proprement sidérante en entrant dans le petit salon où Mannrig et Yuriko préparaient leurs cocktails. Il était assez pâle, comme c'est souvent le cas chez les miraculés, et ses vêtements étaient noircis de taches de sang séché, comme cela se voit parfois sur les blessés graves. Il s'assit en face, et la sainte se posa pas très loin de lui. Ugh, fit Yuriko, essayant d'équilibrer les constituants de la boisson en hissant le verre à hauteur de ses yeux. Lui allait mieux ? Très bien, dans ce cas, elle avait quelques questions à lui poser. Pour commencer, avait-il vu son agresseur ? Non, seulement ds poignards qu'on lui lançait de loin. De très loin. Et fort habilement, de surcroît. Sinon, avait-il appris quelque chose d'important, qui justifiât qu'on cherche à l'éliminer de la sorte ? Nan. Rien d'intéressant, la plupart des gens ne savaient pas, et ceux qui savaient avaient peur. Aucun de ceux qu'il avait interrogé ne l'avait plus marqué que ça ? Ben non. Bon, eh bien dans ce cas, on était pas plus avancés, soupira-t-elle en reposant le cinquième verre avant de se saisir à nouveau du premier, et du flacon de vitriol. À l'extrême rigueur, on pourrait essayer de réitérer la même opération, mais cette fois avec les autres près à intervenir derrière, en cas d'agression. Et pourquoi ne ferait-elle pas elle-même l'appât, puisqu'elle avait eu l'idée la première ? demanda Skyla avec son amabilité habituelle. Parce que, se vit-elle répondre, "si moi je suis blessée, y'a plus personne pour les rapatriements d'urgence.&lt;br /&gt;- Oui, mais vous avez un signalement plus... reconnaissable...", ajouta l'importune d'une voix mielleuse. Non mais qu'elle se calme, hein, sinon, elle aussi allait se retrouver avec un signalement reconnaissable ! Le genre qui fait fuir les enfants dans la rue, y'avait qu'à demander.&lt;br /&gt;Disant cela, elle avait ajouté au cinquième verre l'ultime portion d'acide, avant de reboucher le flacon qui commençait à devenir chaud à force d'être agité. Alignés devant la sainte, les boissons colorées semblaient la défier d'aller plus loin. Courageusement, avec le regard dur et stoïque de Rambo se recousant tout seul dans la jungle, elle descendit le premier Surprenez-moi d'un trait, avant d'entamer le second en ralentissant quelque peu, mais sans laisser faiblir sa détermination.&lt;br /&gt;Au bout de cinq bonnes minutes, elle avait fini. Apparemment, la difficulté n'avait pas été la boisson pure et simple, mais le volume à ingérer que cela représentait. "Comment vous faites ça ? demanda Yuriko, sincèrement étonnée, tout en se préparant un verre pour elle-même.&lt;br /&gt;- Qu'importe comment j'ai fait, maintenant, vous me devez une semaine de service en plus !&lt;br /&gt;- Je sais bien, oui..." grommela-t-elle. Même pas payée. Comment aurait-elle pu deviner que les saintes ne ressentaient pas l'effet de la boisson ? D'un autre côté, cela expliquait son habituelle austérité à table. Pourquoi boire quand on a pas l'ivresse qui va avec ? "En tout cas, ajouta-t-elle après s'être étirée, maintenant que sa curiosité a failli tuer le chat, le chat va-t-il enfin écouter ce que je lui répète depuis plusieurs jours déjà ?" Un verre dans une main et la bouteille de vitriol dans l'autre, elle baissa la tête juste à temps pour éviter le pied de la chaise que brandissait un Léander légèrement excédé. Le flacon qu'elle avait reposé précipitamment oscilla dangereusement sur la table jusqu'à ce que Mannrig, avec des réflexes salutaires, ne le stabilise. Le liquide du verre qu'elle tenait encore à la main n'avait pas débordé, mais peu s'en était fallu. ça n'allait pas, ho ? Hé ! cria-t-elle alors que, persévérant, il venait de lui faire renverser son Surprenez-moi avec cette arme barbare. En colère, elle laissa tomber son verre et le restant d'alcool trouble qu'il contenait. C'est alors que, comme s'il avait senti que les risques pour son arête nasale de se fracturer brutalement à la suite d'un malheureux concours de circonstances se trouveraient soudain décuplés s'il récidivait, il avait reposé sa chaise, puis s'était rassi pour écouter passivement, mais avec un regard un peu mauvais quand même, un flot d'injures passionnées dans une langue à laquelle il ne comprenait rien.&lt;br /&gt;Finalement, il se leva et sortit prendre l'air. Bonne idée, tiens, il en avait besoin ! lança-t-elle en prenant leur sainte à témoin du bellicisme injustifié de Léander. On avait le droit d'être à bout de nerfs, en état de choc, éprouvé, fatigué, irascible ou irritable, mais pas d'essayer de fracasser le crâne de son interlocutrice avec une chaise à la première pointe d'ironie ! "Hé, vous l'avez cherché, contredit Skyla, c'est surtout de votre faute, là.&lt;br /&gt;- Quoi ? Attendez, c'est bien lui qui en est venu aux gestes, non ? répondit-elle, assez surprise que quelqu'un trouve le moyen d'essayer de le justifier.&lt;br /&gt;- Ce n'est pas forcément très malin de balancer à quelqu'un qu'il a failli mourir de cette manière. Cela peut vexer, je veux dire.&lt;br /&gt;- C'est un fait.&lt;br /&gt;- Même."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors qu'elle essayait de se remplir un verre pour la énième fois, un bruit sec l'interrompit. Cela venait de... Elle se leva de sa chaise et sortit du salon pour aller jeter un coup d'oeil. Une lame dépassait du bois de la porte d'entrée. À peine avait-elle vu la petite pointe de métal que celle-ci disparut. On l'avait retirée de l'extérieur. Un peu agacée par cette manie qu'avait les gens par ici de dire bonjour avec des poignards, d'ajouter comment ça va avec des poignards, de manger avec des poignards, de s'embrasser avec des poignards puis de forniquer avec des poignards, elle empoigna le bouton de la porte et ouvrit brusquement celle-ci. "On vous a jamais appris à frapper ?" demanda-t-elle à un Léander qui tenait bien haut l'objet qui se trouvait encore planté dans la porte quelques secondes auparavant, et un papier dans l'autre main. Et elle, on lui avait jamais appris à être aimable ? Il lui donna ce qui s'avéra être une lettre signée Alessandro, et elle lui claqua la porte au nez parce qu'il ne s'était visiblement pas encore assez calmé.&lt;br /&gt;Rien de nouveau sous le soleil, se dit-elle en lisant la missive. La maison d'un de ses amis, disait Alessandro, avait malencontreusement été détruite suite à leur petite infraction du matin. Ils devraient fournir des infos sur Ernst au plus tôt, faute de quoi le camarade Piotr s'occuperait de leur cas. Ah bon. Elle tendit le papier à la sainte tandis que Léander rentrait. Qu'allaient-ils faire, à présent ? Heu, ben, y'avait qu' attendre ici. Ils enverraient certainement quelqu'un pour les obtenir, ces infos, hein. Personne ne demande de renseignements sans laisser à un moment ou à un autre à celui qui est censé répondre l'opportunité de le faire. Quand ils enverraient cet émissaire, ils n'auraient qu'à le capturer et à l'interroger pour en apprendre un max sur Bardley et ses collègues. Simple et efficace.&lt;br /&gt;Peut-être que cela semblait un peu trop simple, un peu trop évident, un peu trop facile pour être vrai. Toujours est-il qu'ils attendirent tout l'après-midi que quelqu'un vienne. Pour ne pas laisser d'ambiguïté, Mannrig avait renvoyé le poignard volant quelque part sur les toits, en face, avec leur réponse attachée dessus, et elle-même avait crié dans la rue, pour le cas où ils seraient surveillés, que pas de problème ils acceptaient de parlementer.&lt;br /&gt;Autour de dix-neuf heures, alors qu'ils venaient de finir une cinquième partie de poker à laquelle Léander s'était joint pour plumer jusqu'aux os les deux autre joueurs, un bruit métallique se fit entendre à l'extérieur, immédiatement suivi des sanglots de l'escalier que le nouveau venu était apparemment en train de broyer sur son passage. Quatre paires d'yeux ronds émigrèrent de la salle à manger à l'entrée de la pièce principale pour regarder vers d'où venaient les bruits avec une appréhension perceptible. Il y eut un instant de silence, comme le calme avant la tempête, et la porte éclata, arrachée en même temps que le chambranle par un coup qui avait fait trembler les murs. Un homme grand et massif, engoncé dans une lourde armure, entra. L'absence de heaume laissait voir de petits yeux noirs profondément enfoncés dans d'énormes orbites aux arcades sourcilières proéminentes, ainsi qu'un crâne chauve et à première vue atrophié dans lequel une centaine de mots de vocabulaire essayaient sans doute de se faire de la place.&lt;br /&gt;L'individu sembla hésiter, puis leva sa hache à double tranchant et l'abattit sur le meuble le plus proche. L'armoire de chêne concernée sembla exploser sous le choc. En fait, Yuriko se rendit compte, quand les derniers lambeaux de bois furent retombés, qu'une bonne moitié avait survécu. Le pithécanthrope colérique démolissait toujours le mobilier sans s'attaquer à eux en particulier. De l'intimidation, peut-être ? Mannrig s'approcha, un verre de Surprenez-moi à la main, et déclara en somme, histoire d' amadouer la bête, que du calme, pas de raison de s'énerver, qu'il prenne un verre. On allait s'asseoir pour discuter intelligemment, comme des gens civilisés, n'est-ce pas ? Ben non. La hache faucha circulairement le sauvage qui tomba en arrière. L'individu s'apprêtait à porter un second coup, mais Léander et Yuriko étaient déjà sur lui. Cette armure était un obstacle infranchissable. Les coups pleuvaient sans jamais blesser le colosse. En revanche, celui-ci parvint à riposter et à blesser Léander assez gravement, détruisant du même coup le lit qui se trouvait juste derrière dans une onde de choc destructrice. Cela se passait très mal. En volant juste derrière lui, Yuriko frappait à répétition le monstre, mais ne parvenait qu'à laisser quelques traces de poings à la surface métallique de l'armure. Elle était en nage, et dans cette situation désespérée, c'était pas bon signe. Le sauvage et Léander avaient dégusté, mais se battaient toujours. Combien de temps tiendraient-ils ?&lt;br /&gt;Soudain, et contre toute attente, l'épée de Mannrig trouva une faille dans la carapace d'acier et s'y enfonça profondément. L'homme sembla presque surpris, mais leva à nouveau sa hache. Le sauvage ne survivrait pas à un coup pareil, il fallait faire quelque chose. Avec toute la force qui lui restait, Yuriko arrosa l'armure frappes successives des genoux et des coudes, sentant plusieurs côtes céder en-dessous. Rageant, leur adversaire se désintéressa de Mannrig et rehaussa son arme en tournant la tête dans la direction opposée. Et merde. À présent, c'était elle qu'il allait viser.&lt;br /&gt;Mais l'individu se figea soudain, puis laissa tomber sa hache. Léander, dans un geste puissant et harmonieux à la fois, venait de glisser sa rapière entre deux plaques d'armures, et de l'enfoncer jusqu'à la garde à l'intérieur de la poitrine de leur homme. (de l'aisselle droite à l'épaule gauche.) Dans un bruit infernal, le monstre s'effondra au milieu de la pièce, agité encore par quelques sursauts nerveux. À peine capable de penser, Yuriko lévita jusqu'au-dessus du seul lit miraculeusement épargné par la fureur du combat et s'y laissa tomber, sachant tout danger provisoirement écarté. Le tout s'était passé très vite, mais elle était à bout de forces et de nerfs. Elle eut à peine le temps de remarquer Skyla qui s'occupait de la jambe du sauvage, et sombra dans un demi-sommeil réparateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La suite cette semaine, j'essaie.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-2650550642799019021?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/2650550642799019021/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=2650550642799019021' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2650550642799019021'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2650550642799019021'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/10/la-hache.html' title='À la hache.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-5229361565372947258</id><published>2009-10-13T13:46:00.000-07:00</published><updated>2009-10-13T14:01:16.434-07:00</updated><title type='text'>Noir délire.</title><content type='html'>09/10/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nous avons cinq rounds pour nous préparer. Passé ce délai, toutes les armes sont enchantées afin de toucher l'immatériel, Néro et myllenia sont invisibles. L'ombre aux yeux rouges a grossi jusqu'à dépasser la cime des arbres. Elle est maintenant ce qu'on peut appeler massive et intimidante. Au début du combat, la moitié des personnages souffrent des malus de peur.&lt;br /&gt;- L'ombre attaque Dietrich mais fait une maladresse. (Dietrich a, dans le doute, été entouré d'un bouclier magique) Il contre-attaque méchamment. Néro la finit à grands coups de velocitas ventus, sa technique la plus bourrine. Elle éclate en une confiture noire qui tache les vêtements.&lt;br /&gt;- Puis elle reconstitue au bout de quelques rounds, au milieu du groupe. Elle attaque et touche Virgil, qui rate son test de Rmys (résistance mystique) et se mange des malus aux actions. Nalya tente de l'électrocuter mais n'a pas réussi à lancer son pouvoir avec suffisamment de puissance pour qu'il affecte l'immatériel. (fallait faire 40, il a fait 38) Puis elle meurt sous les coups des autres, (l'ombre, pas Nalya) et se fait magnifiquement finir par la paladine.&lt;br /&gt;- Quelques rounds à nouveau, et réapparition. Cette fois, Pernilla n'a pas cessé d'accumuler du zéon, et pose des boucliers magiques sur tout le monde sauf les invisibles. L'ombre fait une attaque de zone sur Myllenia+Virgil+Dietrich, et rate son coup. Elle meurt à la suite des contre-attaques. Encore une fois, c'est Myllenia qui a le dernier mot.&lt;br /&gt;-Elle réapparaît devant nous. Kurt prend la moitié des joueurs par surprise, charge et lui défonce sa race, puis c'est au tour des autres. Elle touche Néro, mais celui-ci réussit sa Rmys. Un impact télékinétique fait tomber quelques arbres. Elle remeurt. (finie par Myllenia, pour changer) On suggère à Dietrich d'essayer de la révoquer. Il pose son sac et commence à se préparer.&lt;br /&gt;- Réapparition au bout de 8-10 rounds. Dietrich échoue. Pernilla tente des projectiles magiques en série, mais pas moyen de faire mieux que des éraflures. Un autre impact, plus efficace, propage une onde de choc qui déracine un certain nombre de vieux chênes tortueux. Elle remeurt sous les coups répétés, non sans avoir frappé de nouveau Virgil qui manque son test de Rmys. Comme d'hab', c'est la paladine qui l'achève.&lt;br /&gt;- Rebelote. Tout le monde est protégé par les boucliers, à présent, mais l'ombre arrive à toucher Virgil encore une fois, et il rate sa Rmys. Tout le monde se jette sur elle, et elle saute à nouveau. Pernilla réussit enfin à résister à la peur.&lt;br /&gt;- L'ombre réapparaît, se mange un impact télékinétique suffisamment puissant, cette fois, pour la faire voler à une quarantaine de mètres. Ensuite, les autres arrivent et c'est la curée. L'ombre éclate une fois de plus. Pernilla, cherchant une solution, va au cœur du problème et se téléporte inconsidérément au centre du nœud d'obscurité. Elle est plaquée à la surface extérieure de la sphère, hurle de douleur pendant une seconde et demie et perd conscience, puis retombe avec un paquet d'hémorragies et des coupures partout. Ses fringues sont ruinées et tous les sorts maintenus sautent. Le nœud d'obscurité produit des éclairs sombres.&lt;br /&gt;- L'ombre ne réapparaît plus. Précision descriptive : à chaque fois qu'elle est sur le point de mourir, sa "chair" d'obscurité se détachait, révélant une ossature décharnée et immense, puis elle éclatait en cette substance noire proche de la confiture, avant de se recomposer en rassemblant ses morceaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Virgil remarque quelque chose de bizarre, comme une intuition, et se demande si la chose est tout à fait partie. Il lance une boule de feu à une cinquantaine de mètres au-dessus de nous, les flammes semblent noires au bout. Il génère une flammèche dans sa paume, et confirmation. Nalya regarde. Enlève ta chemise. Il a des dessins/formes géométriques noires sur la poitrine. Chelou. Apparemment, il reste un petit morceau de la malédiction. Pas plus nocif que ça, mais voilà.&lt;br /&gt;- Néro soigne un peu Pernilla. Nalya essaie aussi, mais plante ses jets. Le patient se meurt. Merdouille. Grâce à la proximité du nœud d'obscurité, Virgil parvient à soigner les hémorragies restantes, mais c'est coma pour plusieurs heures, apparemment.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-5229361565372947258?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/5229361565372947258/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=5229361565372947258' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/5229361565372947258'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/5229361565372947258'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/10/noir-delire.html' title='Noir délire.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-8882296605416193230</id><published>2009-10-13T13:43:00.000-07:00</published><updated>2009-10-13T14:01:16.440-07:00</updated><title type='text'>Noires errances.</title><content type='html'>02/10/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Nalya tente de détruire son arbre, rate, rate et rate.&lt;br /&gt;- Néro finit de déterrer ce qui s'avère être un cadavre, Nalya utilise la télékinésie organique pour le faire voleter. C'est bien celui qui était cloué au chêne. Elle réussit son test d'impassibilité avec brio, puis se rend compte que c'est un peu dégueulasse quand même et ils le ré-enterrent un peu plus loin, dans l'espoir absurde qu'il s'en trouvera libéré.&lt;br /&gt;- La mentaliste s'acharne à défoncer l'arbre à coups d'impacts, et finira par y arriver avec l'aide de Néro et d'une hache, mais chaud coco. En passant, elle réveille tout le monde avec des ondes de chocs.&lt;br /&gt;- Comme le matin pointe et qu'on est réveillés, on repart pour la rando.&lt;br /&gt;- Au bout de deux-trois jours, c'est la dèche, y'a plus rien à manger. (sauf pour certains capitalistes qui se sont gardés une réserve personnelle) On arrive à un village.&lt;br /&gt;- Dans le but honorable de ne pas faire passer le groupe pour une bande de truands, Pernilla commence par prévenir avec une apparence illusoire d'autochtone aigri qu'ils n'ont pas la moindre intention de tuer ou violenter qui que ce soit, simplement besoin de bouffe. C'est assez mal reçu. Les gens sortent des maisons. (sans doute à cause de la voix grave, mais je voulais vraiment pas faire "menaçant", sisi.) Ah mais on peut payer, ah mais c'est qu'ils s'en foutent, de l'or. Qu'est-ce qui a de la valeur pour eux, alors ? Hé bien on n'a qu'à réparer la barrière. Cool.&lt;br /&gt;- Comme certains villageois tiquent un peu en voyant le crucifix inversé sur la poitrine de Kurt, celui ci commence à revendiquer son statut. ("Oui, je suis sataniste, et alors ?") Alors que la moitié du groupe imagine toutes sortes de moyens de le faire taire, Nalya réagit promptement et l'aveugle de flashes blancs avec des illusions psychiques, avant de lui balancer des sirènes dans les oreilles. Il se débraguette et commence à uriner en cercle tout autour de lui en criant je sais plus trop quoi, mais sans doute que c'est ça qui faisait rire tous les gamins du village.&lt;br /&gt;- On répare la barrière, la plupart d'entre nous, pendant que Virgil nous regarde faire et que Kurt va méditer à l'église locale. Le faire passer pour fou n'a rien arrangé, dans la mesure où c'est un signe de plus qu'il est possédé (hé oui) par le malin. Nous sommes occupés tout l'après-midi par ce labeur ennuyeux, et il a le temps de faire la connaissance d'un autre dément du coin, un petit vieux tout maigre qui parle à la tombe de ses parents. Malheureusement, ce dernier refuse de venir lui tenir compagnie pour ses derniers jours.&lt;br /&gt;- On s'en va avec cinq jours de nourriture.&lt;br /&gt;- Au bout de cinq jours, Nalya met de côté ses scrupules pour faire de la place à son estomac, et transforme un arbre pas trop gros en viande séchée, ce qui nous fait 100kg de bouffe de réserve. On se jette dessus pour débiter tout ça à la machette, puis on repart.&lt;br /&gt;- Une nuit, Virgil est emmené dans une dimension parallèle par un géant musculeux en armure rouillée qui lui ruine sa tente avec un poignard d'os qu'il a sorti de son poignet pour le motiver à venir. Néro s'aperçoit de ce que la tente est déchirée, et voit disparaître son pote. De plus, l'amulette brille à travers les vêtements de Pernilla. Courageusement, il décide de ne réveiller personne et de recoudre la tente déchirée.&lt;br /&gt;- Virgil est amené (notant au passage qu'un paquet de saloperies vivent dans le coin, y compris des aberrations, même si elles semblent moins agressives qu'à l'extérieur) par le géant en face de celle qui se présente comme étant Celine Luna. (La pouffe qui nous a sauvé la vie dans le premier scénar, parce qu'on l'avait sortie du pétrin) En bref, Celine (pronocer "séliné") est une sorte de déesse dans la veille, d'un pouvoir qu'on peut sans ciller qualifier d'incommensurable, et qui nous a tiré de la merde à chaque fois qu'on faisait des rêves bizarres dans la veille. (= la dimension parallèle dont je parlais) Pour ce faire, elle a coutume d'envoyer ses émissaires, qui sont le gros type en armure et un autre homme avec un masque, le chasseur obscur. (Virgil a foiré ses tests de mémorisation mais c'était Jäger, recruté y'a pas bien long par Celine. Pas la peine de dire merci.) Il explique qu'ils vont en pèlerinage dans les terres désolées du Moth pour le débarrasser d'une malédiction, et il la montre à son interlocutrice. Dans la veille, ça ressemble à une grosse tumeur noire exfoliée, pleine d'yeux luisants. Charmant. Elle lui donne un petit manuel écrit par ses soins : "Se débarrasser d'une terrible malédiction pour les nuls", où tout sur la façon de s'y prendre est expliqué clairement. Puis elle explique qu'elle doit partir pour Graven, la capitale, pour des affaires de politique des dieux de la veille absolument inaccessibles aux misérables mortels comme toi, couillon.&lt;br /&gt;- Virgil ressort de la veille en chaussettes, dans la boue, à 50 m de sa tente, et retourne se coucher.&lt;br /&gt;- On repart.&lt;br /&gt;- Les sorciers et Néro qui voit le surnaturel, s'aperçoivent que dans les jours qui suivent, la lumière décline lentement, jusqu'à ce que le jour même n'apporte plus vraiement de clarté. Un jour, on aperçoit au loin un dôme obscur qui dépasse de la cime des arbres : c'est le noeud d'obscurité.&lt;br /&gt;- On y arrive quelques jours plus tard, et progressons à l'intérieur d'un univers de plus en plus ténébreux, jusqu'à ce qu'on arrive au nœud à proprement parler. Côté effets spéciaux, c'est légèrement décevant : on a une sphère noire et lisse entourée de brumes obscures qui flotte à 4-5 mètres au-dessus du sol. Le nœud se comporte comme un réservoir à zéon infini dans lequel les sorciers peuvent puiser à volonté.&lt;br /&gt;- Le rituel se fait, malgré quelques erreurs, et au bout de deux bonnes heures de boulot à triturer l'âme de Virgil, Pernilla fait sortir l'ombre.&lt;br /&gt;- La malédiction s'échappe comme le gaz d'une bouteille de coca, sous la forme d'une créature vaguement humanoïde, bientôt rejointe par les deux autres que Virgil avait vomi il y a un moment, quelque part à Torda.&lt;br /&gt;- Cela gonfle. Deux yeux rouges apparaissent dans le noir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;'ttention ça va chier, avis aux amateurs !&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-8882296605416193230?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/8882296605416193230/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=8882296605416193230' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8882296605416193230'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8882296605416193230'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/10/noires-errances.html' title='Noires errances.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-2051040986049889810</id><published>2009-10-13T13:35:00.000-07:00</published><updated>2009-10-13T14:01:16.444-07:00</updated><title type='text'>Les champignons atomiques.</title><content type='html'>18/09/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La plupart des fuyards s'assirent immédiatement après que Dietrich eut déclaré une halte. Ils couraient depuis un peu plus d'une demi-heure à un rythme soutenu, avec les ailes que donne la peur. Certains étaient couverts de boue des pieds à la tête, d'autres avaient la peau lacérée par les ronces, et tous tentaient de récupérer leur souffle comme ils pouvaient, sauf peut-être Néro, aussi increvable que d'habitude.&lt;br /&gt;Ils ne pourraient pas continuer comme cela indéfiniment. Les créatures étaient peut-être déjà à leurs trousses. Nalya, lévitant par la force de son esprit à environ un mètre au-dessus du sol, cherchait nerveusement une solution. Pour la discrétion, c'était pas tout à fait ça, mais on avait d'autres soucis plus immédiats. Elle se concentra un petit moment, puis dissocia son esprit de son corps. "Qu'est-ce que tu fais ?" demanda une voix dans sa tête. C'était Néro. Il ne regardait pas le tas de matière organique inerte et endormi qui flottait dans les airs, mais bien l'ectoplasme éveillé qui se trouvait maintenant juste à côté. "Je vais retourner du côté des roulottes, histoire de situer un peu les bestioles, répondit-elle, et de savoir si le danger est proche. Tu préviens les autres, si quelqu'un essaie de me parler, d'accord ?&lt;br /&gt;- Ok, je fais ça."&lt;br /&gt;Les arbres , les feuilles et la boue se mélangèrent alors que l'avatar spirituel de Nalya fusait à travers la forêt, méprisant les obstacles matériels. Après cinq minutes à voler silencieusement en direction de l'endroit où ils avaient laissé leurs véhicules, elle reconnut la côte que la plupart de ses compagnons avaient descendu en se vautrant dans la boue lors de la débandade initiale. Il y avait encore l'empreinte imprimée dans la terre meuble du visage de Néro et le sang de Virgil sur les cailloux, en bas. (ça s'appelle une maladresse au jet d'athlétisme) Heureusement que Dietrich et Myllenia étaient passés derrière pour le récupérer. Avec prudence, la projection spirituelle prit son envol et s'éleva jusqu'à dépasser de quelques centimètres la cime des arbres. Puis elle s'approcha de ce petit sentier à flanc de colline où elle avait été contrainte, une demi-heure avant, d'abandonner sa précieuse et confortable roulotte.&lt;br /&gt;Sans surprise, il n'en restait pratiquement rien. Enfin, dans un sens, c'était surprenant, parce qu'il aurait dû en rester quand même quelques gros morceaux épars, ainsi que des objets en métal pas trop endommagés. Tandis que là... Il n'y avait que des débris de bois au sol, ici un bout de roue, et ailleurs un livre déchiré ou des lambeaux de tissu. Trois des créatures étaient présentes, et semblaient occupées entre elles, leur gueule dégoulinant de sang et de pattes de chevaux. Nalya put les observer un peu plus attentivement : c'étaient des quadrupèdes de la hauteur d'un être humain adulte, longs, larges et massifs. Elle hésitait même à les qualifier de quadrupèdes, tant leur anatomie semblait défier les lois physiques. Leur thorax s'ouvrait en son centre pour former une gueule béante, dont les crocs longs n'étaient rien moins que des côtes, et leurs muscles apparents, non recouverts de peau, étaient parsemés de trous illogiques. Jamais notre monde n'aurait pu engendrer de pareilles chimères, se surprit-elle à penser en considérant ces fascinants êtres vivants. Au fait, où étaient les deux autres ? Il y en avait bien cinq, pourtant... Elle s'éleva quelque peu dans les airs, et s'approcha d'un bosquet un peu bruyant. Les deux autres monstres étaient là. Le premier d'entre eux poussait des cris en se hissant sur ses pattes arrières, un peu comme l'aurait fait un ours, sauf qu'un ours ne braille pas par la poitrine. Le second, lui, aurait plutôt évoqué un chien. Il cherchait des pistes, à l'endroit précis où ils avaient fui. Soudain, il sembla avoir trouvé, et s'engouffra dans les fourrés, à la recherche de ses proies. Charmantes bestioles...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On aurait dit qu'elle dormait. D'ailleurs, c'était peut-être le cas, quoique seules quelques dizaines de minutes se fussent écoulées. Alors que Virgil contemplait depuis plusieurs minutes, fasciné, le corps lévitant de Nalya (d'ailleurs, c'était sûr, elle dérivait lentement vers la gauche.), celle-ci ouvrit brusquement les yeux, avant de les fermer, de les frotter puis de les rouvrir, comme pour faire la netteté. Les monstres -Des aberrations, précisa Dietrich- venaient de quitter le chemin pour s'engager sur les traces de leurs proies. Il allait pas falloir traîner, sans quoi ils connaîtraient vraisemblablement le même traitement que les chevaux. Virgil eut un léger frisson en se rappelant les hennissements de douleur qu'ils avaient entendu pendant leur fuite. Des hennissements particulièrement longs et évocateurs. À en croire l'expérience -et c'est pas un petit joueur- de leur guide touristique, même à sept, ils auraient peiné à en abattre un seul. Alors, cinq...&lt;br /&gt;Soudain, le pyromancien eut une idée, et sourit pour lui-même, pendant qu'autour de lui ses amis s'affairaient. Que tout le monde écoute, fit une voix. Il releva la tête : c'était Paola.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m'occupe bientôt de résumer la fin en style "notes"&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-2051040986049889810?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/2051040986049889810/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=2051040986049889810' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2051040986049889810'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2051040986049889810'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/10/les-champignons-atomiques.html' title='Les champignons atomiques.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-6343469418294583964</id><published>2009-10-05T08:43:00.000-07:00</published><updated>2009-10-18T11:01:32.191-07:00</updated><title type='text'>Un chaton mort sur les pavés.</title><content type='html'>26/09/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je double." annonça-t-elle, brisant le silence de la nuit. Mannrig, tout sourire (money = sourire), réunit les cartes en un tas qu'il mélangea habilement, avant de distribuer les mains à toute vitesse. Yuriko examina son jeu en fronçant les sourcils, puis jeta son seul carreau presque sans hésiter. Non seulement elle avait déjà un dix et un valet de pique, mais les carreaux ne lui portaient pas souvent chance. D'une main leste, elle se saisit de la plus haute carte de la pioche, et demanda au sauvage s'il savait où était passé Léander. Non, il savait pas. Il était parti une ou deux heures auparavant pour faire quelque chose, sans préciser quoi ni où. Allez, si la prochaine était une carte noire, il ne prendrait pas trop de risque et reviendrait en un seul morceau. Retenant sa respiration, Yuriko attrapa d'un geste vif ce qui se révéla être un carreau, qui plus est consécutif au premier qu'elle avait jeté. Bon, au moins, ça prouvait qu'elle avait tort d'avoir des préjugés contre les carreaux, et que toutes ces superstitions n'avaient sans doute pas beaucoup de sens. Fallait pas s'inquiéter, quoi. Ou peut-être que si, vu que de toutes façons c'était à cause des carreaux qu'elle avait jeté le premier. En fait, ils ne lui portaient chance que quand elle ne comptait pas dessus, un peu comme par bravade. Saloperie, pensa-t-elle en se délestant de la carte fraîchement piochée.&lt;br /&gt;Tout près, leur sainte et leur convalescent dormaient profondément. Et cette histoire d'épervier, qu'est-ce que c'était ? Les vêtements de Kristeva, la princesse des voleuses, traînaient sur le sol, près du simulacre de lit que Skyla s'était fait avec quelques coussins et tentures. Au bout de vingt minutes, ils délibérèrent, puis abattirent leurs jeux. Elle avait une assez belle suite avec les piques, ce qui lui permit de l'emporter. Une autre ? Ouais. À moi de mélanger. Ouais, aussi. Combien, cette fois ? Ch'sais pas, on verra.&lt;br /&gt;Ils continuèrent avec acharnement au moins jusqu'à trois heures du matin, si ce n'était plus, et se couchèrent dans la foulée. Mannrig se recroquevilla dans un coin de la pièce, alors que Yuriko se faisait une place sur le lit, à côté de Roger, dormant dans les nouvelles fringues qu'elle lui avait achetées. Au bout d'une heure, elle s'éveilla puis grilla une cigarette. L'effet de l'inquétude. Et peut-être aussi un peu d'énervement, se dit-elle en écrasant le mégot sur le visage du joker (le rouge), qui traînait parmi les cartes éparpillées sur la table. Un petit bruit se fit entendre, et la sainte émergea de son sommeil. Skyla ? Oui ? À vrai dire, elle se demandait... Pourquoi la drogue qui était censée rendre leur homme doux comme un agneau n'avait-elle pas agi ? "Comment voulez-vous que je le sache ?" Eh bien, c'était elle qui se l'était procurée, non ? Non. La sainte désigna du menton le coin de la pièce d'où émanaient les effluves de Mannrig, et précisa que c'était lui, et lui seul, qui avait acheté ce machin. Elle renifla d'un air hautain et ajouta que si ç'avait été elle, elle aurait au moins pensé à demander quelques précisions sur les effets, juste comme ça, au cas où...&lt;br /&gt;Yuriko se leva du lit sur lequel elle était assise pour aller donner un coup de tatane dans les côtes du sauvage endormi, qui sursauta et ouvrit des yeux vitreux. Salut, bien dormi ? demanda-t-elle avec un sourire qui se voulait amène. Pouvait-elle voir le médoc qu'il avait acheté ? Peut-être. C'était pour quoi faire ? Pour qu'elle, là, elle regarde un peu, répondit-elle en montrant Skyla du pouce, et les renseigne éventuellement sur ce qui n'avait pas marché lors de l'utilisation. Okay, dit Mannrig en tendant la fiole à la sainte qui s'en saisit et regarda longuement la mixture avant de lâcher, avec un sourire : "De l'aquatofana... C'est puissant, ça affaiblit l'organisme, de mémoire, ça coûte super cher et ça met plusieurs jours à agir. Si j'avais su plus tôt, on aurait sans doute légèrement modifié le plan." Yuriko rigolait, et Mannrig était furax. Quoi ? Il allait retrouver ce traître d'apothicaire qui diluait ses potions exprès pour en retarder l'effet, et il demanderait à se faire rembourser, parce que merde, hein, fallait pas déconner. Le sourire amusé de Skyla sembla légèrement se craqueler lorsque le sauvage fixa son arc dans son dos, se fissurer quand, dans un sifflement de métal, il glissa son épée dans son fourreau, et s'effondra littéralement quand elle vit luire à la flamme des chandelles la douzaine de poignards et de lames de toutes sortes que Mannrig cachait sous ses multiples laines et fourrures. C'est bon, j'ai compris, dit Yuriko, je vais l'accompagner. La sainte se tourna vers elle avec une telle détresse dans le regard qu'elle se sentit obligée d'ajouter, en souriant de toutes ses dents "ben, pour l'aider à se faire rembourser, quoi..."&lt;br /&gt;Et on était partis. En tout cas, je te parie ce que tu veux qu'il sera vénère de se faire réveiller à cinq heures du matin par deux emmerdeurs ayant une réclamation. (vous avez compris : on a inventé les témoins de Jéovah.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La porte s'entrouvrit. De là où elle était, Yuriko ne pouvait pas voir l'occupant, mais elle comprit aux paroles de Mannrig qu'il s'agissait de l'apothicaire lui-même. Il lui avait vendu de la merde ! Qu'il rembourse immédiatement s'il voulait pas d'une fin tragique ! Oui mais non. De toutes façons, pas à une heure pareille. Allez, quoi ! Il était prêt à se faire rembourser à moitié prix. Désolé, mais l'argent ne l'intéressait pas. "Si l'argent ne vous intéresse pas, alors remboursez-moi !" Ciao. Mais Mannrig avait bloqué la porte avec son pied. "Dernier avertissement, dit l'antiquaire. Si vous vous obstinez, vous allez y laisser quelque chose de précieux, et moi, j'aurai perdu un client et un carreau d'arbalète." À quelle heure ouvrait-il ? Vers dix heures, pas plus tôt. Très bien, il y serait, répondit le sauvage en retirant son pied, visiblement frustré par ce contretemps. La porte claqua. D'un saut léger, Yuriko descendit du rebord de fenêtre où elle était juchée, et demanda à Mannrig de se planquer deux secondes. Toc, toc, toc. Il fallait profiter de ce que l'apothicaire était effrayé/fragilisé par son précédent visiteur pour lui proposer un service de protection rapprochée. De la psy-cho-lo-gie. Toujours.  Le bouton de porte tourna sur lui-même, et l'huis s'entrouvrit brutalement. "Quoi ?" demanda l'antiquaire d'une voix excédée. L'importune (mais opportuniste) asiatique sursauta devant cette vision d'horreur : de la bile en ébullition jaillissait des nasaux fumants du commerçant furibard, et deux pupilles démoniaques brillaient d'une lueur malsaine au fond de ses deux cavités orbitales noircies de cernes. Une des rides du vieillard s'étira jusqu'à se déchirer, puis s'ouvrit pour former ce qui s'avéra être sa bouche. Il articula dans un éclat de glaire moisi un "qu'est-ce que vous voulez ?" rocailleux et lent, comme s'il sortait d'un long sommeil. Ils avaient réveillé un monstre ; un terrible fléau pour l'humanité. Face à cette chose, une dérisoire chaînette de sécurité empêchait la porte de s'ouvrir totalement. Assurément, elle avait été placée là pour que l'apothicaire ne puisse sortir de sa cage. Il la braquait avec une arbalète. Pour tenter de l'apprivoiser, et surtout pour éviter qu'il ne devienne violent, elle bredouilla quelques justifications vaseuses (petit, petit, petit...) et la porte se referma sèchement.&lt;br /&gt;Mannrig sortit de sa cachette en rigolant et demanda très spirituellement si elle avait fait une jaunisse. Putain, mais pourquoi ne l'avait-il pas prévenue ? Prévenue de quoi ? Il y avait un vieillard en liberté à l'intérieur ! En effet, c'est celui-là même qui lui avait vendu l'aquatofana. Quoi ? Il traitait maintenant avec ce genre d'individus ? "Mais enfin, tu vas y laisser ton âme ! Tu as toujours une âme, quand même !&lt;br /&gt;- Attends voir, répondit Mannrig en fouillant dans sa besace, oui, il m'en reste un peu." Il valait sans doute mieux ne pas savoir ce qu'il avait compris. "Amène-toi, on retourne au lupanar..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Americh ne dormait jamais. Les passants passaient et repassaient sur les pavés pas secs. Il avait sans doute un peu plu au cours de la nuit. Très concentrée, Yuriko tentait depuis plusieurs minutes d'accorder ses bruits de pas avec ceux de Mannrig pour faire un petit rythme en deux double-croches, mais n'avait toujours pas réussi à répéter le motif sonore huit fois, condition habituelle pour pouvoir faire des breaks. Soudain, alors qu'elle pensait tenir le bon bout, d'autres pas sonores s'approchèrent rapidement, gagnant en intensité à mesure qu'ils avançaient vers elle. L'enchantement fut irrémédiablement brisé, et le rythme compètement perdu. Elle jeta un regard noir par-dessus son épaule, et reconnut un Léander essouflé qui courait dans leur direction. Il était donc encore vivant, youpi, c'est la fête au village ! Oubliant ses essais en percussions expérimentales, Yuriko s'arrêta et, quand il fut à leur hauteur, lui mit la main sur l'épaule pour lui demander si, lui qui était cultivé, il connaissait le proverbe "La curiosité tua le chat.".&lt;br /&gt;Haletant, il se redressa, sembla sur le point de dire quelque chose et, soudain, s'arrêta net. Dans un petit éclat d'acier, un objet volant non identifié venait de lui pénétrer la poitrine par-derrière et, pour être précis, de ressortir partiellement du côté du torse. Le souffle coupé, il s'écroula à moitié sur son interlocutrice avec un regard qui voulait dire que pas de blagues, le coin était malsain, fallait pas rester ici. "ça vient des toits, cria Mannrig. On y va !&lt;br /&gt;-Ferme-la et cours ! On s'arrache." Sans attendre la réponse, Yuriko épaula Léander, prit son envol et fusa au ras du sol en direction de leur QG. Ne pas traîner. Il pouvait claquer à tout moment. Jetant un coup d'œil derrière, elle s'aperçut que Mannrig ne la suivait pas. "Vous vous sentez de faire tout seul les trois pâtés de maisons qui nous séparent du bordel ?&lt;br /&gt;-Cela fait... moins mal que ça en a l'air" répondit le blessé en hachant ses mots, les larmes aux yeux et du sang affleurant aux lèvres. Il était très pâle et respirait laborieusement. Ouais. Menteur. "Attendez, je vais vous retirer ce couteau et...&lt;br /&gt;- Non ! coupa-t-il, saisi d'une peur légitime. Je préférerais la doc'." Joli témoignage de confiance ! Elle accéléra et passa un virage en courant sur les façades des maisons pour prendre appui, sans faire attention aux noctambules incrédules qui se retournaient sur son chemin. En quelques paires de secondes, elle avait atteint leur gîte. La porte s'ouvrit à la volée et elle traversa le hall en un éclair sans faire tomber une goutte de sang sur le lino blanc, prenant à peine le temps de lancer un "tu n'as rien vu !" affirmatif à la fille qui s'occupait de l'accueil. Après son passage, une pièce d'or finit d'accomplir sa parabole dans les airs et tinta plusieurs fois sur le sol dans le silence global de la maison close.&lt;br /&gt;Lestement, Yuriko ouvrit la porte de leur chambre, entra et se figea. Pendant quelques secondes, elle fut incapable de parler, et la seule chose qui finit par sortir fut un bredouillement inintelligible du genre mais quoi mais non mais ho qu'est-ce que vous foutez là dans cette chambre ? L'homme à qui elle tentait de s'adresser était de dos, debout face au lit de Roger. Il portait une longue tunique noire et rouge du plus pur style shivatien (i.e. : chinois) avec un Kanji entre les omoplates. Un petit courant d'air s'engouffra dans la pièce à cause de la fenêtre ouverte, et fit voleter quelques bouts de papier ainsi que les longs cheveux de l'intrus. Ses amples manches se gonflèrent paresseusement. Il se retourna sans se presser, avec un grand sourire. (forcé ?) Comme on pouvait s'y attendre, il était bridé comme y'a pas, et jaune comme le vert de photoshop. Ses yeux formaient deux fentes fines comme des lames de rasoir (cette expression m'a marqué...) dont les paupières ne laissaient pas visibles les prunelles. "Je cherche Ernst, dit-il sans se départir de son sourire d'hypocrite. Où est-il ?&lt;br /&gt;- Ernst ? Connais pas d'Ernst, moi...&lt;br /&gt;- Ne vous moquez pas de moi. Nous avons besoin de lui parler.&lt;br /&gt;- Ha bon ? Désolée, vraiment, j'aimerais pouvoir vous aider, mais là, je vois pas.&lt;br /&gt;- Vous l'avez hébergé ici parce qu'il était blessé. Alessandro l'a raté, alors pour la dernière fois, où est-il ?" Trop loin, la fenêtre. Léander était dans les vapes ; il fallait trouver une solution, et vite. "Moi aussi, j'ai une question : la jeune femme qui se trouvait dans cette chambre avec lui, où est-elle ?&lt;br /&gt;- Pas la moindre idée." Au moins, Skyla était vivante, s'il ne l'avait pas trouvée ici. "Bon, eh bien, je ne peux pas vous renseigner, vous ne pouvez pas me renseigner : on est quittes ?" Pour toute réponse, l'homme fouilla dans ses manches et, d'un geste vif, lança plusieurs objets métalliques en direction de son interlocutrice, qui parvint à résister à l'envie de se servir de Léander comme d'un bouclier humain, et se contorsionna brusquement pour les éviter. Elle avait toujours le blessé accroché à l'épaule, et n'était assurément pas passée loin de se retrouver dans le même état que lui, ou pire. Une fraction de seconde plus tard, ils se retrouvèrent dans le couloir, plaqués contre le mur adjacent à la porte, cinquante centimètres au-dessus du sol. Que faire ? La vision de trois tiges métalliques profondément enfoncées dans la rambarde du premier étage, juste en face de la porte ouverte, se pyrograva instantanément dans sa rétine. Pas rester ici. Avertissement, pour ceux qui n'auraient pas compris : je perfore tout type d'organe à n'importe quelle heure, sept jours sur sept. Réductions pour les grosses commandes et tarif groupé à partir de cinq personnes. Enfants admis et majoration légère sur les séances de torture. Apparemment, quelqu'un avait décidé de faire taire les curieux et les emmerdeurs, parmi lesquels Ernst, Léander, Skyla bientôt et Mannrig possiblement. Quant à elle, y'avait pas de raison : c'était juste pour profiter du prix de groupe. Dans un vol subliminal, elle passa par-dessus la rambarde et descendit au rez-de-chaussée. "Mais qu'est-ce que vous faites ?" demanda la fille de l'accueil en s'étonnant pour la seconde fois de ce passage en coup de vent. De quoi tu te mêles, toi ? "Faites comme moi !" conseilla Yuriko avec un bon sens qu'on ne saurait nier, avant de disparaître par l'entrebâillement de la porte, qui n'avait même pas fini de se refermer depuis son dernier passage. La rue, enfin ! Jetant des coups d'œil autour d'elle, elle aperçut Mannrig à une cinquantaine de mètres, qui arrivait d'un pas rapide. Elle se précipita vers lui, lestée de Léander qui avait tourné de l'œil. "J'ai pas retrouvé le lanceur de couteaux, y'avait trop de monde dans la rue, expliqua-t-il, Pourquoi tu fais cette tête ?" Parce que, répondit-elle, il y avait un putain de tueur dans la chambre, et les deux autres locataires avaient disparu ! Mannrig regarda en direction de la porte du bordel et demanda qu'est-ce qu'il attendait pour sortir, alors. C'était vrai, ça. Qu'est-ce qu'il attendait ? Et eux, qu'est-ce qu'ils attendaient pour décamper ? Qu'il sorte ? Mannrig fit remarquer que Léander n'avait pas une tête à être encore en vie, et quand elle se rendit compte qu'il était complètement avachi, une salive mêlée de sang aux lèvres, elle faillit le croire. Cependant, une respiration pénible témoignait du fait qu'il était vivant. Pour combien de temps, en revanche... Pas moyen de la savoir précisément, d'autant plus qu'on n'avait pas de médecin sous la main. La seule chose dont elle ne doutait pas, c'est qu'il allait crever si on ne faisait rien. "Vas-y, retire la lame." Mannrig extirpa habilement le poignard de la cage thoracique du blessé, avant que Yuriko lui transmette son énergie corporelle. Un des effets collatéraux de ce surplus était que le corps reconstituait ses tissus à toute vitesse pour évacuer. Bon, c'était pas parfait, mais au moins, l'entaille ne saignait plus.&lt;br /&gt;Où allait-on l'amener, maintenant ? Il était absolument exclu qu'ils demeurassent debout au milieu de la rue avec un presque mort sur les bras, exposés à tous les poignards volants. Si on voulait retrouver la sainte, dit Mannrig doctement, il n'y avait qu'à aller à l'église, elle ne pouvait être que là-bas. Mais oui mais c'est bien sûr ! Comment n'y avait-elle pas pensé plus tôt ? Malgré tout subsistait un problème : que faire avec tous ces vieillards qui rôdaient à l'intérieur ? "Heu... développa le sauvage.&lt;br /&gt;- Tu vas tous les faire sortir toi-même ?&lt;br /&gt;- Oui, par exemple. Je peux." Yuriko soupira. C'était extrêmement risqué, mais au point où on en était, c'était la seule chose à faire. Et puis, Mannrig en avait déjà vaincu un par le passé, il pouvait donc y parvenir une seconde fois. S'il délogeait les vieux lui-même, alors d'accord, concéda Yuriko en rehaussant Léander sur son épaule. Il n'y avait plus qu'à trouver la bonne église.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'église s'avéra être d'influence et de statut très limités, en tant que seul monument religieux de la ville. Tant mieux. C'était plus discret comme ça. Dans une plainte d'acier aiguë, le sauvage dégaina son épée avant d'entrer dans la maison de Dieu. Elle assit Léander par terre contre le mur et écouta à la porte en retenant son souffle. "Vous ! fit la voix de Mannrig. Vous êtes le prêtre ?&lt;br /&gt;- Oui, répondit le concerné. C'est à quel sujet ?&lt;br /&gt;- Tu peux rentrer, c'est bon.&lt;br /&gt;- Quoi ?" demanda le prêtre. Après avoir attrapé Léander, Yuriko franchit le seuil de la porte et fit quelques pas à l'intérieur, puis s'arrêta net. Une silhouette noire et, semblait-il, courbée s'était dessinée près de la chaire. Où était Mannrig ? "Je suis là", dit-il juste derrière elle, la faisant sursauter. La silhouette noire s'approcha et passa près de cierges, révélant un jeune prêtre d'une trentaine d'années. Qui était cet homme ? demanda-t-il en parlant de Léander. L'avaient-ils tué ? Et pourquoi entraient-ils ici l'arme au poing ? Alors, patiemment, elle expliqua au monsieur qu'ils étaient un peu menacés, que l'homme que voilà avait subi une agression, qu'ils cherchaient un refuge et que n'avait-il pas vu, ces derniers temps, une superbe jeune femme venir dans son église ? Quelques jours auparavant, elle était en effet passée, mais à des heures un peu plus décentes. Posait-elle tout le temps des questions bizarres sur l'apocalypse ? Oui, ils parlaient bien de la même, pas de doute. Elle la connaissait bien, dites ! Enfin, c'était sûr qu'elle n'était pas passée au cours de la nuit ? Et elle n'avait pas donné d'infos sur un endroit où elle aurait pu aller ?&lt;br /&gt;Hébin que dalle. Quinze minutes plus tard, ils étaient de nouveau tous les deux dans la rue, pas plus renseignés sur l'endroit où se trouvait Skyla que sur les danses traditionnelles guatémaltèques. Léander avait été laissé dans le lit du prêtre, qui devait s'occuper de lui pour quelques jours. On savait que le tueur n'avait trouvé ni Roger ni la sainte, et donc que ceux-ci étaient quelque part en ville, probablement en vie. Ensemble ou séparés ? Va savoir, tout était possible. En tout cas, ils essaieraient sans doute de retrouver bibi et son copain Mowgli, se dit Yuriko en coulant un regard songeur vers Mannrig. "Dis... commença-t-elle petitement.&lt;br /&gt;- Quoi ? demanda le sauvage.&lt;br /&gt;- Où irais-tu si tu me cherchais ?&lt;br /&gt;- Dans un casino" répondit-il sans l'ombre d'une hésitation. Merci, vraiment... Le pire, c'est qu'il n'avait pas tort. Skyla raisonnerait-elle de la même façon, et chercherait-elle dans cette direction, malgré sa franche répugnance à l'égard des jeux d'argent ? Ils bifurquèrent en direction du tripot où ils avaient claqué leur flouze quelques jours auparavant. Il se trouvait juste en face de l'auberge qu'ils avaient laissée dans un état lamentable avant de s'enfuir avec une civière et son occupant. Yuriko sourit en y repensant. Le sauvage devait toujours avoir le registre dans son sac.&lt;br /&gt;À défaut d'une sainte, tout ce qu'ils trouvèrent au tripot fut une porte fermée et un vigile ensommeillé qui leur assura que non, il n'avait pas vu de belle jeune femme plus marquante que d'habitude ce soir-là. Non, pas même en compagnie d'un type séduisant, brun, et dont la description suivait. Ernst ? Ah, Ernst. Eh bien, c'était un informateur notoire dont le talent n'avait d'égale que sa témérité. La nouvelle de sa mort circulait depuis quelques jours. Le videur/vigile était sincère. Apparemment, ceux qui avaient cherché à faire taire l'indic avaient soit cru de prime abord qu'il avait succombé à ses blessures, soit sciemment propagé la nouvelle de son décès pour l'empêcher de se montrer ou, au moins, ne pas perdre la face. Dans tous les cas, si on retrouvait le petit Roger où qu'il soit, il y avait de bonnes chances pour que Skyla soit dans les parages. Écoutez, dit-elle subséquemment au garde, connaissait-il, à tout hasard, quelques lieux et établissements que Ernst fréquentât habituellement ? Oui, il pouvait les renseigner... Bars, auberges, bordels... en tout, il énuméra plus d'une dizaine d'établissement différents où le défunt avait ses habitudes, parmi lesquels étaient l'auberge d'en face et la maison close où ils s'étaient installés. Il était environ six heures à Americh. Le jour pointait son museau timide, les assassins rentraient dormir et les tripots fermaient.&lt;br /&gt;"On laisse tomber ? demanda Yuriko. De toutes façons, on ne peut trop rien pour elle, hein... C'est déjà un assez bon résultat de savoir Léander vivant et provisoirement à l'abri. On a fait ce qu'on a pu, tu ne penses pas ?&lt;br /&gt;- Comme tu veux, moi je m'en fous, répondit en substance le sauvage, mais si elle nous cherche, elle pourrait aussi bien être au bordel, non ?" Moui. Ou alors les filles pourraient savoir quelques trucs. Après tout, elle n'avait pas trop pris le temps de poser des questions là-bas, pressée qu'elle était par des soucis d'une tout autre nature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fille de l'accueil remplaçait visiblement la patronne le temps de son absence. "Vous étiez pressée, ce matin, dit-elle à Yuriko en lui tendant deux lettres. La première vous est adressée (Salut les loustics, Ernst leur souhaitait une bonne journée, il s'était servi, pécuniairement parlant, et sinon, ciao et merci pour les fringues.) et la deuxième concerne la jaune et le sauvage qui traînent ici, alors je suppose qu'il s'agit de vous, sinon je vois pas qui." Mannrig attrapa les lettres et lut la seconde en premier, par pur anticonformisme. Après cela, il regarda celle d'Ernst, en laissant l'autre à sa voisine. Ah, d'accord. C'était une carte de vœux de la part d'un certain Alessandro (vraisemblablement le même que celui qui avait "raté" l'indic.) qui leur souhaitait non pas de joyeuses fêtes mais de livrer le petit Roger au plus tôt, en échange de quoi ils auraient la vie sauve. Le marché semblait honnête, quoiqu'un poil autoritaire. Qu'ils aillent se faire foutre.&lt;br /&gt;Mannrig monta à l'étage pour aller voir si on pouvait trouver quelque chose dans la chambre, et la porte d'entrée claqua sèchement alors qu'une jeune femme entrait en disant bonjour, bien dormi ? "Ah ben vous voilà, vous ! cria Yuriko dans une paire de tympans qui s'en souviendraient. On s'est inquiétés, ça va pas de disparaître comme ça ?&lt;br /&gt;- Eh, oh, ça va, hein, répondit la sainte irritée, je peux encore m'absenter deux heures pour enquêter un peu sans me faire crier dessus !" Elle avait encore un peu de khôl qui n'était pas parti. Récapitulons, commença Yuriko en s'emportant presque malgré elle : une sainte disparue, Ernst disparu, Léander dans un état critique sur les bras, un tueur dans la chambre de là-haut et probablement un tarif groupé pour eux cinq. Tout ça, c'était suffisant comme motifs pour s'inquiéter ? À peu près à ce moment-là, Mannrig redescendit. Il n'avait rien trouvé d'intéressant dans la chambre. Les murs étaient toujours autant tapissés de plâtre et de peinture que le lit de foutre et de sang. Bref, rien à signaler. Qu'était-il arrivé à Léander ? demanda Skyla en promenant son regard sur la missive de Roger. "Il a reçu un coup de poignard dans le dos. Mais méchant, hein. Je veux dire : sans la garde, ça l'aurait sans doute transpercé de part en part, et même avec, c'était pas loin d'être le cas." Alarmée par ce bilan rapide (mais précis), elle demanda mais où est-ce qu'il était, et qu'avaient-ils fait en son absence ? "Bah, nous, rien, mais lui est allé fouiner un peu, puis encore un peu plus, et c'est là qu'il a dégusté... pour l'instant, on l'a planqué à l'église, avec un prêtre. Un jeune, hein, ne vous inquiétez pas. Et puis, pour sa blessure, on a fait ce qu'on a pu, quoi.&lt;br /&gt;- Et alors ? Il est mort ? s'enquit Skyla en fronçant les sourcils. C'est pour ça, le prêtre ?&lt;br /&gt;- Mais non ! On a juste refermé le trou qui restait après qu'on a retiré la lame, et comme il restait un peu cotonneux, pour ne pas dire hydrophile, on l'a largué dans la première et seule église en se disant que 1) il y serait en sécurité et que 2) vous y passeriez tôt ou tard. Vous m'écoutez ?" Non, elle ne l'écoutait plus. Elle posa la lettre de l'indic sur la table en concluant "je ne pensais pas qu'il récupérerait aussi vite.&lt;br /&gt;- C'est ça quand on y connaît rien, persifla Yuriko, un peu vexée qu'elle se foute ouvertement de ce qu'on lui disait.&lt;br /&gt;- Commencez pas, hein, c'est vous qui êtes venue pleurer pour que je fasse quelque chose pour lui.&lt;br /&gt;- Je pleurais pas, c'est même pas vrai !&lt;br /&gt;- Ah si, là, je confirme, coupa Mannrig, elle avait les larmes aux yeux..." Qu'est-ce qu'on lui avait demandé, à lui ? Et ta sœur, elle avait les larmes aux yeux ? "En tout cas, dit Yuriko pour changer de sujet, moi, j'ai une question à vous poser. Étant donné qu'on peut distinguer une très nette corrélation entre la manie d'enquêter sur cette affaire et la tendance plus ou moins grande à se faire larder de coups de poignards par x, avec x Alessandro, Marv, Torpedo, Karel, Benoît Poelvoorde ou n'importe quel(le) tueur/brute épaisse/psychopathe en puissance/proxénète/amant jaloux/terroriste (et tous leurs dérivés), avez-vous l'intention de poursuivre votre enquête au mépris de tout bon sens, et si oui, fait-il partie de vos projets que je passe derrière vous pour essayer tant bien que mal de récupérer vos abats dans les sacs poubelles de la mafia d'Americh ?&lt;br /&gt;- Calmez-vous, répondit la sainte en profitant de ce que Yuriko reprenait son souffle, vous ne comprenez pas que ma mission va bien au-delà de toutes ces inutiles considérations de danger et de sécurité ? Oui, je vais continuer, il le faut, et vous allez m'aider.&lt;br /&gt;- J'ai le droit de vous insulter ?&lt;br /&gt;- Oui.&lt;br /&gt;- Alors non, dans ce cas, c'est pas drôle.&lt;br /&gt;- Mais quel est votre problème, à la fin ?&lt;br /&gt;- Ernst adore les coups de couteau. Il les aime partout sur le corps, vigoureux et répétés. Léander, lui, les préfère volants, par-derrière, et un seul à la fois. Je ne sais pas comment vous, vous les aimez, mais le fait est que moi, j'en raffole pas. Sachez juste qu'en temps normal, je vous demanderais de me payer pour ce boulot." Après ce petit laïus, un fugace éclair d'intelligence passa sur le visage de Skyla, comme si, prenant du recul par rapport à la situation, elle s'était aperçue qu'elle était riche mais vulnérable, et s'adressait à quelqu'un de sécurisant, mais pauvre. La bobo mut une main baladeuse dans son sac en cuir de taureau bio, et en sortit bientôt une petite (mais pas trop) bourse replète. Cinquante pièces d'or, ça lui irait ? Cela dépendait de pourquoi, et pour combien de temps. Pour la conseiller, l'assister et la protéger dans l'accomplissement de sa divine mission, et ce pour, disons, une semaine. Contrat renouvelable. C'était jouable, oui, fallait voir. Bon, d'accord, va pour ça, concéda l'indigente. Après tout, elle avait besoin d'argent. Et en plus, cela clarifierait leurs rapports (à savoir cliente/salariée). Bon, dit Mannrig en contemplant une avance de quinze pièces d'or changer de mains. C'était pas tout, ça, mais si elles avaient fini de s'engueuler, on allait peut-être éviter de trop traîner ici, et trouver un coin pour manger, parce qu'il commençait à faire faim.&lt;br /&gt;Une fois dans la rue, ils délibérèrent sur ce qu'il y avait de plus urgent à faire (à part bouffer) et il fut décidé qu'on allait se trouver une autre planque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas mal, se dit Yuriko en jetant un coup d'œil aux autres pièces, un morceau de jambon à la main. C'était le genre d'appartement qu'on peut chercher longtemps avant de le trouver. Bon, évidemment, il était un peu délabré, et moisi dans les coins, il faudrait le repeindre, mais dans l'ensemble, c'était une affaire à saisir. Il était situé au-dessus d'un commerce insignifiant, au fond d'une impasse intimidante. On y accédait par un escalier extérieur d'une douzaine de marches. D'après Skyla, le propriétaire était quelqu'un de discret et fiable à la fois, en plus d'être moins malhonnête que la moyenne.&lt;br /&gt;De la cuisine, Yuriko entendit le bruit de la porte qui s'ouvrait. Mannrig était revenu sain et sauf de chez l'apothicaire, après avoir obtenu satisfaction. La sainte émit le souhait d'aller chercher Léander, ce à quoi il fut objecté que ce dernier était visé par des tueurs, et pour l'instant en sécurité là où il était. En revanche, si eux trois commençaient à faire des allers-retours du côté de l'église, ils ne tarderaient pas à le localiser. Mieux valait y aller discrètement, à la faveur de la nuit.&lt;br /&gt;Par ailleurs, le plus gros obstacle aux investigations de Skyla était, à l'en croire, la force brute. Le fait d'être seule l'astreignait à une prudence extrême, ce qui empêchait tout résultat significatif. Et puis, parfois, elle avait remarqué que des gens se fermaient dès qu'elle prononçait le nom de Bardley. Ce pouvait bien être une piste. En se montrant suffisamment insistants, on pourrait sans doute tirer quelque chose de ces personnes qui ne voulaient pas dire ce qu'elles savaient. Y avait-il quelqu'un en particulier chez qui elle aurait remarqué ce genre de comportement ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La porte s'ouvrit brusquement, et elle entra d'un pas assuré en dessinant une arabesque dans l'atmosphère enfumée du pub avec la pointe d'un cigare éteint qu'elle venait de tirer de la poche intérieure de son manteau. La rumeur des voix indistinctes sembla faiblir imperceptiblement alors que, sans détour, elle allait se poser sur un tabouret de bar, allumer son cigare sur celui d'un client, et annoncer avec le regard de Che Guevara, tout en recrachant la fumée par les narines (très difficile en Style, quoi, merde) : "Je cherche Caïus.&lt;br /&gt;- Qu'est-ce que vous lui voulez ? demanda le client flegmatique en jouant à faire de magnifiques petits dessins dans une flaque de bière renversée sur le comptoir.&lt;br /&gt;- Je veux lui poser quelques questions, dit-elle en baissant la voix, obligeant l'autre à se pencher (et donc à interrompre son jeu) pour l'entendre dans ce brouhaha. C'est son boulot, non ?&lt;br /&gt;- Une autre, demanda quelqu'un.&lt;br /&gt;- Hé toi ! Oui, toi, fit la voix de Mannrig. Je voudrais trois surprenez-moi. Sers-les là-bas.&lt;br /&gt;- Juste, dit le client en hochant la tête, c'est le type à la table du fond, où il y a cinq personnes.&lt;br /&gt;- Merci du tuyau", acheva Yuriko en se levant, avant de se diriger vers la table indiquée. Caïus ? Oui ? Fallait qu'ils parlent en tête-à-tête. À propos de quoi ? À propos de son boulot, quoi d'autre... Okay, il arrivait. À tout de suite, les gars, dit-il en marchant sur les genoux de la moitié de ses amis, parce qu'il était au fond de la banquette, tout contre le mur. Où voulait-elle aller ? Là, juste là, répondit-elle en désignant la table où Mannrig s'était déjà assis, dans l'attente de sa commande. Ils s'y installèrent confortablement, et on leur servit trois chopes contenant un liquide visqueux auquel Yuriko jeta un regard soupçonneux. Hydromel : alcool fort fait à partir de miel et de cire fermentée, reconnaissable à son parfum de merde caractéristique. Elle avait assez tièdement envie de s'en souiller l'œsophage. Lorsqu'on inclinait un peu le récipient, la boisson s'équilibrait lentement en restant partiellement attachée aux parois, comme l'aurait fait du caramel chaud. "Qu'est-ce que vous voulez ? interrogea Caïus en trempant son index dans la substance gluante et opaque, avant de le sucer de manière tout à fait obscène.&lt;br /&gt;- Vous savez des choses, je sais d'autres choses. Il y a des choses que je sais que vous savez...&lt;br /&gt;- ...mais que nous ne savons pas, compléta Mannrig. Sachez que nous voulons savoir ce que vous savez que nous ne savons pas.&lt;br /&gt;- Accouchez."&lt;br /&gt;Très bien. Bardley, ça lui disait quelque chose ? Si, si, ça lui disait quelque chose. Mannrig précisa qu'il pourrait, en faisant un petit effort de mémoire, gagner quelques pièces qui pourraient même être en argent. Et bien sûr, lorsqu'il parlait d'argent, cela pouvait aussi bien signifier de l'or... "Écoutez, rien ne sert de mentir." Dieu seul savait ce qui pouvait arriver, en revanche, s'il refusait de répondre, ajouta le sauvage en redressant les pans de sa veste dans un bruit typique de lames qui s'entrechoquent. Cela pouvait rapporter gros, des infos pareilles, explicita Yuriko, mais ça pouvait aussi coûter très cher. Comme pour montrer qu'il avait les moyens de ses ambitions, Mannrig exhiba une pièce d'or en informant l'informateur de ceci que cette dernière avait une famille nombreuse. Voyant qu'il s'enfilait l'hydromel à mesure qu'il suait tout l'eau de son corps en disant que non, que Bardley était un démon, qu'il le tuerait s'il parlait, elle suggéra à haute voix (de la finesse, toujours de la finesse) que d'un autre côté, il lui serait sans doute encore plus désagréable de passer le reste de son existence à se nourrir avec une paille, même s'il aimait ce genre de boissons. Mais ils étaient dingues ? Oui, répondit Mannrig avant de répéter en haussant modérément la voix que des infos, ils voulaient, sans quoi le petit Caïus allait perdre son job et sans doute une bonne part de sa motricité. Et puis, d'ailleurs, demanda Yuriko, c'était qui, ce Caïus ? Ah oui, tiens, jamais entendu parler. Attends... C'était pas cet indic' qui connaissait plein de trucs sur un certain Bardley ? continua le sauvage en prononçant ce nom encore un peu plus fort. Ah, ouais, c'était ça. D'ailleurs, si ce Caïus se montrait plus loquace, elle ne pourrait jamais se souvenir d'un nom pareil... alors que dans le cas contraire, finit Yuriko avec un grand sourire, ils sauraient qui balancer quand ils seraient dans la merde...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Et alors ? demanda Skyla.&lt;br /&gt;- Ben, il a fini par cracher quelques petits trucs.&lt;br /&gt;- Comme ?&lt;br /&gt;- Je ne sais pas comment il s'y est pris, mais Bardley l'a traumatisé. En faisant un "exemple" dont il n'a pas voulu préciser la nature.&lt;br /&gt;- Sympathique...&lt;br /&gt;- N'est-ce pas ? Sinon, il a deux bras droits. Moi aussi, j'ai trouvé ça bizarre, au début, mais en fait, ce sont des exécuteurs/gardes du corps, pas de vrais bras.&lt;br /&gt;- J'ai compris, merci.&lt;br /&gt;- Le premier, c'est un asiatique habillé comme tel, avec des yeux très fins.&lt;br /&gt;- Le nôtre ?&lt;br /&gt;- M'est avis que oui. L'autre, c'est un type très laid. Apparemment, à côté de lui, Frankenstein (vous ne pouvez pas connaître, c'est le héros d'un conte populaire du nord du Lannet.) ressemble à Dora l'exploratrice. (le Kami de la drogue.) C'est peut-être celui-là qui se fait appeler l'épervier... Ou Alessandro, allez savoir.&lt;br /&gt;- Rien d'autre ?&lt;br /&gt;- Si. On s'en doutait déjà, mais Bardley n'est pas son vrai nom. Qui que ce soit, il fait la loi dans plusieurs quartiers d'Americh, et ses subalternes ont une adresse pour le contacter en cas d'urgence.&lt;br /&gt;- Vous savez où c'est ?&lt;br /&gt;- À votre avis ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mannrig approcha sa main de la porte en dardant des coups d'œil dans toutes les directions, vers les toits et les rues adjacentes. Puis il sembla se raviser, se tourna vers Yuriko, en bas du petit escalier extérieur, et chuchota "putain, mais qu'est-ce que je dois dire s'il y a quelqu'un ? J'attaque à vue ?&lt;br /&gt;- T'as qu'à dire que tu viens pour te faire engager, et si ça ne prend pas, tu fais exactement ce que tu viens de proposer." À la suite de cela, il tocqua à la porte et, n'entendant rien venir, actionna la poignée.&lt;br /&gt;C'était ouvert.&lt;br /&gt;Mannrig disparut à l'intérieur. Subrepticement, Yuriko gravit les escaliers à sa suite, jeta un coup d'œil au vestibule sombre qu'ils avaient devant eux, et se retourna pour faire signe à la sainte, cachée à l'autre bout de la rue. Dans la pénombre de la pièce se distinguaient un porte-manteaux, un coffre pouvant servir de banc et trois portes closes. Le sauvage, après avoir écouté précautionneusement, ouvrit la porte de gauche et en franchit le seuil. "Qu'est-ce qu'il y a là-dedans ?" demanda Skyla à mi-voix, d'en bas des marches. Qu'elle vienne voir elle même. Le porte-manteaux était recouvert de vêtures dans lesquelles Yuriko fouilla un peu. Les poches dégueulaient de pièces d'or. "Apparemment, dit-elle alors que Mannrig ressortait de la salle de bains pour ouvrir la porte de droite, la maison n'est pas à l'abandon, et ils ont l'intention de revenir.&lt;br /&gt;- Ou alors ça veut dire qu'ils ont assez d'argent pour ne pas s'en soucier", extrapola la sainte, pendant que Yuriko ouvrait le coffre en gardant l'une des bourses à la main. Dedans, il n'y avait que des vêtements, mais l'un d'eux marqua son attention. Il était rouge et noir, et un signe qu'elle avait déjà vu était cousu dans le dos. C'étaient les fringues du tueur. Elle les roula en boule et les mit dans sa besace. Il faudrait chercher ce que signifiait cet idéogramme.&lt;br /&gt;Elle se redressa et se dirigea vers la porte du milieu, que Mannrig n'avait pas encore ouverte, alors que celui-ci ressortait de la pièce de droite. Calmement, elle actionna la poignée et ouvrit lentement. Quand l'entrebâillement fut rendu à un tiers de son maximum, un petit déclic se fit entendre, et elle s'arrêta immédiatement, le cœur battant à tout rompre. Qu'est-ce que c'était que cela ? Il y avait quelqu'un derrière ? Le sauvage la bouscula, ouvrit en grand la porte, sembla hésiter et fit demi-tour, pris de panique. "Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle, inquiète.&lt;br /&gt;- Cours !" Elle ne se le fit pas dire deux fois, et se précipita vers la sortie, pendant que Skyla, voyant cette débandade de l'extérieur, sautait de l'escalier. À peine furent-ils dans la rue que les charges explosives commencèrent à faire sauter les murs en commençant par la pièce du fond, jusqu'au bouquet final qui se traduisit par l'effondrement de la maison. Des morceaux de bois incandescents et des briques fumantes retombèrent sur les pavés, partout dans la rue. On aurait presque applaudi. Presque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La suite bientôt, aimerais-je pouvoir dire, bien que ce soit peu probable.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-6343469418294583964?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/6343469418294583964/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=6343469418294583964' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/6343469418294583964'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/6343469418294583964'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/10/un-chaton-mort-sur-les-paves.html' title='Un chaton mort sur les pavés.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-2922506683144679528</id><published>2009-09-28T06:30:00.000-07:00</published><updated>2009-09-28T06:31:17.240-07:00</updated><title type='text'>Jour 5</title><content type='html'>Pendant la journée, Abel continue sa gymnastique. Il s'agit de développer le Raffinement de l'Azoth par le physique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque la nuit tombe et qu'il peut retrouver ses amis vampires, tout le monde est d'accord pour se remettre à chercher la fille blonde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette fois-ci Clark et Mulder iront à deux dans le quartier. David et Abel patrouilleront à pied. George fait quelques corvées dans la maison (vaisselle, bouffe du chien, etc.) avant de partir en moto. Doué comme il est pour conduire, il ne dépasse pas les 20 km/heure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clark et Mulder passent du bon temps en boîte de strip-tease. Mais plusieurs heures plus tard, Abel reçoit un coup de fil : c'est Mulder. La fille les a attaqué une fois de plus. Ils l'ont localisé. On doit les rejoindre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout de suite le prométhéen et le vampire dirigent la voiture dans le quartier désigné et cherchent le bon bâtiment. Ils le repèrent aux détonations et coups de feu qui résonnent. Tant qu'à faire, on prévient George qui apprend à se servir de sa moto.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On trouve Clark et Mulder qui sont devant une porte d'entrée ouverte, flingues à la main. Y a déjà des coups de feu. "Elle est là-dedans ! nous hurle Clark." Trois secondes après, une rafale de balles venant de l'intérieur  scalpe Mulder.&lt;br /&gt;Ce dernierr tombe par terre, sous le choc. Mais déjà son crâne se reconstitue. Pratique d'être un vampire.&lt;br /&gt;Abel se dit qu'à la guerre comme à la guerre et qu'on va pas attendre une éternité qu'elle nous dézingue tous de toutes façons et puis qu'il faut bien lui apprendre les façons à cette dame. Non, en Nouvelle-Orléans on ne tire pas à vue sur les gens pour leur dire "Salut !" Quoique... Enfin bon, l'idée est là.&lt;br /&gt;Le Créé se met à bourrer dans l'immeuble, suivi de Clark et David. Le groupe court rapidement car des bruits de pas indiquent qu'elle est déjà rendue 2 étages plus haut. Le groupe monte quelque chose comme 6 étages au total. Puis finalement, il reste la porte qui mène au toit. En face d'Abel se trouve la vampiresse, situé à dix mètres de lui. Encore une fois, il fait un miracle en initiative suivi d'un autre miracle sur un jet de chance pour la blesser (10% de chance de réussir et 1% de chance d'aligner ces deux scores de suite). En clair il lui enfonce magistralement le pieu qu'il avait sur lui dans le coeur. C'est trop beau pour être vrai. La vampire super-puissante vaincue en un coup bien placé ! Mais effectivement, c'était trop beau : son corps est bien trop solide et le pieu s'arrête quelque part entre les côtes et la surfface du coeur. Elle est blindée sans avoir besoin d'armure ! Là, je décourage un peu. Un peu beaucoup même...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En se retournant, Abel se rend compte que David s'est enfui en hurlant de terreur, intimidé par la simple présence de la vampiresse. Clark tient bon, mais son calcif a eu chaud. Un peu plus, et il aurait dû aller au lavage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La suite est relativement confuse à cause de l'action effrénée et tout s'est passé tellement vite. En gros, Abel essaie pendant plusieurs rounds de l'attraper pour l'immobiliser. Mais elle est beaucoup trop rapide. Par moment, elle se sert même de lui comme point d'appui pour sauter.&lt;br /&gt;Clark tire avec son pistolet mais c'est pas évident de la toucher. Pour donner un exemple, dites-vous bien qu'il lui plaque le canon de son calibre 45 sur le front et il appuie sur la gâchette. À ce moment là, la fille esquive alors que la balle n'a pas eu le temps de franchir la totalité de la longueur du canon.&lt;br /&gt;Par moment elle expédie des balles dans le corps de Clark. Mais elle semble presque ignorer le prométhéen, si ce n'est pour une blessure sur le torse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clark se prend facilement des balles, même une dans l'oeil. Celle là doit être douloureuse. Par la suite, quand Mulder et George se pointe, elle continue de s'acharner contre lui. Quand elle perd son flingue, qu'à cela tienne, elle sort un couteau de combat ! Et en plus, elle tranche la cage thoracique de clark aussi facilement que du beurre avant de l'égorger histoire qu'il fasse moins de bruit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle domine aisément la situation. Elle n'a absolument pas peur de nous affronter tous en même temps. Cependant le combat se conclut quand Mulder nous sort une rage féroce. Il utilise des points de sang et de volonté pour choper la fille par le bras, lui enfoncer le canon de son calibre 44 dans la bouche ouverte et de faire feu. Même elle ne peut échapper à la fureur de Mulder, le seul et vrai super-héros de ce soir là. La force de l'impact (qui bien sûr ne la tue pas sur le coup, que croyiez-vous ?) la fait basculer par-dessus la barrière de sécurité et elle tombe de 6 étages. Elle se splatche juste à coté de la moto de George. Un peu plus à gauche et on se serait amusé à la remonter une fois de plus.&lt;br /&gt;Abel et David fonce rattraper la fille. Mais en descendant les marches, ils entendent la moto se mettre en marche. Quand ils sont sortis du bâtiment par la porte principale, ils voient le deux-roues s'éloigner dans le noir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mulder et George décide de s'occuper de Clark qui a nettement moins une grande gueule. En fait, quand ils le soulèvent du sol, il se détache en deux. Il est déchiré depuis une épaule à la hanche opposée. Pile l'endroit où il s'était fait couper par la fille. Le plus inquiétant est qu'il ne régénère pas. Mulder est sous le choc. Il part rejoindre les autres dans la voiture pour pousuivre la fille. George doit s'occuper de Clark.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;George hésite un peu. Clark n'a pas l'air de s'autorégénérer. Ce n'est pas bon signe. Il prend son portable et appelle son maître. ("Allo ? Clark ne va pas bien. Il est... coupé.") Après l'avoir barbouillé avec son propre sang, George se rend bien à l'évidence que Clark est parti pour un monde peut-être moins ténébreux. Adieu, tovaritch.&lt;br /&gt;L'oraison funèbre est très brève. En fait, George se contente d'aller chercher des sacs poubelles pour transporter ce qui reste de Clark. D'abord les jambes dans un sac puis le torse, la tête et les bras dans un autre. Bigre ! Ça fait lourd de transporter les deux sacs à la fois ! Qu'à cela tienne : il jette le sac contenant les jambes par-dessus la rambarde de sécurité du toit. Il prendra juste le torse dans les escaliers et il récupérera l'autre six étages plus bas. Cependant, en procédant ainsi, il ne s'était pas imaginé que le sac allait se déchirer à l'atterrissage... Arrivé au rez-de-chaussé, puis dans la rue, deux flics l'attendent. Ils ont le tout le loisir de découvrir le macabre contenu du premier sac déchiré. Et ils voient George avec un deuxième sac à la main. Le même type de sac poubelle. Il a l'air lourd le sac... Et y a éventuellement un bras qui dépasse...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Arrêtez-vous ! Posez ce sac par terre et les mains en l'air !"&lt;br /&gt;George obtempère avec beaucoup de réserve. "Fais chier !" se dit-il.&lt;br /&gt;"Maintenant, agenouillez-vous ! Mettez-vous par terre !"&lt;br /&gt;Là, George hésite un peu. Il réfléchit à toute allure.&lt;br /&gt;"J'ai dit PAR TERRE !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un flic passe derrière lui pour lui faire plier les genous avec un coup de pied bien placé. Mais George s'enfuit brutalement, prenant par suprise les deux flics. Début de la course-poursuite. George court. Ils courent plus vite que lui. Ils continuent à courir. Les flics sont juste derrière lui. George manque nettement d'exercice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Allez, c'est l'occase ou jamais d'arracher les kilos en trop !"&lt;br /&gt;Il renverse une poubelle sur le passage et distance un peu les flics, ralentis par cet obstacle inattendu. Ils commencent à le rattraper une fois de plus, mais George décide de se mêler à la foule. Une foule relativement hostile et belliqueuse composée de motards nocturne. Le genre de type avec des mobs marquées "Go to Hell !" ou qui prient Satan tous les samedis soirs. George est borgne et porte un cache-oeil. Ça lui permet de se donner un look un poil comme eux. Mais à la limite quand même. Les flics eux ne sont pas rassurés et n'ont pas trop envie d'avoir des problèmes avec des tarés comme ça, surtout vu qu'ils ne sont que deux. Ils abandonnent la poursuite. De toute façon, un meurtrier de plus ou de moins en liberté, c'est pas ça qui manque en Nouvelle-Orléans. De leur point de vue en tout cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais George se dit qu'il est quand même dans la panade. Il ne va pas pouvoir se fondre indéfiniment dans des foules de motards agressifs et en plus il a un profil rapidement identifiable : il est borgne. Du coté droit (enfin, je crois). Si on pose des portraits-robots dans les journaux et sur les affiches, il est grillé en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Quelle solution ? Changer le cache-oeil de coté ? C'est sûr, personne ne pourra plus le reconnaitre. Non seulement, il sera aveugle mais tout le monde saura forcément que ce n'est pas lui. Humm... pas terrible comme idée. Il reste l'autre solution : se planquer et se faire oublier un temps. Il faudra peut-être songer à déménager.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant, il sent dans le creux de son ventre et à sa gorge désséchée qu'il doit s'abreuver... Du bon sang bien chaud et mousseux. Il se met en chasse pour le peu de temps qu'il reste avant l'aube. Dans son territoire, il traverse une ruelle sombre. Il a repéré une jeune femme. Il s'approche d'elle sans bruit. Elle ne se rend compte de rien. Il lui attrape le bout de l'écharpe pour la tirer vers lui. Et le bout de tissu lui reste entre les mains. La fille s'est enfuie en piquant un sprint dès qu'il lui a attrapé l'écharpe. Les réflexes des victimes potentielles sont aiguisés quand on vit en Nouvelle-Orléans, capitale du meurtre. La fille est manifestement une athlète de haut niveau vu la vitesse à laquelle elle court. George n'a même pas le temps de se mettre à sa poursuite qu'elle a déjà disparu... Il a l'air d'un con, planté là dans la ruelle avec une écharpe de femme dans les mains.&lt;br /&gt;Finalement, pour se consoler, il a suçoté un business-man endormi sur un banc public. Il n'a pas peur de dormir là, ce dernier. En tout cas, c'est pas lui qui va s'enfuir comme un dératé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David, Mulder et Abel partent en voiture traquer la fille blonde.&lt;br /&gt;"Où est-ce qu'on va ? demande Abel&lt;br /&gt;-Elle est blessée. Salement. Elle aura besoin de se refaire une santé. J'ai dans l'idée qu'elle va aller chasser dans son territoire, répond David.&lt;br /&gt;-Mais on ne sait pas lequel c'est, son territoire !&lt;br /&gt;-Moi, je crois que si. J'ai bien l'impression que c'est dans le quartier français."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc la voiture fonce et dérape un peu-beaucoup dans le quartier français. On l'a gravement blessé, on ne va pas la laisser partir comme ça. Mais au bout d'un paquet d'heures, il faut bien se rendre à l'évidence : il n'y a pas de trainée de cadavres exsangues pour nous indiquer le chemin. On ne voit pas non-plus la moto qu'elle a volé. On décide donc de retourner à l'endroit où on l'avait affronté. Elle a plutôt dû chasser par là. Après tout, il faudrait vraiment qu'elle se fasse chier à chasser si loin si elle était vraiment blessée ? En rôdant donc dans le quartier où elle avait chuté de 6 étages, on finit par retrouver la moto de George. Et deux flics morts. Vidés de leur sang. Leurs armes ont été volées. Il faut se décider rapidement : l'aube va se lever.&lt;br /&gt;Coup de fil à George genre "on a retrouvé ta moto !", mais ça ne répond pas. En fait il n'y a pas de réseau pour lui. Et pour cause, pensant qu'il fallait qu'il se cache à tout prix, il s'est réfugié dans les égouts. On démonte aux trois quarts la moto pour fourrer les pièces dans le coffre de la voiture à David. Les policiers ont été mis au courant par téléphone que la moto a été volé. Ils nous rapporteront le reste (c'est à dire les deux roues et le moteur...) quand ils l'auront retrouvé, ce qui n'est pas trop dur puisqu'il y a deux maccabés à coté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David demande à Abel de profiter de la journée qui va suivre pour se renseigner un peu sur ce qu'il s'est passé et ce que la police va faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'aube se lève. Les vampires sont rentrés dans le garage à l'exception de George qui dort dans les égouts. Abel reste le seul encore en état de se battre... Vengeance pour Clark, Découvrir ce que les policiers font du cadavre de notre ami, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fin de la 5ème journée et Début de la 6ème journée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-2922506683144679528?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/2922506683144679528/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=2922506683144679528' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2922506683144679528'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/2922506683144679528'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/09/jour-5.html' title='Jour 5'/><author><name>le Golem qui rêve</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15071856589947273995</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_vfdf5d_L-0I/SVYFNJ6-DCI/AAAAAAAAAAM/aciBhPQet2M/S220/6-63.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-8906957391615434017</id><published>2009-09-28T06:29:00.000-07:00</published><updated>2009-09-28T06:30:15.836-07:00</updated><title type='text'>Jour 4</title><content type='html'>Au début de la journée, Abel part à la bibliothèque de la ville. quelque chose le taraude depuis ces derniers jours. Il a vu que ses nouveaux amis ne sont pas humains. Mais qu'est-ce qu'un vampire exactement ?&lt;br /&gt;Il se renseigne donc comme il peut dans ce centre du savoir.&lt;br /&gt;Sa première recherche sur les vampires l''amène à lire "Dracula" de Bram Stoker. Ensuite, il tombe sur un article sur les chauves-souris vampires d'Amérique Latine. Et oui, ces petites créatures s'attaque souvent au bétail et se taille un peu de peau avec les dents avant de lécher le sang qui coule. Génial la photo où l'on voit une de ces bestioles en train de lécher le cul ensanglanté d'un âne. Est-ce que Clark ou David font ça aussi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le reste de la journée, Abel poursuit son développement physique par un jogging et une gymnastique. Rien de tel pour se faire une forme. De la bonne fatigue, y a que ça de vrai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand la nuit  revient à nouveau, les vampires se réveillent. David appelle Abel sur son portable pour le prévenir qu'il va chasser alors autant se retrouver quelque part dans la ville après qu'il ait fini de sucer des SDF.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;George ordonne au chien de tenir le poste de vigile de garde pour la maison pendant la journée et de faire des rapports détaillés. Ok, le chien veut bien se prêter au jeu. Par la suite, le vampire se dit qu'il pourrait bien s'amuser à se tailler un pieu en bois afin de pouvoir affronter la fille si elle se pointe à nouveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David et le Créé se pointent à leur tour dans la maison. Pour finir tout le monde se met à fabriquer des pieux en bois. chacun des protagonistes en a un sur lui pour se défendre (comptez donc 5 pieux pour 4 vampires et 1 prométhéen)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant, c'est pas le tout de s'amuser avec des bouts de bois tout juste affûtés. Il faudrait la débusquer cette némésis. Après tout, elle serait déterminé à exterminer tous les vampires de la Nouvelle-Orléans pour ne pas dire des USA voire du monde. Jusque là, elle s'est manifesté quand Clark était dans les environs. On va donc jouer à la pêche. Mais quand Clark apprend qu'il va faire l'appât, il manque de s'avaler la langue tellement il n'a pas vu le coup arriver.&lt;br /&gt;Le plan est donc le suivant : Le vampire-asticot part quelque part dans le quartier où il a rencontré la furie la première fois et il traine dans le coin. Les autres vampires patrouillent dans le quartier en attendant qu'elle se manifeste. Et on envoit Abel pour surveiller Clark de loin et appeler les renforts dès qu'elle se pointe. On part du principe qu'elle n'hésitera pas à s'en prendre à Clark s'il est tout seul. La présence d'un Créé ne devrait pas l'alerter, contrairement aux autres vampires. Sur le papier, le plan est beau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On l'a donc appliqué. Clark est parti la mort dans l'âme, comme un détenu qui traverse le couloir de la mort. Abel le suivait de loin pour couvrir ses arrières de trop loin pour intercepter les balles. Et les autres vampires se baladent en voiture, attendant un signe : soit un coup de fil, soit qu'elle se jette sur le capot pour lécher le pare-brise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clark, quitte à joindre l'utile à l'agréable décide d'aller en boîte : il part dans un night-club. Abel y rentre aussi après quelques minutes. Il se range à l'autre bout de la salle pour surveiller le vampire. Celui-ci se donne coeur à joie : il picole un peu (pas beaucoup puisqu'il n'est plus censé boire étant mort) mais il n'en perd une miette quand il s'agit de flirter avec des filles. Abel continue de  surveiller : toujours pas de fille suspecte.&lt;br /&gt;Clark se met à danser sur la piste et fait des bises dans le cou à pas mal de filles (Abel a perdu le compte en le regardant faire). En clair, il s'éclate bien et pas au sens littéral (ce qui n'aurait guère été surprenant dans un monde aussi sombre).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour finir, Clark repart avec une fille sous chaque bras, tout sourire.&lt;br /&gt;Pour Abel, c'est louche : il part alors que la mission n'est pas terminée. De plus, il ne marche pas droit (comme bon nombre d'alcoolos qui sortent de la boîte). Si ça se trouve, une des filles porte une perruque et se révèlerait être la vampiresse tant recherchée. C'est sûr, elle le tiendrait sous la menace ce qui expliquerait la démarche malaisée du vampire.&lt;br /&gt;Il appelle illico ses amis restés dans la voiture : "Venez-vite c'est bizarre !"&lt;br /&gt;La voiture se pointe et tout le monde suit Clark à distance pendant qu'Abel fait son rapport de surveillance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un des vampires pousse un juron en voyant les compagnes (d'un soir) de Clark. "Elles à peine l'air d'avoir vingt ans !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout le monde suit attentivement, et au bout de quelques minutes, Clark entre dans son appartement avec ses nouvelles connaissances. Les espions se pointent aux aguets : deux devant la porte d'entrée et deux dans les escaliers de secours. Quelques minutes passent et tout le monde peut entendre que, décidément, on ne s'ennuie pas là-dedans. Le matelas grince de concert avec le sommier du lit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abel :"Qu'est-ce qu'il se passe ? Ils sont en train de se battre ?"&lt;br /&gt;David :"Non... Clark joue bien son rôle... Allez, on rentre. La mission est terminée pour cette nuit..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vampire garagiste se détourne avec un soupir d'exaspération. Quand il aura le temps, il aimerait bien dire deux mots à Clark.&lt;br /&gt;Tout le monde retourne au garage, sauf Clark évidemment.&lt;br /&gt;Abel se remet à démonter et remonter la moto sur les consignes de David.&lt;br /&gt;Le début ne fut pas glorieux : il lui fallu deux bonnes heures pour la démonter. En revanche, en une demi-heure elle était à nouveau prête à l'usage. Normalement, c'est plus dur de remonter quelque chose que de le démonter. il faut croire qu'Abel aime bien faire les choses à l'envers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque l'aube fut venue, Abel retourna en ville et les vampires dans la remise au fond du jardin.&lt;br /&gt;David et George s'étaient fixés un défi : rester éveillé le plus longtemps possible. À la limite de la rupture d'anévrisme George tint bon pendant 12 rounds. David put rester éveillé pendant 3 bonnes heures avant de se dire qu'un bon sommeil est essentiel, même quand on est décédé. Sinon, on se fatigue les neurones.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fin du jour 4 et début du jour 5&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-8906957391615434017?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/8906957391615434017/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=8906957391615434017' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8906957391615434017'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8906957391615434017'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/09/jour-4.html' title='Jour 4'/><author><name>le Golem qui rêve</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15071856589947273995</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_vfdf5d_L-0I/SVYFNJ6-DCI/AAAAAAAAAAM/aciBhPQet2M/S220/6-63.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-8846320759699671547</id><published>2009-09-21T10:54:00.000-07:00</published><updated>2009-09-21T10:55:17.252-07:00</updated><title type='text'>Jour 3 :</title><content type='html'>Le soleil chute inexorablement vers la ligne de l'horizon et les vampires sentent leurs consciences s'éveiller. Ils se redressent et font craquer leurs articulations. La nuit leur appartient. Mais il est temps de découvrir ce qu'il s'est passé dans la journée.&lt;br /&gt;David part chercher Abel dans les égouts.&lt;br /&gt;George retourne dans la maison (l'endroit où dorment les vampires est l'équivalent de la remise au fond du jardin). Il cherche Linny qui est absente.&lt;br /&gt;Mulder et Clark s'occupent à leur manière ; ce sont de grands garçons, quoique décédés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David récupère donc Abel dans les égouts une fois de plus. Bonjour Abel, ou bonsoir plutôt. Tu peux venir avec moi ? On va t'acheter un téléphone portable et une montre. Hum, tu sais ce que c'est au moins ? Avec ça on pourra communiquer à distance. Heuuu... Ça y en a être bonne magie.&lt;br /&gt;Abel et David se dirigèrent donc vers un convenience store ouvert 24/24. Sur place, David prend le portable le moins acher (radin !) avec forfait spécial vie nocturne de vampire (quand je vous disais que c'est un monde de ténèbres...). Forfait = 2 numéros gratuits de 21h à 4h. Cool. Puis une montre. "La moins chère qui passera au poignet de mon ami !"&lt;br /&gt;Le vendeur ne semblait pas à l'aise. Était-ce à cause du Malaise dégagé par le prométhéen ? Ou simplement parce que les deux clients en face de l'employé du magasin ne s'étaient simplement pas lavés depuis plusieurs jours après moults passages dans les égouts ? Les emplettes effectuées, les deux noctambules quittèrent la zone. Le vendeur reprit sa respiration et la couleur de sa peau, d'un joli bleu, s'atténua enfin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;George cherchait Linny partout dans la maison. Pas de message sur le répondeur, pas de post-it sur le frigo... Où était-elle donc ? Ça ne lui ressemblait pas. Puis il pense au chien. Non pas qu'il se soit découvert un penchant zoophile douteux envers le pauvre toutou franchement pas gâté à la naissance, mais il pense pouvoir utiliser le chien pour pister Linny et la retrouver.&lt;br /&gt;"Tiens, bon chien ! Cherche Linny !&lt;br /&gt;-Ok chef ! répond le limier"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et oui, George, grâce à ses pouvoirs vampiriques, peut communiquer avec pas mal d'espèces animales. Dont les chiens. Il essaye ce pouvoir pour la première fois depuis le début de sa non-vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chien (appelons-le ainsi afin de préserver son anonymat) se mit en piste rapidement et après quelques minutes il réussit à mener George à une maison situé en ville. Le vampire se souvient que Linny a un portable. Il l'appelle donc. "Salut Linny, c'est George ! T'es où ? demanda-t-il tout en surveillant la maison d'un oeil inquisiteur&lt;br /&gt;-Ah c'est toi. Je passe la nuit chez un ami. J'ai laissé un message sur le portable de David. Je reviendrai demain."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;George se dit qu'il a l'air con de s'être fait des films, genre enlèvements par des gangsters/proxénètes/extra-terrestres/etc., mais bon, la Nouvelle Orléans demeure la caopitale du crime dans ce monde radieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Allez le clebs, on rentre. Et puis tiens, comme t'as été sympa je vais t'acheter un truc !"&lt;br /&gt;Sitôt dit, sitôt fait, George continue son chemin avec le chien et un steak emballé à la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Tu préfères le manger cuit ou cru ?&lt;br /&gt;-Je m'en fiche, chef.&lt;br /&gt;-Bon, tu l'auras à la maison."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abel et David rentre à la maison/garage. Le vampire laisse du travail au prométhéen : démonter la moto et la remonter jusqu'à ce que le deux-roue motorisé finisse par lui sortir par tous les trous. Puis il s'en va en précisant qu'il part se nourrir (comprenez par là, chasser de l'humain dans un territoire de chasse bien défini par les différentes factions vampires).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abel travaille donc sur la moto. George rentre et sert le steak au chien.&lt;br /&gt;"Tu es sûr que ça ira comme ça ? Tu veux rien de plus ?&lt;br /&gt;-Du ketchup."&lt;br /&gt;Le vampire anima-linguistique en ouvre des yeux ronds comme des soucoupes. C'est bien le chien qui veut du ketchup ?&lt;br /&gt;"Ok, je vais te chercher ça.&lt;br /&gt;-Et du poivre aussi."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;George est donc aux soins du chien. À se demander qui est le maître et l'animal servile. Puis il s'interrompt dans son jeu de rôles spécial zoophiles avec domination-soumission inversée pour appeler la N.N.I.A. (Quelque chose comme Non Natural Investigation Agency). Objet du coup de fil : est-ce que l'agence peut rechercher d'autre tableaux de chambres vides ? De préférence peints par Krista King. Oui, c'est relativement urgent et prioritaire. Non, pas besoin d'accusé de réception. Oui, c'est une question de vie ou de mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David a faim. Et il va remédier au problème. Il a déjà repéré sa friandise préférée : un SDF endormi sur un amas de carton. Deux petits trou dans le cou et on n'en parle plus. À peine de quoi faire une piqûre de moustique. Il laisse même un billet de 5$ histoire qu'il puisse s'acheter un sandwich.&lt;br /&gt;On fois les babines nettoyées de la délicieuse hémoglobine, il appelle Abel sur son portable : 1)non la moto, c'est pas fini, il bloque quelque part. 2)George ? Il a l'air d'être dominé mentalement par son chien ou bien il développe une forme de folie qui le lie au canidé.&lt;br /&gt;"Bon, ok attend. J'arrive résoudre vos problèmes."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David arrive. Colle une torgnole George avant d'entendre les explications de l'intéressé, à savoir qu'il "entend la voix du chien.". Ensuite, il s'occupe de la moto.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais voilà, avant d'avoir eu le temps de mettre les mains dans le cambouis, un coup de fil : Mulder.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Allo ? Clark a dsiparu et la fille blonde nous a attaqué !&lt;br /&gt;-T'es où ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mulder indique très approximativement la localisation. Le groupe s'y rend. David continue à écouter les indications de Mulder mais tout à coup la communication est coupée. Cela n'augure rien de bon...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grosso modo, les deux vampires et le prométhéens se retrouvent dans un quartier désaffecté où l'élecrticité n'a pas été rétablie. Des bâtisses inhabitées. sympa comme ambiance. Ils repèrent une porte fracassée, ils suivent les traces, les portes ouvertes et vagabondent un peu dans le coin. Dans un bâtiment, une ouverture a été pratiquée pour permettre d'accéder au toît. Les deux héros cavalent sur les toits des bâtiments en pleine nuit. qielque part, près d'une cheminée, ils trouvent les résidus du portable de Mulder. Cool, mais où est donc le proprio ? David révupère les saintes reliques du saint portable de saint Mulder. À errer davantage, ils redescendent au plancher des vaches et là, surprise, George se prend un carreau d'arbalète direct dans le coeur. Il tombe inconscient.&lt;br /&gt;Abel :"David ! George s'est pris une flèche dans le coeur !"&lt;br /&gt;David :"Tire un coup sec ! Vite !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras. Abel retire prestement le carreau du coeur de son ami. George se réveille en quelques secondes/minutes On repère d'où vient le coup : là-bas ! Sur les toits ! On fonce !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour aller plus rapide, il y a l'ascenseur, mais s'il n'y a pas d'électricité... Aussi, il y a les escaliers de secours. On y court on y court sur l'escalier de secours... Et là, on a le droit à un Kinder surprise : un homme est pendu, un carreau dans le coeur lui aussi.&lt;br /&gt;George :"Je m'en occupe. Foncez !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la route, David se prend un carreau : 2cm à gauche du coeur. Y en a qui ont de la choune.&lt;br /&gt;Sur le toit nous attend une femme blonde, lunettes de vision nocturne comme les militaires et une arbalète pas rechargée au poing. On fonce et on essaye de l'avoir mais c'est peine perdue : elle fait un saut périlleux arrière et nous sème de 300 mètres en autant de temps qu'il vous faut pour dire :"Flûte de zut !"&lt;br /&gt;David en tombe des nues : elle est méga-rapide. Elle doit avoir développé le pouvoir de Célérité Vampirique au niveau maximum. Au moins ça. Et des stéroïdes anabolisants aussi.&lt;br /&gt;C'est fichu pour la rattraper. Usain Bolt peut aller se rhabiller.&lt;br /&gt;David et Abel rejoignent George qui a récupérer le pendu et extrait le carreau d'arbalète. C'était Mulder. Celui-ci se réveille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cool, Mulder nous a rejoint. Il reprend petit à petit ses esprits. Mais où est Clark ?&lt;br /&gt;Mulder :"Je sais pas... Il était avec moi et je l'ai perdu. Je crois que la fille l'a eu"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une petite idée germe dans l'esprit : Si la fille cloue les vampires par le coeur, elle ne les tue pas vraiment. elle les dispose à des endroits où le soleil peut les détruire dès l'aube. Donc il faut chercher dans le quartier, plutôt à l'extérieur des bâtiments.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, Clark est retrouvé après plus d'une heure de recherche sur les toits. Il est littéralement crucifié à même le toit avec des carreaux d'arbalète partout. Dans les poignets, dans les chevilles, etc. Et bien sûr, une dans le coeur.&lt;br /&gt;Certains sadique commencent par le coeur afin qu'il se réveille avec les projectiles fichés dans les membres. Une fois qu'il est libre, on se met à quitter la zone. Descendons de ce foutu immeuble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour nous, les misères sont finies pour cette nuit. Ou presque...&lt;br /&gt;Clark a été très affaibli par sa rencontre avec la chasseuse blonde. Voilà qu'il nous fait une rage sanguinaire et ne peut plus se contrôler. Certains essayent de le retenir. en vain, il court à fond et cherche une proie. On le poursuit. Il a repéré un couple de passants... Un homme et une femme. Sitôt repérés sitôt attaqués.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme se fait sauter au cou par un vampire frénétique. La femme (amie ? épouse ? concubine ?) essaye de dégager son compagnon de l'étreinte romantique du vampire. C'est là que le groupe qui suivait derrière arrive pour calmer la situation. La femme voit un homme arriver à vitesse de course, suturé de partout, comme dans les vieux films de Frankenstein... Elle hurle, oublie son compagnon et s'enfuit. Abel sépare Clark de l'humain. Il semble s'être un peu calmé. Par contre, les humains sont paniqués.On les rattrape. L'homme courrait la main à la gorge ensanglantée. Et l'humaine courrait vite simplement. On tente de les clamer : dans ce but, un des vampires boit le sang de la fille. Après tout, on ne s'énerve pas quand on est anémié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On les met dans la voiture, endormis ou plutôt évanouis.&lt;br /&gt;George part acheter une bouteille de wiskhy. Si on les retrouve dans la rue, imbibés d'alcool, qui les croira ? La fille aura juste embrassé son compagnon avec un peu trop de fougue, à cause de la boisson alcoolisée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mulder propose alors d'utiliser ses pouvoirs pour leur faire perdre la mémoire. C'est déjà mieux. "Mais il faut qu'ils soient conscients, donc réveillés..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'à cela tienne, George les remet d'applomb avec du wiskhy sur la figure; (et sur la plaie dans le cas du mec)&lt;br /&gt;Mulder les hypnotise et on les relâche. L'affaire est réglée , Non, pour finir, un coup de fil aux maîtres vampires afin de s'excuser d'avoir chassé dans un territoire qui n'était pas le leur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout le gentil petit monde retourne au garage de David.&lt;br /&gt;David : "Bon je vais finir de remonter la put*** de moto. Toi, vas te doucher !"&lt;br /&gt;Abel : "Ok."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abel va se doucher. Puis David. Attention, pas les deux ensembles. L'un après l'autre.&lt;br /&gt;Fin de la nuit. Abel va en ville pour la journée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-8846320759699671547?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/8846320759699671547/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=8846320759699671547' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8846320759699671547'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8846320759699671547'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/09/jour-3.html' title='Jour 3 :'/><author><name>le Golem qui rêve</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15071856589947273995</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_vfdf5d_L-0I/SVYFNJ6-DCI/AAAAAAAAAAM/aciBhPQet2M/S220/6-63.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-675563185625582054</id><published>2009-09-20T09:51:00.001-07:00</published><updated>2009-09-20T09:51:40.537-07:00</updated><title type='text'>Jour 2 :</title><content type='html'>Abel patientait sagement avec une impassibilité extrême digne des prométhéens. Quand il s'agit de faire la statue, y en a qui sont bons. Surtout les Golems, mais ceux-là sont un peu avantagés...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La journée se terminait et Abel n'était même pas sorti des égouts depuis sept heures et demie du matin, de peur de louper le rendez-vous. Il était donc vingt heures et quelques quand il entendit quelqu'un patauger près de sa cachette. Il sortit donc et alla à la rencontre de l'arrivant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était David et pas Clark cette fois. David seul qui déambulait dans la zone underground. Ok. Il n'est pas là l'autre, Clark ? Non, il n'est pas là, mais tu peux venir et te dépêcher, il ne me reste plus que deux minutes cinquante ! D'espérance de vie ? Mais non ! Allez viens !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abel trottait derrière David qui sprintait carrément, du mieux qu'on peut quand il y a trente centimètres d'eau moisie. Le garagiste vampire courait presque sur l'échelle tellement il était pressé de sortir. Les mauvaises odeurs ? Non, en réalité il y a vait une femme hyper sensuelle et méga vampirisé qui chronométrait les secondes devant la bouche d'égout ouverte. C'était la maîtresse de David. Non pas que ce dernier ait une relation extra-conjugale (de toute façon, il est pas marié) mais c'était cette femme-là qui avait mordu David du temps de l'humanité de ce dernier. Alors forcément ça tisse des liens, au point qu'il la désignait comme étant sa maîtresse. Cette même femme-vampire (vampiresse si vous préférez) avait daigné accorder à son disciple cinq minutes maxi das les égouts. S'il dépassait le délai imparti, elle se cassait. En clair, David l'avait invité à venir voir Abel mais elle avait catégoriquement refusé de salir ses talons aiguilles dans de la flotte usée. Ce à quoi, il lui avait répondu : "Ne bougez pas, je vais le chercher." En réponse à cela, elle avait commencé à consulter sa montre. C'est fou ce qu'elle est autoritaire. Ils n'entretiendraient pas plutôt une relation SM genre maitresse-esclave soumis ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David commença à présenter Abel à sa maitresse. Il nous faut préciser que personne, pas même David, ne connaissait le petit nom de la femme. Il se contentait de l'appeler "Maitresse" avec la voix d'un Igor en rut ou presque. Je sais que j'exagère beaucoup mais l'idée me plait tellement...  Tandis que les autres la désignaient comme étant la maitresse de David.&lt;br /&gt;Cette vampiresse se contenta d'observer à distance de nez raisonnable le prométhéen sans savoir qu'il était vraiment. David incita Abel à montrer sa vrai apparence. Abel n'était guère coopératif ; il faut dire que la femme ne lui plaisait pas vraiment, non-pas qu'il se sente pousser des pensées mysogines mais plutôt qu'il n'aimait pas son attitude supérieure... À la fin, il accepta de mauvaise grâce de canaliser son Pyros intérieur pour montrer ses cicatrices et ses lignes de suture.&lt;br /&gt;La vampiresse n'était pas tellement intéressée et finalement n'avait rien à dire là-dessus. En gros le message était clair : les vampires avec les vampires et le reste se démerde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans plus de cérémonie, le trio embarqua dans une voiture garée juste à coté. Et en voiture Simone ! Je conduis et tu klaxonnes ! À l'intérieur du véhicule, David donna un sandwich à manger à Abel. Une manière comme une autre d'amadouer la bête. Le Créé eut la désagréable impression d'être devenu un animal à étudier. Par la suite, la voiture finit sa course devant le garage de David. Tout le monde se pointe dans le salon. Il y a là plusieurs personnes : Clark et son maître. Ce dernier avait la particularité d'être comme invisible si on ne le regardait pas spécifiquement. Le téléphone sonne. Pas bon, ça... Quelqu'un qui voulait négocier un tableau avec David et Clark. Négocier ? Mais où ? "Je suis dans la maison à coté de la vôtre." Whaou ! Rapide le gusse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les maîtres décidèrent ensemble de prendre congé de leurs disciples (mais que s'était-il passé entre eux au juste ? Des secrets de vampires ?), puis Clark, David et Abel se pointèrent dans la maison d'à coté. Là-dedans les attendait un mec, crâne rasé, jolie cicatrice à la gorge et la voix même pas éraillée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Avez-vous le tableau ?&lt;br /&gt;-Non, répond David.&lt;br /&gt;-Alors nous n'avons rien à nous dire."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En clair : cassez-vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David riposte "Je n'ai pas le tableau sur moi : il est chez un ami, et je peux aller le chercher."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Combien de temps il vous faudra ?&lt;br /&gt;-Quarante minutes environ..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David sortit de la maison accompagné de Abel. Il avait menti, le tableau était chez lui, dans sa nouvelle chambre à coucher. Il voulait juste prendre George avec lui avant de procéder aux négociations et en plus, il n'avait clairement pas confiance en ce nouveau type. Comment s'appelait-il ? Mason King. Pas vraiment un nom bizarre, mais bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois le tableau, et accessoirement George, récupéré, on commença à négocier. Rien à faire il voulait d'abord le tableau. Accordé. Il prit la toile et la déchira en deux. En quatre. En huit. On aurait aimé le voir aller à seize, mais le paquet devenait trop épais. George allait lui suggérer de brûler la croûte tant qu'à vouloir la détruire, mais Mason avait déjà sorti un briquet. Une fois le (petit) feu de joie allumé et entièrement consumé, Mason se tourna vers les protagonistes de la scène.&lt;br /&gt;"J'imagine que je vous dois quelques explications"&lt;br /&gt;Oh non, ma foi, vous pouvez bien faire ce que vous voulez, quitte à brûler nos objets de décoration. Après tout, il faut bien s'occuper dans ce monde cruel et monotone.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et il s'expliqua... Pour Abel, c'était pas évident de bien tout comprendre. Mais il arrivait à reconstituer un peu le puzzle. En gros : David et ses amis se faisaient téléporter de temps en temps dans une pièce mystérieuse sans porte ni fenêtre. Le temps de séjour, d'abord très bref, était multiplié par deux à chaque visite. Leur dernière fois avait duré 128 heures. Pas de bouffe et pas de télé non-plus. Pour leur retour à la réalité, ils étaient un peu maigres. Ils ne désiraient pas paser 256 heures à nouveau dans la chambre. Ils avaient donc enquêté et découvert qu'une femme, Krista King, peignait des chambres vides et semblait impliquée dans l'affaire surnaturelle. D'autant plus que son frère, Mason King, était censé être mort il y a dix ans, quoique on ait jamais retrouvé le cadavre. Il était supposé avoir péri dans la chambre.&lt;br /&gt;L'enquête n'avait rien donné de concluant. Et Krista King était simplement hors de portée car elle avait fui la société. Génial.&lt;br /&gt;Mason, qui vivait reclu sans existence officielle, avait entendu parler des personnages qui, au cours de leur enquête, aurait mis la main sur un des fameux tableaux de sa soeur. Il voulait détruire les tableaux à tout prix car, semblerait-il, ils auraient un lien avec le phénomène paranormal. Détruire le tableau originel peint il y a très longtemps par un autre artiste permettrait d'annihiler l'idée d'aller faire des séjours hyper mincissant dans une pièce vide et dangereuse puisque hantée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà, Mason s'était expliqué et Abel comprenait que la vie de ses nouveaux amis n'était en rien simple. Après avoir connu cinq jours complets de ramadan dans une chambre vide hantée, il s'était fait mordre par des vampires qui réclamaient à présent toute souveraineté sur leurs personnes, genre : "Vous êtes nos disciples/esclaves/sous-merdes/etc."&lt;br /&gt;C'est vraiment un monde de Ténèbres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fin de la négociation qui n'en n'était pas vraiment une.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le reste de la nuit, Abel expliqua à David qu'il aimerait se faire accepter, par exemple en travaillant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David :"Tu sais réparer des voitures ?"&lt;br /&gt;Abel : "Je peux apprendre."&lt;br /&gt;David : "Génial... Bon... Tu vas pouvoir commencer à apprendre."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le garagiste hésitait encore un peu... Confier une de ses machines chéries à un inconnu ? Et puis quoi encore ! Ses autos, c'était comme ses enfants. Quoi de plus satisfaisant que d'entendre un moteur ronronner ? Soudain son regard s'arrêta sur la moto de George.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Bah voilà ! Tu vas apprendre à démonter et remonter une moto ! Allez, je te montre comment on fait."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le reste de la nuit, les deux compères désassemblèrent la moto et Abel bloqua un peu au moment de la reconstruire. Quand on remet tout en place, on se rend compte qu'il n'y a pas la place de tout mettre. Bah !  C'est que c'est inutile ! Et là, David se pointe en demandant pourquoi il a remonté la carrosserie sans remettre le moteur en place...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les heures ayant défilé, le jour se leva, le coq ne chanta pas car on est pas en campagne, les vampires allèrent se coucher et le prométhéen retourna chez lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Conclusion de la nuit.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-675563185625582054?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/675563185625582054/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=675563185625582054' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/675563185625582054'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/675563185625582054'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/09/jour-2.html' title='Jour 2 :'/><author><name>le Golem qui rêve</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15071856589947273995</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_vfdf5d_L-0I/SVYFNJ6-DCI/AAAAAAAAAAM/aciBhPQet2M/S220/6-63.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-3556137940814691765</id><published>2009-09-20T09:50:00.000-07:00</published><updated>2009-09-20T09:51:08.926-07:00</updated><title type='text'>Jour 1 :</title><content type='html'>Pendant cette journée de plus dans sa vie, Abel ne foutait pas grand chose. D'accord, cela faisait quelques jours qu'il était venu en Nouvelle-Orléans, Louisiane, mais il n'avait pas grand chose à foutre... Peut-être éprouvait-il un peu d'ennui. Il avait pris ses repères dans la ville, puis il s'était aménagé une planque dans les égouts. Ces derniers jours, ses relations avec les humains étaient plus infructeuses que jamais. Ces derniers le rejettaient invariablement. C'était le Malaise. Cette aura, dégagée par les prométhéens comme lui, l'empêchait de mener une vie sociale normale. Mais ça ne signifiait pas qu'il ne fallait pas continuer ou perséverer. Après tout, il avait l'espoir qu'un jour on l'accepterait. Il fallait juste continuer à faire ses preuves et attendre un signe. Un signe que le changement venait.&lt;br /&gt;Mais parfois, le temps était vraiment long et les humains franchements désespérant. Abel pensait qu'il avait le droit de déprimer un peu. Il faut dire que le simple fait d'acheter un hot-dog le forçait à se confronter à la grimace de dégoût du vendeur. Pas capable de tenir plus de 3 minutes. Dans ces moments là, Abel se réfugait bien douilletement dans son abri et se mettait à lire. Manque de pot, le seul livre qui avait été épargné par les voyages incessants et les fuites imprévues, c'était la Bible. Ça ou rien. Abel ne voulait pas aller à la bibliothèque. De toute façon, on ne lui laisserait pas le droit d'emprunter des livres à cette heure-ci. Et il n'avait pas d'argent. Conclusion : il se mit à lire la Bible qu'il connaissait déjà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il lisait en diagonale des chapitre déjà connus. Il se mit à réfléchir en lisant. Il s'était installé depuis peu et ne désirait pas partir de la ville tout de suite. Il voyageait sans arrêt et il voulait s'arrêter un peu plus de trois quatre jours dans le coin. Mais un détail le gênait : il n'était pas humain. Seulement une caricature, constituée de plusieurs morceaux de cadavres, véritable puzzle ambulant, suturé et couvert d'agraffes partout. Heureusement, les humains ne pouvaient pas voir sa véritable apparence mais ça ne changeait en rien sa nature. Les morts ne devraient pas vivre. Il était un monstre que les humains et la nature rejettaient. Comme tous ceux de sa race, la nature le fuyait. Plus il restait longtemps à un endroit, plus les lieux étaient marqués par sa présence. Déjà, au terme de quelques jours, l'électricité statique ambiante allait s'accroitre de manière considérable, gênant les appareils électroniques, mais les plantes vertes allaient mourir également. Et les nuages vireraient à l'orage pour ne rien arranger. C'était le phénomène de la Terre Gâchée qui le suivait de près, comme pour tous les Créés.&lt;br /&gt;En comptant approximativement, Abel se dit qu'il lui restait environ trois mois avant que ça ne dégénère trop et que cela devienne dangereux pour lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors qu'il réfléchissait, penché sur la Bible, Abel entendit quelqu'un marcher. Ou patauger plutôt puisque sa planque se trouvait dans les égouts. Plash plash plash... Ah, ça se rapproche. PLASH ! PLASH ! PLASH !! Ah, c'est quelqu'un qui est un peu pressé. Puis la porte de la salle où il était s'ouvrit. Il y avait un homme. Il avait l'air un peu préoccupé. Sinon, pourquoi randonnerait-il dans les égouts odorants ? À part ça, il était blessé à l'oeil et à la poitrine. Il demandait de l'aide. Tiens, c'est nouveau un humain qui demande à un prométhéen de l'aider. Et en plus, il ne brandissait pas d'arme en vociférant. Encourageant donc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Qui êtes-vous ?&lt;br /&gt;-Je m'appelle Clark Jackson. Et je vais avoir besoin d'aide s'il vous plait !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clark (car vous l'avez deviné : c'était son nom) expliqua qu'il était poursuivi par une nympho furieuse qui ne pouvait pas passer de sa personne au point qu'elle lui tirait des balles dans le corps histoire de l'empêcher de partir. Une manière comme une autre d'exprimer sa passion. Mais par contre, les balles ça reste relativement douloureux. En plus, il y en avait une qui commençait à sortir de son oeil gauche amoché pendant qu'il parlait.&lt;br /&gt;Clark voulait savoir s'il y avait une autre issue permettant d'entrer ou de sortir à volonté des égouts, et si possible pas la même que celle qu'il avait emprunté cinq minutes plus tôt, parce que la folle devait déjà être en train de le suivre de ce coté là. Abel opina derechef. Les histoires d'amour qui se passent mal, il s'y connaissait un peu. Il avait lu deux-trois trucs en plus de la Bible, genre Roméo et Juliette ou Don Juan.&lt;br /&gt;"Ok, je vais vous aider à sortir d'ici. Suivez-moi.&lt;br /&gt;-Merci ! Comment tu t'appelles au fait ?&lt;br /&gt;-Abel."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant un quart d'heures qu'il progressaient dans les eaux usées de la villes, ils causèrent un peu. Clark avait remarqué que Abel n'était pas un SDF ordinaire tandis que ce dernier remarqua que l'invité surprise était bien surprenant : les balles sortaient toutes seules de son corps tandis que son oeil touché se reconstituait lentement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois sortis des égouts, Clark et Abel étaient dehors. Il faisait nuit. Le blessé regardait fréquemment un peu partout de peur de croiser une femme fatale armé d'un pistolet. Puis il proposa à Abel de venir avec lui chez un ami.&lt;br /&gt;"Il te proposera sans doute l'hospitalité en remerciement de m'avoir aidé !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Clark mena le Créé à une maison, assez éloignée du centre-ville. Un garage était attenant à la maison. Le type blessé frappa à la porte. Une voix hostile et méfiante lui répondit, genre :&lt;br /&gt;"C'est qui le type derrière toi ?"&lt;br /&gt;Ou bien :&lt;br /&gt;"T'avais besoin de le ramener chez moi ? T'es con ou quoi ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci l'hospitalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apparemment, ce n'était pas à Abel qu'était destiné la colère du propriétaire des lieux, mais bien envers Clark qui encaissait pathétiquement les différents griefs exposés contre lui. On le braquait même avec un fusil à pompe histoire de bien faire valoir les propos et les arguments exposés. C'est bien connu : celui qui se trouve du bon côté de la gachette a forcément raison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour résumer simplement les propos qui furent prononcés ce soir-là, le proprio, un dénommé David, était furieux contre Clark tout en lui disant qu'il leur faisait prendre des risques à se balader n'importe où, à se prendre des balles dans le corps et surtout à ramener des inconnus en pleine nuit. Il faut rappeler que la Nouvelle Orléans est, dans Monde de Ténèbres, la capitale du meurtre libre et gratuit. D'autant plus que Clark aurait apparemment conclu un rendez-vous dans le garage pour le lendemain, avec un ou plusieurs inconnus, sans le consentement de David. Le pire reproche était probablement : "Pourquoi tu reviens chez moi, à quelques minutes de l'aube, en puant les égouts ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En plus du David en question, un autre type siègeait sans rien dire. Il s'appelait George ; il avait l'air costaud mais pas très bavard ou intelligent. Il écoutait la conversation sans rien dire, comme Abel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite, David fit mine de s'intéresser à celui qu'il ne connaissait pas encore : le prométhéen.&lt;br /&gt;"Comment vous appelez-vous ?&lt;br /&gt;-Abel.&lt;br /&gt;-Abel comment ?&lt;br /&gt;-Abel tout court.&lt;br /&gt;-Tu es humain ?&lt;br /&gt;-Non.&lt;br /&gt;-Tu es un vampire ?&lt;br /&gt;-Non..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David semblait pressé et voulait aller droit au but. Comment pouvait-il douter de la nature d'Abel. Habituellement, les humains ne remarquent pas. Il semblait différent. D'ailleurs, c'est quoi un vampire ? Genre, j'ai dit non, mais je ne sais même pas ce que c'est. Autant mettre les choses au clair, d'autant plus que ces gens là ont l'air de ne pas êtres des humains normaux. Peut-être ces "vampire" ? Et puis, voyons comment ils réagiront en voyant ma véritable apparence.&lt;br /&gt;Abel fit appel au Feu Divin qui brûle à l'intérieur de lui pour dévoiler sa véritable apparence, l'espace de trois secondes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autres types réagirent bizarrement en voyant ses traits de suture et ces cicatrices partout. Pas vraiment une réaction de dégoût comme on aurait pu s'y attendre. Quelque chose de plus subtil... Mais Abel n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, puisque rien n'était immédiatement visible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David reprit la parole :&lt;br /&gt;"T'es quoi ?&lt;br /&gt;-...&lt;br /&gt;-Ça a un nom ce que tu es ?&lt;br /&gt;-Les Créés...&lt;br /&gt;-... OK..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;George intervint :&lt;br /&gt;"Tu peux manger des pâtes ?&lt;br /&gt;-Je peux.&lt;br /&gt;-Ne bouge pas, je reviens..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il revint quelques minutes plus tard, portant une assiette pleine de pâtes réchauffées au micro-ondes. Abel n'en revenait au fond de lui : Dingue ! Il montre sa vraie apparence et, au lieu de le chasser, on lui offre à manger ! C'est une première ! Il ne sait pas qui sont ces types, humains ou vampires, mais il ne veut pas les lâcher tout de suite. Ils représentent un espoir pour lui : ils sont peut-être la première étape pour accomplir son rêve et s'intégrer à la société.&lt;br /&gt;Abel avala le plat de pâtes jusqu'à ce qu'il n'en reste plus aucune. Il ne prit même pas le temps de mastiquer. Il ne voulait pas parler tout de suite, de crainte que le Malaise produit par les prométhéens ne se manifeste soudain et ne fiche tout par terre.&lt;br /&gt;En revanche, George semblait exulter en voyant l'invité manger le repas. Tiens ! Il est bizarre lui ! Ou alors il a empoisonné les pâtes. Ou alors, c'est la première fois qu'il cuisine, ce qui expliquerait ce sourire de triomphe au milieu du visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David et Clark continuait à discuter. Ils essayaient de s'arranger pour savoir ce qu'ils allaient faire dans les prochains jours. En tendant l'oreille, Abel put entendre quelques petits trucs. D'abord, c'étaient des vampires. Comme nous l'avons, Abel ne savait pas vraiment ce qu'est un vampire. Pas grave, Y a pas grand chose à dire là-dessus. Ensuite, Les "vampires" allaient se coucher à l'aube. Généralement, les humains vont se coucher le soir. Mais les vampires aiment bien prouver leur marginalité et font tout à contrepied. Que des chieurs ceux-là. Enfin, les mots échangés à ce moment là laissaient entendre que ses hôtes craignaient pour leurs vies. Quelques soucis en plus de devoir payer la facture d'électricité ou bien faire les courses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;David : "Abel ?"&lt;br /&gt;Abel : "Oui ?"&lt;br /&gt;David : "T'as un endroit où dormir ?"&lt;br /&gt;Abel : "Oui, dans les égouts."&lt;br /&gt;David : "C'est loin ?"&lt;br /&gt;Abel : "Dix minutes d'ici en trottant."&lt;br /&gt;David : "Ok, tu peux y retourner ? On reviendra te chercher demain soir."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rendez vous bien compte des bonnes intentions de David : "Excuse-moi, veux bien retourner poireauter dans ta poubelle ? Attend nous là bas pour douze heures !" C'est presque ça. Mais bon, excusons-le : il était à cran.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc Abel, Créé de son état, retourna tranquillement dans les égouts. En visitant son territoire, il constata une chose : quelque était passé par là quelques minutes auparavant. La femme blonde armée qui poursuivait Clark ? Un employé de la ville affecté aux égouts ? Un autre vampire blessé ? Le FBI ? Le colocataire (s'il y en avait un...) ? Bah, pas de quoi s'alarmer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Content ! Il était heureux et réjoui ! Il avait enfin trouvé des personnes qui ne réagissaient pas de manière hostile en le voyant. Il avait raison d'avoir suivi l'injonction des anges. Comme il avait hâte que la journée se termine...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-3556137940814691765?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/3556137940814691765/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=3556137940814691765' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/3556137940814691765'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/3556137940814691765'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/09/jour-1.html' title='Jour 1 :'/><author><name>le Golem qui rêve</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15071856589947273995</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_vfdf5d_L-0I/SVYFNJ6-DCI/AAAAAAAAAAM/aciBhPQet2M/S220/6-63.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-3965483632976502576</id><published>2009-09-20T09:45:00.000-07:00</published><updated>2009-09-20T09:49:08.524-07:00</updated><title type='text'>Introduction : Dans les ténèbres d'un proche présent... Il n'y a que des bras cassés.</title><content type='html'>Je commence à partir d'aujourd'hui une série d'articles relatant les aventures d'une table de jeux de rôles, en plus des anima présentés par Diarrhée.&lt;br /&gt;World of Darkness (Monde de Ténèbres)&lt;br /&gt;Nous avons commencé ces aventures il y a un bon bout de temps. Je profite de l'apparition de mon nouveau personnage pour débuter les chroniques de ces aventures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Actuellement, nous avons comme joueurs :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Relur (qui nous parle depuis l'angleterre, via internet, avec sa voix d'outretombe... Il est le MJ.)&lt;br /&gt;-Kuja (Il joue le personnage de David. Doué, comme toujours.)&lt;br /&gt;-Doctor B. (Il joue le personnage de George. Incompétent, comme toujours.)&lt;br /&gt;-Moi (J'ai d'abord joué le personnage de Clark Jackson, créé par Harlock, puis j'ai basculé vers Abel. Comme à mon habitude, je suis assez con quand je joue.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les protagonistes de cette histoire sont :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-David. C'est un humain. Ou plutôt, c'était... Oui, il est devenu vampire comme bon nombre de ses compagnons. Passé de la vie à la non-vie, il a gardé ses compétences extraordinaires de garagiste/réparateur. Il est très doué de ses mains. Il répare les voitures comme personne et il existe très très peu de garagiste qui soient meilleur que lui, si ce n'est aussi bon. Il possède une maison avec une entreprise en Nouvelle-Orléans. Il tient un garage. Chez lui, il héberge un squatteur : George. Et il a également adopté une jeune fille, Linny, suite à des aventures antérieures qui sont trop longues à narrer ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-George. Humain passé vampire lui aussi. Il squatte chez David depuis on ne sait combien de temps. Il essaie de conduire une moto, mais il n'est pas très doué. Il appartient avec David à une organisation qui enquête sur le surnaturel(N.N.I.A.). George est vigoureux et costaud mais ce sont à peu prêt toutes ses qualités. Sinon, il s'entend bien avec Linny. Ah oui, un petit détail qui compte : il est borgne et porte un cache-oeil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Mulder. Outre son nom très con, choisi par un joueur qui n'a pas participé longtemps à cause du travail, il est resté dans le groupe, piloté dorénavant par le MJ. Mulder est un homme à tout faire qui porte sur lui un gros flingue, calibre .44, et une flasque de whisky. Il est lui aussi passé vampire avec ses compagnons. Quand il décide de se battre avec son flingue, il devient une furie berserk et même les demeurés évitent de trainer dans son chemin...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Clark Jackson, personnage précédemment créé par Harlock, qui l'a très vite lâché, il a été joué par moi pendant un bon moment. Il s'agit d'un détective privé, flingue au holster et clope au bec. Il fume énormément, au point d'être éventuellement responsable du trou de la couche d'ozone à lui tout seul. Il se comporte de manière un peu impulsive et suit toujours ses folies du moment. Il a lui aussi été vampirisé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Linny, jeune fille de treize ans. Elle est né dans le New-Jersey et semble avoir été délaissé par son père. Elle a été enlevée par celui que l'on appelle le diable du N-J. Celui-ci aime bien les enfants, plutôt à la manière du Père Noël que de l'Ogre. Les personnages ont été mandatés pour rechercher une fille enlevée par un démon. Puis ils ont découvert la vérité. Et ils ont adopté Linny pour qu'elle ne soit pas à nouveau remise à son vrai père. Ce dernier était tout de suite d'accord pour signer n'importe quel papier qui pouvait le débarrasser d'une gamine encombrante. Pour finir, Linny est la seule représentante du genre humain dans le groupe à ne pas avoir été vampirisée. Voilà. (Excusez le manque de détails mais je n'avais pas commencé à jouer avec le groupe quand ces faits se sont produits.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Abel. Ce n'est ni un humain ni un vampire. Ce qui constitue déjà un changement. C'est mon nouveau personnage depuis que j'ai flashé sur les Prométhéens. Je dois reconnaitre que j'ai un peu pressé le MJ pour pouvoir switcher de Clark vers Abel. Cet individu est un descendant du monstre créé par Victor Frankenstein. C'est un prométhéen, composé de morceaux d'humains décédés. Il désire s'intégrer à la société ou se faire accepter. Pour celà il essaie de jouer sur ses capacités physiques supérieures (genre force et solidité). Abel s'est caché en Nouvelle-Orléans et c'est à partir de lui que je vais narrer les aventures qui suivront.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-3965483632976502576?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/3965483632976502576/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=3965483632976502576' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/3965483632976502576'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/3965483632976502576'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/09/introduction-dans-les-tenebres-dun.html' title='Introduction : Dans les ténèbres d&apos;un proche présent... Il n&apos;y a que des bras cassés.'/><author><name>le Golem qui rêve</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15071856589947273995</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_vfdf5d_L-0I/SVYFNJ6-DCI/AAAAAAAAAAM/aciBhPQet2M/S220/6-63.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-8186894422628140895</id><published>2009-09-18T14:53:00.000-07:00</published><updated>2009-09-19T02:15:48.073-07:00</updated><title type='text'>Veillée forestière.</title><content type='html'>11/09/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le feu avait quelque chose de rassurant, en cela qu'il était le même dans cet endroit perdu et hostile que sous des auspices plus clémentes. Il ronronnait et crépitait toujours de la même façon, indifférent à l'ambiance morbide dans laquelle baignait ce pays, et dégageait toujours la même chaleur agréable. Les flammes se tordaient sous les bourrasques d'air chaud, et l'atmosphère humide de la forêt semblait de nouveau respirable, alors qu'elle s'allégeait de sa moiteur habituelle.&lt;br /&gt;Partout autour, il faisait noir, ce qui renforçait encore la valeur refuge de ce foyer ; ce havre de lumière chaleureuse, vivante et dansante. Elle ne pouvait en détacher son regard. Pour regarder quoi, de toutes façons ? Ce dément et sa Mircalla ? Cette pensée lui arracha un sourire un peu cynique. Bientôt, si rien ne changeait, elle allait finir comme lui. Et si un esprit malin s'amusait à la torturer comme elle le faisait elle-même à l'occasion ? Et si elle aussi, elle était le jouet de quelqu'un ? Un petit bruit mouillé résonna dans le noir, à quelques dizaines de mètres, et Dietrich réapparut bientôt. Ce type n'avait pas craché le morceau, rien. C'était un membre d'une branche "douce" de l'inquisition, et il lui avait demandé spontanément pour quelle raison elle se jetait dans la gueule du loup quand elle lui avait parlé des malades de type nécromantique qui la poursuivaient. Et maintenant, il ne savait plus rien ? C'était trop facile. Sûr qu'il n'avait pas tout dit. Pour d'obscures raisons de prudence et de pondération (et quand on voyage dans pareille contrée, ce type de prétexte est particulièrement peu convaincant), Nalya avait refusé de lui sortir les vers de la cervelle avec ses dons surnaturels de fouille-merde invétérée, qui auraient pourtant pu être, pour une fois, de quelque utilité.&lt;br /&gt;Dietrich s'installa debout, pas très loin du feu, alors que Néro partait le remplacer, de l'autre côté du campement, pour l'heure suivante. Qu'y avait-il dans ces têtes soucieuses ? Elle arrêta son regard sur leur providentiel protecteur. Cet homme savait probablement des choses nécessaires à sa survie, à elle. Il faudrait obtenir ces informations d'une manière ou d'une autre et, en attendant, faire preuve d'une vigilance de tous les instants. Un membre de la sainte inquisition (connue pour son côté philanthrope) qui décidait de les aider et de les escorter après une rencontre fortuite, par pur altruisme ? C'était plutôt inopiné et, en tout cas, suspect. Les autres semblaient lui faire complètement confiance pour servir à la fois de guide et d'escorte dans cette forêt pleine de dangers. Cela aussi était alarmant. Chacun pour soi poursuit sa nébuleuse, et ce type avait sans aucun doute des buts bien à lui.&lt;br /&gt;Le brasier émit un craquement sinistre. Une mousse un peu verdâtre suintait du bout d'une branche de bois encore vert, dont l'autre extrémité était plongée dans les flammes. Elle se vidait de sa sève et de son eau, comme les carcasses épuisées des voyageurs se vidaient de toutes leurs forces et espoirs sous le feu anxiogène de ces bois maudits. Que penser de ce rêve-là ? Pernilla frissonna légèrement malgré la chaleur jaune et ardente qui l'enveloppait. Ce rêve. Comme l'autre, il était si réel. Qu'est-ce que cela signifiait ?&lt;br /&gt;Elle avait cru se réveiller dans sa tente, mais avait réalisé que quelque chose clochait : son regard ne perçait plus les ténèbres. La magie était inopérante. Un homme se trouvait dans la tente, il s'était approché, et avait déposé en face d'elle un coffret. Il était blanc, de type occidental, mais était vêtu comme un Touareg. Qui était-il ? Que voulait-il ? Que faisait-il là ? D'où venait-il ? Qu'y avait-il dans cette boîte ? Seule cette dernière question avait trouvé réponse lorsque, sans un mot, il s'était agenouillé et l'avait ouverte en face d'elle. Le coffret abritait une grosse pierre noire et lisse. C'était la même chose qu'avec Virgil, il lui avait parlé de ce truc. Cette sphère ressemblant à du marbre allait s'évaporer et venir pénétrer son âme par les voies respiratoires ! Tout mais pas ça ! "Servez-vous de vos pouvoirs, prenez-la." avait dit l'homme. Il semblait s'impatienter. En plus, il s'était placé de telle manière que toute fuite était inenvisageable, à moins de lui régler son compte. Et merde. La magie refusait toujours d'obéir. "Vite, servez-vous de vos pouvoirs ! avait-il hurlé, en proie à une furie incroyable.&lt;br /&gt;- Silence ! Trouvez quelqu'un d'autre, moi, ça marche pas pour l'instant." avait répondu Pernilla avec un agacement perceptible. Mais l'autre ne lâchait pas le morceau. Pire, il s'entêtait et s'excitait encore plus. Alors, et comme il fallait bien faire quelque chose, elle avait pris sa respiration et bouché ses orifices nasaux et buccal de la main gauche, avant d'avancer prudemment l'autre main vers la pierre. Au contact, rien ne se passa. Pas moyen, en revanche, de sortir cette pierre de son écrin. C'était comme si l'ensemble avait été figé. Elle avait eu beau essayer de tirer, pousser, soulever, impossible de faire bouger ce machin. Et l'autre qui s'énervait... d'ailleurs, c'est à ce moment-là qu'il avait commencé à vomir une sorte de vapeur noire dont la nature laissait peu de place à l'imagination. Par dépit, rage, et un peu par panique, Pernilla avait donné plusieurs coups de pieds dans l'inamovible coffret, sans autre résultat que celui de se faire mal. La fumée noire s'échappait encore à grosses volutes de la bouche de l'homme, et allait s'amasser au plafond de la tente.&lt;br /&gt;Au moment où elle commençait sérieusement à penser que pas de problème les gars, on allait crever gazée dans une tente imperméable avec un bédouin hystérique gesticulant pour seule compagnie car, après tout, on l'avait bien cherché, ledit bédouin avait mollement chu en avant, sans faire un seul geste pour amortir l'impact. Pernilla avait alors retourné ce corps inerte, mue par l'espoir de lui fermer la bouche avant que la masse noire qui s'accumulait au-dessus d'elle n'eût envahi la totalité de l'habitacle. Apparemment, la condition de macchabée avait fait perdre à l'intrus toute envie de cracher des saloperies noires volatiles et toxiques. Enfin une bonne nouvelle ! Soufflant, elle avait un peu promené son regard aux alentours, jusqu'à ce que ses yeux se fussent posés sur cette sombre pierre offerte et son socle de bois. Peut-être valait-il le coup de réessayer ? De nouveau, elle avait bloqué sa respiration pour se saisir du caillou maudit à pleine main. Et alors, quoi ?&lt;br /&gt;Et alors, rien. La pierre était toujours aussi solidement fixée. Haussant les épaules, elle aurait retiré sa main si celle-ci n'avait pas été comme clouée sur la surface lisse et froide. Sa peau adhérait à la pierre comme une ventouse indécollable. En regardant un peu plus attentivement, elle s'était aperçue que sa main droite immobilisée se marbrait lentement de veines apparentes et noires comme la nuit. Le phénomène était semblable à ce qu'elle avait déjà pu observer sur Virgil. Commençant à perdre son calme, Pernilla avait attrapé son avant-bras droit de sa main gauche encore libre pour tirer plus fort. La peau était froide ! Gelée, même. Non, carrément cryogénique, en fait. Elle ne s'en était pas rendue compte au début, mais sa chair était gagnée par un engourdissement profond et lent. De plus, les petites ramifications noires gagnaient du terrain, envahissant progressivement le dos de sa main. Vite ! Un truc, une solution, une idée, une amulette, un prince charmant, n'importe quoi d'utile ! Elle avait bien tenté de se rapprocher de la sortie de la tente, mais cette dernière était trop éloignée. Réfléchir. Il n'y avait pas trente-six solutions. En l'absence d'un objet tranchant pour se couper l'avant-bras, sa seule chance était de s'arracher la peau du dessous de la main. C'est ainsi qu'elle avait mis ses pieds en appui sur le coffret fixé au sol pour avoir plus de force, puis tiré vigoureusement. Peine perdue. Elle avait simplement réussi à se faire très mal au poignet.&lt;br /&gt;Dans un dernier sursaut d'intelligence, elle avait fouillé de la main gauche le cadavre désormais ratatiné qui lui tenait compagnie, à la recherche d'une improbable solution à ses problèmes les plus immédiats. Il n'y avait que de la paperasserie administrative, quelques notes illisibles et une liste de passagers pour l'embarquement sur un bateau appelé "Le Silmarion". Alors qu'elle promenait distraitement son regard sur les noms, celui-ci s'était fixé sur un certain "Spoor K.". Suivaient Gallen N., Anderson V., un nom inconnu, Dabel M. et Borges N. Qu'est-ce que les noms de ses compagnons de voyage foutaient là ? C'est à ce moment-là qu'elle avait dû perdre ce qui lui restait de calme et commencé à laisser glisser son état vers une panique déraisonnée, proche de la démence pure et simple. Sur son avant-bras progressaient les stigmates de la malédiction, cette araignée monstrueuse et décidée à lui bouffer l'âme et le corps.&lt;br /&gt;Au bout de quelques minutes à peine, un autre homme était entré, habillé, lui, différemment : il portait une tenue de ville. Ce détail l'avait frappée, sans raison véritable. 'tain mais quoi, on entrait comme dans un moulin, ici ! "Si vous pouvez m'aider, aidez-moi, lança-t-elle d'une voix qui ne ressemblait pas à la sienne, sinon, vous pouvez vous casser dès maintenant." Il n'avait pas répondu, se contentant d'inspecter minutieusement et très calmement la pièce, avec une suprême indifférence à la bordée d'injures furibardes dont Pernilla l'arrosait pour se calmer les nerfs.&lt;br /&gt;Quand il avait enfin daigné porter son attention sur le complexe main-pierre-coffret, d'une importance capitale pour la survie d'une bonne moitié des individus présents, ç'avait d'abord été pour le regarder longuement et attentivement. Étrangement, la présence de ce type avait quelque chose d'apaisant ; de calmant. Après une auscultation qui semblait avoir duré des lustres, il avait tracé au-dessus de la main prisonnière quelques symboles occultes faits d'une lumière noire très pure, et les traces de la malédiction avaient commencé à se résorber, puis à disparaître. Le sang circulait à nouveau, et Pernilla n'avait plus l'impression que son bras droit allait se détacher d'un instant à l'autre, ce qui était déjà une bonne nouvelle. Son sauveur lui attrapa la main et entreprit d'en tâter plusieurs endroits pour tester les réflexes.&lt;br /&gt;Apparemment, rien à signaler.&lt;br /&gt;"Il ne faut pas trainer dans des endroits aussi sombres... avait-il dit d'un air mystérieux, flippant et aguicheur à la fois.&lt;br /&gt;- Merci, mais il se trouve que j'ai un ami qui a le même genre de problèmes, et si vous saviez comment nous pourrions nous en débarrasser par d'autres moyens, (des problèmes, pas de l'ami) ce serait avec joie que nous décamperions de l'endroit dont vous parlez. En plus, vous avez l'air de vous y connaître, alors... Vous ne voudriez pas venir jeter un coup d'œil dessus ? Ou au moins m'apprendre votre méthode ?&lt;br /&gt;- Malheureusement, je n'interviens que dans la veille."&lt;br /&gt;(Faudrait vraiment qu'elle se renseigne un peu là-dessus, parce que merde alors. Tout le monde semblait au courant, sauf elle, qui était visiblement concernée. Enfin, en tout cas, il était peu probable qu'il parlât au mur.)&lt;br /&gt;"... Ou m'apprendre votre méthode, comme je le disais. Si vous voulez pas venir par vous-même, ce n'est pas nécessairement une fatalité, hein... Y'a toujours moyen de s'arranger. Au fait, vous avez un nom ?&lt;br /&gt;- Oui. Mais je ne vous le donnerai pas.&lt;br /&gt;- Et si je ne le répète à personne ?&lt;br /&gt;- Même. Qu'est-ce qui me dit que vous tiendrez parole ?&lt;br /&gt;- Ben, je vous dois un peu la vie, quand même. Ou bien c'est l'âme ? Un truc dans ce goût-là, non ? C'est déjà beaucoup, croyez-moi." Il affichait un large sourire aux dents blanches, l'air amusé par cette insistance. "... Et puis, sans déconner, ça fait plus d'un an que je n'ai révélé mon vrai nom à personne, je peux bien garder celui de quelqu'un d'autre !&lt;br /&gt;- D'accord. Va pour un indice..."&lt;br /&gt;Tu parles d'un indice. Pernilla jeta un petit bout de bois dans le feu en fronçant les sourcils. Ce devait être un nom composé, sinon, c'était impossible de mettre les bonnes lettres aux bons endroits. Un truc tarabiscoté du genre Jean-Xavier ; un machin impossible à deviner. Elle s'était faite avoir. Et si cela n'avait été qu'un rêve, après tout ? Non, c'était inconcevable. Pas ici. Pas aussi net, ni aussi douloureux. Elle plia et déplia plusieurs fois sa main droite. Aucune douleur ne vint confirmer que tout ceci était bel et bien arrivé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un bruissement de tissu assourdissant, (c'était flagrant lorsque, par moments, il s'interrompait) un corps informe remua vaguement au fond de sa tanière de bois et de drapures. Un long moment passa sans autre signe de vie que quelques remous à peine perceptibles. Puis, lentement, la chose se redressa dans une vibration qui ressemblait à un soupir particulièrement grave ou à un bâillement intense, et commença à progresser vers la lumière tremblotante de l'extérieur. Courbé, l'être se mouvait gauchement et pataudement, au rythme de sa respiration profonde et lente, comme s'il cherchait à sentir ses marques odorantes et à reconnaître l'endroit où il se trouvait. Il dégageait une odeur animale, boueuse, faite de sommeil, de sueur et de peur à la fois.&lt;br /&gt;Comme l'aurait fait un aveugle, il avança d'abord une de ses mains tremblantes et sales vers le dehors, et tâta le contour de l'entrée. Une fois rassuré, il s'approcha imperceptiblement. Le faisceau de lumière jaune et orange illumina les reliefs d'un visage creusé de profonds plis, granuleux de saleté et recouvert d'une maigre forêt pileuse, humide et négligée. Un filet de bave s'étira jusqu'à se rompre, et quelques gouttes vinrent tacheter le sol de bois dans un petit plic-ploc inaudible. Cependant, ce signal sembla faire réagir la créature, qui ouvrit à demi une paire de paupières surchargées de peau distendue. Deux yeux torves et vitreux apparurent au fond le l'enchevêtrement, revêtant la brillance des flammes vers lesquelles ils étaient tournés.&lt;br /&gt;Ce grand corps humanoïde était recouvert d'un monceau de vêtures sombres qui semblaient taillées dans de la peau. Fébrilement, il s'extirpa de sa tanière sans cesser de toucher du bois, mais perdit l'équilibre et alla s'écraser au sol dans une vague de boue, près d'un mètre plus bas. Immobile, sale et brisé, il remuait toujours. Avec un grognement douloureux, il se releva, puis se dirigea vers le feu de camp d'une démarche lourde mais, semblait-il, plus assurée. Près du feu, un homme musculeux et couvert d'une épaisse couche de métal était assis, et veillait. L'être s'approcha de lui en traçant des sillons dans la boue, et lui tapota l'épaule. "Dietrich, dit-il, c'est la relève.&lt;br /&gt;- Pas de relève pour moi, malheureusement, répondit l'homme en armure. Mais vous pouvez toujours rester si ça vous amuse."&lt;br /&gt;Sorti de sa torpeur du réveil par un bain frais dans une boue liquide, (et mêlée d'une épaisse couche d'humus pourrissant, ndj) Néro acquiesca et s'assit près du feu, alors que Dietrich se relevait et s'éloignait pour faire le tour du campement. Le lancier se souvint alors qu'il l'était en effet (lancier), et retourna un instant dans la roulotte où il avait dormi pour récupérer son phallus freudien à dépuceler des crânes préféré, j'ai nommé sa lance.&lt;br /&gt;Quand, son arme à la main, il s'en retourna auprès du brasier, il s'aperçut qu'on l'attendait. Le petit spectre pâle lui jeta un sourire sans vie ni chaleur, et attendit qu'il s'assoie pour venir près de lui. En présence de Mircalla, même les flammes semblaient se ternir, et Néro pouvait sentir le froid qui émanait de cette parodie de vie sans corps ni âme. "Je n'aime pas cet homme, dit-elle, il me fait peur.&lt;br /&gt;- Dietrich ? Heureusement qu'il est là pour nous guider, quand même.&lt;br /&gt;- Il a l'air méchant. Et si il apprend ma présence, il dira qu'il faut t'exorciser et me renverra dans le noir éternel." Elle avait les larmes aux yeux, et posa la tête sur l'épaule de Néro, ainsi qu'une main froide sur son avant-bras. Il avait la chair de poule. Que ce contact pouvait être désagréable ! "Raconte-moi une histoire, s'il te plait", demanda-t-elle. Il soupira, puis se demanda ce qu'il pourrait bien raconter. "Cette nuit, commença-t-il, j'ai fait un rêve bizarre.&lt;br /&gt;- Encore ?&lt;br /&gt;- Encore. Tu me laisses raconter ?&lt;br /&gt;- J'écoute, dit-elle avec un sourire radieux, quoique pas plus vivant que d'habitude. Mais pourquoi ta voix tremble toujours quand tu me racontes des histoires ?&lt;br /&gt;- Parce que... je ne suis pas un bon orateur, tout simplement. Mais si tu veux, je vais faire un effort." Il avala sa salive, se racla la gorge, et entama. "D'abord, je me rappelle plus bien le début, c'est un peu flou, mais je sais que je montais la garde autour de ce feu de camp. Ici même. C'était pas normal, déjà, parce que je ne voyais plus dans l'obscurité, alors que j'ai depuis quelques mois un enchantement qui me fait des yeux de chats. Et puis comme il n'y avait aucun bruit, je suis retourné à la roulotte pour voir si tout le monde allait bien. Dans celle-là, dit-il en montrant du doigt, il y avait les cadavres de Virgil et Kurt. Virgil avait un gros trou qui ne saignait pas dans la poitrine. Je sais pas pourquoi, mais ça m'a frappé, le fait que ça saignait pas. Et puis Kurt, il était tranché net à ce niveau-là, (Il délimita une ligne allant son épaule droite à sa hanche gauche) et il lui manquait tout ce qu'il y avait en-dessous. En plus, la porte était défoncée comme avec un bélier. C'était vraiment bizarre. Je suis sorti de la roulotte, pour voir, et là, qu'est-ce que je trouve ? Un type était un train de se traîner près du feu. En m'approchant, je l'ai reconnu. C'était Jäger. - Tu te rappelles de Jäger, n'est-ce pas ? Le type dans le désert qui a tué la magicienne qui m'avais remis mes tripes comme il faut. - Enfin bon, il avait un gros trou dans le flanc, à l'endroit où je l'avais frappé la fois précédente, et il avançait lentement. Mais il restait dangereux, alors, comme j'avais pas ma lance, je suis retourné la chercher. Et puis, quand je suis revenu, il marmonnait des trucs étranges en traçant dans l'air des choses obscures. Alors moi, j'me suis dit : mon garçon, reste pas en face, ou bien tu vas y laisser ton deuxième rein. (Je t'avais dit qu'il m'avait déjà pelé d'un rein, ce connaud ?) Enfin bon, je me suis dit ça, et j'ai fait un pas de côté juste à temps pour éviter un projectile noir, exactement le même que la dernière fois, comme quoi je m'étais pas trompé. Il a tout pour lui : une belle gueule, du pouvoir à ne plus savoir qu'en foutre, et tout et tout, mais il n'a pas beaucoup d'imagination. D'ailleurs, je crois bien qu'il utilisait le même truc que l'autre fois, avec une fille pas beaucoup moins pâle que toi qui l'enlaçait, et un rituel qui fout les jetons.&lt;br /&gt;- Et alors, qu'est-ce que tu as fait ? demanda Mircalla, toute ouïe.&lt;br /&gt;- Ben, derrière moi, le projectile avait dézingué la roulotte entière, ainsi que tout un pan de l'horizon, dit-il en encadrant la zone entre ses deux mains pour une estimation approximative. Alors moi, j'ai pensé que j'avais plus qu'à prier ou à courir. Je peux tuer quelqu'un, mais s'il est toujours vivant après, ça sort de mon domaine de compétence, tu vois ? Enfin, là, j'ai quand même choisi de courir, parce que si j'avais prié et que ça n'avait pas marché, j'aurais pu le regretter après, alors qu'en courant avant de prier, ben je me serais dit (si j'étais mort) que de toutes façons, Dieu comprendrait cet oubli, au vu des circonstances. J'ai donc couru à en perdre haleine, en évitant les trucs noirs explosifs qui faisaient sauter les mottes de terre derrière moi. La deuxième roulotte était défoncée, je ne m'y suis pas attardé, ne sachant que trop bien ce que j'y trouverait. Quant à la tente de Paola, il en manquait la moitié. Et autant de sa propriétaire. J'étais seul, et probablement sans grand espoir de m'en sortir. C'est là que je me suis retourné pour faire face.&lt;br /&gt;- Tu es courageux !&lt;br /&gt;- Oui, sans doute, mais il faut nuancer un peu : quand je dis que j'ai fait face, ça veut dire que j'ai essayé de m'approcher en zigzaguant pour éviter les sorts, hein. Étrangement, j'y arrivais mieux qu'avant. Il ne parvenait pas à me toucher du tout. Au bout d'un moment, j'ai pu suffisamment m'approcher pour le frapper, et il n'a pas fait un geste pour se défendre. Le problème, c'est que même avec ma lance plantée entre les deux yeux, il ne clamsait pas, ce tricheur. Au contraire, il avait l'air super fâché. Il m'a dit un truc du genre que j'allais payer pour lui avoir fait un trou là et un autre là." Il désigna son ventre, puis son front. "Et après, il m'a fait un trou là." Il joignit ses deux mains et les plaça en cercle sur son ventre de manière à schématiser. Admirative, Mircalla demanda si alors, à ce moment-là, il était mort. "Ben, non, en fait. Mais j'étais plié en deux, et incapable de me redresser sans me vider de mes tripes. Tout semblait fini, quand une deuxième personne est arrivée. Je regardais du coin de l'œil. C'était un grand type super musclé avec une longue épée et une grosse armure rouillée. Au début, je me demandais s'il venait pas pour m'achever, mais voilà-t-y pas qu'il décapite mon Jäger fulminant sur-le-champ, et que je me réveille."&lt;br /&gt;L'histoire (vraie, si si) fut suivie d'un silence de circonstance qui dura quinze bonnes secondes, après quoi la fillette fantôme, pas du tout endormie, regretta à haute voix que le héros ne soit pas mort, parce que comme ça, elle aurait eu un grand frère pour toujours, et demanda une autre histoire. Résigné, Néro fouilla dans sa mémoire, et commença à raconter comment il s'était embarqué comme passager clandestin sur un petit bateau, il y a un bon moment, et comment il avait rencontré à cette époque Nalya et Myllenia.&lt;br /&gt;Il parlait à voix basse, car Paola s'était assise, entretemps, de l'autre côté du feu, et il ne voulait pas donner l'impression de parler tout seul. Elle lui fit un petit sourire, qui lui sembla bienveillant. Visiblement, elle n'avait aucun soupçon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux jours plus tard.&lt;br /&gt;La gorge de Dietrich serait si douce à ouvrir ! Si seulement les autres n'avaient pas été là, et s'il n'avait pas eu cette malédiction sur lui, c'est avec joie que Kurt aurait fendu de ses couteaux les artères de leur guide. Guide qui, soit dit en passant, l'exaspérait profondément. Sa méthode : il les devançait sur la route de deux kilomètres, et laissait des bouts de tissu aux arbres à intervalles réguliers pour dire "RAS, continuez tout droit." Homme des bois de mes deux ! Connard d'inquisiteur philanthrope ! Et en plus, cette roulotte ne voulait pas avancer. Il auraient été aussi rapides à pied, la preuve ! Pas un seul meurtre depuis plusieurs mois. Kurt porta sa main à hauteur de son visage : elle tremblait, c'était le manque, pas de doute. Il allait perdre tout son savoir-faire. L'art doit s'exprimer pour persister. Le talent s'use quand on ne s'en sert pas.&lt;br /&gt;Un craquement lui fit relever la tête. Dietrich venait de jaillir des fourrés. "Ils sont cinq, on s'enfuit, abandonnez les véhicules !" hurla-t-il, avant de dégainer sa hache et de pulvériser la pièce de bois qui retenait prisonniers les chevaux de la première roulotte, sous le regard mouillé de Nalya. Ce fut la confusion et l'empressement général. Seul Kurt était resté de marbre. Il n'accordait pas le moindre crédit aux dires de ce pseudo-guide.&lt;br /&gt;Avec un calme olympien, il commença à ranger ses fioles de poison dans son sac, en jetant des regards mi-amusés mi-méprisants à la panique de ses compagnons. Un hennissement de cheval se fit entendre, puis s'interrompit brusquement. Kurt leva la tête, et là, il le vit. C'était une sorte de monstre gigantesque avec une énorme gueule pleine de crocs au milieu de la poitrine et des pattes bourrées de griffes. Un deuxième cheval fut démembré dans la seconde, alors que la chose avait déjà franchi une bonne moitié de la distance qui les séparait. Cinq comme ça ? Né né né.&lt;br /&gt;Cédant à une panique bienvenue, le tueur rejoignit en courant ses collègues, qui s'étaient déjà enfoncés dans un sous-bois plein de ronces adjacent. Espérons que les chevaux leur coupent la faim quelques minutes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suite bientôt, promis.&lt;br /&gt;Et pour la description de Néro, bah j'suis désolé, il avait qu'à ne pas prendre "sommeil lourd" en désavantage. ^^&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-8186894422628140895?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/8186894422628140895/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=8186894422628140895' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8186894422628140895'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/8186894422628140895'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/09/11092009-le-feu-avait-quelque-chose-de.html' title='Veillée forestière.'/><author><name>Spieler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-1170803378888232098</id><published>2009-09-14T06:12:00.000-07:00</published><updated>2010-02-23T12:43:17.720-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Anima'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Moth'/><title type='text'>Le Moth, la paranoïa et les fantômes...</title><content type='html'>Décidément, l'avenir semble bien sombre... Du moins, de l'avis de certains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a que les différents voyageurs venus d'Archange voient leurs psychés s'altérer au fur et à mesure qu'ils progressent dans le Moth. La paranoïa et la folie guettent...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nalya, enfermée dans sa roulotte privée de luxe, lit son mystérieux livre. Celui-là même qu'elle a juré de laisser personne le lire. Bien évidemment, pas facile de lire avec des zigotos autour de soi. Materner des enfants hyperactifs et/ou autistes serait beaucoup plus facile. Ce livre là, c'est son petit trésor, son jardin secret... Mais comment le lire en secret quand un magicien vous a jeté un sort pour unir vos sens et voir à travers vos yeux ? Bon, ledit sorcier est maintenant passé de vie à trépas. On doit se dire qu'on est plus tranquille pour lire, mais non, il reste toujours des idiots pour vous tourmenter... Dont Néro Borges. Celui-là, il n'a jamais fini, bien au contraire, il ne fait toujours que commencer...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lancier... Le Moth, c'est lugubre, mais surtout morne et ennuyeux. À la limite du soporifique. Alors quoi de mieux que de s'occuper en faisant le zouave ? Bien évidemment, pas facile de trouver des loisirs constructifs et/ou agréables dans ce foutu pays maudit jusqu'à la moelle du plus petit oisillon à peine né ? Bien sûr, ce n'est surtout pas faute d'avoir essayé ! Quand il a réussi à s'échapper de la chambre maudite avec le gibet, Néro s'est tout de suite dit, dans un éclair de lucidité, qu'il pourrait peut-être laisser sa vie, bien involontairement, sur cette terre damnée. Le plus tard étant le mieux. Cependant qui sait ce qui pourrait advenir le lendemain ? C'est sûr, il vaut mieux accomplir tout de suite ce qu'on a toujours rêvé de faire dans sa vie pour mourir l'âme en paix. C'est dans cette optique qu'il a remporté haut la main le premier défi qu'il s'était fixé : il a réussi à perdre son pucelage. Bon, d'accord, c'était des étreintes tarifées. Et même que la prostituée faisait pleurer à voir tellement le spectacle était triste. Et puis l'heure qu'il a payé avec un généreux pourboire ne faisait pas envie : la péripaticienne ne semblait même pas s'être rendue compte de ce qu'il avait fait pendant une heure entière ! Plutôt le genre à regarder par dehors tout en déclamant des poèmes mornes pendant que le fier combattant faisait tout le travail à lui tout seul ! La séance n'était pas exaltante pour un sou, au point qu'il devait par moment réactiver son engin manuellement. Mais voilà, quoi ! Il avait réussi ! Son premier défi était un succès (ou presque) !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son deuxième défi, lui, est complètement surréaliste. Carrément digne de l'agent Mulder et son poster marqué "I want to believe". Pour tout dire, Néro voulait voir, au moins une fois dans sa vie, un fantôme ; de préférence pas en chair et surtout pas en os. C'est dans ce but qu'il a bien évidemment et très logiquement profané de nombreuses tombes dans la capitale. Un fantôme ! Mon royaume pour un fantôme ! Là, tout de suite !&lt;br /&gt;Pendant la nuit dite de Walpurgis, Le combattant à la lance était comblé mais pas rassuré : une gamine spectrale est venue lui dire qu'il l'avait réveillé dans sa toute légendaire maladresse. Réveillé ? Mais de quoi ? De son sommeil d'outre-tombe, pardi ! Toujours aussi fûté, il ne réussit qu'à la faire fuir en pleurs. Très délicat avec les petites filles avec ça.&lt;br /&gt;Mais voilà; les fantômes, c'est un peu comme les blattes ou les puces. On en est jamais complètement débarassé. V'là ti pas que quand le groupe s'est arrêté à Jaarenghäff, elle réapparait en pleine soirée. Pile au moment où Néro et ses compagnons d'armes s'apprêtaient à s'entrainer. Petite nouveauté cependant : la réapparition n'est visible que de Néro, cette fois. "*Maintenant, tu es mon grand frère !" ajouta-t-elle pour compléter le charmant tableau. Notre lancier réagit à cette surprise : ses neurones tentent  de joindre les deux bouts, mais non. Et son petit coeur vacille avec ça. Test d'Impassibilité : raté. Notre courageux combattant est soudain pris de sueurs froides tandis que sa vessie et ses sphincters peinent à tenir le coup. Et la gamine d'ajouter : "Raconte-moi une histoire !"&lt;br /&gt;N'osant désobéir à l'injonction d'une revenante aussi terrifiante que petite (genre haute comme trois pommes) Néro alla déranger la mentaliste pour oser lui demander de lui prêter un livre d'histoires, peu importe lequel...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nallya, désirant la paix, lui balance sur la face un pavé bourré d'histoires bien lugubres sur le Moth. Le genre de contes qu'on raconte lors des veillées où l'on parle de fantômes. Pourquoi croyons-nous aux fantômes ? Pour le plaisir ? Non. Bien plus pour envisager quelque chose après la mort. Quelque de chose de terrible qui peut vous pourrir l'éternité... Pour en revenir à nos aventuriers, la mentaliste referme sa roulotte et reprend la onzième page de son livre là où elle l'a laissé. Puis, elle entend un taré raconter à haute voix des histoires peu recommandées aux âmes sensibles. "Mais quel con !" se dit-elle.&lt;br /&gt;Elle sort et voit Néro lire avec une voix chevrottante le contenu du livre. On croirait voir quelqu'un déclamer son testament, crevant de peur à l'approche de la fin. Bien évidemment, aucune gamine fantôme dans les parages. Des dires du peureux lecteur, elle n'est visible qu'à lui. On dirait bien plus un fantasme né d'un esprit fragile et traumatisé, digne des archétypes jungiens. Et s'il simulait ? Bah, autant jouer le jeu si ça peut le calmer.&lt;br /&gt;"Tu veux pas plutôt lui raconter quelque chose de plus joyeux ? Tiens, mon journal de route par exemple."&lt;br /&gt;Le damné à jamais opine de la tête sans quitter l'objet de sa frayeur des yeux, sans doute trop fasciné par son propre délire sur les revenants. Puis dans les minutes qui suivent, il parle à sa "petite soeur" d'un homme qui les poursuivait dans le désert, des mois auparavant, ayant juré leur mort : Jäger. Celui-là même qui a tué la moitié de leur corps expéditionnaire avant d'annihiler Ana Von Shotterlein. Décidément, c'est toujours aussi joyeux...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant tout ce temps, Myllenia et Virgil renoncent à leur cours portant sur le Ki et le développement intérieur, l'instituteur étant pris par sa propre folie qui n'avait pourtant pas pris de rendez-vous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pernilla/"Paola" et Kurt passaient tranquillement la nuit à l'auberge sans faire de scandale, une fois n'étant pas coutume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Néro s'habituait à la présence de sa charmante nouvelle petite soeur, mais il continuait de sursauter dès qu'elle lui touchait le bras ou lui prenait la main. Elle devait s'appeler Mircalla dans une vie antérieure.&lt;br /&gt;Les crucifixs achetés par la télékinésiste/télépathe furent répartis. Seul Kurt était réticent : il voulait inverser le crucifix et déclarer ses aspirations anticléricales au vu de tous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le groupe reprit dès l'aube sa route : direction la forêt de Gehenna.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En deux jours, il atteignirent la lisière de l'immense forêt (on va chercher dans les milles kilomètres de long et sept-cents cinquante de large). L'avantage du Moth, c'est qu'on a, pour ainsi dire, la route pour soi tout seul ! Pratiquement personne sur les routes. Au moins, pas d'emmerdes avec le code de la route ou les chevaux qui ne réagissent pas assez vite, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout allait bien pendant quelques jours sur la route : Personne ne voyait de types lugubres prétextant la venue des morts, Néro était calme grâce à la "présence" de la gamine fantôme, Kurt ne s'était pas mis en tête de tuer quelqu'un encore, etc. Bref, tout allait bien. Jusqu'à la lisière de la forêt de Géhenna.&lt;br /&gt;Un sentier de voyageurs s'enfonçait la forêt et quelqu'un se tenait là, debout, attendant que les roulottes des aventuriers arrivent jusqu'à lui. Plutôt grand, barbu, la trentaine, et l'air costaud.&lt;br /&gt;Il se présentait comme étant Dietrich et voulait connaitre la destination des voyageurs. "Pourquoi ça ?" faisaient certains protagoniste, suspicieux. "Parce que, voilà, la forêt est très dangereuse ! Je ne vais pas vous laisser courir à une mort certaine !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'ensuivit une longue discussion : certains voulaient planter le type là et continuer, tandis que d'autres voulaient connaitre les conseils avisés d'un bonhomme qui connait bien la région. Le final de la conversation étant :&lt;br /&gt;-Vous ne pouvez pas aller là bas ! C'est trop dangereux ! Vous mourrez !&lt;br /&gt;-Oui, mais on n'a pas le choix...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Curieusement, Dietrich s'est alors mis en tête de tester un peu le groupe : en joutant un peu avec la paladine. Il décroche sa hache à deux mains et se met en garde. Il utilisera le contrepoids de son arme plutôt que les lames. Après tout, c'est un exercice amical, non ? Premier blessé a perdu. Au fait, pas le droit d'utiliser une quelconque compétence surnaturelle ! Hein, mais comment il sait ce type ? Il a déjà frité des mentalistes/sorciers/convocateurs/démon majeur de l'Apocalypse ? Mystère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand commence le duel, la paladine attaque tandis qu'il se met en garde. Le coup d'épée ripe sur l'armure de plaques du type. En revanche, quand le type riposte, il semble ne pas réussir à faire un petit coup non-léthal : la paladine se fait pulvériser l'avant-bras et subit un critique énorme. Fin du combat, le temps de poser une attelle. Heureusement qu'il ne s'est pas battu avec les lames de sa hache.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la suite, le type s'incruste un peu dans le groupe, et pour cause : il connait la zone où doit aller Virgil s'il veut purger son âme de la malédiction (note : le noeud d'obscurité). De plus, c'est encore plus dangereux d'aller dans ce coin-là parait-il. Aussi, Dietrich se tape l'incruste dans le groupe avec sa fière hache. Plus tard, il jette un froid en annonçant qu'il fait partie de la Confrérie du Crépuscule, une branche spéciale de l'Inquisition... Génial. Heureusement, ce type est loin d'être un missionnaire fanatico-religio-chrétien. En clair, il n'éprouve pas le besoin systématique d'exécuter les sorciers qu'il croise sur sa route. Il peut vivre sans ça, ce qui est rassurant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Loin de là, à la frontière entre Hélénia et Goldar, un mercenaire se repose entre deux combats : il mange des noisettes tout en se demandant si ses compagnons d'avant sont toujours en vie et ce qu'ils peuvent bien faire.&lt;br /&gt;-"Des bêtises, sûrement..."&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5010281442668733426-1170803378888232098?l=laquetedujeu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/feeds/1170803378888232098/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5010281442668733426&amp;postID=1170803378888232098' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/1170803378888232098'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5010281442668733426/posts/default/1170803378888232098'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://laquetedujeu.blogspot.com/2009/09/le-moth-la-paranoia-et-les-fantomes.html' title='Le Moth, la paranoïa et les fantômes...'/><author><name>le Golem qui rêve</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15071856589947273995</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/_vfdf5d_L-0I/SVYFNJ6-DCI/AAAAAAAAAAM/aciBhPQet2M/S220/6-63.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5010281442668733426.post-435968858011751829</id><published>2009-07-26T09:26:00.001-07:00</published><updated>2009-08-11T09:27:52.938-07:00</updated><title type='text'>Americhan beauty</title><content type='html'>25/07/2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Edit : Je vire les espaces entre chaque paragraphe, c'était un peu naze. Je préfère sans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une foule dense se mouvait dans les rues. Yuriko enfila comme elle pouvait le manteau qu’elle venait d’acheter, malgré les bousculades répétées, et retourna les poches de celui qu’elle portait avant, pour récupérer son blé et ses cigares. C’était un beau vêtement, il lui seyait bien mieux que l’autre, en tout cas. Elle jeta l’ancien près d’un tas d’ordures, composé essentiellement de déchets organiques. Ce détail lui fit relever la tête, et remarquer deux choses. La première, c’est que ses déambulations l’avaient amenée tout près d’un marché ouvert ; la seconde, c’est qu’Hiruko n’était plus avec elle. La populace lui envahissait le champ de vision. En fouillant du regard, il lui sembla apercevoir le visage qu’elle cherchait, mais au bout de quelques secondes, la face avait disparu. De toutes façons, c’était pas sûr que ce soit la bonne, et puis, même, elle était assez grande, non ?&lt;br /&gt;Le marché était immense, on n’en voyait pas le bout. N’écoutant que sa curiosité, Yuriko s’engouffra dans la grande rue, en laissant traîner son regard au hasard des étalages. Décidément, cette ville était plaisante, pleine de surprises et de variété. Tout ce qu’elle voyait lui semblait neuf et changeant, éternellement jeune. Il faudrait voir si ça tiendrait sur la durée, et pour cela, s’y installer, peut-être ? Tiens, des lapins. Mannrig aimait bien les lapins, et puis, il disait souvent vouloir se lancer dans l’élevage. Elle en acheta un, un blanc, et le mit dans sa besace après qu’on lui eût refusé un emballage cadeau. Pourtant, il n’y avait pas besoin de grand’chose : du papier kraft, un ruban rose et c’était tout bon. En continuant un peu à marcher, Yuriko finit par trouver le stand approprié, et s’en approcha en se demandant combien ça pourrait coûter. Bonjour, dit-elle en tendant le lapin présumé à la couturière mijaurée qui trônait derrière son comptoir, je voudrais un ruban, c’est pour offrir. Oh, qu’il était mignon, oui, elle s’occupait de ça tout de suite ! répondit la vendeuse en saisissant avec des gestes experts une paire de ciseaux très pointus et un mètre quarante environ de ruban de soie rose, avant d’attraper vivement le petit mammifère et de le jeter en l’air. Yuriko cligna des yeux et observa, ébahie, le lapin halluciné se faire décorer d’un ruban rose dans une posture acrobatique, sans même toucher le sol, puis retomber entre les mains de la couturière une fraction de seconde avant que les ciseaux encore fumants ne se plantassent avec un bruit sec dans le bois de l’établi de travail.&lt;br /&gt;Un silence respectueux se fit, alors que les derniers lambeaux de ruban rose choyaient autour de la couturière, dans un ballet tournoyant, comme les feuilles des arbres dansant sur les ruines de l’été. Elle rouvrit les yeux, et ce fut le signal. Un tonnerre d’applaudissements submergea la star, et bientôt elle se fit emporter par la foule en délire, pour qui rien n’existait plus que l’idole païenne qu’ils venaient de prendre pour déesse. Yuriko se pencha et ramassa le lapin délaissé. Au moins, maintenant, il avait un ruban. Et rose, en plus. On n’allait pas trop tarder à rentrer, vu que la lumière du soleil commençait à décliner. C’était la fin du jour, et surtout le début de la nuit. On entrait maintenant dans les heures enfumées des tables de jeu et des alcools de brune ; la froide lumière du soleil s’esbignait derrière l’horizon, pour laisser place à la nuitée, moite et chaleureuse.&lt;br /&gt;Il fallut à Yuriko une bonne heure pour retrouver l’auberge où ils s’étaient arrêtés. Mannrig dégustait un Surprenez-moi à la table du fond. Elle s’approcha, sortit le lapin de sa besace, et le tendit au sauvage en le tenant par les oreilles (le lapin). Tiens, cadeau, c’était le premier d’un élevage qui serait un jour, heu, gargantuesque. Il avait l’air content, tant mieux. Comme il lui demandait où était passée Hiruko, elle lui expliqua que cette dernière s’était spontanément changée en lapin, comme ça, dans la rue, et qu’il la tenait entre ses mains. Au moins, ça n’appelait pas de questions supplémentaires. Eh, dis, sinon, ne voulait-y pas aller visiter le tripot avec elle ? C’était plus drôle à deux, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des lumières envahirent les yeux de Yuriko. À peine entrée, elle avait reconnu ce bruit caractéristique ; cette rumeur faite de dizaines de voix indicibles, les chocs de la bille sur le plateau de la roulette et, au cœur des bavardages impersonnels, les exclamations de surprise ou de joie, qui à chaque fois témoignaient d’un gros gain, d’une prise de risque ou d’un quinte flush, quelque chose comme ça. L’odeur de tabac, d’anxiété et d’argent sautait aux narines dès que l’on franchissait le pas de la porte. Cet endroit était excitant comme dix rails de coke et convivial comme un Surprenez-moi, comment pouvait-on ne pas l’aimer ? Un jour, elle y amènerait la sainte, et ça la guérirait, c’était sûr. Elle se dirigea d’un pas rapide vers la roulette, mais il y avait besoin de jetons, et elle dut aller faire changer son argent au comptoir. Il fallait garder six pièces d’or pour payer Roger, il lui en restait donc un peu plus de deux. Seulement ça… Bah, pas grave, de toutes façons, elle allait gagner plein de fric, alors… Elle alluma un cigare, courut presque vers la roulette, déposa dix jetons d’argent sur la table, et annonça « le 31 », mais ce fut le 11. Double mise sur le 27, et tomba le 23. Cette fois, elle annonça le 24, en doublant à nouveau la somme. Le 11 tomba à nouveau.&lt;br /&gt;Elle s’arrêta un instant pour réfléchir. Le 11 ne tomberait plus ce soir-là, en tout cas, pas avant un bon moment. Par contre, l’impair était tombé trois fois de suite ! Elle posa son unique jeton d’or, et déclara « pair. » Ce fut bon. Quelque chose lui disait que le pair allait à nouveau tomber, elle prit ses deux jetons d’or et les remit en joue. Ce fut pair, à nouveau. Tiens ? Trois impairs, et deux pairs. Pour que la boucle soit bouclée, il fallait… Oui, pair ! À présent, c’était équiprobable. Elle avait huit jetons d’or. Certes, elle pouvait tout perdre, mais enfin, quand même ! Cela pouvait tout aussi bien se transformer en seize jetons. Alors, le pair ou l’impair ? Le pair lui avait porté chance, c’était pas le moment qu’il la lâche, mais jusqu’ici, ç’avait été un ami plutôt fidèle, alors… Pair ! L’impair tomba. Et merde. Yuriko se releva et s’éloigna un peu de la table de jeu. Elle avait le tournis. Mannrig, qui n’avait pas beaucoup plus gagné qu’elle, ne tarda pas à faire la même chose, et lui proposa une partie de Poker. Que voilà une bonne idée ! Ils s’installèrent à une table avec quatre autres joueurs, et commencèrent avec dix pièces d’argent, pour n’effrayer personne. Elle perdit la première partie. Mannrig était un excellent joueur. Ils doublèrent la mise et, cette fois, elle se concentra sur les visages soucieux et les fronts plissés. La victoire échût au joueur qui se trouvait à sa droite. Il fallait le surveiller, lui aussi. Troisième partie, avec cette fois quarante jetons d’argent en jeu. Tout le monde était concentré, mais elle eut juste la bonne main qu’il fallait, et l’emporta de justesse. La partie suivante fut rapide ; elle gagna également. À présent, elle avait pas mal de thunes, et retourna à la roulette. Après quelques coups de chance, elle monta à vingt jetons d’or de gains, mais en perdit la totalité au bout de quelques minutes. Il lui restait les six cent jetons d’argent qu’elle avait gagné au poker. C’était juste assez pour payer Roger, heureusement, car la réserve de six pièces d’or qu’elle avait conservé au début n’avait pas tenu longtemps. Un instant, elle avait cru qu’il ne lui resterait pas suffisamment. Le hasard avait bien fait les choses, finalement.&lt;br /&gt;Elle sortit, il faisait frais. Mannrig était juste derrière, et lui demanda combien elle avait gagné. Oh, ben, heu… répondit-elle en s’apercevant qu’elle n’avait pas fait le change. Il devait être une heure du matin, à peu près. Elle jeta un coup d’œil au sauvage. Le lapin, qui d’après lui était une lapine, sommeillait dans un pan de sa veste. Tandis qu’il allait se coucher, Yuriko retourna au tripot pour rendre les jetons et récupérer son dû, parce que tout de même, c’était plus pratique d’avoir un peu de fraîche sur soi.&lt;br /&gt;Une fois ceci fait, elle retourna à l’auberge pour y passer la nuit, comme font les honnêtes gens. Cela avait été une excellente soirée, comme on en voudrait plus souvent. Cette ville était un endroit fabuleux, une perle rare ! C’était décidé, elle s’y installerait, au moins pour essayer. Elle s’allongea dans son lit, un sourire aux lèvres, paisible. Demain serait un autre jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux heures plus tard, on ouvrit la porte de sa chambre à la volée. Yuriko posa sur la commode le bouquin qu’elle avait entamé, et demanda à un Mannrig surexcité la raison de cette intrusion. Après avoir dormi une bonne heure, pour être en forme, elle avait commencé à lire le second des trois livres qu’elle avait empruntés de manière définitive à la bibliothèque de Brudge, mais voilà qu’on la dérangeait au moment où ça commençait à devenir intéressant. Des lapins enflammés pourchassant de pauvres petits lapins blancs avaient attaqué la ville de Brudge, justement ! Hein ? Comment le savait-il ? Ben, il l’avait rêvé. Mais c’était un rêve prémonitoire, sûr, et d’ailleurs, les lapins non incandescents représentaient vraisemblablement les habitants ! Oh, vraiment ? Et il y avait autre chose ? Oui, pendant que ses sbires détruisaient la ville, le lapin-sorcier incantait et disait genre qu’il était trop tard, et que l’étoile rouge de la destruction allait raser la ville. Rien que ça. Et aussi, il disait que la dame aux miracles (mémoire personnelle défaillante concernant ce rêve) n’était plus là, que c’était trop tard, et tout et tout.&lt;br /&gt;Tout ceci ressemblait fort à l’apocalypse selon sainte Jedidah, surtout, il fallait pas paniquer. Une dame aux miracles, disait-il. Yuriko réfléchissait intensément. Les gens qui faisaient des miracles, on les appelait comment, déjà ? Les prophètes ? Non. Les saints ! La sainte ! Elle le dit à Mannrig, qui s’exclama que point de doute il n’y avait : la leur, de sanctifiée, avait quelque chose à voir avec ça. Il fallait donc la réveiller. Ah, au fait, il avait tué Hiruko, dans un moment de panique. Quoi ? La lapine ? Oui, quand il s’était réveillé de ce cauchemar, en sueur et effrayé par l’attaque lapinesque, il l’avait attrapée et l’avait explosée contre le mur, histoire de s’exorciser. On l’y reprendrait à faire des cadeaux, se dit Yuriko, avec une petite pensée, brève mais émue, pour l’animal. Ils montèrent l’escalier, la sainte dormait au deuxième étage, mais où ? Travail d’équipe. Yuriko frappait aux portes en passant, et Mannrig les ouvrait derrière, cherchant Skyla dans ces visages bouffis et ces grognements hirsutes. Au bout d’un moment, il s’écria « elle est là » et sa coéquipière fit demi-tour pour aller voir. En effet, elle était là.&lt;br /&gt;Si le Valium avait 
